Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7009360h (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — novembre 1924 1924 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] TROISIEME ANNEE. — N° 31. Le Nu méro: VINGT-CINQ centimes NOVEMBRE-DECEMBRE 1924. ADMINISTRATION 3, Rue du Marché-des-Patriarches PARIS (5 e ) Paraissant mensuellement Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement, Un an : 3 francs Chèque postal : 92-22-Paris LN CONGRÈS HISTORIQUE L’AMBASSADEUR DE LU R. S. S VIVE LE PREMIER ÉTAT PROLÉTARIEN! Le GOngrès dis Travailleurs Nord-Africains --4=DoGabi—■— A PARIS Le 7 décembre 1924 sera une date dans l’histoire du mouvement ouvrier. Ce jour-là, s’est tenu à Paris, le 1er con grès des travailleurs nord-africains, organisé par le Parti Communiste. 150 délégués tunisiens, algériens et mora- cains unis à leurs frères de classe, les prolétaires de France, ont envisagé avec eux les moyens de lutte contre l’exploitation et l’oppression de l’impérialisme français. 150 ouvriers des diverses usines de la ré gion parisienne, les plus conscients, les plus combatifs du sous-prolétariat colonial, sont venus représenter leurs frères et établir leur programme de revendications Malgré la politique esclavagiste qui veut faire des indigènes un cheptel humain, mal gré les campagnes de presse tendancieuses pour discréditer les travailleurs coloniaux et empêcher leur union aux prolétaires français, les ouvriers nord-africains revendiquent leur droit à la vie, et sous le faix de l’oppression, se réveillent à la lutte de classe. Ni l’arbi traire, ni l’appareil de répression et de basse police récemment institué n’arrêteront ce mouvement, au contraire ; les indigènes sont ' guéris de leurs illusions ; ils ne croient plus aux promesses mensongères que la France des Loucheur, des Pelligri, de la Banque de Paris et des Pays-Bas, de la Com pagnie Algérienne, leur a faites, lors du car nage de 1914 ; plus que jamais leur esprit de combativité, leur volonté de se libérer du régime d’exploitation et de meurtre qu’est le colonialisme s’affirment, avec tant de vi gueur ! Dans ce 1er Congrès du 7 décembre, les délégués arabo-berbères ont montré une telle compréhension des problèmes sociaux qui les intéressent, ils ont discuté avec une telle net teté sur les thèses présentées, ils ont établi des movens d’action si précis qu’ils ont anéanti cette légende imbécile, si chere à ces fu mistes de socialistes, légende qui nie ou re lègue à une époque lointaine la maturité révo lutionnaire du prolétariat colonial La question syndicale a été exposée par un ouvrier indigène, avec une clarté parfaite. Ce camarade démontra l’action débile des organi sations réformistes, la trahison des social-dé- mocrates, toutes les théories périmées du syn dicalisme pur et de l'anarcho-réformisme, et par des exemples concrets il fit un parallèle entre ces divers groupements et les organisa tions révolutionnaires C. G. T. U. et P. C. qui groupent des ouvriers sans distinction de race ni de couleur et luttent sans jamais tran siger avec le capital On ne peut plus se cantonner à la phraséo logie humanitaire à l’égard de ces travailleurs coloniaux, et ce qu’il leur faut, ce ne sont pas seulement des revendications purement économiques ; il faut aussi, et d'abord, dé blayer toutes ces entraves politiques qui en lèvent à l’indigène la liberté d’association de presse et de parole. Plus de corporatisme | étroit ; la machine sé développe et se passe | de la main-d’œuvre « qualifiée », La main- 1 d’œuvre « avilie » grandit démesurément et : plus que jamais la nécessité de l’organiser s’impose. Les délégués du Congrès l’ont dit bien haut, ils ont été unanimes à serrer les coudes avec les ouvriers français pour lutter contre le patronat, et à leur demander de les soutenir pour forcer le capitalisme d’abolir les lois iniques qui paralysent l’organisation du pro létariat colonial. Le Code de l’indigénat fut nettement ex posé, par un autre camarade algérien, comme : étant l'institution la plus odieuse et la plus réactionnaire. Ce code, qui devait, au dire des gouvernants, disparaître progressivement au cours de l’évolution des masses indigènes, ne fait que s’allonger pour arrêter leur éman cipation. La dernière loi sur l’émigration, et les mesures policières déjà mises en applica tion, en sont la preuve éclatante. La répression contre les coloniaux se fait plus violente. Les esclavagistes de tous poils, l’empoisonneur