Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7009361x (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — février 1925 1925 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] TROISIEME ANNEE. — N 32. Le Numéro: VINGT-CINQ centimes FEVRIER MARS 1925. ADMINISTRATION Rue du Marché-des-Patriarches PARIS (5 e ) ,4 1 a De nio t /64 l A C JL JL C. — Paraissant mensuellement Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement, Un an : 5 francs Chèque postal : Desprès 92-22-Paris Les derniers’événements de la Tunisie martyre < Le mardi 10 février est venu devant la correctionnelle de Tunis le procès de notre camarade Finidori, gérant de V Avenir So cial. Quel est le crime dont on l’a accablé, et pour quel délit on lui a infligé la peine scandaleuse d’une année de prison et 2.000 fr. d'amende ? Le colonialisme n’est pas à court de prétextes ; Pour avoir reproduit une ca ricature du résident Saint parue dans le journal arabe El MoumatheL et pour avoir- soutenu les grévistes indigènes de la Société des Chaux de Hammam Lif, Finidori s’est vu accuser du traditionnel « complot contre la sûreté de l’Etat » ! Non, vraiment, le sans-gêne et l’arbi traire du gouvernement dépassent la limite. Greffer une affaire politique sur des événe ments essentiellement économiques dénote l’hypocrisie abjecte du colonialisme français. Pour cacher le voleur on crie au feu ! On ne souffle pas un mot sur la situation maté rielle des indigènes ; et, pourtant, cette situa tion est horrible! Notre camarade Berthon, à son retour de Tunisie, nous l’a dépeinte. La vie des indigènes est si misérable que la grève des ouvriers de la Société des Chaux d’Hammam Lif n’a pas été l’œuvre du se crétaire général de la Confédération Géné rale tunisienne du Travail, Mohamed Ali, ni des communistes, comme le prétendent perfidement les esclavagistes coloniaux, elle fut la conséquence logique d’une exploita tion éhontée. La Société des Thermes de Hammam Lif, qui distribue de gros divi dendes à ses actionnaires ecclésiastiques, ac- rde à ses ouvriers indigènes des salaires ue famine : 6 à 7 francs pour des journées de plus de 10 heures. Des salaires aussi misérables,, avec des conditions de vie et de travail inouïes, ont seuls poussé les malheureux travailleurs à l’acte rever dicatif. Et c’est cette lutte pour l’ainélioration de leur existence et celle de leurs familles qu’on brime avec tant de sauvagerie. En effet, en vertu du décret du 15 sep tembre 1888, on leur défend de former des syndicats professionnels et de se réunir. Bien plus, on emprisonne les propriétaires des établissements où les grévistes se réunis sent. On jette dans la rue les femmes et les enfants de ceux qui habitaient le taudis de la Société et pour les affamer, on va jus qu’à interdire les collectes destinées à les soutenir. Voilà le libéralisme d’un gouvernement dit de gauche ! Il est vrai que les Tunisiens avaient re fusé de se laisser duper par le maquignon Jouhaux et avaient déjoué les manoeuvres dv gouvernement qui pensait châtrer leur mou vement en les incorporant dans la C. G. T. de La rue Lafayette. La carence des réformistes, lors des assas sinats de Bizerte, s’était manifestée. Les Tu nisiens comprirent que leur force était en eux, la tutelle des social-traîtres leur serait un obstacle. Ils fondèrent, alors, leur pro pre C. G. T., qui sous l’impulsion de son énergique secrétaire général Mahomed Ali, groupe aujourd’hui plus de 36 syndicats. Le capitalisme colonial s’en épouvante. Alors, pour décapiter cette organisation in digène, il emprisonne les militants ouvriers Mohamed Ali, Mokhtar El Ayari, en les faisant passer pour de dangereux nationa listes. Ainsi l’arbitraire devient légal. La presse prostituée applaudit ; les socialistes font la conspiration du silence sur les exactions, s’indignent de l’imprudence résidentielle qui, pour condamner Finidori., a recours à ce pré texte malheureux « offense contre le repré sentant d’une nation étrangère ». Le tout pour eux, consiste à trouver des formules qui ne mettent pas en danger la prépondé rance de leur impérialisme national. Car dans le procès intenté contre lui, Finidori fut assigné pour « offense envers un agent diplomatique d’un gouvernement étranger ». Voilà qui n’est pas ordinaire, la France capitaliste reconnaît par là que la Tunisie est un pays souverain et libre, ainsi que le stipulent les traités de Bardo et de la Mar- sa ; mais alors, de quel droit s’arroge un résident « étranger » pour poursuivre Fini dori, directement, sans en référer au mi nistre des Affaires étrangères qui, à son tour saisirait le ministre de la Justice tunisienne r Vraiment, les choses se passent d’une ma nière bizarre en Tunisie, si bien que le Ré- sident, comme l‘a dit Berthon au cours du procès et à la tribune de la Chambre, est à la fois représentant d’une puissance étran gère, ministre des Affaires étrangères et pour ainsi dire ministre de la Justice : c’est lui même, en définitive, qui se fait rendre jus tice par ceux-là mêmes qui sont sous ses ordres. On dirait un voleur qui s’érige en juge pour juger sa victime. Quant aux traités, malgré toute leur so lennité, on piétine dessus, Celui du Bardo spitule bien dans son ar ticle 2 : « Que l’occupation devait cesser lorsque les autorités militaires françaises et tunisiennes auraient reconnu, d’un commun accord que l’administration locale est en état de garantir le maintien de l’ordre. » Mais ce traité n’est qu’un chiffon de pa pier ! Et, quand Berthon, se basant sur le ré quisitoire du Procureur de la République qui reconnaissait l’autonomie de la Tunisie, et sur les documents diplomatiques que Jules Ferry a transmis en 1881, rappela à la Chambre qu’aux termes du traité du Bardo, la France n’avait en Tunisie qu’un droit, celui de partir, toute la clique, Morinaud en tête, hurla. Cela se comprend. Nous n’avons aucune illusion sur