Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7009363r (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — juin 1925 1925 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] TROISIEME ANNEE. — N° 34. Le Numéro: VINGT-CINQ centimes JUIN-JUILLET 1925. ADMINISTRATION / A " . Re . . 2 . 09 "h*aktsssy""““,/)*) LC I 2 1 ” " 2 7P- Paraissant mensuellement Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement, Un an : 5 francs Chèque postal : Desprès 92-22-Paris VIVE LA REPUBLIQUE DU RIFF I Les Riffains luttent pour leur indépendance! La lutte que mène le petit peuple riffain contre les puissants impérialismes espagnol et français aura sa glorieuse page dans l’His- toire. Jamais on ne vit héroïsme aussi sublime, cou rage aussi tenace ! Devant l’envahisseur, les quelques tribus ber bères s’unissent en une République fédérée. Leur république est d’une constitution encore primitive : elle ne possède pas une armée de magistrats, des usines immenses où des milliers d'ouvriers se tuent pour enrichir des industriels, elle ne fabrique pas de gaz asphyxiants, elle ne possède pas des bagnes grands comme des villes, une police à tout faire, des généraux formés, à l'école du meurtre, ni des bourses grandes comme des palais où des financiers vé reux spéculent sur la sueur et le sang de leurs nationaux. Mais cette république riffaine est mille fois plus cémocratique que le plus dé mocratique des Etats capitalistes européens. Depuis 20 ans, les Riffains, montagnards in trépides, agriculteurs laborieux n’ont cessé de se battre contre l’impérialisme européen pour conserver leur indépendance. Ils se soumettent à l’autorité du Sultan qu’ils considèrent comme un chef religieux ; ils veulent bien céder les richesses minières que recèle leur sous-sol et bénéficier en partie de l’exploitation de ces ri chesses, mais ils ne veulent à aucun prix être ravis de leur liberté politique. Aujourd’hui plus que jamais, ils voient à quel sort sont réduits les peuples musulmans co lonisés : ils voient le Maroc entièrement acca paré par la Banque de Paris et des Pays-Bas, iis voient une multitude ce flibustiers se ruer avec des avions et des bombes sur les popula- tions musulmanes, exproprier les terres, annihi ler les libertés et faire du Sultan lui-même un homme de paille . Plus de 50.000 Riffains vont chaque an née moissonner dans lé département d’Oran, et voient les bienfaits qu’un siècle de colonisa tion apporte aux Algériens. Plus de 5 millions et demi de musulmans réduits à l’esclavage ; un immense cheptel humain de travail et de combat, tenu dans l’obscurantisme et gouverné par la triquè. Et puis, voici la Tunisie martyre, avec un Bèy d’opérette un peuple brimé, ex ploité, écrasé. Partout où la civilisation occidentale s’ins talle, les Marocains lisent : oppression, exploi tation. Ne voulant point avoir lé même sort que leurs coreligionnaires algériens et tunisiens, les Marocains viennent se grouper autour d’un chef intrépide doublé d’un organisateur émérite, et c’est alors que le monde vit ce prodige : une poignée de Riffains mit en déroute une armée moderne forte de 180.000 hommes ! LE MAROC ET LA CRISE MONDIALE •=>+=-+ Un discours de Ztnoviev Les ouvriers et paysans russes, qui se sont libérés du joug tzariste suivent avec attention tout mouvement d’émancipation des autres peuples. Le 11 juin, à une réunion ouvrière qui eut lieu dans un faubourg de Moscou, appe lé Krasnaïa Presnia, Zinoviev, président de la II le Internationale et la bête noire des impérialistes internationaux, prononça en important discours sur la situation mon diale. Nous relevons dans VHumanité, du 2G juin, les passages relatifs à la guerre du Maroc. « Il vient de se produire dans quelques parties du monde des événements qui sont des précurseurs de bouleversements fu turs' et d’une portée considérable. Un de ces événements est la guerre au Maroc, guerre coloniale par excellence, qui ne louche en ce moment que deux puissan ces. Mais dans cette lutte de relativement peu d’importance se reflètent déjà les con tours d’événements autrement importants qui se manifesteront dans un proche avo- nir. « Parmi les papiers du camarade Lénine se trouve une note écrite peu de temps avant sa mort, où il prédit que nous de vons nous attendre, dans la période de 1925-1928, à une nouvelle guerre mondiale qui sera plus terrible encore que la guer re 1914-1918 et qui exigera 5 à 10 fois plus de victimes. « Les événements actuels justifient cette prophétie de Lénine. » LA GUERRE MONDIALE ET LA GUERRE MAROCAINE « Au début de la guerre mondiale on ne voyait pas bien clair. Cette fois-ci, on sait ce qui se passe au Maroc. Le prodige continue ; après avoir chassé les Espagnols, Abd El Krim tient en échec son nouvel agresseur : le capitalisme français. 