Outrey par ses inter pellations rageuses et imbéciles, le proconsul Steeg par ses décrets féodaux, le colonialiste Pierre Mille par sa plume prostituée, tous les domestiques du capitalisme préconisent une politiques de plus en plus odieuse contre les indigènes. Cette politique de violence ne peut engen drer qu’une résistance adéquate. Elle ne peut arrêter l’évolution des peuples opprimés et s’ils se relèvent ou se rallient aux organi sations révolutionnaires avec cette frénésie qui épouvante nos esclavagistes, ce n’est pas la « propagande bolcheviste » qui en est la cause fondamentale, il y a des raisons éco nomiques et politiques plus profondes qui hâtent ce réveil. Ces raisons, les délégués nord-africains les ont exposées. Ils ont décrit les exactions em ployées par l’impérialisme mondial à l’égard des peuples opprimés, l’horrible situation des musulmans des divers pays écrasés sous la botte des capitalismes français et britanni que, que le Congrès fut unanime à flétrir. La lecture des télégrammes adressés aux musulmans du Maroc, de Tunisie, d’Egypte et des Indes, en lutte pour leur indépendance fut ovationnée ; avec quel enthousiasme les délégués saluèrent le télégramme de sympa thie envoyé à la Russie soviétiste ! Malgré la propagande d’injures et de ca lomnies, dont le capitalisme mondial souille le Premier Etat prolétariat, qui, seul, appuie le mouvement de libération des peuples op primés, les coloniaux ont montré qu’ils n’ignorent pas la grande transformation so ciale qui s’accomplit dans le monde. Ils savent ce que la conquête des colonies coûte de vies et de souffrances au prolétariat et comprennent bien que l’exploitation de l’homme par l’homme doit disparaître (elle demande trop de sang pour pouvoir subsister). Les travailleurs du monde s’unissent pour mettre bas cet horrible régime. Un premier pas a été fait entre les parias de l’Afrique du Nord et les ouvriers de la Métropole. Dans cette journée du 7 décembre, toute la reconnaissance des esclaves nord- africains fut acquise à la section française de l’Internationale Communiste. Et, au moment où l’Angleterre impérialiste vient établir un pacte de complicité avec la France, au moment où elle envoie son re présentant, le sinistre Austin Chamberlain, dire à son acolyte Herriot : « Donnez-nous toute la liberté d’action en Egypte et aux Indes et nous vous laisserons les mains li bres au Maroc et en Tunisie », ou pour rap peler l’expression de Jaurès : « Vous pouvez voler au bout de la rue, j’ai volé à l’extré mité », ce Congrès nord-africain prend une portée incalculable dans le monde islamique. Il marquera aussi le commencement de la grande résistance qu’oppose le prolétariat tout entier et uni à celui de la Métropole, aux visées impérialistes. Le capitalisme peut s’épouvanter ; ses cris, ce sont des spasmes de l’agonie. Le châtiment qu’il mérite ne saura tarder. El. DJAZAIRI. Le prolétariat parisien a fait une réception enthousiaste au représentant de la Russie so- viétiste : le camarade Krassine. La manifestation fut spontanée. Point de cet apparat officiel, ni de toute cette mise en scène factice, que prépare chaque gouverne ment bourgeois pour recevoir les envoyés des autres États bourgeois. Si l’accueil, bien com préhensible, de M'Carré, délégué par M. Her- riot pour recevoir l’ambassadeur du grand Etat prolétarien, fut froid et honteux, celui du peuple qui peine, celui de la masse des ex ploités français, fut chaleureux. Sous le hall et aux abords de la gare du Nord, malgré l’important service d’ordre, la foule des travailleurs accourus fut imposante. A onze heures précises, le train entra en gare, et quand Krassine apparut sur le quai, souriant son premier salut fut pour les cheminots qui lui ( faisaient de fraternels gestes de bienvenue. La foule, débordant de joie, devint houleuse, cha cun voulait voir ; puis, les ovations retentirent; l'Internationale, comme une explosion, monta, puissante, chantée par plusieurs milliers d'as sistants. Le cordon de flics fut romqu et l’au tomobile portant F ambassadeur de FU .R.S.S. difficilement se fraya un passage dans cette foule de sympathisants. Le flot humain suivit un moment la voiture, puis s’écoula, grandiose, clamant « les So viets ! les Soviets » devant la police, impuis sante, et les touristes bourgeois ahuris, affolés de ces indices de la Révolution qui se pré pare. Les Revendications des Nord-Africains LEONID KRASSINE Ambassadeur de l’U. R. S. S. en France