la politique d’un gouver nement capitaliste, fut-il des plus démocra tiques, à l’égard des peuples coloniaux. Est-ce que l’arrivée au pouvoir du Bloc des Gauches a changé, tant soit peu, les pro cédés ignobles du colonialisme ? Pas le moins du monde. Au contraire, ces procédés s’empirent. Nous ne nous borne rons pas à flétrir les agissements d’un Ré sident, c’est-à-dire d’un larbin de ce ré gime, qui, inévitablement, se livre à la vio lence pour maintenir sa domination sur des peuples coloniaux, lorsque ceux-ci cherchent à se libérer de sa tutelle écrasante, mais c’est à la structure même du régime colo nial que nous nous attaquerons. Qu’on déplace ce triste sire comme on Ya fait pour le fameux Gouverneur de la Gua deloupe Jocelyn Robert, et les exactions n’en continueront pas moins. Les derniers grévistes assassinés par le capitalisme antillais en sont une preuve éloquente. Lorsqu’un scandale éclate, Te pou voir central, usant d’hypocrisie, décharge toute la responsabilité sur un fonctionnaire dont il apprécie au fond les services. Le co- lonialisme change ses masques démagegi ques, mais sa politique reste la même : celle que lui dicte la finance et la grosse indus trie, celle de l’oppression et de l’exploita tion des indigènes. Et c’est cette politique qui est le véritable auteur de leurs soulèvements et non pas les prétendus « anti-français » communistes ou nationalistes. Les assassinats de Bizerte ont donné nais sance à la C. G. T. tunisienne. L’emprisonnement des militants tels que Mohamed Ali, Mokhtar El Ayari, Mahmoud Kabadi, Ali Gabsi, Mohamed Ganouchi, et tout ce complot ridicule monté de toutes pièces pour condamner Finidori n’ont servi qu’à montrer aux Tunisiens la stupidité d’un gouvernement qui a recours à tous les expé dients pour échapper à la faillite. Le com munisme qu’il agite comme un épouvantail, à chaque tentative d’émancipation des mas ses coloniales, loin de les éloigner, les ras semble autour de son drapeau. L’attitude sincère des communistes tel que Finidori, qui malgré toutes les persécutions du capi talisme continuent à répandre au sein des opprimés les principes et les mots d’ordre de la III e Internationale, et à lutter pour la libération des peuples ne peut que pro voquer la sympathie des masses coloniales et les attirer dans la voie révolutionnaire. Les manifestations grandioses des indi gènes qui se sont déroulées autour du Pa lais, après le verdict, la foule des Tunisiens criant avec enthousiasme : « Vive le Commu nisme ! », c’est là un signe éloquent du ré veil de la plèbe coloniale. Et, le commu nisme vivra. El. DJAZAIRI. -•* < CONDOLEANCES Nous avons appris tardivement la mort de Marcel Spielmann, fils de no tre vaillant camarade Victor Spiel mann, directeur du Trait d'Union d’Alger. A notre camarade et à sa famille, cruellement éprouvés, le Paria et V Union Intercoloniale envoient leurs fraternelles condoléances. Aux Abonnes ! Aux Lecteurs! La modicité de nos ressources pécuniaires nous a mis dans l’impossibilité de faire pa raître notre journal régulièrement. En vous présentant toutes nos excuses, nous vous informons que l’abonnement an nuel est désormais de 5 francs au lieu de 3, et nous vous demandons, une fois de plus, de nous envoyer des subsides. .Camarades, abonnez-vous ! Souscrivez ! si vous voulez que « Le Paria » vive. Chèques postaux c/c 92-22 Paris, au . nom de Desprès Ernest. Les élus musulmans mancuvrent Les bourgeois musulmans d’Alger, élus grâce à l’influence du gouvernement, au Conseil municipal et au Conseil général, viennent de lancer un manifeste à la po pulation musulmane pour protester contre la circulaire du ministère de l’Intérieur ré glementant l’exode des travailleurs indi gènes en France. Ce manifeste demande également l’éga lité du service militaire entre indigènes et européens. Nous sommes d’accord quant à la protes tation, mais la trouvons bien tardive. Mon Dieu ! nous sommes à la veille des élec tions, et ces messieurs commencent leur battage électoral. « La population musulmane veut conti nuer à faire Son devoir pendant la paix comme elle l’a fait pendant la guerre », écrivent-ils dans leur appel Imbéciles ! Ces larbins du colonialisme ignorent-ils donc que, pendant la guerre, tout bon Mu sulman priait tous les jours pour la dé faite de l’impérialisme qui s’est emparé de son pays ? Nul n’ignore que, pendant que les jeunes indigènes étaient conduits à la mort les signataires de ce manifeste et le gros Zerouk en tête, festoyaient en com pagnie de quelques négriers du gouverne ment général. Ces individus se sont atta chés à faire envoyer les jeunes travailleurs au front, et ils ont usé de leur influence pour faire exempter du service les jeunes bourgeois fils de leurs parents ou de leurs amis. Ces mêmes larbins de la haute finance algérienne, nous les retrouvons (le gros Zerouk et ses amis étaient pilotés par le non moins gros Bentami) en délégation à Paris, pour demander la prorogation de l’indigénat. Presque tous ont reçu des dé corations. svmbole d > leur traîtrise. Jamais bourgeoisie Test tombée plus Las que la bourreois e int ivene ; elle a verdu jusqu’à la dignité et la fierté qui sont cé lèbres dans la race musulmane. Devant les bandits du colonialisme, ils courbent l’échine et deviennent leurs servi teurs dans les sales besognes Mais les élections approchent, ei, comme la majorité de la nor latico mnaulmane les tient pour des vendus, ces messieurs, d’accord avec le gouvernement, font mine de défendre les intérêts de la population indigène pour assurer leur réélection. La manœuvre est cousue de fil blanc : les électeurs musulmans tiendront compte des antécédents politiques des candidats : ils se souviendront, surtout. que les signa taires de ce manifeste ont travaillé plus ou moins à l’exil de l’émir Khaled, et leur infligeront la leçon qu’ils méritent. • Les indigènes savent maintenant