300.000 Riffains, femmes, hommes et en fants, toute la population résiste opiniâtrement au plus formidable des militarismes et se feront tuer jusqu’au dernier plutôt que de perdre leur indépendance ! Et c’est cette lutte héroïque qui vaut l’ad- miration du monde musulman et qui montre aux masses opprimées d’Egypte, de l’Afrique du Nord, des Indes, de Syrie, de Tripoli, ce que peut faire un petit peuple résolu, guidé par des chefs valeureux comme Abd el Krim. impi- torable contre dés traîtres comme le bandit Rai- suli. Déjà, plusieurs tribus marocaines, naguère « pacifiées » à coups dé canon ou soumises par suite de la trahison des chefs, se sont ral liées aux Riffains et ne veulent plus souffrir l’obédience de la France à laquelle elles s’é taient un moment résignées. A la moindre odcasion, les « dissidents » se retournent contre l’impérialisme français, usant de ces mêmes armes qu’il leur avait fournies pour combattre leurs coreligionnaires. La France capitaliste rêve de subjuguer l’Is- lam dans toute l’Afrique du Nord, c’est pour quoi elle a voulu par une agression odieuse ef facer de la carte le seul petit espace qui échap- pait à sa domination. Mais ce rêve, par la magie d’un petit peu ple, devient un cauchemar épouvantable. Pous sé par sa rapacité aveugle, l’impérialisme fran çais a mis 1 étincelle à cet immense tonneau de pouare que 'constitue le mondé des musulmans révoltés. Dépuis les confins de l'Afrique du Nord jusqu’aux Indes, la guerre du Maroc secoue des millions de musulmans, et c’est avec une anxié té mêlée d’espoir qu’ils suivent les événements du Riff. Abd el Krim et le peuple riffain, après Kamel Pacha et le peuple turc, montrent à leurs frères martyrisés la voie, la seule voie de la li bération. La leçon profite encore à tous les au tres peuples opprimés. Les conditions économiques de ces peuples coloniaux ne peuvent s’améliorer que lorsqu’ils seront en possession de l’appareil politique de leur État : c’est ce que lès Riffains ont compris et nous donnent à comprendre quand ils ré sistent à Lyautey pour conserver leur indépen dance. Tous les peuples opprimés ne peuvent eue lés soutenir et exiger avec les ouvriers et les paysans de tous les pays la reconnaissance de la République du Riff. EL DJAZA1RI. « D’un côté, un petit peuple ; de l’autre, une formidable puissance impérialiste qui attaque la plus faible, ouvrant par son ac tion une nouvelle ère de conflits interna tionaux. Nous sommes en présence d’un simple acte de brigandage dont le but appa raît clairement à tous. Il ne s’agit que de ceci : l’impérialisme français n’est pas ras sasié et il veut conquérir de (nouveaux territoires aux dépens du petit peuple rif fain. Et, en 1925, .après Aa victoire du Cartel des gauches sur Poincaré qui, à ce qu’on prétend, ouvrit une nouvelle ère de démocratie et de pacifisme, la bour geoisie française envoie des troupes au Maroc et déclenche une nouvelle guerre. » LE FRONT BOURGEOIS ET SOCIAL-DEMOCRATE « Dix ans se sont écoulés depuis le dé but de la première guerre mondiale. Dix millions d’hommes ont payé de leur vie les appétits déchaînés des impérialistes. De tous les pays, c’est la France qui a le plus souffert de la guerre. Il n’y a pas un vil lage français où les nombre des hommes corresponde à celui des femmes. La cam pagne française est encore dévastée par la guerre. Et, au premier essai des capi talistes de recommencer la guerre, les men- cheviks font le même geste et prononcent les mêmes paroles qu’en 1914. Cela nous donne une idée de ce que la II e Interna tionale ferait demain si une nouvelle guerre éclatait. De ce petit exemple, il ressort clairement que la bourgeoisie et la social- démocratie ne forment qu’un front dans toutes les questions importantes et qu’on ne saurait triompher de la bourgeoisie sans avoir battu les traîtres de la II e In ternationale. » Pour ceux qui se dressent contre la guerre La répression capitaliste Pour mener tranquillement sa guerre du Riff, guerre impopulaire, le gouvernement se démène comme un insensé et frappe tout ce qui se dresse contre le carnage. Le parti communiste, avant-garde du prolé tariat, par son attitude ferme et sans équivoque, par son action effective reçoit les coups les plus durs. A ce moment, où cette répression fait rage et s’annonce encore plus forcenée, le Darti co'mr muniste compte plus de 80 arrestations, plus de 300 poursuites, 230 mois de prison, 26.000 francs d’amendes... Bien que certains tribunaux, comme celui de Nîmes, se déclarent incompétents pour juger de tels délits, l’arbitraire gouvernemental ne con- naît plus de bornes et par de basses manœuvres Comment on civilise ! et des procédés révoltants, la police. vile, per quisitionne, échafaude des complots, embastille les militants. Dans les colonies, la répression est encore plus odieuse. En Algérie, plus d’une trentaine de braves gens, indigènes ou Européens, sont emprisonnés pour des motifs ridicules. Des condamnations iniques ont été prononcées par des juges serviles. A Alger, c’est la majorité des militants du P. C. qui sont poursuivis. Une jeune femme courageuse, Félicie Cazalat et son mari René Cazalat, un militaire, sont condamnés chacun à 1 an et 1 jour de prison pour détention... de tracts ; même peine à Rambaut pour son atti tude fermement communiste lors de son instruc tion chez le juge Deiss. On sème la terreur en coffrant au petit bonheur des hommes honorables comme Bibou- let, secrétaire régional du P. C., ou des hommes de cœur comme V. Spielmann, le dû recteur du veillant Trait d Union. Léon Ville- brun, à Oran, est condamné à 2 ans de prison et 2.000 francs d’amende. Les perquisitions se font par centaines et à tort et à travers. Les indigènes arrêtés sont mis au droit com mun et torturés. A Alger, c’est Bonatero Omar, à Constan- tine c est Khelifi Belhadj et tant d’autres. A Tizi-Ouzou, on ferme les cafés maures et on inculpe tous ceux qui ne désavouent pas leurs frères musulmans du Riff. A Tunis, le . : . Saint a tous les pouvoirs. Par lettres de cachet, des militants communistes comme Dabbab, Mohamed Salah, Abderrah- man ben Taieb, Ben El Hadj Ali et El Ouer- tani sont condamnés à 13 mois de prison et 3.000 francs d’amende. La presse indigène est bâillonnée. La Nahda et la Zohra sont interdites au Maroc et en A l- gérie. Les gérants du journal