Le camarade L. Krassine est né le 15 juil let 1870 à Koicrskan, -petite ville de la Sibérie occidentale. En 1887, il suit les cours de l'Ins titut technologique de Léningrad. Il entre bientôt dans un cercle de propagandistes-mar xistes et commence à travailler parmi les ou vriers de la capitale tsariste. Ce groupe fut une des premières organisations social-démo- crates d'où sont sortis ensuite les chefs ou vriers de Léningrad. En hiver 1891, pour avoir participé à une manifestation, il fut expulsé de Russie, En 1892, arrêté, il resta emprisonné jusqu'en 1893. En 1895, arrêté à nouveau et exilé de Voronech, il fait 2.400 kilomètres par étapes pour atteindre Irkoutsk. En 1900, il finit ses études à Karkov. A Bakou, où il travaille comme ingénieur élec tricien, il particpe activement au travail clan destin social-démocrate dans tout le Caucase. C'est à Bakou, immédiatement après le 2 e Congrès du Parti, que Krassine devient < LareconmaissancedosSovietsparleslmpérialisnes 1. L’événement français. — A l’heure qu’il est, l’U. R. S. S. est reconnue par les princi- ! pales puissances du monde, même par la France- Jusqu’à ces derniers temps encore, l’impéria lisme français, le plus entêté et le plus mal faisant de tous, regimbait ; en même temps, il soudoyait les traîtres à la Révolution russe. M. Herriot, avec sa démocratie, poussait des cris d’alarme, quand il vit la Russie organiser des congrès pour les peuplçs coloniaux et créer pour eux une Université à Moscou. Mais voici que la III e République elle-mê me s’incline devant les Soviets ! A nsi la vic toire diplomatique de la Russie se poursuit. A la joiç qu’apporte au prolétariat français ce triomphe de la diplomatie russe, les originai res des colonies françaises s’associent volontiers, d’autant plus que l’événement fêté aura des ré percussions particulièrement favorables à leur i cause. II. Les raisons de la capitulation générale. — Pourquoi les impérialismes mondiaux ont-ils ab diqué, les uns après Içs autres, devant les So viets ? 1° Les Soviets ont déployé un tel esprit d’or ganisation et une énergie telle qu’il a bien fallu compter avçc eux. Ils ont enrayé la contre-ré volution et la famine, ils ont tenu tête à une coalition formidable et rapidement ils ont créé un État prolétarien, solide, prospère, unique dans son gçnre, que l’Histoire n’a jamais con nu et que l’Avenir copiera. 2° Les nations capitalistes, entre elles, se disputent le marché russe. 3° Le prolétariat international défend la Russie et force les gouvernements à la recon naître. 4° Les peuples coloniaux, à l’appel de Mos cou, sç réveillent. Sur ce dernier point, il convient de s’expli quer. III. Les raisons coloniales. — L’agitation des peuples coloniaux, sans doute, en impose moins aux pouvoirs publics que celle des travailleurs de la Métropole ; et tout de même, ces ru meurs de haine et de révolte, sourdes encore il est vrai, mais sans cesse grandissantes, qui s’élè vent du vaste monde colonial, depuis l’Extrême- Orient jusqu’à la Guadeloupe, depuis la Tuni sie jusqu’au Soudan, sont de nature à faire réfléchir les nations colonisatrices. Partout, les masses indigènes, alors qu’elles exultent leur dégoût de l’esclavage, d’un élan unanime, manifestent leur reconnaissance en vers la Russie qui, seule de toutes les na tions occidentales, tend une main fraternelle aux parias. Nous donnons ci-dessous le programme de revendications politiques et^ économi ques présenté au premier Congrès de^ tra vailleurs nord-africains, le 7 décembre 1924, et adopté à l'unanimité : REVENDICATIONS POLITIQUES En accord avec ses principes, le P.C. mène la lutte par tous les moyens et sans conditions pour l’Indépendance des Colonies, mais sou tient dès à présent les revendications immédia tes des indigènes nord-africains : 1° La suppression de l’indigénat, avec toutes ses conséquences ; 2° Le suffrage universel pour tous les indi gènes au même degré que pour les citoyens français ; 3 Egalité devant l’impôt (suppression de tous les impôts spéciaux, corporels, corvées, amendes collectives, etc.) ; 4° Instruction obligatoire et gratuite dans les deux langues pour tous les indigènes et leur accession à l'enseignement à tous les degrés ; 5° Egalité de traitement des fonctionnaires indigènes et français ; 60 Suppression des communes mixtes et des territoires de commandements militaires ; < : 7° Liberté de presse, de parole et d’associa- . tion ; 8° Suppression de la loi sur l’émigration ; 