où sont leurs véritables défenseurs. A la Chambre, face à la réaction déchaînée, nos cama rades ont exprimé le sentiment du peuple musulman en proclamant l’indépendance des colonies. Dans les meetings, les militants de la C.G.T.U. et du Parti Communiste ont af firmé la solidarité du prolétariat européen avec les peuples opprimés. Demis assez longtemps, nous nous som mes élevés contre la circulaire du ministre du Bloc des Gauches : dans un grand nom bre de meetings, nous avons réclamé l’abo- lition de l’indigénat ; nous continuerons à exiger l’émancipation de nos frères. BELKACEM. — MŒURS D E COLON IALISTES « C’est un grand honneur pour notre peuple que d’avoir à sa tête un gouver neur tel que M. le docteur Cognacq ». Ainsi s’exprimait un de ces Canards an namites subventionné par les négriers de la Cochinchine. Ce n’est pas l’opinion de tous les Annamites, car avoir la mentalité d’un Cognacq et se prétendre le bienfai teur des indigènes c’est le comble du cy nisme. En effet, il y a quelques mois, la limou sine, dans laquelle se trouvait ce triste sire a renversé, et grièvement blessé, une femme annamite. Alors, on a vu le secré taire du Cognacq en question (car Cognacq ne s’est même pas dérangé, la vie d’une femme indigène, ça ne compte pas ), pren dre dans sa poche un billet de 10 francs, le jeter sur le corps de la malheureuse femme, remonter dans la voiture et filer à tout allure. Malgré l’indignation pu blique, la presse coloniale n’a pas soufflé mot, sauf un journal assez courageux, «La Cloche fellée » a relaté ces faits. Aussitôt l’administration a entrepris de telles ma nœuvres contre lui, qu’il dût disparaître quelques temps après Le sinistre Cognacq était vengé. Ce fait démontre combien les larbins de la haute finance coloniale ont eu de con sidération pour la vie de leurs esclaves. Il est vrai que le colonialisn e n’est pas à un assassinat près, c’est au nom de la civilisation.Tous les gouverneurs coloniaux se valent, tous sont plus ou moins res ponsables de meurtres collectifs ou indi viduels, ausi les peuples qui subissent leur tyrannie, ne manqueront pas ce leur de mander des comptes un jour. Le Prolétariat annamite se rend bien compte que le colonialisme loin d’être la civilisation, c’est l’oppression même. Pour son émancipation, il s’organisera solidement; pour son indépendance, en bri sant ses chaînes, il chassera Cognacq et toute la clique de négriers de son espèce. AHMED. Sun-at-Sen est mort Saluons la dépouille de l’homme qui a délivré 400 millions de ses compatriotes d’une tyrannie de plusieurs siècles, du héros qui a su défendre son pays contre la ruée des impérialismes mondiaux. Avec Sun-Yat-Sen, les peuples asiatiques ont perdu un ami, et la Révolution russe, un admirateur. * * * L’année dernière, à Tokio, Sun préconisa « l’Union des peuples de l’Asie » ; la veille de sa mort, il envoya un message à la Ré publique des Soviets ; son testament poli tique est un cri de lutte contre tous les enne mis de la Chine. La résurrection de la Chine, l’union des peuples de l’Asie entre eux et l’union des peuples de l’Asie avec le prolétariat du monde : tel fut, en effet, le rêve triplement grandiose, pour lequel Sun-Yat-Sen a sacri fié les joies de l’existence : fortune, santé, famille, bient-être, et pour lequel Sun-Yat- Sen est mort, âgé de 56 ans. * * * Mais voici que le grand rêve de Sun mar che vers la réalisation pratique. Une auto cratie millénaire est renservée. A la « tor peur » des Asiatiques, succède leur « efferves cence ». Un parti politique, le « Komitang », dont l’aile gauche est communiste, dont Sun est le créateur et le chef, a réussi, en dépit de tous les impérialismes, à prendre les pouvoirs dans la Chine du Sud et jeter à Canton les bases d’une Fédération de l’Asie. Le discours de Tokio a retenti dans le Pa cifique et il n’est pas téméraire de penser que la bonne parole de Sun a contribué à rappeler le Japon à son intérêt véritable, à son devoir et à sa mission • « L’Asie aux Asiatiques. » N’est-ce pas à l’instigation de Sun que la Chine a reconnu les Soviets ? Lorsque le Vorosky est venu mouiller à Canton, il fal lait voir avec quel enthousiasme le gouver- nement de Sun et la jeunesse chinoise ac cueillaient l’équipage de la marine rouge. La Russie, à son tour, prend la défense de la Chine. C’estla seule puissance occi dentale, comme l’a déclaré Sun lui-même, qui soutienne le peuple chinois contre les impérialismes. * * * Faut-il rappeler aux Annamites que c’est dans la Chine du Sud que ceux d’entre eux qui ont pris volontairement le chemin de l’exil, qui ont tout sacrifié de ce qui leur fut cher dans le pays qui les a vus naître, afin d’échapper au spectacle douloureux de l’Annam asservi : que tous ceux-là, dans la Chine de Sun-Yat-Sen, ont trouvé un refuge pour abriter leur misère et un foyer pour entretenir leur foi et leur espérance ! A nos Ng. thuong-Hiên, à nos Cuong-Dê, à nos Pham-bôi-Châu, Sun tendit une main fraternelle et c’est une des raisons pour les quelles la clique coloniale française lui garde rancune par-delà la tombe. Le député de Cochinchine, le gouverneur de l’Indochine lui-même n’ont-ils pas poussé leur ressenti ment au point d’accuser Sun de complicité dans l’attentat de Canton ? * * * Pendant ces derniers temps, la presse bourgeoise n’a cessé de crier à l’alliance du péril jaune au péril rouge, et lorsque la nou velle de la mort de Sun-Yat-Sen s’est répan due dans le monde, la même presse ne se sentait plus de joie. C’est donc que Sun n’a pas vécu en vain. * * * Au moment où les impérialismes en Chine s’apprêtent à déclencher une guerre mon diale, beaucoup plus désastreuse que celle de 1914, le seul moyen qui puisse conjurer le péril, c’est de continuer l’œuvre de Sun en Extrême-Orient. Aux Annamites, en particulier, deux tâches internationales incombent immédiatement (ces tâches n’eveluent pas les tâches nationales mais complètent celles-ci'' : i° Combiner leurs efforts avec ceux du « Komintang », en vue de se débarrasser d’un ennemi commun : l’impérialisme fran çais, lequel, après avoir conquis l’Indo. chine, voudrait s’en servir comme d’un poste pour envahir la Chine. Demain, si par mal heur, la guerre du Pacifique éclate, Anna mites et Chinois auront à se Battre entre eux au profit de la clique coloniale française qui cherche toujours à diviser pour régner Mais si les Chinois et les Annamites étaient unis, ils pourraient arriver à transformer la guerre impérialiste en guerre d’indépendance. 