communiste, le Combat social, les camarades Sghir Mustapha et Hafi ben El Hadj, sont condamnés chacun à 8 mois de prison et 1.000 francs d’amende. I Les destouriens ne sont pas soustraits à ce ré- ■ gime de terreur blanche. On suspendit l’Ifrikia i et on expulsa son rédacteur Mohamed El Ma- dani. On arrêta Amor ben Guefrache, chef de la section gabésienne du Destour (parti na tionaliste constitutionnel), ainsi qu’un ouvrier tu nisien employé depuis 20 ans à l’arsenal de Bizerte. Tous deux sont accusés d’avoir fait des souscriptions en faveur d’Abd el Krim. Les listes de souscriptions furent des faux fabriqués par l’administration. Nous protestons énergiquement contre de telles ignominies. Malgré la répression sau vage, le mouvement de protestation contre le brigandage marocain grandit aux colonies comme dans la Métropole ; la répression n’aura servi qu’à réveiller la masse de sa torpeur et la dresser contre ses exploiteurs et assassins BEN LEKHAL. Les Riffains ne sont pas seuls ! -— lis ont avec eux Je monde des opprimés Le mouvement de libération que poursuit le peuple riffain n’est pas un fait local. C’est un phénomène social qui se manifeste en Chine comme au Maroc et se répercute sur tout le monde des opprimés, aussi bien à Shanghaï qu’à Tetouan. Aussi, de tous les points de la terre, les peuples coloniaux voient dans la victoire d’Abd el Krim l’étoile qui les guidera vers la délivrance. L’Islam, en particulier, a les yeux tournés vers la lutte qui s’engage entre le vaillant petit peuple riffain et le formidable milita risme français; l’Islam tout entier, trans porté d’enthousiasme, regarde cette marche victorieuse, vers l’indépendance. Alors, le capitalisme français, qui opprime plusieurs dizaines de millions de musulmans, hurle de désespoir et de rage. Avec son hypocrisie habituelle, il présente le succès riffain comme le prélude d’une croisade islamique contre les peuples chré tiens. L’Islam, représenté par 300 millions d’es claves écrasés sous la botte des différents impérialismes européens, reçoit pour la cir constance le qualificatif de « Barbarie ». tandis que le capitalisme européen devient la « Civilisation occidentale ». Eh quoi ! l’impérialisme français ne se souvient donc plus qu’il avait construit lui- même, à Paris, une mosquée-réclame pour essayer de prendre sous sa tutelle la force spirituelle de l’Islam et rallier des « parti sans » sous les couleurs de son drapeau? Et maintenant il bave de fureur contre la « bar barie » musulmane? Mais voyons, il sait bien que le mouvement qui se dessine parmi ces masses n’est pas précisément une guerre sainte, la guerre du croissant contre la croix. Non ! c’est la guerre de l’opprimé con tre l’oppression odieuse ; et, si tous ces mil lions d’esclaves font preuve entre eux d’une profonde solidarité, ce n’est pas précisément parce qu’ils ont la même religion, mais bien parce qu’ils subissent partout le même joug du conquérant européen. Abd el Krim peut être traité, par la vile presse capitaliste française, de bandit, de re belle ou d’aventurier, bien avant lui Abd el Kader, Kemal Pacha, Zaghloul, Sun Yat Sen furent traités de même. De telles injures sont les meilleurs stimulants qui poussent les peuples colonisés à se grouper autour de leurs héros nationaux. Et ces mouvements de solidarité sont des forces avec lesquelles l’impérialisme européen doit compter. Un mouvement analogue s’est élevé dans les Indes et en Egypte pour soutenir la jeune République turque et a fait fléchir l’insolence du gouvernement britannique Spontanément, la sympathie des peuples musulmans soutint l’Egypte et l’Inde, dès que ces deux pays entrèrent en lutte pour leur indépendance la même sympathie se mani feste aujourd’hui envers le peuple riffain, qui se bat pour conserver sa liberté. La diplomatie française peut agiter des mannequins, des traîtres : sultans, aghas ou autres, pour leur faire clamer leur loyalis me, aucun indigène n’est dupe de cette pro pagande aussi grossière. Le véritable sentiment des musulmans, il les inlellectucls contre la guerre du Maroc •-*= On est porté à croire que les intellectuels sont indépendants et qu’ils s’expriment librement, suivent leurs idées personnelles et conscience intime. Malheureusement, la litérature comme l’art, comme la science elle-même est déterminée par une société donnée. Chaque société possède, à son service, des écrivains, des savants et des artistes ; mais jamais on n’en a vus de plus serviles, qu’en régime capitaliste. La plupart des intellectuels louent leur cerveau comme les ouvriers louent leurs bras ; le capitalisme trouve en ces « intel lectuels » un soutien puissant, puisque c’est leur talent qui se charge de présen ter à la masse, sous une forme séduisante, les crimes les plus hideux du capitalisme et du colonialisme. Pendant la boucherie de 1914, tous les intellectuels se sont prononcés pour la guerre. Chacun, à sa manière, a trouvé une formule d’absolution pour ce carnage qui coûta la vie à un million de travail leurs, et chacun, de se ranger du côté de son capitalisme national. Quant aux guerres coloniales, oh | celles- là, il faut à tout prix les entreprendre. faut le lire dans la presse turque, égyptien ne, tunisienne ou syrienne ; leur solidarité, il faut la lire dans ces lettres de sympathie envoyées à Abd el Krim par l’Association des Ulémas (savants) d’Egypte, dans ces constitutions de « Comités de secours aux blessés riffains » (puisque la Croix-Rouge française, sollicitée, a refusé l’envoi de mé decins et que les militaristes français con