Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70093660 (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — avril 1926 1926 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] QUATRIEME ANNEE- — N° 38 Le Numéro: VINGT-CINQ centimes ) R1L 1926. ADMINISTRATION 3, Rue du Marché-des-Patriarches * PARIS (5 e ) 1 Paraissant mensuellement ORGANE DE L’UNION INTERCOLONIALE Abonnement, Un an : Chèque postal : Desprè ra"cs 92-22 Paris Aux Musulmans de l'Afrique du Nord ! Nous publions la lettre qui va suivre, adressée par Abd el Krim à tous les mu sulmans de l'Afrique du Nord. Nous savons que cette lettre, publiée par les journaux anglais, a gêné considérable ment Painlevé et Primo de Rivera. Adjir, le 15 août 1925. (Correspondant au 26 moharrem 1344.) De la part de l’émir Abd-el-krim, aux peuples algérien et tunisien ! Je viens à vous, ô glorieux peuples, au nom de la Nation rittaine, qui a entrepris de lutter pour la cause de sa liberté, pour le triompne de la parole divine et pour la victoire aes Musulmans. Bien que dans sa lutte sacrée le Peuple rittain ait subi les plus douloureuses atteintes de la guer re, son moral n’a pas itecbi, et sa puis sance n’a pas été terrassee jusqu’au mo ment ou Dieu, pour la soutenir, lui a donné la victoire. Il a bousculé l'sspagne ambitieuse et l’a chassée de son pays par la honte d’une complète dérouté. A peine nos troupes conquérantes avaient abattu cette puissance vile et à peine notre peuple avait repris le travail de la terre que la France tyrannique nous déclara la guerre, ambitionnant de s'emparer de notre pays et de secourir sa voisine humiliée. Ainsi, elle voulait briser notre union na tionale, pour se conformer aux préceptes de lu politique européenne, qui voit la né cessité de la domination des peuples mu sulmans par les puissances occidentales. Les nations française et espagnole se sont entendues aujourd hm contre nous, comme l’avaient fait précédemment les Anglais et les Français ; is avaient occupé Constanti nople, Smyrne,K7 outahia. Brousse et d’au- très régions daqaalia, de Cilicie, Gallipoli, etc., etc. Lsu a intention était d’en unir dénnitivementavec i Empire musulman de ce pays. Mais Dieu ne l'a pas voulu, et ils n’ont eu qu‘ uumiliation et ruine. Le héros turc Mustapha kemal a surgi; il a rassemblé les parties éparses de la Ammny nyu q’egt -nis à, leur tète, a alla- ‘A s — -00) , itaa ,4 6 - LiÜJ 1X11». , At 1 --9 L -=2 i établissant ainsi "indépendance du pays et rendant . la nation sa liberté sacrée. Que la France et l’Espagne sachent que, si elles ne reviennent pas de leur égare ment et n’abandonnent pas notre territoire, nous ne cesserons de les combattre ; elles éprouveront notre force et seront châtiées comme elles ne l’ont jamais été. De même que nous avons écrase les Espagnols, nous atteindrons aussi les Français, et, grâce à a puissance et à la force de Dieu, nous les mettrons en fuite. La puissance de Dieu qui s’est manifestée en faveur de la géné reuse nation turque, en lui donnant la vic toire sur ses nombreux ennemis, ne man quera pas de nous donner la victoire sur ces deux pays. Notre pays est résolu ; il ne faiblira pas, et sa fermeté ne sera pas ébranlée ; il per siste dans sa résolution de poursuivre la lutte jusqu’à ce que notre territoire soit délivré. Nous disposons de matériel de guerre en quantité suffisante pour conti nuer la lutte pendant trois années en tières Il ne peut venir à l’esprit d’aucun être sensé que nous fassions volontiers la guerre et prenions plaisir à faire couler le sang. Au contraire. Et ce qui en témoigne, ce sont les conditions de paix excessive ment modérées que nous avons soumises aux deux puissances, conditions dont le principe essentiel était la reconnaissance de notre indépendance. Si la France et l’Espagne acceptent, tant mieux pour elles ; si elles refusent, tant pis. Le sort est tou jours contraire à celui qui est injuste. Quant à la publication faite par ces deux puissances de leur ardent désir de conclure la paix, ce n’est qu’une tromperie et une ruse politique pour cacher leurs véritables buts : nous rendre responsables du prolon gement des hostilités, égarer l’opinion uni verselle du monde musulman et berner leurs nationaux, qui ont été terrifiés par cette lutte où nous avons déployé nos qua lités guerrières. La gratitude et la recon naissance