2° Se rallier à l’Internationale Commu niste, en passant par le Parti Communiste français. Seul de tous les partis de la mé tropole, le Parti Communiste prépare acti vement la révolution à la fois en France et dans les colonies. Il veut la destruction to tale et immédiate du régime capitaliste et, par suite, du colonialisme que ce régime en gendre. La « politique d’association » qui, dans le fond, respecte le colonialisme, bien qu’elle prétende le modifier dans la forme, n’est qu’une chimère, une utopie enfantine : ja mais le voleur ne s’associera avec le volé, sinon pour le voler encore. * * * Vive l’union des peuples asiatiques 1 Vive la fraternité des races T Vive la mémoire de Sun-Yat-Sen ! Le groupe annamite dt( l'Union Intercoloniale et de la Fédéra tion de l'Asie. BANDITISME COLONIAL Les indigènes de Boghar sont chassés de leurs terres Un ukase du gouvernement général de l’Al gérie vient d’être publié pour annoncer l’ex propriation de plusieurs centaines d’indigènes et de leurs familles habitant la commune de Boghar (arrondissement de Médéa). Cette expropriation d’un millier d’hectares de terres ancestrales aura lieu le 15 février Elle est « officiellement annoncée, comme étant, soi-disant « d’intérêt public » et elle doit être appliquée par l’administration dix jours après la publication de l’ukase. Pour justifier sa brutalité, le gouvernemen colonial donne le prétexte suivant : il veut abréger les formalités concernant la purge hypothécaire et hâter le paiement des indem nités (et quelles misérables indemnités) reve nant aux malheureux dépossédés. Et voilà pourquoi il ordonne la prise de possession d’urgence !... Quel cynisme ! Cette expropriation sera un démenti acca blant pour tous ceux qui s’obstinent à beugler « l’oeuvre civilisatrice » de l’impérialisme français. Demain les esclavagistes officiels de la III e république viendront fêter le centenaire de la conquête de l’Algérie et ne manqueront pas de clamer que la colonisation apporte du bien-être aux indigènes. Mais les indigènes, eux, savent que depuis 1830, si plusieurs gouvernements ont défilé, les méthodes de colonisation n’ont pas changé, et ces méthodes dépassent en horreur celles du Féodalisme Turc lui-même qui, s’il prélevait de lourds impôts, respectait au moins les biens « Habous » et les terres des paysans arabes. L expropriation dés arabes de Boghar édi fiera aussi toutes les dupes qui ont encore des illusions sur le pacifisme et le libéralisme d’un gouvernement du Bloc bourgeois de gauche. Si, dans la métropole ce bloc utilise l’étiquette démocratique pour recueillir sa clientèle électorale et pour accomplir sa vile fonction de larbin du capitalisme, aux colo nies il jette son masque. Là-bas, le 'capita lisme apparaît sans fard et dans toute sa hi deur, sous n importe quel gouvernement ! Quant à nous, nous ne cesserons de divul guer et de flétrir les crimes de la colonisa tion. Nous les dirons bien haut dans nos réu nions et à la tribune du Parlement. Demain, si les indigènes spoliés se révoltent, il fau dra approuver leur légitime défense et les sou tenir. Tous 1 es négriers de l'impérialisme : ad ministrateurs, financiers, industriels, journa listes prostitués, parlementaires peuvent hur ler contre le communisme et la propagande bolcheviste ; par leurs exactions et leur poli tique de vol, ils se font d’eux-mêmes nos meil leurs propagandistes. A leurs calomnies, à leurs devises démago giques de Liberté, de Civilisation, et autres grues métaphysiques, nous répondrons par des mots d’ordres précis et corrects ; comme celui que Lénine avait lancé dans la Russie pour la libérer du tsarisme et du capitalisme : « La I erre aux paysans ! » EL DJAZAIRI. ### [Trang 2] LA REVOLTE DES ESCLAVES Un grand Révolu ionnaire hindou M.-N. ROY TRIBUNE DE L INDOCHINE En Indochine M. Bardez, administrateur des services ci vils au Cambodge, a été assassiné par des indigènes, au cours d’une « tournée d’inspec tion » qu’il fit dans la province de Kom- pong-Chnang. Deux hommes de son escorte eurent le même sort. Les émeutiers étaient conduits par un Cambodgien nommé Néoli. Ils avaient été jetés en prison, récemment par l’adminis trateur Bardez. Tout ceci rappelé étrangement la grande révolte de Thaï-Nguyen (Tonkin), qui éclata en 1917 ; on sait que cette dernière révolte avait été provoquée par l’administrateur tor tionnaire Darles, et que les « rebelles » n’é taient autres que les indigènes innocents que M. Darles avait mis en cellule, et qui ont réussi à forcer les portes de la prison et attaquer plusieurs provinces. A la Réunion Un groupe d’indigènes armés ont attaqué deux gendarmes. Les agresseurs menaient l'attaque en criant ; « Il faut en finir avec ces sales Zoreils ». Les zoreils, ce sont les Français de la Mé- tropole. Au Maroc Casablanca 20 avril. — « Le poste fran çais d’Ouled-Kacem est encerclé par des Riffains. « Au cours d’un conseil qui se tint aussi tôt à l’état-major, les décisions nécessaires furent prises. Des renforts ont été dirigés sur le front nord. 2« De son côté, le gouverneur de l’Algé rie a envoyé quatre bataillons dans la ré gion troublée. Est-ce enfin le prétexte tant désiré par les traîneurs de sabre de Lyautey pour ouvrir les hostilités contre la République du Rif? En Tunisie Le 21 