fisquent les médicaments destinés aux mala des), dans l’envoi de subsides que des orga nisations bénévoles expédient des Indes, de Palestine, de Syrie. En Egypte, le prince Omar Toussoun forma un Comité d’assistance aux Riffains, qui, après un échange de lettres avec Abd el Krim, décida l’envoi d’une délégation dans le Riff, et le journal El MoktabèSj de Da mas, commentant le don de 500 livres égyp tiennes d’Omar Toussoun, appelle les mu sulmans à imiter ce geste. « L’humanité, dit-il, a des droits qui se placent au-dessus des considérations d’or dre militaire ou des conventions qui existent entre les puissances en état de guerre. » En Tunisie, en Algérie, l’atmosphère de sympathie émane de la masse entière et se manifeste, malgré tous les moyens de ter reur employés par le colonialisme français pour l’étouffer. Si, en Egypte, l’ambassade française a eu seulement le cynisme de se plaindre au mi nistère des Affaires étrangères sur le ton de la presse arabe en faveur des Riffains, dans l’Afrique du Nord son gouvernement a tous les pouvoirs. A Tunis, la presse indigène est arbitraire ment suspendue, tandis que dans toute la Tunisie, l’Algérie et le Maroc conquis, les perquisitions et les arrestations s’opèrent en masse sans qu’on arrive à vaincre l’hosti lité grandissante qui se dresse contre la guerre du Maroc. Lors des débats sur l’aventure du Riff, Painlevé annonça à la Chambre que des soldats indigènes s’étaient mutinés et avaient ligoté leurs officiers, et il s’étonne de ces actes de révolte, même lorsqu’il dit que pour entreprendre cette œuvre de mort contre les Riffains musulmans ton emploie plus des trois cinquièmes de soldats musulmans. Et au moment où la presse vénale fran çaise ose raconter que les Marocains « sou mis » prient dans les mosquées pour Lyau tey (sic)^ des tribus prétendues « fidèles » se soulèvent et rejoignent les réguliers d’Abd el Krim. Cette guerre du Riff, par l’insatiété du capitalisme français et par la brutalité de son militarisme, a encore unifié les musul mans et, avec eux, tous les opprimés en lutte pour l’indépendance. Dans ses offres de paix si raisonnables, Abd el Krim, chef provisoire de la Républi que riffaine, demande fermement la recon naissance de l’indépendance du Riff. Les Riffains donneront la dernière goutte de leur sang pour conserver leur indépendance. Tout le monde des opprimés, musulmans ou au tres, tous ceux qui luttent pour s’affranchir de la botte des impérialistes européens, sont avec les Riffains pour exiger la reconnais sance de l’indépendance du Riff. SEINGHOR. puisqu’elles font porter la « civilisation » occidentale aux peuples arriérés. Pendant la grande guerre, on parla aus si de liberté, de civilisation. Aujourd’hui, la masse ne croit plus à « ces grues méta physiques », à ces formules tachées de sang, et les intellectuels qui veulent se faire entendre de la masse (c’est dans la masse seule que les idées peuvent devenir des forces) s’élèvent contre ce nouveau crime : la guerre au Maroc. La revue Clarté, dirigée par Henri Bar busse, a publié un appel, signé par 57 in- tellectuels appartenant à toutes les tendan ces de gauche, et adressé aux écrivains, aux artistes, aux savants et avocats leur demandant de se prononcer pour ou contre la guerre du Maroc. Cet appel, quoique modéré dans la for me, condamne catégoriquement les traités secrets, met en demeure la Société des Na tions et somme le gouvernement de con clure immédiatement l’armistice, proclame la liberté des peuples à disposer d’eux- mêmes. ### [Trang 2] Sur 58 réponses déjà reçues, 42 condam nent l’aventure marocaine. Voici, entre autres, la réponse de M. Victor Margueritte (qui vient de publier « Les Criminels », un virulent réquisitoire sur les responsabilités de la France pen dant la guerre de 1914) et celle de Romain Rolland : Les Riffains libres de disposer d'eux- mêmes et maîtres de se ravitailler en paid, la France continuant à coloniser au Maroc d'accord avec les populations, voilà, me semble-t-il, une juste situation du pro blème- Cela dit, complète lumière sur les origines du conflit actuel, et cessation la plus prompte des hostilités. Il ne faut pas qu'un instant de plus le sang coule. C'est une honte qu'après la leçon de la dernière guerre nous laissions encore tuer des hommes pour en enrichir d'autres. Car, sous le grand mot des patries, c'est le plus clair du résultat. Victor Margueritte. « Il va de soi que je m’associe à votre protestation contre la guerre du Maroc, Je ne juge pas utile de m'étendre à ce sujet, car chacun sait que je suis opposé à toute guerre. « Celle-ci a de particulier que, même du point de vue national, il faudrait la con damner. Elle est ruineuse pour la France. Je ne puis assez m'étonner de l'imbécillité de nos chefs politiques, qui vont y ache ver la déroute financière de la France, en engouffrant dans ce tonneau sans fond, les dernières ressources de notre démocra tie obérée... » Romain Rolland. Nous ne pouvons que louer le courage de ces travailleurs intellectuels qui se ran gent aux côtés du prolétariat français et des masses coloniales pour mener la lutte contre l’impérialisme et sa barbarie. Ali-Baba. Les écrivains, avocats, techniciens, sa vants, etc., originaires des colonies, qui voudront donner leur adhésion à cet ap pel, n'auront qu'à adresser leur lettre à H- Barbusse, à Aumont (Oise), France. CIVI LISAT ION Deux télégrammes authentiques publiés par l’Humanité : Numéro 562 C. 0. — Lorsque vous infor mez des pertes subies par dissidents, bor nez-vous à indiquer nombre de tués ou bles sés nombre animaux détruits, sans spéci fier âge ou sexe. Ouezzan, le 11 novmebre 1921. Le Capitaine de Feraudy. Numéro 15.430. — Prière faire connaître si vou s avez été appelé à donne r à vos commandants de postes des instructions différentes de celles ordonnées au paragr. 