9° Suppression de l’inégalité du service mili taire ; 10° Amnistie générale. REVENDICATIONS ECONOMIQUES Le Parti et la C.G.T.U. devront envisager les 1 moyens de lutte pour faire aboutir les revendi- 1 cations des ouvriers nord-africains : 1° A travail égal, salaire égal ; 2° Journée de huit heures ; 3° Suppression du « denier à Dieu » à l’em bauchage ; 4® Accession de l’ouvrier indigène à la quali fication ; 5° Droit à la titularisation ; 60 Indemnité pour la femme et les enfants cherté de vie, soins médicaux, indemnité de logement, hygiène de l’habitation ; 7° Suppression du contrat de travail imposé pour l’émigration ; 8° Liberté d’émigration pour la France et l’étranger ; 9° Application aux indigènes des lois ouvriè res ; 100 Amélioration des conditions économiques des jeunes (apprentissage, éducation, etc.). membre du Comité central. En mai 1905, il part illégalement à Genève et ensuite il participe aux travaux du 3e Con grès du Parti à Londres. Le travail de L. Krassine, après la victoire d'octobre, ne fut pas moins important. Il -par ticipe aux négociations de Brest-Litovsk. En août 1918, il est nommé membre du Conseil suprême la Défense, En novembre de la mê me année, il devient commissaire du peuple de l'industrie et du commerce. En 1919, il prend la direction du Commissariat des che mins de fer. Après l'inauguration de la N. E. P., notre . camarade Krassine a joué un rôle très impor tant dans les relations de l'U. B. S. S. avec les Etats capitalistes. En mars 1920, il part en Europe occidentale. A Londres, il négocie avec Lloyd George. Au mois de mars 1921, il signe avec Bobert Home le traité commer cial avec la Grande-Bretagne. Jusqu' en juillet 1924, il reste représentant plénipotentiaire de VU. B. S. S. en Grande-Bretagne. PERMANENCE « Union Intercoloniale », chaque diman che matin, de 10 heures à midi, au siège, 3, rue du Marché-des-Patriarches. L’U. R. S- S. est reconnue par eux, de cœur, avant d’être reconnue de jure, par les gouvernements métropolitains, et il n’est pas impossible que ces gouvernements, en rendant hommage au bolchevisme, ont dû, dans un cer tain sens et dans une certaine mesure, obéir à leurs esclaves coloniaux. IV. L’engrenage: économique. — Toutes les raisons que nous venons d’énumérer et qui, vrai semblablement, expliquent Iç recul de la di plomatie impérialiste, s’unissent pour jeter les gouvernements dans unç espèce d'engrenage, dont le moteur serait le pain ou le dollar. Le pain devient cher. Si cela continue, le peuple se fâchera ; et si le peuple se fâche, il ne criera plus cette fois : « Du pain et la constitution de l’an II ! », mais « Du pain et les Soviets ! » Alors ?.. Faut-it renforcer l’exploitation coloniale ? Sans doute oui : mais d'abord, depuis l'avènement du bol chevisme, il n’est plus facile de piller les in digènes ; ensuite, la « mise en valeur des co lonies » ne se fait pas en un jour, et il s agit de besoins urgents. Les bolcheviks. eux, pos- sèdent un immense grenier dans leur navs ; du reste, ce sont des gens très forts, oui disposent d’un grand pouvoir sur la masse. Les rouler ? il n’y faut plus songer ; il faut s’entendre avec ' eux. Les banquiers, à leur tour, lorgnent le marché russe. Ils se le disputent déjà et, naturellement, ils entraînent dans leur concurrence les nations impérialistes. Celles-ci s’acharnent donc à s en- tre-tuer sur le marché de Moscou, si bien qu’elles font le jeu de la Russie : leur ennemie commune. Ainsi, [poussé par une double fatalité, qui s’incarne, d’une part, dans les magnats de la finance, et, de l’autre, dans les ouvriers et les paysans de tous les pays, l’impérialisme mon dial signe la reconnaissance des Soviets, autre ment dit, il signe son propre arrêt de mort. V. Un symptôme de décadence. — Et main tenant, sur le tapis vert ou sur le tapis rouge, la bourgeoisie fait la cour au bolchevisme. Elle flirte avec son ennemi mortel- L'homme au couteau entre les dents, qui l’oblige à rendre gorge, qui trouble les curé'es nationales et les orgies coloniales, ce spectre : elle l’embrasse! D’ici peu, qui sait ? nous aurons peut-être une « nuit du 4 août » bourgeoise, à moins que la comédie du capitalisme et du colonialisme qu’il engendre, ne finisse par la révolution, ce qui est infiniment plus probable. Ng The TRUEN. Contre l'exploitation du Maroc Les nouvelles du Maroc sont de plus en plus redoutable. En fait, pendant dix années, l’af- désastreuses pour l’Espagne et les événements i faire