Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70093645 (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — août 1925 1925 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] TROISIEME ANNEE. — N° 35. Le Numéro: VINGT-CINQ centimes AOUT 1925. ADMINISTRATION 3, Rue du Marché-des-Patriarches PARIS (5 e ) le Paria - byle Paraissant mensuellement Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement, Un an : 5 francs Chèque postal : Desprès 92-22-Paris La Chine montre aux Peuples opprimés la voie de la libération A L’EXEMPLE DE LA CHINE Les Indochinois doivent s’organiser L’Impérialisme français en Extrême-Orient LA CHINE AUX CHINOIS ! La vérité sur les événements de Chine Le peuple chinois tout entier se dres se contre les impérialistes qui le pil lent et le massacrent. La jeunesse des écoles donne la main aux ouvriers et descend dans la rue pour mêler son sang au sang des travailleurs. Ils meu rent, mais la Chine demeure, mais les impérialites n’osent pas l’attaquer com me jadis et sont réduits aux « confé rences ». 1925 n’est plus 1900, et l’on peut dire que la Chine, d’ores et déjà triomphe ! Or, la Chine libérée, c’est ITndô-Chi- ne libérée, c’est l’Asie rendue aux Asia tiques. s « * Ce qui fait la force de la Chine, c’est l’organisation politique et syndicale, et c’est l’aide du prolétariat européen et russe. La Chine possède un grand Parti po litique : le Komintang, qui maintient son pouvoir à Canton après la défaite des troupes réactionnaires du Yun- nam. Le Komintang a pour lui l’en- thousiasme de la Jeune Chine et surtout la sympathie de la masse. La plus claire leçon qui se dégage des grèves de Shan ghaï, c’est que le prolétariat chinois a fait son entrée sur la scène de l’his toire mondiale, qu’il s’impose aux yeux de tous comme une force gigantesque et qu’à lui appartient la tâche de lité- rer l’Asie et de parachever dans le mon de l’œuvre de la Révolution russe Diriger le prolétariat chinois, c’est le rôle du Komintang. La Chine possède une immense Fédé ration syndicale, dans laquelle figu rent .notamment’: la Fédération pan- chinoise des Marins, la première fon dée (1922), la Fédération pan-chinoise des Cheminots, la Fédération centrale des ouvriers de Han-Ye-Ping, la Fédé ration générale de Canton, la Fédéra tion du Textile de Shanghaï. Au II e Congrès ouvrier tenu en mai ===== La portée mondiale des événements de Chine ■par G. Zinoviev Les événements de Shanghaï serviront d’exemple à toute la Chine, aux Indes, à l’Egypte, a Java, etc. Le temps n’est plus loin où l’on entendra sonner l’appel révo lutionnaire de Shanghaï à Calcutta, de Han- kau à Madras, de Tsintao au Caire, de Pé kin à Alexandrie. En même temps, l’appel sonnera plus fortement à Londres, à New- York, à Tokio, à Paris. L’éclair du mouvement révolutionnaire en Orient déchire les gros nuages de la réac tion qui obscurcissent l’horizon dans tous les pays. Revendication des ouvriers de Shanghaï concernant l’évacuation de la Chine éveillera ae puissants échos à Moscou et à Léningrad, aussi bien que dans les autres capitales du monde. Plus le capitalisme européen se « stabilisera » par une oppression plus bru tale du prolétariat et plus la classe ouvrière européenne s’émancipera de l’esprit étroit du « provincialisme » européen et soutiendra le mouvement révolutionnaire des pays colo niaux et semi-coloniaux. Les événements qui se sont déroulés ces dernières semaines, immédiatement après la conférence de l’Exécutif élargi, démontrent combien relative est la « stabilisation » du capitalisme. La guerre du Maroc, les événe ments de Shanghaï, l’accroissement du nom bre des chômeurs en Angleterre, l’élection de Hindenbourg en Allemagne, les événe ments de Bulgarie, les symptômes d’une crise financière en France,, tout cela prouve que le capitalisme n’échappera pas à son sort. Il finira par s’écrouler. Son fossoyeur sera le prolétariat, guidé par l’Internationale Communiste. La cause des ouvriers de Shanghaï est la cauce du prolétariat européen. Les ouvriers chinois SONT A UN POSTE DE COMBAT AVANCE DE J A GUERRE MONDIALE EUROPEENNE. De tout notre cœur et de toutes nos pensées nous sommes avec eux. 1925, à Canton, 165 organisations ou vrières prirent part, avec 27 délégués représentant 540.000 ouvriers. Notez bien que les paysans chinois, eux aussi, s’organisent. ils ont leurs syndicats et leurs milices. La Chine possède un grand ami : le prolétariat mondial,, qui la soutient, non seulement en Chine, mais aussi en Europe. A l’exemple de la Chine, notre voi sine et notre sœur, nous, Indochinois, nous devons nous organiser, en parti politique et en syndicat. Ni les élé ments, ni le terrain ne manquent pour cette œuvre. Surtout,penchons-nous sur la masse ! Le colonialisme français, en installant chez nous des usines où il se livre à une exploitation éhontée de nos compatriotes, crée un prolétariat urbain chez nous. 40.000 des nôtres, hommes, femmes, enfants, traînent la misère autour des fosses de Hongay ; 3.000 ou vriers et ouvrières viennent de faire la grève à l’usine cotonnière de Namdinh; 800 à l'arsenal de Saigon... Le colonia- iisme français, en spoliant nos paysans par l’usure et les « concessions », en les accablant d’impôts et de corvées, crée chez nous un prolétariat agraire. En Cochinchine, les missions catholiques détiennent le cinquième de nos terres. Une émeute de paysans vient d’éclater au Cambodge... Grèves, émeutes, prou vent que la masse de notre peuple souf fre et qu’elle s’éveille à la lutte. Nous devons l’organiser, car, sans