3 de mon télégramme 1.468 du 22 novem bre eu ce qui concerne tirs artillerie et mi trailleuses sur laboureurs dissidents ense mençant dans rayon action des postes. Dans quelques semaines il sera possible de repérer tous les terrains ensemencés et c'est à ce moment là qu'il sera possible de me rendre compte de quelle façon ont été exécutées sur tout le front insoumis les prescriptions de mes télégrammes 1.468 du 22 novembre et 1.481 du 25 novmebre. Ouezzan, le 13 décembre 1922. Le Colonel Colombat. Et ceci est extrait du bien pensant « Echo de Paris » du 9-7-25. (De notre envoyé spécial) Front nord..., 8 juillet. Le 21 Juin, onze de nos avions ont survolé le Marché d'El Had, au confluent de l'Oued Aoulal et de l’Oued Mellah à une trentaine de kilomètres en dissidence au Nord de Relaa des Sless.... dans un temps très court et sur un quadrilatère infime, ils je tèrent treize cent vingt kilos de bombes qui ont éclaté.... ...Il y eut alors un véritable carnage d'a nimaux de toutes sortes. Mais en ce qui concerne les hommes les chiffres des tués ou blessés dépasse 800. Paluel-Marmont. San s commentaires. *0< Abd el Kri m propos e la paix Londres, 23 juillet. — La Westminster Ga zette prétend tenir de bonne source les condi tions au A bd El Krim coudrait pro^''/-^ à la France pour la conclusion de la paix. Ces con ditions sont les suivantes : 1° Abd El Krim aurait le titre d’émir du Rif et le statut de cet Etat serait garanti par la S. D. N. ; 2° La souveraineté du sultan du Maroc serait reconnue par Abd El Krim ; 3° La frontière du Sud suivrait la rivière Ouergha ; 4° L’Espagne maintiendrait ses positions à Ceuta et à Molilla ; 5° L’armée serait maintenue par Abd El Krim, mais le nombre de soldats qu il pour rait engager serait limité par le traité de paix. Le gouvernement du « pacifiste w Painlevé répond à ces offres de paix par l envoi de nou veaux renforts, d’avions et de 'munitions. Des mesures draconiennes en A.O.F. Les indigènes de l'A.O.F. ne peuvent plus vivre sous la domination française. Ils s’en fuient dans les colonies anglaises ou au tres. Pour les retenir, le gouverneur de l'A. O.F. ordonne aux administrateurs de cer cles d'infliger des amendes de 100 à 500 francs : J° aux chefs des villages qui au raient laissé une famille émigrer de leurs villages ; 2° De faire payer par les indigènes non- émigrés les impôts personnels et leur faire exécuter les travaux de prestations des in digènes émigrés ; De jeter en prison les émigrants qui auraient été rattrapés avant qu'ils eussent traversé la frontière ; 4° De confisquer les biens des fuyards pour alimenter la caisse du gouvernement. LES DÉBATS PARLEMENTAIRES SUR LE MAROC Les 27, 28 et 29 juin, se sont déroulés, à la Chambre, les débats sur la guerre du Maroc, débats soulevés avant le vote des crédits nécessaires à cette nouvelle expédi tion impérialiste. A la meute déchaînée des parlementaires bourgeois, ,alliant des réactionnaires fleur delisés- jusqu’aux) chefs socialistes, s’oppo sa courageusement la fraction communiste qui, seule, se dressa contre ce nouveau bri gandage. Le 27, sous les hurlements des flibustiers et des esclavagistes de toutes nuances, J. Do- riot fit un admirable discours, qui, par sa clarté et le poids de ses accusations, for mait un véritable réquisitoire contre le colo nialisme français. Doriot, documents en main, rappela com ment Abd el Krim, après sa victoire d'An- nual, proposa une paix honorable à l’Espa gne : l’insolence de la caste militaire espa gnole fit échouer les propositions du chef riffain. Il renouvela ses offres de paix en 1924, mais sans résultat. Déjà, en 1922, il s’était adressé à lord Curzon; son ambassadeur fut éconduit. 'En 1924, il écrivit au travailliste Mac Donald ; toujours le même échec. ■ Après qu’il eut écrasé les armées de Primo de Rivera, il s’efforça de régler ses frontiè res avec la France. A deux reprises, il en voya ses ambassadeurs à Lyautey : les am bassadeurs furent éconduits. La raison était que la France attendait la débâcle espagnole pour s’approprier du Riff. Les opérations étaient secrètement décidées sous Poincaré. Ce fut d’abord l’occupation de FOuergha, grenier naturel du Riff, puis le blocus ali mentaire destiné à affamer les Riffains et les pousser à la révolte. Doriot démontra le triple but de la France dans cette guerre D’abord détruire l’Etat indépendant du Riff; 2° Abattre son prestige de peuple libéré aux yeux de l’Islam opprimé; 3° S’emparer, pour le profit de quelques banquiers, des richesses immenses que recèle le sous-sol du Riff. Cette conquête, leur dit-il, entraîneia, comme en 1914, les plus grandes complica- tiens et conflits internationaux : l’Angleterre, qui reste silencieuse pour le moment, inter viendra dès qu’un concurrent européen s’ins tallera en face de Gibraltar; l’Italie sortira aussi de son mutisme pour réclamer, en échange de son désintéressement, la cession de la Tunisie. Doriot termina son discours par un appel aux soldats, pour la fraternisation avec les Riffains, appel qui lui valut la censure. Le 28 mai, aux super-patriotes de la Chambre qui osent,'cyniquement, parler au nom des soldats qu’ils envoient au massa cre, Berthon démontra comment Abd el Krim fut armé par les financiers : A. Berthon. — J’ai écrit, dans