marocaine troubla la paix de l’Europe se précipitent dans le Riff avec tant de rapi- ; et fut un des nrétevtec do to nuome 2~ 15‘ dile que les journaux jettent un grand cri d’alarme. Les Riffains ne menaceraient pas seulement l’armée espagnole en pleine déroute, mais iraient jusqu’à rendre critique la situation de Tanger qui est, comme on le sait, sous la juridiction des grandes puissances. D’autre part, les conversations diplomatiques récentes entre Chamberlain, Herriot. Mussolini restent enveloppées d’un lourd mystère. Les im périalismes se retrouvent en 1924 face à face comme en 190%, au moment où ils se partagaient cvniqement les peuples de l’Afrique méditer ranéenne. A ce moment, les Espagnols avaient pris en charge le Maroc du Nord, les Français le Maroc central et méridional, les Anglais l’Egypte, les Italiens la Cyrénaïque. Si l’Espagne est con trainte, par la défaite militaire, d’abandonner sa part, les anciennes conventions internationales de 1900 à 1912 sont par terre et les diplomates des pays dits alliés s’affrontent à nouveau dans l’ombre et le secret, comme il y a vingt ans, pour procéder à de nouveaux partages de peu ples et à de nouveaux asservissements. Que s’est-il passé au cours des entrevues de la semaine dernière à Paris et à Rome ? Est-ce que, comme on l’affirme, le ministère du Bloc des gauches aurait rassuré l’impérialisme de M. Chamberlain en lui laissant les mains libres en Egypte pendant que, de son côté, le général Lyautey pourrait, avec le consentement des Bri tanniques, entreprendre une opération de grand style contre le Riff ? Toute cette diplomatie secrète n’a que trop duré, et, au moment où les gouvernants s’ap prêtent à prendre de graves résolutions, il serait intolérable que la France soit plus longtemps tenue dans l’ignorance. Le général Lyautey se flatte d’avoir obtenu du Quai d’Orsay des crédits et des troupes de beaucoup supérieurs à celles de l’an passé. Est-ce exact ? Et alors, pourquoi ces renforts ? Dans quel but ? Si Abd el Krim chasse définitivement les Es pagnols de son pays, s’il veut établir une république riffaine, que fera le gouvernement français ? Va-t-il entreprendre une expédition antiriffaine sous prétexte de mettre à l’abri la partie du Maroc déjà conquise par les troupes françaises ? Au cours de la longue campagne qu’il mena résolument pendant dix ans contre la guerre engagée par Delcassé au Maroc. Jaurès avait courageusement signalé les multiples dangers qui ne pouvaient manquer d’en sortir. Les radicaux d’alors le traitaient à ce propos d’agent de l’Allemagne. Il n’en persistait pas moins à déclarer que le Maroc était un guêpier et fut un des prétextes de la guerre de 1914. Aujourd’hui, la question reprend toute son acuité et toute sa force. Le monde arabe mani feste vigoureusement sa ferme volonté d’indé pendance, et nous ne sommes qu’au début des luttes les plus certaines entres les impérialis mes occidentaux et les peuples qu’ils veulent coloniser, « protéger », écraser sous leur joug. Est-ce que le Bloc des gauches, radicaux el socialistes mêlés, va s’engager dans ce confli' là ? Il est temps de le dire. Les faits sont là, pressants, qui exigent des résolutions immédia tes. Les communistes multiplieront leurs effort* pour que soit sauvegardée l’indépendance d peuples quels qu’ils soient, contre la rapacité des* appétits de l’impérialisme déchaîné. Ils crient : « Bas les mains devant les Riffains qui veulent se libérer ! Pas un homme, pas un sou pour aider les banquiers et les négriers qui veulent asservir par la violence les Arabes dê- cidés aux plus grands sacrifices pour échapper à l’esclavage ! » Marcel CACHIN. SALUT A L’U. R. S. S Nous donnons ci-dessous le texte du télé gramme adressé par le Congrès des travail leurs nord-africains à la Russie des Sa viets : Les délégués des ouvriers nord-africains des usines de la région parisienne adres- sent leur salut fraternel aux ouvriers rus ses, qui se sont libérés du joug tsariste et de l’exploitation de leur bourgeoisie. Ils saluent l’ U. R. S. S. qui, par la tactique révolutionnaire et le dévouement du parti bolchevick. à la tête duquel fut le grand Vladimir Illitch Lénine, ont apporté la liberté à tous les musulmans de Géorgie, d’Azerbeidjan et du Caucase, jadis sou mis à l’exploitation et à l’oppression féo dales. Ils sont résolus à s’unir au prolétariat organisé métropolitain et à suivre son exemple en s’organisant politiquement et économiquement pour abattre le régime