organisa tion, la masse ne peut se défendre, et, sans la masse, la Révolution ne peut se faire. Appuyons-nous aussi sur le proléta riat russe, sur le prolétariat français et, cela va de soi, sur le prolétariat de Chine. A l'exemple de la Chine, organisons- nous pour nous libérer ' Ng. the TRUYEN. Vers le Bloc Russo-Asiatique L’ancien cabinet japonais est tombé par suite des divergences d’opinions survenues entre les deux groupes qui le composaient. Le ministère avait été fermé le 7 juin 1924, KARANHAN Ambassadeur des Soviets à Pékin après les élections du 10 mai, qui avaient mar qué la défaite des partis de droite à la suite de la division du parti conservateur en deux groupes : le Segukaï et le Seguhonko. D’où formation d’un ministère de tendances radicales appuyé sur les 126 libéraux du Kenseikaï et les 101 conservateurs progressistes du Segukaï. La formation du nouveau ministère japonais peut avoir des conséquences très graves en rai son même de l’importance du rôle joué dans la politique mondiale par les événements d’Ex- trême-Orient et la question du Pacifique. L’atti- tude du Japon envers les Etats-Unis, la Chine et l’U.R.S.S. peut être un des facteurs les plus importants de la paix ou de la guerre. Or, le Segukaï, en effet, cherche à libérer le Japon des influences européennes pour former, avec la Chine, un bloc asiatique. Il est partisan du rapprochement sino-japenais et aussi du rap prochement avec la Russie des Soviets- Son arrivée au pouvoir signifierait une coo pération plus étroite entre le Japon, la Russie, la Chine et les peuples epprimés dé l’Inde et de T Indo-Chiné. Varenne et LIndochine Painlevé envoie Varenne en Indochine. Pourquoi ? 1° Parce que Painlevé, devant la menace d'une scission du Cartel, entreprend (tout ceci m'est très pénible à dire) d'amadouer les socialistes dans la personne de Va- renne^ choisi parmi les plus méchants. Réciproquement, Varenne, précédé et suivi de ses émules, ne demande pas mieux de mordre, pourvu que le morceau en vaille la peine, et il le vaut ! C'est dire que les 20 millions d'Indochi nois auront, une fo^ s de plus, à payer la corruption de l'Etat métropolitain et l'am bition des arrivistes de la métropole ! Tel est le sort d'un peuple qui a perdu son indépendance !... Et c'est aussi le sort du prolétariat métropolitain, car celui-ci, une fois de plus, va être berné par son gouvernement et ses chefs. Reste à savoir si cela' prendra ? 2° Parce que la situation en Indochine et autour de l’Indochine'est grave. Les Annamites sont las de la domination française. Dans leur cœur, la haine couve et n'attend à ne l'occasion pour éclater. Or, l'occasion, la voici : la Chine, à deux pas de l'Indochine, sursaute et commence la chasse à l'impérialisme. A la frontière du Tonkin, voici le Yun- nam. La France a- fait plusieurs tentatives pour l'envahir. Elle le colonise économi quement, grâce à sa voie ferrée. Elle a acheté le dernier gouverneur : elle n'achè tera, jamais la population, et le gouverneur acheté est en fuite. La faillite de la R. L C. a provoqué une agression contre la popu lation française de Yunnan-Fou. Que va- t-ü se passer aujourd'hui ? Voici maintenant le Kouang-Si. Juin der nier s’est produit, à Fort-Bayard, un enga gement au cours duquel l'inspecteur fran çais, M. Lagarde, fut grièvement blessé et plusieurs miliciens annamites tués. A Shanghaï, l'impérialisme français n'a pas été malmené comme les autres : mais... chacun son tour. A Canton, les miiraiUeu- ses françaises ont tué 30 Chinois et en ont blessé 70 ; les Chinois s'en souviennent. Ayant déjà le Maroc sur le dos, et l'in flation, et la Syrie, disposant d'une flotte de l'ordre n e , comment la France pourra- t-elle défendre l'Indochine, non seulement contre le soulèvement des indigènes, mais encore contre une agression étrangère ? Seul le Japon, pourrait aider la France ; c’est pourquoi la France engage des pour parlers économiques avec le Japon ; mais le Japon se tourne vers le bloc russo-asia tique. Le péril rouge, enfin, vous guette, ô pi rate Outrey ! Canton, foyer des révolution naires annamites, Canton, siège d'une école militaire où plusieurs Annamites, di tes-vous, sont inscrits ; Canton, que la France n'a pu détruire en soudoyant les troupes du Yunnam ; Canton est le centre du bolchevisme ! Voilà un danger encore. C'est le plus grand de tous, et c'est lui tout d'abord qu'il faut écarter, en empêchant les indigènes d'écouter les bolcheviks ! Mais comment ? Comment ? Alors, dans un éclair de joie, tel Archi mède sortant du bain, Painlevé se dit : envoyons là-bas un socialiste ! Un « socia liste » et non pas un radical-socialiste (nous avons déjà envoyé Doumer et Sarraut, et ça n'a pas réussi). Un socialiste, oui ! Un socialiste, savez-vous ce que c’est ? — C'est peu ici, mais c'est beaucoup là-bas. Tout ce qu'il dira, les indigènes le goberont, et ils se détourneront des bolcheviks, et ils resteront tranquilles. On endormira les in digènes, .non plus seulement avec l'opium et l'alcool, mais encore avec la promesse d'un tas de réformes. On en réalisera quel ques-unes pour la forme, parce que dans « réforme », il y a « forme » ; mais on n'en tiendra pas moins les jaunes, au contraire. Reste à savoir si cela prendra ? NGU YEN-AI-QU AC, *o-< Les ouvriers en grève à Saigon Huit cents ouvriers indigènes de l’arsenal de Saigon se sont mis en grève au lende- main de l’arrivée du croiseur français « Jules-Michelet » qui a besoin de répa rations urgentes avant son départ pour la Chine. De plus en plus, le