émues des peuples musulmans récompensent notre glorieuse conduite. Si ces deux nations étaient sincères, pourquoi verrions-nous aujourd’hui des concentrations de troupes — en nombre toujours croissant — aux limites mêmes de notre pays ? a Quiconque veut la paix n’ajoute pas aux atrocités de la guerre l’emploi des bombes asphyxiantes, jetées jour et nuit par des aéroplanes, sur les routes et les villes pai sibles, tuant ainsi les femmes et les en fants dans leurs demeures. Quiconque veut la paix ne manifeste pas sa haine en incendiant les récoltes et en tuant le bétail ; c’est simplement supposer que de tels procédés nous réduiront à mou rir de faim et nous amèneront à faire notre soumission. Quiconque agit ainsi et prétend vouloir la paix n’est qu’un menteur et un hypo crite. O Musulmans tunisiens et algériens, ce qu’il nous est pénible de supporter, c’est de voir vos enfants contraints de nous com battre ! Il nous est de même pénible d’être obligés, pour défen Ire w indépendance, de nous trouver fa e à ‘e, sur le champ de bataille, avec n S iN S de race et de religion. Ce sont là de- à 65 qui nous trou blent profondémen et n f remplissent de tristesse. Est-ce que Dieu (qu'il soit exalté et glorifié) n’a pas dit : « Quiconque tue, de propos délibéré, un Musulman aura pour recompense l’enfer, où il séjournera éternellement. » Quatre cinquièmes des troupes massées sur nos frontières et portant les armes contre nous sont composées de vos fils, ô nos frères ! N’est-il pas de leur devoir de se retourner contre nos ennemis associés, qui nous persécutent, vous et nous, et de se servir contre eux de leurs armes ? Ils met traient ainsi en pratique ce que recom mande l’Islam et l’amour de leur race et se conformeraient aux prescriptions du Prophète, qui a dit : « Les croyants doi vent, telles les parties d’un édifice, se sou tenir entre eux. » Nombre de soldats et gradés musulmans ont déserté les rangs de l’armée française et se sont réfugiés chez nous ; ils se sont aussitôt empressés de "s'embrigader dans nos troupes pour combattre les ennemis. Je loue, au nom du peuple riffain, ces bra ves qui symbolisent l’honneur et le cou rage musulman, et dont le nom se per pétuera à travers les siècles, dans les pa ges de l'Histoire. Je crois fermement ui T ne faut pas qu’un seul, parmi les ils de musulmans, reste en arrière ei e joigne à nous. Au contraire, qu’il 1 -se 'qu’un avec nous, car notre pe i • aussi la vôtre et notre délivrance iral iera la vôtre. Soyons unis et ( ba ■ ns côte à côte, comme aux prem q s de l’Islam. Nous serons ensen ' . ; ur libérer notre peuple de l’humiliati et vous obtiendrons notre indépendance. Le Gouvernemen ri ug is, qui aujour d’hui contraint vos Is au service militaire et malgré eux nous les oppose, ne man querait pas, s’il venait à nous vaincre, de contraindrait demain nos enfants au service militaire et de les utiliser pour vous com- battre si. un jour, vous viviez l’intention de l’attaquer pour échapper à son oppression. Cessons done d’Atro diisés souslo.io des ennemis qui H qulineses grands parmi nous, nous ont dépouillé de nos biens et ont profané notre religion. Cessons de nous combattre les uns les au tres, et de nous entre-tuer entre frères, agissant en cela comme celui qui travaille à sa propre perte. Musulmans algériens et tunisiens, dans notre capitale sont venues des députations nombreuses de Fez, Meknès, Marrakech, Tétouan et autres villes du Maroc, ainsi que de Tripolitaine, d’Egypte, de Palestine, de Syrie, de l’Irak, de Turquie et de l’Inde. Ces députations sont venues nous assurer de la confiance des communautés musulmanes en notre République riffaine, et chacun de ces pays nous a secourus ma tériellement et moralement ; nous les en aimerons du fond du cœur, et nous de mandons de les imiter et de vous employer à susciter des concours en la faveur du peuple riffain et de les aider dans sa guerre sainte. Musulmans algériens et tunisiens, le mo ment est venu pour tous les peuples mu sulmans, Tripolitaine, Egypte, Palestine, Syrie, Irak, de briser les liens de l’escla- vage, de chasser les oppresseurs et de li bérer leurs territoires. Profitez de cette occasion favorable et révoltez-vous avec nous pour libérer notre territoire en to- 1 alité. La France, depuis la dernière guerre, n’a fait que s’affaiblir ; si nous nous unissons tous