de meurtre, de spoliation et d’exploitation du capitalisme. Ils saluent avec joie la reconnaissance de l’U.R.S..S. par toutes les grandes puis sances impérialistes et notamment par K gouvernement français sous la pression de sa classe ouvrière. ### [Trang 2] NÉGRIERS ! La grande presse prostituée a mené une cam pagne d’injures contre les ouvriers algériens qui travaillent en France. C’était un prologue pour justifier les terribles mesures qu’on allait appliquer contre eux. Ces « sidis », au contact de leurs frères européens, et plus exploités que ces derniers, commencent à revendiquer leurs droits, se ré veillent à la lutte de classe et se groupent dans à » B Sit SWW» pal 188 Hommnage à te Nlsslb 00 — 1. — La voix des opprimés Dans l’Inde. — A l’arrivée du prince de Galles, les Hindous font a grève. Partout où le cortège princier défile, les boutiques ferment. Aux fenêtres, pas une tête ne se montre, point de hurrah ni de fleurs. Un silence morne ! Et puis tout à coup, la les organisations révolutionnaires. Alors, l’abject gouvernement du radical Her- , riot, « pour protéger le s indigènes de l’immo- , ralité » (sic), applique des mesures d’excep tions afin de livrer à la merci des gros industriels les ouvriers nord-africains. Car il en faut de cette main-d œuvre avilie pour renflouer l’éco nomie nationale que la guerre impérialiste a fait_ sombrer. Dans tous les coins de l’Europe et des colo nies, les raccoleurs du capitalisme français re crutent des travailleurs pour un morceau de pain et, par une propagande criminelle, dres sent contre eux le prolétariat français pour mieux profiter des forces ouvrières inorgani sées. Les soi-disant « indésirables » italiens, tché coslovaques, espagnols, etc., sont souvent em bauchés par le Ministère du Travail ; certains contrats, comme celui de la maison Japy, dé noncé par /’Humanité, offraient des salaires si dérisoires que le Gouvernement italien, lui-mê me, a dû parfois s opposer à l’émigration de ses nationaux pour ne pas supporter les frais de leur rapatriement. Aujourd hui, les Algériens, qui ne sont ni des citoyens d une nation indépendante, ni des citoyens français, sont implacablement écrasés. La loi sur 1 émigration (avec ses certificats de médecin, contrat de travail, etc...) les empêche de se rendre en France sur leur propre initiative; tandis que des négriers franco-indigènes, avec la complicité du Ministère du Travail, peuvent vendre à Citroën, à Say, à Schneider et con sorts, le matériel humain sans rencontrer aucun obstacle administratif et en s’autorisant d’une prétendue visite médicale. Pris à la gorge, les travailleurs algériens si gnet ont des contrats de travail pour des salaires de famine. C est l esclavage libre dans sa for me la plus aiguë. Des bourgeois indigènes servent de courtiers! Un vœu, déposé par le traditionnel D r Ben- tami et des ma( 1 u lSaons : Lakhdar Zarrouk Mahieddine,^ Chekiken, Si Salah Hamida, j 0 ,,. ^ a ’d,A meur Tahar demande au ministère de l Intérieur, afin de « protéger » les Algé riens, de vouloir bien étudier la création d’offi ces ou de foyers comme ceux créés pendant la guerie (et ils étaient fameux, ceux-là!) et de placer ces organismes sous l’autorité du Mi nistre du Travail! Quel cynisme! Au lieu d organiser leurs frères pour la lutte, protester, comme le ^ irent énergiquement les notables de Tizi-Ouzou, ils instaurent des comptoirs d’es claves, sous le contrôle du Mimstre du Tra vail ! : ce gérant officiel de l’Etat capitaliste (en matière a esclavage), ce larbin de la grosse industrie ! Hypocritement, cette escouade d’élus indi gènes jettent des cris d indignation, tout en ex hortant leurs frères à la veulerie, et ils osent se présenter en Musulmans ! Jésuites ! Jean Me- lia, aussi, est un parfait musulman ; tout, dans les articles qu’il étale dans ce torchon de Etta kadoum, le démontré. Nous savons que, depuis que les peuples islamiques secouent le joug des impérialistes européens, tous les né griers des capitalismes anglais et français flirtent avec l Islam. Mais, qu’ils se ravisent ! De par le monde, les masses musulmanes se réveillent, aucune propagande idéologique ne pourra les toucher, si elle n’exprime pas leur» revendica tions et ne leur apporte pas un soulagement réel et matériel. Et s’ils affluent au communisme, c’est que celui-ci a pris véritablement la défense de tous les opprimés. Déjà, en France, le Parti Communite orga nise les travailleur^ nord-africains, non seule ment politiquement, mais économiquement. Il les soutient dans leur lutte contre le capital. artout, les it\iigènes adhèrent aux syndicats unitaires et montrent par là leur conscience de classe. Ces indigènes se sont rangés au côté de leurs camarades français dan s les grèves du Gaz, de Citroën, des laveurs de taxis, des mi nes de Saint-Etienne, du Nord, etc..