prolétariat indigène se dresse contre les exploiteurs coloniaux. La bourgeoisie mondiale mène une cam pagne de mensonges perfides contre le peu ple de Chine qui se révolte. Tous les jour naux bourgeois affirment cyniquement que nous sommes des xénophobes. C’est faux ! Le caractère véritable, à la fois politique et social des événements de Chine se dégage d’ailleurs des revendications mêmes du peu ple chinois. Que réclame ce peuple ? L’abro gation des taxes municipales, la remise entre ses mains des douanes et de la policé, la res titution des concessions, la cessation des châtiments corporels, le repos hebdomadaire, etc. Qu’y a-t-il là de xénophobe, je vous le demande ? Non, le mouvement de révolte qui soulève en ce moment la Chine entière n’est pas un mouvement xénophobe, mais un mouvement anti-impérialiste ! LA CAUSE IMMEDIATE DE LA REVOLTE DE SHANGHAI C’est la répression sanglante contre la pre mière manifestation organisée- par les ou vriers chinois qui s’étaient mis en grève pour protester en faveur d’un de leur cama rades assassiné par un chef d’atelier dans une usine japonaise. Les ouvriers, auxquels se joignirent les étudiants, manifestèrent dans la concession anglaise. La police anglaise tira sur les ma- nifestants ; elle en tua six. Le dendemain elle en tua trois ; le surlendemain elle en tua 21. Le nombre des blessés dépasse 100. Aussitôt une indignation profonse souleva l’immense Chine et spontanément provoqua, dans toutes les classes sociales, un mouve ment de solidarité générale. La grève de Shanghaï gagna toutes les grandes villes où de graves événements se précipitèrent com me. une traînée de poudre. LES CAUSES HISTORIQUES DU MOUVEMENT ACTUEL 1839, l’impérialisme anglais fit la guerre aux Chinois pour les forcer à consommer de l’opium. 1856, deuxième gurre d’opium faite par l’Angleterre contre la Chine. 1857, guerre de rapine faite par la France. 1860, par la France encore et l’Angleterre. 1884, Le Testament de Sun-Yat-Sen A l’Exécutif Central des Soviets, « De mon lit de mort ma pensée se tour ne vers vous ainsi que vers mon parti et vers mon pays. MANIFESTATION A CANTON Sur les pancartes : « Vive la Russie soviétique ! » « Vous êtes à la tête de l’union de libres républiques que l’immortel Lénine a laissées en héritage aux peuples opprimés du mon de. Grâce à cet héritage, toutes les victi mes de l’impérialisme finiront par se libé rer d’une société assise sur l’esclavage, la guerre et l’iniquité. « Je laisse un parti, qui, comme je Fai toujours espéré, achèvera avec vous celte œuvre historique ; la libération de la Chine et des autres peuples opprimés par l’im périalisme. « Mes dernières, recommandations au GOMINDAN l’invitent à continuer l’action nationale révolutionnaire. Je recommande à mon parti de garder avec vous un contact permanent. « Je suis persuadé que votre appui dura ble est assuré à mon pays. « Je prends congé de vous en espérant que le jour se rapproche où l’Union des Soviets saluera en une Chine libre et forte un pays ami et allié, et où les pays niar- cheront la main dans la main vers la libé ration de tous les opprimés du monde. « Salut fraternel. » la France s’empare du Tonkin, province au tonome de la Chine. 1895, c’est le tour du Japon. 1900, c’est la guerre des Boxers : les puissances mondiales se ruent sur la Chine sans armes pour la piller et La massacrer, non sans avoir sauvagement réprimé les pay sans chinois qui s’étaient spontanément ré voltés contre les agents provocateurs des im périalistes, affublés de soutane. 1905, c’est le pugilat contre le tsar et le mikado, pugilat dont la Chine fut l’enjeu et le théâtre, 1910, le Japon s’empare de la Corée. LES CAUSES SOCIALES Après avoir mis ainsi la Chine à feu et à sang, après lui avoir arraché des concessions territoriales, les impérialistes se livrent à l’exploitation de la main-d’œuvre chinoise. Main-d’œuvre résignée souvent, peu organi sée et peu coûteuse ; exploitation de classe doublée de l’oppression de race. Il faut voir dans quelles conditions de sa laire et de vie les ouvriers chinois travail lent. A ce sujet, la commission d’enquête nommée par le Conseil municipal de Shan- ghaï vient de publier un rapport où il est écrit que le salaire varie entre seize et trente shillings par mois dans les usines anglaises de Shanghaï. La journée de travail pour hommes, fem mes et enfants est de 12 à 13 h. 1/2. La com mission a eu la preuve que les industriels étrangers enmbauchaient des enfants à rai son de 2 $ par mois. La vie d’un ouvrier chinois n’est pas coté bien haut par les im périalistes : pour un mineur chinois tué on paye 40 $ à sa famille. Pour un âne crevé on rembourse 100 $ à son propriétaire. A Shanghaï, l’hiver, aux heures noires du ma tin, dans les rues conduisant aux usines on entend une longue et poignante plainte d’en fants pleurant se rendant au travail. Dans les usines, le travail est continu. Il n’est accordé aucun temps pour les repas. Les en fants, les femmes, les hommes mangent leur pâtée de riz tout en continuant à travailler. Nombreux sont ceux qui dorment dans les ateliers où ils travaillent, étendus sur les balles humides de coton. TCHENG. Un grand meeting sur les Antilles Le 30 juillet 1925, boulevard Auguste- Blanqui, l’Union intercoloniale a organisé un grand meeting sur les Antilles. Trois questions principales : scandales électoraux, grève et cession, ont été déve loppées à la tribune, et les orateurs antil lais, Lunion, Saint-Jacques. Fargue (porte- parole de Lagrosillière), Sarolte et Blon- court, assistes des représentants de l’Indo chine et de l’Afrique du Nord ont flétri l’impérialisme français comme il le mérité. * * * L’infâme clique coloniale française vole, pille, massacre aux Antilles, non moins que dans les autres colonies. Aussi, les originaires des autres colonies, en parti culier les Indochinois, ont-ils un intérêt, de premier ordre à suivre ce qui se passe à la Guadeloupe et à la Martinique. 