contre elle, elle sera mise en déroute, et son union avec l’Espagne ou avec toute autre puissance ne la sauvera pas. L’opi nion publique, dans ces deux pays, est op posée aux Gouvernements pour la guerre qu’ils ont entreprise ; parmi les troupes amenées pour nous combattre, et compo sées de fils d’ouvriers et de paysans, nom- breux sont ceux qui désertent et se réfu gient chez nous. Ils se refusent à nous faire la guerre, car ils sont les adversaires de leurs Gouvernements, qu’ils menacent de renverser et de faire la révolution s’ils ne se décident pas à cesser les hostilités et à conclure la paix. De même que nous, à l’Extrême-Occi- dent, nous nous sommes levés pour com battre pour notre indépendance, de même la Chine, avec ses 40J millions d’habitants, s’est levée, à l’Extrême-Orient, pour obte nir la libération de son territoire. Ne for mons avec les nations de l’Est qu’un seul groupe et levons-nous ensemble, portonts un coup décisif, et nous chasserons, une fois pour toutes, les oppresseurs de notre pays. O mes frères tunisiens et algériens, l’heure de notre délivrance du joug de la France est arrivée ; entendons-nous, e! nous obtiendrons notre indépendance. Met tons fin à nos luttes intestines, et que le frère ne tue plus son frère pour défendre les ennemis. Que nos fils retournent leurs armes contre nos ennemis et les tuent avec leurs propres armes. Ne formons qu’un groupe compact, et nous serons assez forts pour chasser les ennemis. Ainsi se pré parera la République dont les piliers se ront tous les pays de l’Afrique du Nord. Je vous vrvince Ua lettre, mes frères, en souhaitant qu’elleéveille vos cœurs. Salut à celui qui suit 3 chemin de la vé rité et la. route du sal 1 Mohamed n Abd-el-Krim ‘UNION INTEROOLONAL L’Union Intercoloniale vient d’être or ganisée. Désormais, dans la région pari sienne, où vivent tant d’éléments d’ori- gine coloniale, l’association fonctionnera sur les bases suivantes création de sec tions correspondant aux principaux groupes de colonies. Pour commencer, quatre sections ont été instituées : section de l’Afrique du Nord section Indochi noise, section de Madagascar, section des vieilles colonies et les peuples noirs. L’adhésion à l’Uni n Intercoloniale s’effectuera par l’intermédiaire de la section comprenant la colonie d’origine de l’adhérent. L’administration de cha que section est assurée par un secrétaire et un trésorier. C IL de l‘U mon est confiée à une Commision Exécutive où chacune des sections se trouve représen tée. Cet organisme central comporte lui- même un secrétaire général et un trésorier de l’Union. Le Paria devient l’organe de l’ « In tercoloniale ». Il tiendra au courant de l’activité de celle-ci, ; ropagera ses mots d’ordre, appuiera parout, en toutes cir constances, les doléai ces et les revendi cations, des basses coloniales, assurera envers et contre tous .a défense du pro létariat indigène écr sé par la double servitude politique e économique qu’il subit. L’Association et le journal appartien- tiennent entièrement t sans distinction de races ou de cou ours à nos frères africains et asiatique., à nos camarades des colonies d’Amér que . Tous se doi vent donc de leur a porter la force de leur dévouement. Le concours que nous demandons doit se caduire, en premier 1 ‘ . -c =, par "aundsiu à 1 Union Intel coloniale et l’abonnement au Paria. Mais cette double obligation accomplie, les camarades n’auront pas tout fait. C’est à une constante action de propagande qu’ils doivent s’employer auprès de ceux qui n’ont pas encore compris leur devoir pour les déterminer à rejoindre nos groupements. Après avoir rallié personnellement l’Union In tercoloniale, chacun doit devenir un re cruteur pour l’Association et pour le journal. Recueilli des adhésions, des abonnements, des souscriptions, trans mettre régulièrement le tout au siège de l’organisation, 3, rue du Marché-des- Patriarches, à Paris, telle doit être l’œu vre de chaque jour. Il n’est pas un cama rade, si modeste qu’il soit, qui ne puisse entreprendre ce travail dans son entou rage. Que cet appel soit entendu de tous ceux chez qui est éveillée la conscience des affinités' Que, par ailleurs, ceux qui hésitent trop souvent, pour des motifs insignifiants, se convainquent -ne leur sort est entre leurs mains, que leur inté rêt même leur commande de ne pas rester