l'Huma nité du 12, dang quelles conditions je m’é tais, au début de >923, rencontré à Paris avec Mohamed Abd el Krim. C’est évidem. ment avec l’assentiment du ministre des Affaires étrangères et avec un passeport ré- gulier que Mohamed Abd el Krim a passé quelques semaines à Paris pour v faire des affaires. ...Il a été en pourparlers avec quelques- unes de ces maisons qui fabriquent des ar mes et des mitrailleuses ...Il a passé des contrats avec le capitaine anglais Gardiner... et je crois pouvoir affir- Jacques DORIOT Député de Paris mer que certaine péniche, pleine d’armes, est partie de Paris, après avoir été amarrée au quai d’Orsay, en face du ministère des Af faires étrangères. Quoi qu’il en soit, des marchés ont été passés non seulement avec des Français, mais avec des Anglais. J’ai des documents qui l e prouvent. J’ajoute que la Banque Guët et Cie, 80, rue Saint-Lazare, a participé à ces contrats... et, avec elle, des personnalités officielles. Ce qui résulte de cette entrevue, c’est qu’on a fait ici, en 1923, des affaires, qu’on a armé les Riffains. Pourquoi les a-t-on ar més? Nous étions au moment de Tanger, Monsieur le ministre des Affaires étrangères, alors que, dans l’état-major du maréchal Lyautey, on souriait, on riait chaque fois que l’Espagne subissait une de ces défaites dont on parlait dans les journaux. Un appel Le Comité d'action constitué par le 1 er Congrès ouvrier de la région parisienne a lancé aux peuples coloniaux l'apper~ sui vant déjà paru dans l’Humanité du 23 juil let : Pour la première fois dans l’histoire, des congrès ouvriers ont réuni, sans distinc tion de race ou de conception philosophi que, des travailleurs' coloniaux et des ou vriers français. Ces congrès furent organisés par le Co mité d’Acfion qui groupe toutes les orga nisations révolutionnaires pratiquant la lutte de classe et ils se sont élevés con tre toutes les guerres impérialistes. Les congrès ont envisagé les moyens de combat pour arrêter la guerre du Maroc afin de mettre fin à cette nouvelle effusion du sang ouvrier. Les guerres d’expansion coloniale n’ap portent aucun profit au prolétariat, elles n’assurent, au contraire, que la puissance du capitalisme qui devient écrasant pour la classe ouvrière. La conquête des colonies est approuvée, même par les chefs socialistes de la II e In ternationale, sous le prétexte hypocrite de « civilisation ». Cette formule est un men songe qui cache derrière un masque hu manitaire, un régime horrible d’oppres sion : le colonialisme. Vous savez bien, camarades coloniaux, que coloniser n’est pas civiliser. La colonisation, c’est l’accaparement par la force des armes de vos terres, c’est l’in cendie de vos foyers et de vos récoltes, c’est le massacre de vos femmes et de vos enfants au moyen des procédés de des truction et de torture effroyables inven tés par la technique commerciale : bom bes, obus inflammables, gaz asphyxiants. Coloniser, c’est renier le principe démo cratique du « Droit des peuples à dispo ser d’eux-mêmes », si solennellement pro clamé par les gouvernements bourgeois eux-mêmes. Colonisation veut dire rapt des mines et des richesses naturelles des pays colo niaux par une clique de financiers et d’in dustriels. Civilisation, c’est réduction des habitants de ces pays à cette forme du plus ignoble esclavage : le salariat. Camarades Coloniaux ! Le capitalisme français, pour agrandir son immense réservoir de matériel hu main et pour mieux l’exploiter, après vous avoir conquis, vous prive de tous les droits politiques et économiques dont jouit sa classe ouvrière nationale, afin de vous pri ver des moyens de défense et de se ser vir de vous pour concurrencer leur classe ouvrière. EN ALGERIE Après un siècle de colonisation, l’odieux régime de « l’indigénat » vous écrase plus que jamais. Un certain nombre de décrets qui illustrent ce régime, tel le décret in terdisant l’émigration des travailleurs algé riens vers la métropole et les livrant aux salaires de famine que leur octroient les colons, sont l’œuvre du présent gouverne ment du Bloc des gauches. Les candidats indigènes élus par la masse sont arbitrairement destitués de leur man- On était particulièrement heureux de ces succès momentanés d’Abd el Krim, qui aboutissaient à ce résultat précieux qu’en abaissant La superbe espagnole, ils permet taient par cela même de négocier plus faci lement en ce qui concernait Tanger. Voilà le motif, c’est le jeu des diplomates. * * * Le 23 juin, Doriot, après avoir Lu à la tribune la lettre de Vatin-Perignon établis sant l’agression française dans la guerre du Maroc, flagella à son tour la clique des né griers. M. Doriot. — M. Le président du Conseil invoquait la civilisation occidentale et La lutte de cette civilisation contre les autres peuples barbares. Eh bien ! je dis qu’aujour- d’hui La lutte est engagée entre la civilisa tion occidentale, contre cette civilisation qui crée le régime d’exploitation dans les colo nies et qui exploite les ouvriers dans les ate liers-bagnes de la mère patrie Dans la lutte contre le système capita liste, que vous appelez civilisation occiden tale et européenne, nou - sommes tout en tiers avec les autres peuples, les seuls qui se dressent aujourd’hui contre ses agressions ; nous sommes avec la révolution russe, qui lutte contre cette civilisation d’exploiteurs (Applaudissements à l’extrême gauche com muniste) ; nous sommes avec tous les peuples coloniaux qui, aujourd’hui, dans leurs ter ritoires propres, luttent contre votre coloni sation, c’est-à-dire contre une partie