1° Le tableau de boue, de sang, de fa mine, dont le colonialisme français s’il- lustre dans ces pays, constitue une irré missible condamnation de ce colonialisme puisque celui-ci, après plusieurs siècles de « civilisation » n’aboutit qu’à cela ; 20 Le tableau de boue, de sang, de fa mine que nous présentent les colonies an ciennes, nous montre d’avance, quel avenir le colonialisme français nous ré servera, dussions-nous lui rester soumis pendant des siècles. * * * —Les scandales électoraux?—Ils nous en seignent la faillite du réformisme colo nial, puisque la plus radicale de toutes les réformes, le suffrage universel lui-même, est une duperie flagrante. —Les grèves sanglantes —Elles nous ap. prennent ceci : quand bien même le colo nialisme nous émanciperait politiquement, il continuerait à nous subjuguer économi- quemenl, en exploitant la masse de notre peuple. Et ceci encore : le prolétariat indigène que le colonialisme, crée chez nous, en y introduisant des plantations et ### [Trang 2] des usines, s’éveillera à la lutte ; c’est pourquoi nous devons organiser dès main tenant cette force, avec laquelle nous pour rons renverser le colonialisme et sans la quelle nous demeurerons impuissants. — La cession ? — Mais n’est-ce pas une question brûlante pour l’Indochine elle- même ? Et ne devons-nous pas faire nô tre, la conclusion que nos camarades an tillais ont formulée pour eux : Puisque la France ne veut ou ne peut nous défendre, mais songe, au contraire, à nous vendre, nous n’avons qu’à nous dé tendre nous-mêmes, contre n’importe quel impérialisme et tout d’abord contre l'im périalisme français. * * * Ainsi donc, les vieilles colonies font une longue et cruelle expérience dont les co lonies nouvelles doivent profiter pour ne pas tomber dans le panneau, à leur tour. Mais, s’il en est .encore parmi nous, qui croient à la « mission civilisatrice » de la France, à « l’esprit libéral » de la clique coloniale française et qui poussent l'ingénuité jusqu’à lui confier « les longs espoirs et les vastes pensées », puisse /exemple des Antilles lui crever les yeux et les oreilles ! Nous croyons, pour notre part, que le salut des peuples coloniaux, des vieux et des jeunes, ne peut être que l’indépendance totale et immédiate. A LA MARTINIQUE Lagros Hère en libert é provisolre On se souvient qu’à l’occasion des élec tions municipales de la Martinique — qui retardées n’eurent lieu que le 24 mai — la troupe intervint et le conseiller géné ral Charles Zizeix et Deuxétages, maire, furent fusillés par les gendarmes. M. Lagrosillière, ancien député de la Martinique, fut arrêté et détenu depuis cette époque à la prison de Fort-de-France. Nous avons protesté contre cette arres tation arbitraire à la suite d’incidents dont le colonialisme était seul responsable. Nous apprenons que, bien tardivement, M. Lagrosillière a été mis en liberté pro visoire sous caution. - >*•-< Le scandale des fraudes électorales d’Alger •** Conformément à la ^olitiqtie coloniale de son impérialisme, le Conseil de préfecture d'Alger vient de donner son mot sur le scan dait \des élections municipales indigènes : il approuve pleinement les fraudes^ la violence et l'arbitraire de son gouvernement, et les légalise par un long arrêté pétant Vhypocri sie et le cynisme. . t lia. une belle leçon pour les indigènes, car c'est une de leurs plus chères illusions sur la démocratie bourgeoise qui tombe. RM Melons les faits. Au premier tour de scrutin, la liste indigène du Bloc ouvrier- paysan eut un succès éclatant. Elle obtint Ratant de voir que la liste administrative et deux fois plus que celle du D' Bentami. L'Emir Khaled, en tête de liste et symbo- iisant la protestation des indigènes algériens, obtint à lui seul 558 voix, Mahmoud ben Lehlal, le héros de Mayence : 474. Le candidat gouvernemental lui-même, le millionnaire Cht kiken, n'eut que 472 voix et son triste colistier, Raid Hamoud : 398. Le soufflet quç masse indigène appli qua sur la fûM du gouvernement général, a été magistral. Le colonialisme en frémit d'é pouvante. Le silence qu’observa toute la presse esclavagiste en fut la démonstration éloquente, mais, par contre, le gouverne ment prépara, avec le concours de ses valets indigènes, les manœuvres malpropres qui de vaient asstirer l’élection de ses pantins. Comment! l'élite algéroise, c' est-à-dire 1.600 électeurs triés au volet sur une popu lation de 60.000 indigènes et comprenant ceux sur lesquels l’impérialisme français avetit le plus de confiance, puisqu’il leur donne le droit de vote : voilà que plus d’un tiers de cette élite flétrit la politique gou vernementale en soutenant la liste révolu tionnaire! Alors la clique coloniale, voyant qu’elle ne peut plus prendre les indigènes par la ruse, emploie la force et les procédés clas siques d’arbitraire brutal dont elle se sert aux Antilles et aux Indes françaises, elle les applique à l’Algérie. La police et l’armée furent mobilisées, les bulletins outrageusement fraudés, les élec teurs violentés, les candidats du B. O. P. expulsés des bureaux de vote et, pour com ble, les présidents de ces bureaux s'arrogè