indifférents aux magnifiques espérances que renferme l’Intercoloniale, et bientôt notre Union, riche de la force du nom bre et des sacrifices consentis pour elle, opposera victorieusement son action à celles des multiples ligues, offices, agen ces générales, instituts et académies au service de l’impérialisme et du colonia lisme. —*e Salut confraternel ! — Le 1 er janvier 1926, a paru un journal mensuel, publié à Paris, en annamite, en chi nois et en français : le « Viêt-Nam-Hôn » qui signifie « l’âme annamite » et qui sert de « tribune libre aux Étudiants et aux Travail leurs annamites ». Administration : 7, rue Galleron, Paris (20’). Abonnement par an : 12 fr. ; le numéro, 1 fr. — Novembre 1925 a reparu la fameuse « Clo che Fêlée » de Saigon. C’est maintenant l’or gane de propagande démocratique, paraissant le lundi et le jeudi, avec MM. Phan-van-Truong, Ng. an-Ninh et Dejeande La Bâtie, comme di recteur politique, rédacteur en chef et gérant- imprimeur. Administration : 119, rue Mac-Mahon, Saigon. Abonnement par an, 10 $ ; six mois, 5 g. — A CANTON, depuis le mois de juillet der nier, a paru en annamite et en chinois, deux fois par semaine, le « Thanh-Niên », organe de la section asiatique du Parti annamite de l’Indépendance nationale. A tous ces vaillants confrères, salut 1 VIENT DE PARAITRE : ... LE PROCES DE LA COLONISATION FRANÇAISE 1re série : Mœurs coloniales Par Nguyên-aï-Quôc. Prix : 5 francs. X ous ses abonnés, le « Paria » aura le plaisi d’offrir un exemplaire de cette brochure. Vive le peuple ri fin —-+-me10-0- La conférence d’Oudjda va réunir au tour du- tapis les délégués des nations impérialistes et les délégués du vaillant peuple rifain. Avant tout, nous devons dire que du seul fait d’avoir obligé la France et l’Es- pagne à venir discuter avec eux, les Ri- fains ont remporté une nouvelle victoire sur ses ennemis les plus implacables. Les cabinets de Paris et de Madrid font dire par leurs journaux que les conversations ne pourraient s’engager que sur les bases suivantes : Reconnais sance par les tribus de la souveraineté du Sultan, autonomie administrative délimitée par l’Espagne (f), désarme ment général des tribus, exil d’Abd el Krim. Simplement J Et si les délégués Rifains n'acceptent pas ces conditions préalables, la guerre va continuer disent les impérialistes. Les trois clauses énoncées plus haut ne seront jamais admises pour la rai son bien simple que de tout temps, les Rifains ont aimé une police intérieure et que jamais ils n’accepteront une pa reille humiliation. Se soumettre à la souveraineté du Sultan, ce qui veut dire en français, rendre les armes et accepter la spolia tion de son patrimoine, subir le même sort que les Algériens et les Tunisiens. Le Sultan ? Mais on savait bien qu’il aurait servi à quelque chose, la France en le reléguant au magasin des vieux accessoires le reprend aujourd’hui pour le faire reconnaître par les Rifains ; vendu lui-même il tente une fois de plus de vendre les musulmans du if à l’im- périalisme fra n co-c s p agnol. « Nous nous ferons trer jusqu’au der- moi plui. yue au ius JOCii Olb L .... w déclaré à maintes reprises Abd el Krim. Ce qui veut dire que le peuple rifain n’acceptera pas la tutelle franco-espa gnole et bien moins l’autorité du « Sul tan » . La guerre du Rif, comme celle de Sy rie, est une phase de la lutte de l’Orient contre l’Occident, désormais nul n’ose croire sérieusement que les musulmans des colonies françaises pourront vivre en bonne harmonie avec les colons et les fonctionnaires, car le colonialisme a commis trop de crimes pour faire pé nétrer la « civilisation » occidentale. Tout en se proclamant généreuse et bonne, la France militariste a bombardé la 'Mosquée de Damas et a fait jeter des bombes sur les tribus Rifaines tuant femmes, enfants, vieillards. Et tout cela au nom de la civilisation de la vieille Europe. La civilisation occidentale ? Mais les peuples d’Orient n’en veulent à aucun prix, parce qu’elle est représentée par des mitrailleuses, des canons, des ca davres, par des scènes de pillage, de vol, de viol, enfin elle personnifie la ====== Le réveil des nés «b» —— 6-66 64m-e— Une des plus grosses questions du jour est celle du réveil des nègres. Cette race, en effet, est la proie com mune de tous les impérialistes internatio naux. Elle subit, suivant les régions et les