- Les résultats sont si éloquents que le P. C., en accord avec la C. G. T. U., a organisé pour eux le Congrès du 7 décembre dernier. Les délégués ouvriers nord-africains de la rr- gion parisienne ont apporté leurs suggestions sur les directives de lutte contre les lois iniques et contre 1 exploitation dont ils souffrent. UnL aux prolétaires français, ils ont établi eur programme de revendications économiques et politiques et ont jeté les premières bases de l action concrète à mener pour l’obtention des droits qu’on leur refuse. Et ils ont su se passer de leur « élite », cette clique d’arrivistes, de politiciens indigè nes tarés qui ne sont que de plats valets de 1 impérialisme français et des négriers de leurs frères de race. dynamite retentit, un immense bûcher s’al lume, où l’on a entassé des vêtements en toile ou en drap de Manchester. Mais quand l'Inde entière apprend la victoire de la Révolution russe et plus tard, la mort de Lénine, quel spectacle ! des cara vanes d’hommes et de femmes, pieds nus parcourent des milliers de kilomètres pour aller à Moscou, comme en pèlerinage. En Chine et en Indochine. — On sait comment M. Merlin a été reçu par un de ses protégés annamites, à Canton. Mais d'autres Merlin ne sont pas mieux accueil lis. témoins leurs propres doléances et leur rage : « Et quand nous promenons les yeux sur ce peuple qui nous environne , cou lant par les rues comme un torrent dé bordé, nous ne surprenons que des gestes de colère ou de menace, des insultes qu’on nous crie sous le nez avec un mauvais rire, des regards de haine et de mépris. Ah ! que. nous faisons bien d’avoir là-bas, sur la mer, de gros bateaux avec des canons et de petits soldats dont les baïonnettes luisantes ont déjà fait des trouées dans cette tourbe ». (Cité par le Courrier d'Haïphong) Au lendemain de l’attentat de Canton, une grève générale éclate a Shameen, ((en globant les compradors, les boys, les amahs, les employés ecclésiastiques, les coolies y compris les dockers, etc.. Le bruit court que la fourniture tic l'électricité ces sera le soir, un sous-marin est attendu et pourra fournir le courant ». (La Gazette de Canton) Diable ! Mais comment se fait-il que lorsqu’un navire battant pavillon rouge, vient mouiller dans un port de l'Extrême- Orient, immédiatement la scène change ? Des milliers de jaunes accourent au-de vant de l’équipage bolcheviste, les maga- umam zz aznaaana zansss: Un Procès nè§re sins, les édifices publics et les gens pren nent un air de fête, des arcs de triomphe surgissent et des feux d’artifice pétillent. Dans l’Afrique du Nord. — Après la fu- sillade de Bizerte, œuvre du sinistre L. Saint, le gouvernement français dépêcha Jouhaux pour aller capter le mouvement syndical des indigènes , mais Jouhaux a été sifflé. Ce renégat nous en rappelle un autre, Millerand, qui a lait une tournes présidentielle là-bas. On dit que plusieurs gavroches algériens ont enlevé leur cu lotte, au passage de l’ex-président de la République, et qu’ils lui ont montré la lu ne. Vaillant-Couturier est allé là-bas, lui aussi ; mais il a été fêté par les indigènes, au cri de « Vive la Russie ». Dans les autres colonies. — Au Came roun et au Togo, la conolisation française a subi une humiliation inoubiable : La S. D. N. elle-même s’est émue du mécon tentement des indigènes, et elle a ordonné une enquçête. La commission d’enquête, il es vrai, pour atténuer les crimes du « mandat français » au Togo et au Ca meroun, a rejeté une partie de l’efferves cence sur le compte de la propagande bol- cheviste. Mais ce manège, au moins, prouve que le bolchevisme pénètre jus qu'au fond fin de l’Afrique équatoriale. A Madagascar, 200 indigènes ont été emprisonnés dans l’affaire G. V. V. G., et ce fut au communiste Berthon qu’ils se sont adressés pour les défendre. Les Dahoméens se sont révoltés, et pour protester contre la répression qui s’en sui vit. ils ont télégraphié à Berthon égale ment. Aux Antilles, le sieur Jocelvn Robert, à son départ fut accompagné par des coups de fusil. Par contre le Parti Communiste reçoit des félicitations et des adhérions. Un