rent du pouvoir exceptionnel de déclarer inéligibles ceux des candidats adverses qui avaient été élus! De tels procédés nous expliquent pourquoi les Antillais, si paisibles, mais imbus des sa crés principes de 1789, eurent recours, eux aussi, à la violence pour faire respecter leurs droits de citoyens : il fabriquèrent des bom bes et les lancèrent sur la clique. Certes, ce ne sont pas des actes indivi duels de violence qui pourront transformer, l’horrible organisation capitaliste et sa po litique coloniale, conséquence naturelle de son impérialisme ce ne sont pas non plus les interpellations parlementaires qui modi fieront de beaucoup la situation des oppri més coloniaux-. La tribune du Parlement bourgeois peut être utilisée par les partis vraiment révolu tionnaires pour flétrir les crimes du capita lisme, lui jeter à la face toute l’hypocrisie de ses institutions et réveiller à la lutte la masse des expoitès qui peuvent encore être dupés par la démocratie bourgeoise. Mais encore faut-il qué la masse des indi gènes s’organise elle-même Rejette ceux de ses frères de race qui ne sont que ses enne mis de classe et s’allie au prolétariat mon dial pour abattre l’impérialisme mondial. EL-DJAZAIRI. Le Courrier de l’Indochine •****===*========================================== =o=pp=seropo========e GREVE D’OUVRIERS ET D’OUVRIERE? DU TEXTILE, A NAMDINH (Tonkin) Dans la matinée du 30 avril, 2.500 ou vriers et ouvrières de l'usine appartenant à la Société cotonnière du Tonkin cessèrent ‘e travail. Ils avaient envoyé au directeur une lettre anonyme dans laquelle ils réclamaient : 1° Une augmentation de salaire en rap port avec le coût élevé de la vie ; 2° La réintégration de 300 de leurs cama rades qui avaient été révoqués le 26. Ces 300 ouvriers travaillaient à l’atelier de lissage ; ils s’occupaient du nettoyage, du graissage et de l’entretien des métiers, et à chaque métier étaient affectés 4 ou vriers dont 2 aides. Mais la direction, ayant voulu faire une compression du personnel, avait réduit à 2 ouvriers par métier, d’où renvoi des 300 en question. La grève, éclatant dans la filature qui alimente l’atelier de tissage en coton filé, entraîna l’arrêt complet de cet atelier, soit 1.300 ouvriers, ainsi que l’atelier des ma- chines, soit 300 autres. A l’heure qu’il est, nous n’avons aucune nouvelle des grévistes, mais étant donné le régime de l’indigénat, qui enlève aux Annamites tout droit poli tique et syndical, et connaissant la répres sion qui s’exerce sur eux au moindre geste de protestation, nous sommes bien sûrs que les grévistes de Namdinh ont dû réintégrer l’usine par force, non sans avoir subi de dures brimades, comme le laissent entre voir déjà ces ligues publiées, par un journal de là-bas : a Nous espérons que les fauteurs de cette grève seront découverts sous peu et qu’une punition exemplaire leur sera infligée ». La Société cotonnière du Tonkin. fondée en 1900, possède un capital représenté par 5 millions d’actions de 1.250 francs, toutes libérées, et deux millions d’obligations. Les dividende étaient de 10 % au début et 12 % au dernier exercice. La Société possède trois filatures, un atelier de tissage et une teinturerie, à Namdinh, Haïphong et Hanoï, plus deux succursales à Montzéet Ynnan- sen. GREVE D’EMPLOYES ET D’EMPLOYEES INDIGENES A SAIGON (Cochinchine) Vers le milieu du mois de mai, à la suite de l’arrestation d'un employé indigène, ac cusé d’avoir dérobé deux caisses de mar chandises, le directeur des magasins Char- ner fit fouiller tout son personnel indigène, à la sortie de l’établissement. Le moyen, pour odieux qu'il soit, « est déjà en vigueur dans certaines grandes maisons de la place », écrit le Courrier Saigonnais- du 15 mai 1925. Or, le personnel féminin n’échappait nul lement à cette mesure et le directeur pous sait le mépris des travailleuses annamites jusqu’à les faire fouiller par des hommes, des Bengalis de garde, « qui en auraient profité pour se livrer sur les femmes à des privautés inconvenantes ». (La Libre Co chinchine du 16 mai 1925.) C’est pour protester contre cet odieux al- tentât à la dignité des travailleuses que tout Une succursale de l’«In digénat» en France **•—— Protestation indignée des Annamites Il y a, à Marseille, environ. 500 annamites qui travaillent à bord des bateaux comme cui siniers, garçons, boys... Près de 300 se trouvent depuis un mois dans l’impossibilité de gagner leur vie, par suite de la confiscation, die leur permis d embarquement, opérée par un haut fonctionnaire colonial nommé Josselme, qui a le titre de « contrôleur général des troupes de F Indochine », mais qui dirige en réalité un service de « surveillance » contre les Indochi nois navigant, ou séjournant dans les ports fran çais. Ce service, créé en 1923 pendant l’Exposi- tion coloniale de Marseille, par le flic-empoi sonneur Sarraut, est doublé d’un marché offi ciel d’esclaves coloniaux- Le sieur Josselme, préposé à cette double besogne, parle bien l'annamite pour avoir vécu longtemps en Indo chine, où il exerçait la fonction de garde fores tier. Il a maintenant un bureau au n° 132 rue Paradis, à Marseille, et 4 secrétaires anna- miles, tous flics comme lui. Et savez-vous pourquoi le sieur Josselme a-t-il retiré aux Annamites leurs papiers ? — Pour forcer les malheureux par la menace du chômage à s’engager aux « Messageries Mari times », malgré la répugnance qu’éprouvent les Annamites à travailler pour cette firme, qui ne les embauche que comme boys à tout faire, avec des conditions de vie malsaines, à