colonisateurs, des systèmes colonisa- listes les plus ignobles, dans des formes différentes de celles employées ordi nairement dans la plupart des pays des autres races colonisées. Après avoir forcé les nègres à travail ler pour la gloire — ou pour la peau — de payer tous le^ impôts, y compris celui du sang, de faire deux et trois ans de service militaire, cependant que les fils des plus grands patriotes de leui patrie ne font que dix-huit mois, les en voyer se faire tuer sur les champs de « manifestation des civilisés », comme celle dont nous nous rappelons encore (1914-1918)' et celles en pleine actualité au Maroc et en Syrie ; pour la défense et la sauvegarde des droits de la liberté universelle, des peuples à disposer d'eux- mêmes; aujourd'hui, on leur refuse {aux nègres} le bénéfice de ces droits et de cette liberté, pour lesquels des centaines de milliers des leurs pourrissent à des milliers de kilomètres en dehors de leurs Pays d'origine, sous prétexte que ces droits et cette liberté sont faits pour les civilisés et non les autres... barbarie même. Aussi le Rifains com me les autres musulman'- préfèrent se faire tuer que de vivre sous le joug de l’Occident, l'exemple de l’Algérie elde la Tunisie est édifiant. Chacun ses mœurs et sa । iv ilisalion. Les impérialistes d’Allemagn v in- taient leur culture que lecenon nu n- impérialistes français repoussaient u horreur et pendant la guerre mondi ' nous avons souvent entendu des patrio tes français dire qu’ils prêterai en l’exil ou même la mort que de vivre sous la domination allemande. C’est ceux-là mêmes q i réclament de transporter nétrer la culture français pies d’Orient, même pi bombes d’avions et des i L’impérialisme frança trop de crimes en Oric qu’il a faites au cœur de man sont loin d’être gu En effet, comment pei blier aux musulmans, à mans, le bombardement de Damas ? Et le bon leurs tribus par les avio . Et les têtes coupées e des officiers ? aujourd’hui de faire pé- liez les peu- usi ze des ■j . » , mis li laies rue ) sul- ■ S. 'I fie ou- les musul- ; mozouée me l de il ee par Et les pendaisons sur le- P , aes Pu bliques de nombreux n es mis 1 mans ? Et tous les crimes com- par h lonialisme ? Tout cela n restera impuni. Après avoir remporté ofuldd - toire en tenant en échec deux formida bles armées impérialistes, les Rifains remportent une nouvelle victoire qui fait l’admiration de l’Islam entier en forçant les nations imnérialistes à venir « Causer ». Les gouvernants de Paris et de Ma drid vont certainement faire échouer les pourparlers pour continuer la guerre selon la volonté des gros colons et des grandes banques. Mais nous sommes certains d’exprimer l’opinion de tous les musulmans en disant que les Ri fains ont derrière eux tout l’Islam. Oui ! du Rif jusqu’à Manille les musulmans repoussent a e horreur l prétendue civilisation de 1 vieil! F- rope dégénérée. Les ouvriers et les pa . u et espagnols n’ont rien 1 ' ces expéditions coloniale c h, au contraire, intérêt à vc s en m - les peuples d’Orient. L’Islam se dresse cont i r me occidental, son éman ■ in i - t laie ; historiquement il 1. i ■■ ‘ être autrement. Tous les musulmans tournés vers le Rif, les v i battront une fois de plus 1 " tes, ce sera l’espoir de 1 Vive le peuple Rifain Les impérialistes dom ai des peu ples de race nègre, par e t .nie uc T ex plosion de la colère de ce derniers, id la spoliation dont ils so t T objet at gronder journellement day leur c a A' {les impérialistes} exploita ! A : bien de castes et de tribus exL ■ . itiv— ment dans notre race, en L a . S nègres en trois espèce: ' ij, r te^ : a Hommes de couleur », « .. 1rs » - .eut court — et Nègres. Ainsi, on ferait croire à et Diagne que le premier e de couleur », tandis que U « noir » — tout court... ceux qui vivent au fin fon sénégalaises, ceux qui fon / champs de coton de la val ée ainsi que les coupeurs de cann dans les champs des domai :es de va ace tinique, etc... ceux-là sont Ce qui veut dire: qu'èb n'être bon qu'à être expl dernière goutte de son san formé en soldat pour la dé rets du capitalisme envers ceux qui oseraient gêner à : S « Ul , V n. nègre, c. e ; ' a son pari, q i v ille el 12 vaille en Chine ; il y ang-Tu-Man | H Ng quye n, Ng. Thuong Hum, Cuong-De, T; . hual, pour ne ■ iter que les plus cé- lèbres ; il y a l’idée de l’indépendance que Phan-Bol-Chau