mars, pour protester contre les pre mieres décisions de la Commission des Ré forme les indigènes ont observé une jour née de deuil. A Bizerte, à Soda El Khemis, à Tunis, les magasins, les ateliers et les échopes ont été fermés. Dans les colonies portugaises Lisbonne, 22 avril. Le ministre des co lonies vient d’être informé par le gouverneur de l’Afrique Occidentale Portugaise que les indigènes de Galahad, de Chamhabenquo et de Bolima se sont révoltés. Des troupes et un avion de bombardement ont été envoyés sur les lieux. Dans les colonies anglaises On annonce de Bloemfontein que lundi deinier des troubles sérieux ont éclaté dans les quartiers indigènes. La police a tiré sur une foule de 4.000 hommes. Selon les deniers renseignements officiels Manœuvres indigénophobes À la suite des bagarres électorales qui se sont produites le 23 avril, rue Dramré- mont, dans le 18 e arrondissement, entre fascistes et communistes, et qui avaient été provoquées par les premiers, M. P. Taittinger, un des chefs fascistes, monte à la tribune de la Chambre et s’écrie : « Les assassins étaient encadrés par des étrangers, des Kabyles, des Annamites ar més ! » Et puis, d’un air mystérieux, 11 raconte que le courrier de la Ligue des Patriotes était volé chaque jour par un jeune Annamite logé chez la concierge, qui portait les lettres à l'Humanité et faisait i de l’argent on ne sait quoi. .M. Ybarnégaray, lui, insulte les Algé- 1 riens, les Tunisiens et les Marocains. Enfin, un journal policier qui s’intitule ‘ la Liberté, et qui compte parmi ses plu- • mitifs le pirate Outrey, publie ceci . « Parmi ces bandes, on ne compte d'ail- | leurs qu’une minorité de Français : la plu part sont des anarchistes italiens ou espa gnols, des Russes en grand nombre, des Bulgares, des Allemands, enfin des Kaby- 1 les, des Chinois, des Annamites, écume de toutes les nations et de toutes les émeutes. Depuis des mois et des mots, le Parti communiste français, grâce aux subsides de Moscou, entretient en une sorte de de mi-solde tous ces volontaires de la guerre ' civile et du pillage. Ils vivent dans des bou- ; ges de la banlieue, parqués comme des bêtes, des bêtes de proie, toutes prêtes à se lancer à l'assaut des riches quartiers de Paris, pour le viol (sic), le sac et la tuerie. » Nous voilà bien fixes sur les sentiments qu’on éprouve à notre égard. Annamites et Kabyles sont des bêtes d’étrangers, non plus des« protégés » français, des « Fran çais » d’outre-Mer, comme on nous avait fait croire de tout temps et notamment pen dant la guerre où nous avons été appelés en France, en masse et de force, pour dé fendre une mère-patrie qui n’est point la nôtre, puisqu’il est dit que nous ne sommes pas Français. J ésuites ! D-aya-—- Ji s’appelle le Nouveau Siècle — et il prétend nous attaquer. Ecoutez-le : « Le secrétaire général du Secours interna tional ouvrier, nommé Mountzenhrrg, a récem ment transmis aux communistes français des sommes importantes « destinées, dit le journal danois Extra Bladel, à développer la propa gande communiste aux colonies ». Un rapport officiel du gouvernement des So- viets constate que « le mouvement s’étend peu à peu du Maroc aux possessions françaises en Algérie, où la lutte sera longue et pénible ? » On dit que « la propagande a eu un réel succès parmi les garnisons, dont la résistance aux ac tions révolutionnaires sera ainsi moins grande? » et que la propagande communiste dans les co lonies françaises est confiée à un comité spécial dirigée par Doriot, Treint et Lounion ? Enfin, de l’argent étranger est versé à ce comité. » (Nouveau Siècle, 23-4-25.) il y a eu cinq indigènes tués et seize blessés, dont cinq grièvement. Dix agents de police européens ont été également blessés. Les chefs des révoltés ont été arrêtés et les li gues civiques ont été mobilisées pour main- tenir le calme dans la ville. Dans l’Irak Dans l’Irak, la tribu de chef Y esido ayant refusé par trois fois d’assister à une confé rence en vue de régler un différend régional, les autorités militaires de l’impérialisme an glais ont eu recours au bombardement des habitations de la tribu par des avions. Les indigènes ont répondu à cette métho de « d’arbitrage » par des coups de fusil et ont abattu un avion. Les deux aviateurs, dont un officier, ont été tués. Les nègres de l’Afrique du Sud réclament l’indépendance /ohannesbur g, 22 avril. — Au cours de la séance du congrès national africain tenu hier dans cette ville, le président du Congrès dé clara : « Un jour viendra où nous serons en po sition de voter telles résolutions qu’il nous conviendra, qu’elles plaisent ou non aux blancs. Le soleil brille pour tout le monde et personne ne peut l’arrêter! Ne vous en dormez pas par conséquent, et ditesvous bien que si l’on prétend que ce pays est pour les blancs, la chose ne sera jamais. Ce pays est un pays de noirs et il le restera ! » — Rappelons qu’au début du mois, la tri bu nègre des Rahobots s’est révoltée, armée de fusils de guerre et de munitions. Aux Antilles On sait que les ouvriers et les planteurs de la Guadeloupe se sont révoltés au mois de février, au cours d’une grève. Voici quelques détails complémentaires : Dans les communes de Port-Louis, du Morne-à-l’Eau et du Petit-Canal, l’agita- tion fut particulièrement grave. A Morne- à-l’Eau, M. Adam, directeur de l’usine de la Société Marseillaise, fut cerné chez lui. Il fallut faire appel à la force armée pour le dégager. Le gouverneur de la colonie et Je pro cureur général se rendirent sur place. Le calme se rétablit. mais tandis qu’ils étaient devant l’usine du Morne-à-l’Eau, ils apprirent que le gros des manifestants se serait porté au Petit-Canal, à l’usine Duval. Les manifestants, au nombre de 500, avaient mis le feu aux champs de cannes, puis ils avaient fait un vaste bûcher avec tout le bois qu’ils avaient trouvé. Tandis que quelques employés essayaient