dessein humiliantès pour leur race, et avec un salaire de 150 par mois. Exaspérés, — on le serait à moins, — un groupe de travailleurs maritimes annamites de- Marseille a saisi le préfet des Bouches-du- Rhône, le procureur de la République. la Li gue des Droits de l'Homme (!) le ministre de la marine marchande. Ce fut en vain ! Ils ont envoyé deux pétitions au ministre des colonies, mais Son Excellence André Hesse est allé faire une cure d eau à Vichy. Ayant appris la nomination de M. Alexandre Varenne au poste de gouverneur gé nérai de l’Indochine, ils ont écrit à M. Alexan dre Varenne, mais môssi le socialiste-gouver neur est occupé à faire ses malles. Alors les Annamites se sont tournés vers le parti communiste, parce qu’ils ont enfin com pris que, seul, le parti des ouvriers et des pay sans se donne la peine de défendre les opprimés et les exploités coloniaux. L'Humanité du 1/8/25 a pris leur défense en dénonçant l’état de chose abominable dont ils sont victimes, sur le territoire même de la « mère-patrie » ! pays, dit-on, de liberté, d’égalité et de fraternité. Pouah ! Ng. THUONG. le personnel annamite refusa d’entrer aux magasins le 14 mai, à 8 h. 1/2. Employés et employées, au nombre d’une centaine, devisaient sur le trottoir, quand le sous-directeur sortit brusquement et sai sit deux grévistes pour les faire rentrer de force. La police enferma les autres dans un poste ; là. on leur infligea à chacun une amende de 89 cents (8 francs). Ils refu sèrent de payer ; on les défér a au tribunal. La Libre Cochinchine du 30 mai 1925 nous dit comment le personnel indigène est traité aux magasins Charner : « Les amendes pleuvent : 1 er retard, 10 cents (1 franc) ; 2 e retard, 50 cents (5 fr.) ; perte de jeton portant le numéro de l'em- ployé et indiquant sa présence, 1 piastre (10 fr.) ; perte du brassard, I piastre en core, etc... Le moindre vol donne lieu au renvoi, ce qui est juste, mais au renvoi s’ajoute une amende, ce qui l’est moins : vol d'une boite de cachou La jaunie, renvoi et une piastre (10 fr. d’amende) ; vol de deux boites de sardines, renvoi et deux piastres d amende (20 francs). Les magasins Charner, succursale des Grands Magasins de Hanoï, appartiennent à une Société coloniale au capital de 12 mil- lions, en 24.000 actions entièrement libérées, dont 16.000 d’apport attribuées à « l’Union Commerciale Indochinoise et Africaine ». Parmi les membres du Conseil d’admi nistration, on remarque le nom de M. An- goulvant. Les magasins Charner possèdent des sa lons de manucure et de thé ; on y donne des concerts le jeudi et le dimanche. Ceci est encore à noter : Au cours d’une visite officielle, M. Man- guillot, gouverneur général intérimaire de l’Indochine, « a été très émerveillé, écrit le Courrier Saigonnais du 6 avril 1925. du luxe et de l’impeccable organisation des Grands Magasins, et en a vivement félicité le directeur. Une réception eut ensuite lieu au salon de thé, suivie d’un dîner intime à la terrasse. L’orchestre Le Ryck se fit en tendre durant le repas. M. Manguillot et sa suite prirent congé de leur hôte à minuit, non sans avoir' renouvelé leurs félicita tions ». Sans commentaires 1 MANIFESTATION DE PAYSANS ANNAMITES AU TONKIN Dans l’Echo de Paris du 14 mai 1925, le pirate Outrey raconte le fait suivant qu’il attribue à la propagande bolcheviste et qu’il tient, dit-il, d’un officier général de l’Indo chine témoin de l’incident : « Dans le village de Quât-Lâm, le rési-’ dent de la province de Namdinh et l’inten dant général des troupes coloniales, accom- pagnés de leurs familles, traversaient le village en auto. 1.500 à 2.000 indigènes se mirent à vociférer contre les voyageurs et se mirent à jeter des pierres sur leurs voi tures. Ils n’ignoraient pas cependant à qui ils avaient affaire. Le résident de la pro vince et l’intendant général, dont l’un s’était fait reconnaître et dont l’autre était revêtu la « Civilisation» en marche •+• Une des gloires de la « civilisation » fran çaise en Indochine c'est l’empoisonnement officiel des indigènes par l’alcool dont la fabrication est monopolisée par la Société « Française » des Distilleries' qui luche uB bénéfices énormes. Les chiffres suivants montreront la mar che, de la civilisation sous forme de produc tion alcoolique : 1901 20.000 hectolitres 1903 40.000 — 1922 1 139.855 — I9 2 3 153-302 1924 172.960 — Voici maintenant la marche de la civilisa tion sous forme de dividendes çpar actions de 500 francs) : 1901 30 francs 1903 45 — 1912 75 — 1917 100 — 1920 150 — I9 2 3 ; .175 ~ Il est question d’un dividende de 200 fr. La société a augmenté son capital de 22 millions. En outre de son « affaire » à elle, ele consacre 5 millions pour participer aux affaires des autres firmes. Directeur de la société : Fontaine. Grooms et boys : Downer, Sarraut, Outrey, Merlin, leurs prédécesseurs et leurs succes- seDrs. M’est-ce pas, Varenne ? Quant aux 20 millions d’Indochinois que la clique empoisonne, ils ne verront finir cette révoltante situation que du jour où ils auront chassé toute la clique. Mais il faut qu’ils se dépêchent. sinon ce serait trop tard, car l’alcool tue vite. Des Munitions pour le «Paria» Long Fr. 5 Un Annamite 16 Un Annamite E. D 50 Zerrouki ...........................v . 