a personnifiée, qu’il a fait rayonner dans > élit • et la masse du peu ple annamite, et qui survivra à sa per- sonnalité ; il y a enfin les 20 millions d’opprimés indochinois que le colonialisme n’arrivera jamais à contenter, ni à conte nir, quoi qu’il fasse, à . oins qu'il ne leur rende immédiatement le droit à disposer d’eux-mêmes. Au surplus, Phan - Boï-Châu vient d'adresser à ses compatriotes deux aver- tissements dont l'un a été publié par La Cloche Fêlée, et l'autre par le Khai-Hoa : « J’ai reçu, ces jours-ci, de nombreuses lettres me demandant le texte de mon ma nifeste. J^ tiens à faire remarquer au pu blic que j'ai écrit ce manifeste en chinois et que es traductions qui en ont été faites en quôe-Ngu et en français ne sont pas de moi. Hué, le 23 janvier 1926. « PHAN-BOI-CHAU. » Le ch- du Parti annamite de l’indépen dance a fait les mêmes réserves sur la brochure intitulée Phap V lét-Dê-Huê, dont un rédacteur du (‘uotidien a reproduit des passages... en fi inçais, • squels passages ont été reproduits. en quatrième main, par une quantité co sidérable de journaux « bien pensants Le dernier courrier Je l'Indochine nous appor te des lettres de nos correspondants, qui vien nent heureusement dissiper les vilenies qu’on a débitées sur Phan-Boï-Châu. Nous apprenons ainsi que le gouvernement colonial avait offert a Phan-BoiiChâu le poste de ministre de l’Ins truction, que Phan Boï-Châu a refusé ; et qu’il a refuse également l’offre d’une pension et d'une subvention qui serait destinée à lancer un jour nal sous la direction du chef du parti annamite de l’Indépendance. HL - MANIFESTATIONS POPULAIRES — A l’arrivée de M. Varenne en Indo chine, 800 Annamites sont allés présenter au nouveau gouverneur un cahier de vœux. Une manifestation en l’honneur de Varenne avait été projetée, mais, outre temps, survint la nouvelle de la condam nation à perpétuité de Phan-Boï-Chau ; aussi La Cloche Fêlée a-t-elle lancé un ap pel pour inviter la population à s’abstenir de manifester । en signe de deuil natio nal ». — A Hanoï, la jeunesse des écoles, des filles aussi bien que des garçons, a ma- nifesté au passage de M. Varenne. Dans les rues, plu si urs pancartes et drapeaux ont été promenés, sur lesquels on lisait : Grâce pour Phan-Boï-Châu ! Vive « socia liste » (sic) Varenne ! A bas la colonisa tion à la trique ; — A Haïphong, les élèves de l'école pro fessionnelle ont fait la grève, parce qu'on les avait empêchés d’envoyer un télé gramme à M. Varenne au sujet de Phan- Boï-Châu, et parce que leurs professeurs les avaient traités de « sale race ». Le résident-maire de la ville a proféré des menaces inutiles. — A Hue, les élèves de l’école de filles ont fait une pétition en faveur de Boï- Châu- Cela. n‘a pas plu a la directrice qui en appela a M ' Thalamas, inspecteur gé néral.‘non sans avoir qualifié nos écolières de suffragettes. — Le jour du procès de Phan-Boï-Châu, il y a eu foui, autour et a l’intérieur du Palais. L’arn ée a été mobilisée ; la po- licp a opéré trois barrages. Incident pa thétique au cours du procès, un vieillard se précipita à la barre. C’était un lettré, condisciple de Boï-Châu, et il venait de mander à « subir la justice » à la place de son camarade de classe. Emoi de l’as sistance ; tête des juges ; zèle des gen darmes ! On accusa Phan-Boï-Châu d’avoir lancé des bombes ; il répondit : « C’est à la tête d'un corps d’armée de « 10.000 hommes, avec des canons et des « aéroplanes, que je serais venu vous faire « la guerre, loyalement, face à face. » — Dans quinze ans, nous serons chas sés de l’Indochine, s’écrie une feuille co lonialiste de Paris, en commentant ces ma nifestations populaires. Quinze ans ? Ce n’est pas peu dire ! IV. - LES INDOCHINOIS EN FRANCE — Manifestations en faveur et en hon neur de Phan-Boï-Chau. Après le grand meeting du 9 octobre, dont le Paria a donné un compte rendu, il y a eu deux réunions au cours desquelles un télé gramme a été envoyé à M. Varenne pour lui demander de libérer Boï-Chau, et deux autres à Boï-Châu lui-même, le premier au lendemain de sa condamnation, le se cond à l'occasion du jour de l’an anna mite. — Banquets d’adieu offerts à Paris et en province en l’honneur de Bui-Quang- Chieu. A Paris, M. Ng. Nhu-Phong, au nom du journal Viêt-Nam-Hôn, a dit : « Phan-Boï-Châu, Bui-Quang-Chieu, l’un chef du parti de