d’étein dre l’incendie, ils donnèrent l’assaut à la maison du directeur. La police fit feu. Onze manifestants furent tués et plu sieurs blessés. Deux ont été retrouvés carbonisés. Cependant M, Ballet, directeur de l’usi ne, a reçu une balle dans la cuisse. NGUYEN-O-PHAP. =snnanenanzn seeennzna nenan Asarazanaeaan DANS L’AFRIQUE DU SUD On annonce qu’après les incidents sanglants, à Bloemfontein, de nouveaux troubles ont eu lieu. Tous les ouvriers indigènes, au nombre de 22.000, sont entrés en grève. Dans toute la région règne un fort courant anglophobe. Depuis quelque temps des milliers de tracts ont été répanuus invitant la popula tion à recevoir le prince, de Galles de la meme façon que les Arabes de Palestine ont reçu lord Bail-dur. Les tracts disent en outre que les indi gènes sont exploités honteusement par les An glais, afin de rapporter aux représentants de l’impérialisme britannique des benétices énor mes. « Rule Britannia » CHINE INDE — SOUDAN Le retour des conservateurs au pouvoir a ren du a l’impérialisme britannique une vigueui nouvelle. Il entend faire en Chine, une politique active et « forte ». Il fut, pour commencer, pro posé à la contérence de Londres du 24 novem- ure dernier, que les chemins de fer chinois fussent contrôles et surveilles par les forces mi litaires de l’Amérique, du Japon, de la Belgi que, de la France et de l’Angleterre. La Granue- Bretagne, ayant le plus de capitaux placés dans ces cnemms de 1er, jouerait le rôle décisif dans le contrôle et l’occuption des reseaux. — Ce beau projet n’a pas encore prévalu. Au début de cette année, la capitale officielle de l’Inde anglaise s’est brusquement vue ap pliquer le « Deiense Of India net » de 1918 — loi extraordinaire instituant un état de siège renforcé. Sous ce régime, tous les fonctionnai res et policiers anglais, a partir du grade d’ins pecteur, jouissent du droit de procéder à des arrestations et à des emprisonnements des hin dous suspects, sans procès ni jugement. Des colleges, des maisons d’étudiants et une cen taine d’éditices étaient perquisitionnés en une seule matinée. Une centaine d’arrestations avaient lieu. Nous mentionnerons parmi les personnes détenues : S. Chunder Bose, leader au Comité Exécutif du Congrès National hin dou ; Baran Boy, le secrétaire provincial du même congrès ; S. Mitter, le secrétaire du par ti Swarajiste , et bien d’autres swarajistes con nus et respectés. Les bureaux des sociétés hin doues étaient occupés par la troupe et la police. Les autorités britanniques du Bengale tentaient, de nouveau de résoudre par la force toutes les difficultés politiques. Nous ne rappellerons pas ici les événements du Japon et d’Egypte encore présents à toutes tes mémoires. Ce que l’on sait moins c’est que depuis fort longtemps, les industriels anglais caressaient le rêve d’une « politique cotonnie- re » en Afrique, à suivre avec énergie. Il s’agi rait de transformer le Soudan en une vaste plantation et de détourner à cette fin le cours du Haut Nil. La plantation ainsi irriguée pour rait être d’un rendement merveilleux ; mais... l’agriculture du Bas Nil pâtirait gravement de la modification du cours des eaux fécondantes. Aussi les Egyptiens sont! ils opposés à l’exécu tion de ce plan. L’assassinat du sirdar sir Lee Stack, a fourni aux Britanniques le prétexte de se délier complètement les mains au Soudan , ils y sont désormais les seuls maîtres. Le sang versé au Soudan et en Egypte ne leur servira peut-être qu’à engraisser le sol de la plantation soudanaise... NG. Al-QUAC. Il fut expulsé de France, au début de cette année, par le gouvernement Herriot, sous l’or dre de l’Angleterre, pendant que deux de ses compatriotes, réfugiés politiques, furent chas sés de Pondichéry. Nous publions aujourd’hui quelques ex traits d’un article que Fouladi Ali Kémal a consacré à ManabendrarNath Roy. Roy fut jeté en prison, il y a longtemps, en 1915, quand, encore très jeune, il pre nait une part active de révolutionnaire ardent dans le mouvement pour la libération politique de l’Inde. Dans tous les pays que Roÿ a parcourus dans sa vie mouvementée de mili tant de grande envergure — les pays de l’Ex trême-Orient, l’Amérique, le Mexique, et en suite l Allemagne, la Suisse, et maintenant la France — l’impérialisme anglo-saxon l’a poursuivi obstinément pas à pas, tantôt en voyant à ses trousses une misérable bande d espions et d’agents provocateurs, tantôt cherchant son expulsion ou son emprisonnement par une pression politique — tout ceci rap pelle les plus odieuses méthodes de l’Okhra- na tsariste dans sa persécution des révolution naires russes. MANABENDRA-NATH ROY Ce fut Roy qui a donné pour la première fois une expression politique — et, en l’oc currence drdmatique -— aux forces objectives de révolte dans l’Inde, quand., en 1922. il intervint au Congrès National Hindou en un manifeste révolutionnaire qui était une mise au point marxiste de la lutte historique des peuples opprimés en Dri^nt pour leur indé pendance politique. Les années à venir mon treront peut-être que le manifeste de Roy de 1922 est autant un point historique de départ pour l’Inde que le manifeste communiste de Marx et d’Engels de 1848 l’était pour l’Eu rope. Roy dit, dans son manifeste, entre autres choses, que : « La lutte pour la liberté du peuple hin dou est une part intégrale de la lutte du pro létariat international contre la domination ca pitaliste, en ceci, qUe son succès renversera un des plus puissants milliers du monde capi taliste. Les révolutionnaires nationalistes de l’Inde devraient donc, non seulement donner la main aux ouvriers et paysans hindous, mais établir des relations étroites avec le proléta riat avancé du monde. Dans ces temps d’im périalisme monopolisâtes, les peuples assu jettis, dans leur lutte pour la liberté, doivent avoir la coopération d’une organisation inter nationale du prolétariat