de vo- re système d’exploitation et de votre civili sation occidentale. (Applaudissements à l’ex trême gauche communiste.) Votre civilisation occidentale, votre civili sation capitaliste, c’est elle qui, périodique ment, nous conduit à la guerre. La civilisation occidentale, ou du moins ce que vous appelez ainsi, est, à notre avis, entrée dans la période de décadence. La lutte est entre cette civilisation et le monde nouveau qui a jeté ses premières ba ses en Russie... — (Applaudissements à l’ex trême gauche communiste.) A l’extrême gauche communiste. — Vivent les Soviets ! M. Doriot. — ...et qui a proclamé quel ques grands principes que vous n’êtes pas capables d’appliquer, comme celui du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La révolution russe qui a proclamé ce grand principe aide partout les peuples à se libérer et à disposer vraiment d’eux-mêmes ; elle les aide, lorsqu’ils luttent pour mettre ce droit en application. Et nous, nous les soutenons de tout notre cœur aux peuples —- • =*4 » — dat et la liberté d’association et de pa role sont reniées. EN TUNISIE On étouffe dans le sang le mouvement d’émancipation des masses. On brime les organisations syndicalistes comme la C. G. T. tunisienne, on emprisonne les militants ouvriers en prétextant du traditionnel « complot contre la sûreté de l’Etat ». On interdit la liberté de la presse. EN AFRIQUE NOIRE On rétablit l’esclavage en militarisant la main-d’œuvre indigène pour la culture du coton et pour tous les travaux de mise en valeur. On recrute le matériel humain pour la guerre du Maroc avec les mêmes procé dés inhumains usités lors de la grande tuerie. Le colonialisme français s’y exerce d’une façon isi horrible que la population ae certaines colonies comme le Cameroun est réduite de 50 %, décimée par la misère, les mauvais traitements ou enfuie pour échapper au militarisme. A MADAGASCAR Aucune organisation syndicale ou poli tique n’est tolérée ; on interdit aux indi gènes jusqu’aux journaux métropolitains. On exproprie les Malgaches et on réta blit le travail forcé pour les exploitations minières. AUX ANTILLES On assassine les grévistes, on mitraille les électeurs, on emprisonne tous ceux qui dans la « légalité bourgeoise » veulent faire respecter leurs droits de citoyen. EN INDO-CHINE Les femmes sont employées comme doc kers, les enfants de 10 ans travaillent dans les mines. Le salaire ne dépasse pas quin ze sous par jour. Le service militaire est de cinq ans. Aucune liberté syndicale ou politique et par-dessus le marché, l’em poisonnement officiel, par l’opium et l’al cool. CAMARADES INDIGENES DES COLONIES ’. Partout le régime d’oppression ne fait que s’appesantir sur vous. Après avoir sa crifié la vie de 300.000 des vôtres pour la fameuse guerre du 4 Droit » on sème aujourd’hui la haine de race entre vous et les ouvriers européens pour vous jeter dans des luttes fratricides. C’est la tactique habituelle du capita lisme : diviser pour régner. L’impérialisme français se servit de ses nationaux pour conquérir l’Algérie. Il jeta après les Algériens sur les Tuni siens, puis ces derniers contre les Malga ches, employa les (Sénégalais contre les Marocains, quitte à jeter les uns et les au tres contre leurs propres frères de race. CAMARADES OUVRIERS DES COLONIES ’. Il est, temps que vous vous éveilliez à la lutte de classe, que vous vous grou piez au sein ,des organisations révolution- coloniaux naires, économiques et politiques, que vous vous unissiez avec les travailleurs français pour revendiquer vos droits, pour améliorer vos conditions de vie et de tra vail. Il faut vous unir aux prolétaires fran çais pour déjouer les manœuvres capitalis tes de division, manœuvres qui tendent à concurrencer ou à faire assassiner une partie de la classe ouvrière par une au tre. Il faut vous unir avec les ouvriers fran çais pour arrêter toutes les sanglantes expéditions impérialistes, comme celle qui est dirigée contre le vaillant peuple rif fain. Venez aux ouvriers français. Soutenez leur comité d’action contre la guerre du Maroc. Exigez avec eux la paix avec la Républi que riff ai ne et l’évacuation du Maroc. Vive la libération des peuples opprimés ! Vive la fraternisation des races ! A bas le colonialisme I Nous sommes heureux de constater que seules les organisations révolutionnaires qui pratiquent la lutte de classe, prennent en main la défense des esclaves coloniaux. Nous engageons nos frères opprimés à les aider dans la lutte qu'ils mènent pour notre émancipation et à soutenir le Comité d’Action en envoyant des fonds à son tré sorier : Berrar, 33, rue de la Grange-au-x Belles, Paris (10 e ). BIBLIOGRAPHIE A ceux que la photographie que nous pu blions en première page, n’édifie pas suf fisamment (si l’on peut dire ! » nous re commandons les brochures suivantes, en vente à la Libraire de l'Humanité, 120, rue Lafayette, Paris (10 e ) : J. Doriot. « Les Impérialistes au Maroc » Prix : 2 francs. J. Doriot. « Le Militarisme français au Ma roc », la photographie de la lettre de M. Vatin-Pérignon et une interpella tion de J. Doriot. Prix : 0 fr. 50. J. Doriot. A Berthon. M'. Cachin. « Contre la Guerre du Maroc ». 3 discours pro noncés à la Chambre des Députés le 27. 