5 Chebat 16 Internationale des Travailleurs de l'Enseignement 50 Ben Lemmon 100 [Contre l'arrêté Chautemps interdisant T immigration des Algériens en France.) Total 230 >+o-< PERMANENCES L’ « Union Intercoloniale » et le « Paria » tous les dimanches matin, de 10 heures à midi, au siège, 3, rue du Marché-des-Pa- triarches. de son uniforme, avaient essayé vainement de les calmer !... » Que ceci vous serve de leçon, à vous, pirate Outrey, et à vos pareils. Les indi gènes ne vous ont lancé que des vociféra tions et des pierres ; mais faites bien atten tion : si vous continuez à nous embêter, ça pourra barder... autrement. Quand à la catégorie de vos congénères qui sont revêtus d’uniformes, ou les con naît ; la preuve : « Le général S... a ramené de ses diffé rentes tournées des quantités de lais (ca deaux), dont la partie visible peut être ainsi dénombrée : 2 chevaux, 10 vaches, 6 veaux, 20 chèvres. « Nous n'avons jamais pu savoir qui avait payé le transport du troupeau, mais nous savons que le général a touché, pour aller le chercher, de grasses indemnités allouées par l'intendance. « Et pour tirer profit net du troupeau, on cherche à vendre au prix fort à de malheu reux Nhà-Qués ce que d’autres pauvres Nhà-Qués se sont crus tenus d’offrir à un général dont la ladrerie fait la risée de toute la garnison. « Des résidents de France ont même servi d'intermédiaires pour essayer cette vente. « Le génral S... a sérieùsemnet écorné le crédit des frais de déplacement. Il se dé place énormément. Quand il séjourne à Ha- noï, il prend un vif intérêt aux enchères de la Salle des Ventes où sont exposés ri ches étoffes et vases de prix. Pour quel motif ? » (Armée et Démocratie, mai 1925.) VERS L'ORGANISATION SYNDICALE Les employés indigènes du Tonkin vien nent de s’organiser en une “ Amicale ” groupant 3.500 membres. Le Comité Exécu tif de cette Amicale a réussi à se faire recevoir par le gouverneur général par intérim, M. Monguillot, et à forcer ce der nier, colonialiste notoire, à examiner les revendications suivantes : 1. Concession du droit de vote à tous les employés indigènes du commerce ; 2. Application dans la colonie du code sur le travail. Tout ceci, à côté de ce qui se passe en France, n’est rien évidemment ; mais, c’est beaucoup lorsqu’il s’agit d'une colo nie comme l’Indochine où le régime de l’indigénat prive les indigènes de tout droit syndical et politique. Pour que les travailleurs annamites se mettent en grève, il faut qu’ils soient ter riblement exploités et pour que d’eux- mêmes ils arrivent à s’organiser, il faut croire qu’ils prennent déjà conscience de leur force. Souhaitons qu’ils fassent un pas de plus en comprenant la solidarité de classe qui unit les ouvriers et les paysans de l’Indo chine à ceux de France et du monde. Puisse l’exemple du prolétariat chinois, qui a donné son adhésion à l’Internatio nale syndicale rouge (I. S. R.) et qui a trouvé un solide appui moral et matériel dans cette adhésion, faire réfléchir le pro létariat. indochinois. Après l’Affaire de l’Ambas sade d e Chine À la suite de la manifestation à l’ambassade de Chine, le gouvernement français arrête un grand nombre de nos camarades chinois, ex pulsé 20. emprisonné 20 autres- Pourquoi ? Nos camarades ont manifesté pacifiquement et ils ont manifesté à l’intérieur de la légation de Chine, où ils étaient chez eux ! Mais le comble du cynisme, c est que le gou vernement maintient nos camarades, emprisonnés à la Santé, au régime du droit commun, au régime du pain noir, de l’eau tiède et des nerfs de bœuf, depuis le 24 juin, sans daigner les interroger. Quand finira ce scandale ? Une figure de révolutionnaire Parmi les emprisonnés, il convient de men tionner spécialement le camarade Yen. Il était vraiment l’âme du parti communiste chinois en France. Il vint en France voici quelques an nées. Comme les 3.000 de ses compatriotes, qui sont étudiants-ouvriers, Yen a dû travailler pour avoir de quoi vivre et faire ses études : il tra vailla comme mécanicien pour étudier les arts et métiers. En même temps, il organisa le P.C.C., dont il devint le secrétaire extrême ment actif et dévoué. C’est de plus une intel ligence. Il parle le français, l’anglais ; lit l’al- lemand et le russe ; connaît la littérature chi noise à fond. Ecrivain, orateur, il dirige le journal chinois La Lumière rouge (Xich- Quang), organise des réunions et des meetings. On 1 accuse d’avoir « fomenté » la manifesta tion devant l’ambassade. Yen vivait à Paris avec 300 francs par mois- Il est âgé de 23 ans II ferait beau voir un étudiant annamite de cette trempe. Yen a été arrêté au moment où il rentrait dans son hôtel, pour prendre sa malle (il se prépa rait à quitter la France). Pourquoi le gouvernement français le main tient à la Santé ? — Parce qu’il a peur de ce militant d’élite. D’un autre 'côté, il ne veut l expulser, de peur que Yen n’aille militer en Chine. A. Berthon, l’avocat de Yen, a demandé une confrontation de son client avec l’ambas sadeur Tcheng Loo : ce fut en vain. Par-dessus le marché, Yen et ses compatriotes sont au ré gime du droit commun. Quelle honte oour Pain- levé, qui est allé en Chine, en 1919, pour prê cher l’amitié française aux Chinois qu’il em prisonne aujourd’hui. Mais les Chinois s’en souviendront, et quand ils retourneront dans leur pays ils sauront ren dre la monnaie. TR U YEN. Le Gérant : Léopold MESNARD. mfggn Travail axôcuté par des ouvriers syndiqués Imprimerie Française (Maison J. Dangon) 123, rue Montmartre, Paris (2*) Georges DANGON, imprimeur. Grave émeute de paysans au Cambodge •*• Dans la journée du 12 avril, les habitants du village de Krangléou, situé à 15 kilo mètres de la ville de Kompong-Chnang (Cambodge) célébraient une fête patronale, lorsque survint un représentant de la civi lisation, nommé Bardez, résident de France