révolutionnaire. Les communistes combattront côte à côte avec les nationalistes révolutionnaires et seront toujours trouvés au premier rang. » S’adressant aux hindous blanquistes, Roy les exhorta ainsi : « Braves patriotes, ne gaspillez pas Votre énergie en terrorisme futile. Votre noble idéa lisme et Votre esprit invincible demandent un plus vaste champ d’action. L’organisme d’une société subjuguée et exploitée depuis des siè cles est surchargé de matériaux inflammables qui, une fois allumés par des directives révo lutionnaires, feront sauter les chaînes de l’es clavage. L’explosion dynamique des forces sociales est beaucoup plus puissante que celle des bombes. L’action révolutionnaire des masses prolétaires libérera l’Inde. Organisons et dirigeons cette action ! » Ces directives de Roy constituent un dan ger bien plus grave pour l’impérialisme britan nique que la politique de Gandhi le pacifiste et de C. R. Dos, le parlementaire. Mais il n’était pas absolument nécessaire de la part de M. Herriot de montrer un tel zèle pour la sû reté de l’empire britannique et de refuser à Roy le droit d’asile politique en France. ALI-KEMAL FAULADI AUX INDES Une grève vient d’éclater aux Indes. 40.000 ouvriers des chemins de 1er du nord-ouest ont cessé le travail. La police attaque les ouvriers en grève à coups de matraque. Les femmes et les enfants ont été jetés hors de leurs maisons. Les directeurs des chemins de fer refusent d en trer en pourparlers avec le Comité exécutif de l’Union des cheminots, disant que cette union est inexistante. L’attitude de la police et des chefs des com- pagnies a soulevé l’opposition de la population. A noter que les ouvriers en grève ont du inter venir eux-mêmes pour rétablir l’ordre. +o—— COLONIAUX ! « LE PARIA » EST VOTRE JOURNAL. LISEZ-LE ET FAITES-LE URE. Au moment où le gouverneur Merlin quit te l’Indochine, il convient de jeter un coup d’œil sur l’œuvre dévastatrice qu’il a accom plie dans notre pays. Nous commençons par les inondations. En effet, si l’Indochine a été ravagée par les inondations, la faute n’en est pas seulement aux éléments, mais aussi au gouvernement qui n’avait pas son gé à construire des digues Dieu sait pourtant si les impôts rappor tent en Indochine ! Les indigènes en sont écrasés. Au Loos Vientine a été isolée du monde pendant deux mois entiers, il s’en fallait de peu qu’elle ne manquât de pain et de riz. Les eaux ont monté jusqu’à deux mètres dans les rues. Sept dixièmes des récoltes ont été per- dus dans la province de Vialiane, deux tiers à Cammois et la moitié à Savannakhet, et à Bassac. De nombreuses victimes. Au Cambodge Plusieurs routes ont été coupées. Pnom- Penh s’est trouvé isolé des environs. En Annam La province de Quinhon a été particuliè rement éprouvée. Les lignes télégraphiques ont ét éarrachées et les routes coupées. 1.467 personnes- ont été tuées ; 3.000 bœufs ou but fies, 20.000 porcs ont été noyés ); 20.152 maisons ont été détruites ; 385 jonques ou sampans ont disparu. Les pertes se sont évaluées à plusieurs millions de piastres (la piastre vaut 10 fr. environ). Au Tonkin La dernier crue du Fleuve Rouge a été parmi les plus forte et les plus longues que l’on ait vues. A Hanoï, les eaux ont été pen dant (quarante-sept jours au dessus de la cote 9, et vingt-deux jours au-dessus de la cote 10 ; c’était un véritable désastre. Il a fallu dépenser 175.000 francs pour construi re une digue plus solide, 160.000 francs pour les réparations des ouvrages d’arts et des bâtiments. Les dégâts causés à l’agricul- ture portent, à Bac Ninh, sur 7.000 hecta. res et sont évalués à 440.000 francs ; à Han- Ouong, sur 53.000 hectares et sont évalués à 3.640.000 francs et à Hung-Yen, sur 64.000 hectares et sont évalués à 4.348.000 francs. Au total, les inondations de 1924 ont coûté à l’Indochine 120 millions de francs de dé gâts et 2.000 morts. Comment prévenir le retour de pareilles catastrophes ? Dans une séaôce de la Commission perma nente du Conseil, le gouverneur a promis de prendre des mesures nécessaires ; il a même élaboré plusieurs projets de construc tions et de consolidation de digues. Les 20 L'exploitation des Indigènes CHEZ RENAULT Dans l’immense forteresse que ce gredin de Renault possède à Billancourt 27.000 hom mes et femmes sont honteusement exploités. Dans ce nombre figurent 3.000 parias colo niaux ; ils subissent un sort encore plus mi sérable. Pourquoi ? Parce que la majorité de mes camarades algériens sont moins instruits. Et Renault en profite pour les faire travailler à des salaires plus bas. J’ai fait un petit tour au bureau d embau che qui se trouve sur le quai de Billancourt, plus de 100 Algériens se trouvaient là. Ils discutaient ; j’entrai en conversation avec eux et je sus le mécontentement qui régnait parmi eux. Tout à coup, la porte de la prison s’ou vre, et ils entrent dans le bureau. Là on demande leurs papiers, les plus cos tauds sont acceptés. Puis, un jeune garçon de bureau les emmène dans un local pour les photographier. On donne ensuite, à chacun d’eux, un nu méro matricule (car la forteresse Renault est une succursale de la préfecture de police). Le prix d’embauche de ces travailleurs algé riens est de 1 fr. 85 à 2 fr. 10 l'heure. Je me suis glissé parmi les ouvriers et j ai fait un tour aux forges et aux fonderies. Beaucoup de mes compatriotes mangeaient leur maigre repas, assis à même le sol. Ils m’ont dit : « Tu vois, personne ne veut faire le travail que nous faisons, c est nous les moins payés. Quand on va demander de l’augmentation, les- chef a nous répondent : « Faites 11 heures ou 12 heures, vous gagne rez votre journée. » Pour subvenir aux besoins de nos familles, qu’on a laissées en Algérie, on est obligé de s’incliner, car tout est cher. Je leur répond : « Pourtant, pendant la guerre, nous étions égaux avec nos f reres fran çais pour aller nous faire tuer, pour la