28.29 mai 1925. Prix : 1 fr. 50. >*e-< . SECOURS ROUGE INTERNATIONAL Camarades Coloniaux ! Des dizaines de militants indigènes et fran çais sont frappés par la répression gouverne mentale pour leurs protestations contre le nou veau carnage. Beaucoup d'emprisonnés ont à leur charge de vieux parents, femme et enfants. Le Secours Rouge tout en assurant la défense des inculpés, vient en aide à leur famille. Camarades, faites un geste de solidarité en adhérant ou en envoyant votre obole au « Se cours Rouge ». Adressez fonds et adhésions à Cordier, 120, rue Lafayette, Paris (10 e ). CONTRE LE BRIGANDAGE MAROCAIN Les Congrès ouvriers de protestation et d’action Les 4 et 5 juillet, s’est tenu, à Paris, le premier Congrès des ouvriers de la région parisienne. Sans distinction de parti ou de tendance 2.470 délégués représentant 1 mil lion 210.000 travailleurs, se sont réunis et ont envisagé les moyens d’action pour arrê ter le nouveau carnage marocain. Sous la présidence d’honneur de tous les emprisonnés français et ndigènes, qui souf frent dans les prisons de la République pour avoir flétri le nouveau crime de l’impéria lisme français, le Congrès s’ouvre par un discours admirable de Henri Barbusse, que l’assemblée ovationne. « Dans votre Congrès ouvrier, sont grou pées toutes les forces prolétariennes suscep tibles de lutter contre les fléaux de l’heure : guerre du Maroc, problème financier... ques tions étroitement liées, 'profondément enche vêtrées, conséquences logiques, fatales, de tout ce régime bourgeois, qui subjugue en core toutes les forces vivantes. « Fléaux qui sont aussi les conséquences de la veulerie et de l’indifférence d’une gran de partie du prolétariat ! « A peine sortions-nous de cette effroya ble vie de misère que nous avons connue là- bas ! A peine nos esprits s’essayaient-ils à oublier ces horribles nuits de la guerre, cette boue sanglante, ces tranchées, que d’autres dangers, identiques, nous menacent ! Pour- tant lors du dernier enfer une lueur s’est faite ! « Nous nous sommes rendu compte que nous et nos morts, avions été des dupes ! Et nous avons juré que si nous survi vions, nous n’aurions pas de répit avant que le capitalisme ne soit anéanti ! Nous avions juré de prêcher partout ce grand et noble devoir : la fraternisation « Aujourd’hui, on nous dit devant de nou veaux dangers : « Ce n’est plus la même guerre ! » On cherche à camoufler la vérité comme on l’a camouflée en 1914 ! Mais cette guerre est bien la même, elle a comluencé avec son même cortège de sottises, de men songes, de vols, de spoliations ! « La guerre est partout à l’état latent. Elle continue partout, là où la domination capitaliste sévit encore! Guerre en Chine; menaces de guerre contre l’U. R. S. S. Le vieil impérialisme ne voudra jamais admet tre qu’en face de lui se dresse une puissance qui soit le monument de la volonté et de La destinée prolétarienne. « De tout notre cœur, de toutes nos forces nous devons lutter contre la gerre : tou? les moyens devront être mis en action : ma nifestations publiques, pression sur le gou vernement, propagande écrite et orale, cor. trôle du mouvement des troupes et de l’ar mement. « A la face des travailleurs, nous disons : « Assez de sang versé ! Nous refusons d’aller « plus loin! Si la guerre se prolonge, si un « nouveau conflit éemte, nous transforme- « rons votre guerre impérialiste en guerre « civile libératrice! » « Nous disons au peuple : « Vous pouvez « tout! Vous faites la vie, vous faites le « pain, les usines et les choses! Vous faitHt « la guerre! Faites la paix! » Après Barbusse, Doriot vient démontrer, par des preuves irréfutables, la prémédita tion du gouvernement dans son agression contre les Riffains, agression résolue il y a déjà un an par Lyautey, à la solde de la Banque de Paris et des Pays-Bas, « Notre mot d’ordre, s’écrie Doriot, c’est la reconnaissance de la République riffaine. Ce pays., qui a battu l’Espagne comme il est en trai nde nous battre, ce peuple, qui a tant lutté, a droit à son indépendance. » Notre camarade sénégalais Senghor est particulièrement acclamé. Au salut qu’il adresse aux représentants ouvriers français au nom des masses opprimées coloniales, la foule des délégués, debout, répondit en entonnant 1 ’ 7 nternationale. Le Congrès se termine par un PP-l .x brant lancé par Vaillant-Couturier pour La fraternisation des soldats français et rif- fal as. * ■ * * Un autre Congrès se tint à Lille le 12 juil let et connut un succès non moins éclatant. Il réunit 1.189 délégués, représentant 282.000 ouvriers de la grande région industrielle du Nord. Une manifestation grandiose clôtura le Congrès. Une foule de 3.000 ouvriers ac compagna les délégués à la gare et notre camarade Senghor fut porté en triomphe, * * * Malgré la répression d’un gouvernement affolé, le mécontentement grandit parmi les masses et le Comité d’action envisage d’au tres Congrès de protestation dans les régions méditerranéenne, lyonnaise et bordelais». Bravo ! le prolétariat se réveille et ne veut plus se Laisser immoler pour le seul profit des banquiers et des requins coloniaux. Le chauvinisme d’avant-guerre a fait son temps. Le cataclysme de 1914-18 coûta des millions de vues ouvrières. On crut, comme dit Ana tole F rance, se battre pour La Patrie : on mourut pour les Industriels ! La leçon fut douloureuse mais profitable. BOURAHLA. INECROLOGIE Nous sommes profondément éprouvés nar la mort de notre camarade Lucie Coustu- rier. Ecrivain remarquable et grande amie des indigènes coloniaux, l’auteur du beau livre : « Les Inconnus chez moi », fut un grand cœur, qui inlassablement apporta à notre groupe et à notre organe son aide matérielle et morale. La Direction du Paria. mte= Trarall txôcatô par des ouvriers syndiqués Imprimerie Française (Maison J. Dangop), 123, rue Montmartre, Paris (29) Georges DANGON, imprimeur. Le Gérant : Léopold MESNARD.