l'indépendance, l’autre chef du parti constitutionnaliste, celui-ci un peu plus jeune mais beaucoup plus modéré que celui-là, tous deux sont de vrais fils de l'Annam. Je salue le jour où le soleil se lèvera brillant et glorieux sur la terre d'Annam. » M. Félician Challaye, invité, a porté un toast à la « République libre d’Annam ». - wr+1m-• DERNIERE HEURE — Phan-Chân-Trinh, qu’il ne faut pas confondre avec Phan-Boï-Châu, est mort à Saigon. On se rappelle que Trinh avait été condamné à mort (puis déporté et fi nalement gracié) à la suite du grand sou lèvement des paysans annamites de 190F-1909. — 300 Annamites sont allés manifester au débarcadère, à l’arrivée de Bui-Quang- Chiêu, chef du Parti constitutionaliste indochinois. 400 Français ont organisé une contre-manifestation, sous l’invita tion d’une ligue fasciste récemment cons tituée à Saigon, à la plus grande indi gnation des Français libéraux et des indigènes. — NgAnNinh, Lâm-Hiêp-Châu et De- jean de la Bâtie, rédacteurs et gérants de la Oloche Fêlée ” et du “ Jeune Annam ", ont été arrêtés. Cette nouvelle a provoqué une grande effervescence parmi les Indo chinois qui résident en France. | A as une mi mate à per dr e ' Groupons-nous Levant la trique du colonialisme, et cexploitation féroce des colons, qui ont rendu votre séjour impossible dans vo tre pays, et voue ont contraints, bien à émigrer sous d mitres ciruj plus clé ments ; vous êtes venus en France tra vailler dans les usines mêmes de ceux qui vous ont ruinés, vous, petits arti sans, dépouillés de vos moyens de pro duction. Votre présence en France n'esl- elle pas, de ce fait, légitimée ? Mai- cette unique ressource d'échap per a l'oppression vous fut enlevée. Votre immigration en France ne faisait pas l'affaire des colons, ceux-là mêmes qui se sont substitués par de nombreu ses et successives spoliations aux mal heureux fellahs, car la raréfaction de la main-d'œuvre a rendu ceux d'entre nous qui sont restés attachés à leur pays, plus revendicatifs et exigeaient un salaire légèrement meilleur. D'autre paît, votre contact avec l'ou vrier français vous a permis de com prendre vos intérêts de classe, et d'agir pour augmenter vos salaires. Tels sont les motifs qui ont déterminé l’odieux arrêté Chautemps qui vous supprime la liberté de vous rendre en France. C’est aussi la conséquence de votre passivité devant l'exil de votre vaillant défenseur, l'Emir Khaled, que PUnion Intercoloniale s'honore d'avoir comme membre ; cet exil fut dicté par de puis sants intérêts de l'impérialisme, qui nous opprime dans le but de faire taire la voix énergique de ce sincère défen seur des indigènes. Que d'injures et d'infâmies on dé versa alors par le canal de la presse pourrie et stipendiée sur le malheureux « Sidi » qu'on affubla pour la circons tance de toutes les tares sociales et de tous les vices réels ou imaginaires pour excuser un tel arrêté qui dépasse en ignominie tout ce que l'on peut imagi ner. Aujourd'hui les peuples opprimés du monde entier sont en effervescence. De l'immense Chine, avec ses 400 mil lions d'habitants, sous la direction de leur parti Kuo-Min-Tang, qui, à l’heure actuelle les dirige victorieusement vers leur émancipation, jusqu'à la minus cule République Riffaine, sous la con duite de l'éminent chef Abd-el-Rrim, qui soutient une vaillante et implacable lutte contre des ennemis dix fois plus forts en nombre et armés à la moderne. En passant par la Tunisie, l'Egypte, l'Arabie, la Syrie, la Perse, ITnde. l'In dochine, l'Afrique du Sud. etc., etc tous revendiquent ce droit imprescripti ble à disposer d'eux-méires ou de se libérer du joug économique des impé rialistes. Les uns sont rentrés effective ment dans la lutte contre leurs oppres seurs. d'autres, se préparent hâtivement et se forgent inurau i zement dan lutte le parti. /uî les 'im , ” u émancipation Etale Et nous, contiuiieroa.