dé- fense des assassins capitalistes. Vous voyez, camarades, ce ne sont pas les ouvriers fian çais qui sont vos ennemis, ce sont les pa trons qui vous exploitent ensemble. « Pour briser vos chaînes et revendiquer votre droit de « Travail égal, salaire égal », il faut entrer dans les syndicats révolution naires et au Parti communiste, les seules or ganisation de classe. » Et les camarades me promirent leur adhé sion à la C.C.T.U. et au P.C. Je leur ai dit au revoir et je suis sorti dis crètement pour ne pas me faire remarquer des flics du forban Renault. SAID, Manœuvre. Des Munitions pour le « Paria » LISTE DE SOUSCRIPTION Ng. the Vinh T. V millions d’Indochinois n’ont plus qu’à atten der l’exécution de ces projets Mais, sait-on si ce sera pour demain ou jamais ? Ng. THUONG. Avis aux Indochinois Le 23 avril, à l’occasion de la discus sion sur le budget des Colonies au Sénat, M. Gaudin de Vilaine a dit : « Si vous n’êtes pas résolu à défendre l’Indochine, vendez-la ! » Voilà qui est net et juste. Les 20 mil lions d’Indochinois en prendront acte ’. Ceux d’entre eux, à qui l’on avait fait croire que leur pays a besoin de la pro tection du drapeau tricolore pour être à l’abri des invasions chinoises, siamoises, japonaises, américaines, hindoues, malai- siennes, voire germaniques et turques, ne goberont plus cette farce. Ils verront clair comme le jour que la France, loin de vou loir les « protéger », songe tout bonne ment à les vendre comme du bétail. Que reste-t-il donc aux malheureux Indo chinois ? A se défendre eux-mêmes ! Mais, pour cela, il leur faudra tout d’abord se débarrasser de T impérialisme français qui a bel et bien envahi leur pays depuis bien tôt un demi-siècle, et qui fait tout pour les empêcher de respirer et de vivre. L’obs tacle une fois franchi, l’entrave ôtée, Fin- dépendance reconquise, alors les Indochi nois, qui ne sont'pas précisément des sau vages, ni des imbéciles, auront vite fait d élever leur pays si vaste, si peuplé et si riche, à la hauteur d’une grande na tion moderne, capable de se faire respec ter elle même dans le monde. * * * UN CANARD Il s’appelle le Courrier Colonial (une feuille de choux qui a eu l’audace de pro voquer le Paria à plusieurs reprises), et voici le fait sensationnel qu’il rapporte à l’usage de ses lecteurs : « Des Russes introduisent des armes en Indochine « Le tribunal de Haïphong a cherché noise à un navigateur russe qui avait in troduit des armes et des munitions au l’on- kin. « Au cours des débats, on a appris que récemment deux Russes, habillés en gen darmes, avaient réussi à débarquer à Haï- phong 2.000 cartouches et 10 revolvers, « On soupçonne que, pour trois Russes pris en flagrant délit de contrebande d’ar mes. il en est d’autres qui ont été plus heureux. « On n’est pas éloigné de croire que l’on se trouve en présence d’une organisation dont 1 objet est d’introduire des armes dans notre colonie. » NG. the TRUYEI EN SYRIE Le soi-disant Parlement du Grand-Li- ban avait autorisé le gouvernemeni à sus pendre les journaux dont la propagande pourrait troubler l’ordre impérialiste. A propos de cette mesure de l’impéria lisme français, nous recevons le télégram me suivant : ,« Les douze journaux soussignés, émus d’apprendre que, sur les instances du gou verneur du Grand-Liban, M. Cayla, et pendant l’absence du Conseil représenta tif, un nouvel arrêté a paru, autorisant la suspension des journaux par mesure de gouvernement, avec des sanctions excessi ves et simultanées contre le propriétaire, le directeur et l’imprimeur ; « Protestent contre des mesures despoti ques contraires aux principes de la France libérale ; « Sollicitent qu’il soit sursis à l’execu- tion de ces mesures, et qu’une commission d’enquête soit envoyée pour mettre fin à la situation critique due à la politique du gouverneur, M. Cayla ; « Suspendent provisoirement pendant huit jours leur publication en protesta tion. « Beyrouth, le 24 avril ». (Suivent les signatures des aouze jour naux.) La légitime protestation des journaux libanais confirme une fois, de plus que l’impérialisme français est toujours prêt à piétiner les principes de « démocratie » dès qu'ils le gênent. Les signataires de la protestation faisant appel à la « France libérale » seront sous peu déçus dans leurs espérances. En France, comme dans le monde entier, il n’y a que le prolétariat et son Parti communiste qui prennent la défense de tous les opprimés et soutiennent les peu- pies coloniaux dans leur lutte pour l’indé- pendance totale et immédiate. >+o< EN PALESTINE Un des plus grands commis-voyageurs de l’impérialisme .anglais, lord Balfour, s’il faut l’appeler par son nom, s’était avisé de faire une tournée de réclame en Palestine. Mal lui en prit ! Son arrivée à Damas provoqua une émeute formidable. Dans les journées du 8 et du 9 avril, plus de 6.000 musulmans huèrent et sifflèrent le pau vre lord. Une véritable bataille s’engagea alors, entre la foule des manifestants et la flicaillerie française qui mit tout zèle a détendre l’hôte anglais et qui fut secondée par des pompiers, par 2 compagnies de chasseurs à pied, 2 pelo tons de spahis et 8 auto-mitrailleuses. Et même, des avions survolèrent la ville et des tanks parcoururent les rues. Coups de poing, coup** de crosse ; des pierres, des balles ; des cris, du sang. Un spahi fut arraché de son cheval et assommé à coups de matraque. Un cocher fut abattu par une balle... Au total : 3 tués dont 1 officier. 30 blessés dont 2 officiers et 8 soldats. Quant à lord Balfour, il s’était enfermé dans une chambre de l’Hôtel Victoria avec sa femme, pendant les deux jours d’émeute ; au troisième jour, tous deux quittèrent Damas, dès l’aube et incognito. — >+e-< ugg=in Travail ixôuité par des ouvriers syndiqués Imprimerie Française (Maison J. Dangon) 123, rue Montmartre, Paris (2e, Georges DANGON, imprimeur. Le Gérant : Léopold MESNARD.