à Kompong-Chnang. Le redoutable personnage faisait sa « tournée d’impôts », et bien qu'il arrivât dans une commune en pleine fête, il donna l ordre aux habitants de lui apporter sur- le-champ, le tribut que la République fran çaise leur impose. Il y alla trop fort, le civilisateur !... La foule le tua, à coups de bambou et de hache ; et quand il eut rendu l’âme, elle se livra sur son corps, à qui mieux mieux, à des mutilations affreuses. Un secrétaire et un milicien qui escor taient feu M. le résident, furent assommés, seul le cuisinier de Bardez réussît à s’en fuir et c'est ce rescapé qui donna l alarme à la police. Comme de coutume, les communiqué» officiels n’attribuent d’autres caractères à l’émeute que celui de piraterie ; mais la presse indépendante, à l’unanimité, affir me que l’émeute fut le résultat de nom breuses exactions dont souffrent les pay sans indigènes, sous le règne du résident supérieur du Cambodge, M. Baudoin. Ce t M. Baudoin a gaspillé les deniers pu blics' au point de se trouver en 1925 de vant un déficit de 1.120.000 piastres (près de 14 millions de francs), déficit égal à deux fois le budget des recettes. Pour combler ce gouffre, M. Baudoin dé cida d’imposer les Cambodgiens de 18 à 20 ans (il s’agit de l’impôt personnel, une des beautés de la colonisation), et alors « une réforme" budgétaire importante fut faite dont le résultat fut non seulement d’augmenter l’impôt de 50 %, mais en core de le percevoir d’une façon impopu laire. » (Libre Cochinchine.) » M. Baudoin n’en est pas d’ailleurs à sa première gaffe. Déjà en 1923 et 1924, la Chambre à été saisie d’une pétition dans laquelle un ancien résident du Cambodge, M. Ch. Bellan, apporte de graves accusa- lions contre M. Baudoin. * * * On nous communique à la dernière heure une nouvelle pétition de M. Ch. Bellan ; elle apporte des précisions sur les circons tances de l’attentat contre le résident Bar dez et, de plus, elle révèle la part de responsabilité qui incombe à celui-ci, à côté de celle qui remonte à son chef Baudouin : « Des contribuables expliquant qu’ils ont déjà acquitté leurs impôts, M. Bardez en fait ligoter un certain nombre, leur an nonçant qu'il allait- les conduire en pri- son. La femme de l'un des Cambodgiens ainsi arbitrairement arrêtés s’étant pro- curé de l’argent, le remit à M. Bardez, en lui déclarant que son mari avait déjà payé ses impôts au maire du village : et elle réclame- en tout cas, la mise en ht crie du détenu, du moment qu il pays ’ • > • - veau ce qu’on lui réclamait M. , a ez se refusa à faire droit à cette légitim de- mande et prétend'.'., pou • l’e cemple, main- tenir l’arrestation de ce con! ibuable cam bodgien. La femme se mit alors à ameuter la population en disant que le résident ar rêtait les gens qu’ils eusseni payé ou non leurs impôts. Il y avait là un millie r d’in- digènes présents. L’un de ceux-ci, plu? hardi que les autres, s’avança près de la table où était assis M Bardez dans la « sa la » (maison commune) et lui asséna par derrière sur la tête, un grand coup de ta bouret en bois Etourdi M Bardez, von lant se mettre à l’abri, se précipita au milieu de la foule qu’il pensait disposée à le protéger. Tout au contraire, celle-ci se mit en devoir de l’assommer ». « M.Bardez, ancien secrétaire particulier, chef de cabinet et directeur de la Sûreté de M. Baudoin, était l’une des âmes dam nées de celui-ci et l’exécuteur de ses œu vres. Il a, d’ailleurs, été mis en cause, avec d’autres complices de M. Baudoin, les Désenlis et consorts, dans les pétitions précitées a la Chambre des députés. Il est bon de noter qu’avant d'aller, en novembre 1924, à Kompong-Chnang, M. Bardez était résident de France à Prey- Vang. Il avait failli, par ses procédés ad ministratifs, déchaîner une révolte dans cette résidence, où il avait instauré, notam- ment, un régime de terreur pour la per ception des impôts qu’il récoltait en per sonne. Tout contribuable réputé en retara était tenu de s'acquitter immédiatement entre les mains résidentielles, alors que souvent il avait déjà payé ses contributions au maire du village ou au gouverneur de la province. Tentait-il de s’expliquer, il était aussitôt arrêté, ligoté et jeté en prison, sans autre forme de procès et malgré les sup- plications de sa famille qui, invariable ment, s’arrangeait de façon à fournir la somme réclamée. Tel est 1 un des principes du « Système Baudoin », système que M. Baudoin em ployait lui-même, personnellement, ainsi que j’en ai fourni, dans mes pétitions, de nombreux exemples relatifs, entre au tres, aux emprunts forcés. Quoi qu’il en soit, on empêcha la révolte d’éclater, à Prey-Vang, en dénonçant M. Bardez et en le nommant résident de France à Kompong-Chnang, où, naturel lement, il se livra aux mêmes exploits pour conserver la faveur et l’appui de son chef el protecteur, en exécutant ses ordres. » Et M. Bellan conclue : « Devant le spectacle des crimes et des criminels ouvertement protégés, les indi gènes finissent par reconnaître qu’ils n'ont plus que la seule ressource de se révol ter contre la carence de l’Administration et de la Justice et de se défendre eux- mêmes. » Cette conclusion est aussi la 'notre. Ng. ô-PHAP. >*•—< POUR LES CHINOIS Appel du Secours ouvrier international Demandez et placez les timbres que le S,O.I. a édités spécialement pour les Chi nois. Faites des collectes dans les usines et à toutes les réunions. Et envoyez vite les fonds à Dutilleul, secrétaire du S.O.I., 114, boulevard de la Villette. Paris (19 e ). Chèque-postal : 243-79.