^ ; us à dire ce soldats mercimaq-ei ■■.. daus tou- tes les parties du monde, pour > ous li- vrer à des luttes patrituic^ t, mettre d'autues peuples sous la botte de - oppresseurs et consolider ie : lamina- tion pour nous maintenir dm^ l'escla vage ? Contin aérons-nous en<:ore lo> g- temps à gémir sous l'od u > régime l'indigénat, sous le joug des ” tentats du bled (administrate us, colons), et leurs plats valets indigènes ds. i jha, bach-agha), qui sont les auxiliai res permanents du capitalisme étranger qui nous accable ? Payeronsmous plus longtemps les frais des guerres fratri cides, de lourds impôts, et d'innombi a- bles amendes, collectives et individuel les dont on se montre si prodigues en vers nous ; qui seront demain renfor cées, car la situation financière catas trophique de la Trésorerie française ne sera résolue que par un surcroît d'< I- ploitation des masses coloniale- pm r une très large part. Continueruns-nous mssi à subir les vexations, les brima des et les mesures arbitraires qui nous ravalent au rang de la bête ? Nous ré pondons catégoriquement : Non. Et pour cela inspirons-nous de l'exem ple de nos autres frères opprimés. li rons aussi enseignement des fautes de nos aînés et que chacun de nous doit se convaincre qu'à l'impérialisme bien organisé il faut opposer une orgamsa- tion puissante par l'unification de nos forces éparses, en son sein, qui seul pourra mettre un terme à ses abus. Venez à l'Union întxrcoloniale, grou pement des opprimés de toutes rac -, où en commun, nous étudierons les moyens d'arracher nos i lmoentaire ■ et légitimes revendications. ( e n'est qu'eu trempant l'acier de cetl. -u im dans les combats quotidiens poin le . ■vend)ca lions immédiates, que nous poa'eons porter le dernier coup à l'imp ê’iahsme ni nous opprime et nous Uhérerf' dé son joug. Pas une minute d'hésitatwu. grou- pons-nous. SAIDOUN YAHYA. —=••- .... Appel aux camarades Antillais La passivité dont font preuve nos ca- marades Antillais devant les faits d’une extrême gravité, qui se déroulent actuel lement : crise financière, qui se pose dans toute son acuité, se conjuguant paradoxalement, de deus brigandages coloniaux, on reste tout étonné de i état amorphe auquel ils semble, l se com- plaire. tuines C "’i Gevreuett fi- om. pour la cause de leurs frères, qui est la leur, une minorité d’Antilla U se sont donné pour tâche (au sein de i Inter- coloniale . l’éducation, dénuée de toute phraséologie sentimentale, de ces mas ses en but à toute une toi. ie de poli- ticiens retords, les trompant de la façon la plus cynique. Les innombrables faits leur ont-ils ou vert les yeux ? N’est-il pas ' mps qu’ils se réveillent de ce sommeil léthargique dans lequel ils se trouvent bercer par les phraséologues de tout acabit. L’im- mense bluff qu’est le suffrage universel semble les laisser sans défense co itre toutes ces crapuleries. Fini le temps des louanges et de l'apo logie des troupes noires couvertes de fleurs, allant se faite tuer pour une « mère patrie » dont ils n'ont vu ue la face démoniaque ; et M. Clau i r- rère, opiomane invétéré (celui-la même qui écrivit Les Civilisé' dans une de ses crises, nous rappel:.., fort à ; ropos que nous n’étions que des escl es, et comme vils tels, nous pouvions être ven dus comme du bétail humain à la si nistre Amérique. Nous pouvons nous estimer heureux que les requins colo niaux n'aient pas la prérogative de haute et basse justice « dans leurs domaines » fertilisés et enrichis de nos bras et de nos travaux. Certes, nous devons notre affranchis- sement à la classe ouvrière française, devant laquelle la bourgeoisie, ui avait atteint un de ses buts, dut s’incliner. Nous tenons tout de même à lui rap- peler que si nous sommes des petits- fils d’esclaves, (ce dont nous nous glo rifions), dans le courant de l’Histoire, les rôles se sont maintes fois inter vertis. Loin de nous l’idée d'atteindre ce but que nous condamnons formellement, nous nous efforcerons de nous émanci per de toute tutelle. Notre faiblesse actuelle provient du fait de ' l'éparpillement de nos forces, qui doivent au contraire converger tout d'abord vers ce seul but : Notre orga nisation ’ Nos camarades ouvriers Antillais ont démontré par l’édification de leur syn- dicat, pour leur défense sur le terrain économique, qui n’est que le reflet de la situation politique que le problème de l'organisation se pose dans toute son acuité et son ampleur. Les idéolo gies les plus disparates ont pour devoir de s’amalgamer et se donner comme but : la défense de leurs frères de leur pays. Aujourd’hui l’U. L C réorganisée sur des bases nouvelles vous offre et moyen. Votre devoir est de la rallier, dans le plus bref délai : Contre toutes les ini quités et les bas politiciens, réagissons par l'adhésion en masses a l'Uni m In- tercoloniale. LOUIS SYLVES TR E.