camarade antillais, délégué par l’Union Intercoloniale, est allé en Russie oïi il fut reçu sur le trône des Tsars. Ainsi, partout, dans toutes les colonies, les indigènes crachent leur haine sur la clique, et au contraire, à l’égard des So viets. ils ne se sentent pas de joie. Dans les journées du 24 et 25 novembre, M. Diagne, le commis recruteur, l’agent de liaison entre le vendeur d’esclaves (les chefs indigènes de l’A. O. F.) et l’acheteur (la France impérialiste): marché de chair à canon pour la guerre de la civilisation, M. Diagne. pour mieux établir son patrio tisme et, pour plaire à Clemenceau Her riot et Cie, accuse M. René Maran de l’avoir diffamé dans un entrefilet publié par les « Continents ». Dans notre déposition, nous avons cru de notre devoir de dresser les recrutés de la tuerie (et nous en sommes), en face du recruteur. Nous étions, malheureuse ment. les seuls à apporter un témoignage écrasant pour M. Diagne. Nous avons as sisté à un duel oratoire, où les deux par ties ont présenté des témoins de « mar ques » : avocats fameux, soldatesque su périeure, homme d’état éminent du gou vernement impérialiste. Au lieu de s’attarder à prouver à com bien de centimes près le grand négrier touche par tête de Sénégalais qu’il recruta, il aurait fallu f ire passer devant lui toute une procession d'aveugle, de mutilés. Ceux dont la face est horriblement défigu rée. ceux qui souffrent d’atroces douleurs internes ; et les orphelins, et les veuves, et ceux qu’il fit déporter comme le mar tyr dahoméen Hunkarin. , Toutes ces victimes lui auraient craché à la face toute Pinfamie de la mission qu’il avait accomplie. Le verdict fut ce qu’il devait être. Le complice des assassins capitalistes fut absous car à travers l’immonde mar chand de chair noire, c’est l’impérialisme français qu’il aurait fallu traîner aux as sises. Servez la France L Un de nos camarades sénégalais, blessé de guerre, est allé manifester à la salle Japy, à côté de « ses frères d’armes fran- çais » pour réclamer l’augmentation de pension tant promise mais jamais réalisée. A la sortie, les sbires du radical Herriot le provoquèrent : « Sale nègre ! Va te faire blanchir ! », sautèrent sur lui en le frap pant traîtreusement aux tempes. Notre camarade a dû s’aliter ; un certi ficat médical atteste l’aggravation que les coups des brutes policières ont provo- quée dans les lésions pulmonaires dont souffre notre camarade « gazé ». Remarquons qu’il est médaillé ! Voilà comment la France récompense ses a enfants » ! O dégoût ! Que tous nos frè res sénégalais réfléchissent, ainsi que tous tes indigènes forcés d’endosser l’uniforme français. TU NE VOLERAS POINT A MOINS QUE CE NE SOIT UN USAGE PIEUX Dans la Ruhr, si les soldats POUR EL DJAZAIRI. . . indigènes en ont marre de mener une vie de chien A MADAGASCAR Les bandits sont arrivés ! Dans le district de Soavinandriana, pro. vince de Miarinarivo, à 130 kilomètres ouest de Tananarive. quelques Européens sont arrivés. Ce sont de nouveaux conces sionnaires. Bateni, le chef de ce district, requin notoire, a donné des ordres pour arracher ies arbres et les caféiers plantés par les indigènes depuis des années. Déjà, de nombreux Malgaches ont vu leurs ter- ! res expropriées et, chacun doit quitter son foyer et son village. Les envahisseurs sont arrivés ! Ce n’est pas du vol à main ar mée, c’est ce qu’on appelle « la mise en valeur des colonies ». Et ceci se passe sous le gouvernement du grand démocrate Herriot avec, comme ministre des Colonies, Daladier, celui-là même qui osa dire à un journaliste du « Quotidien » : « La politique coloniale du parti républicain sera généreuse. » Elle est jolie, cette générosité ! A la Guadeloupe (Suite) Ces manifestations, qu’on veuille bien 1 le remarquer, ne jaillissent pas du cerveau I de quelques « agitateurs » mais du sein de la masse, et elles sont loin d’être su perficielles, puisqu’elles provoquent des répressions sanglantes contre les indigènes et des conflits entre les nations colonisa trices et la Russie. II. — Conséquences inéluctables La voix des peuples est la voix de l'his- toire. Nul ne peut, impunément, faire la sourde oreille, quand les peuples parlent. Dans toutes les colonies, les peuples ont prononcé la faillite de la colonisation. Fail- lite irrémédiable! que ni la naturalisation au compte-gouttes, ni la parodie du suffra ge universel, ni l'assimilation elle-même, n'éluderont. Le colonialisme français, en déconfiture comme le colonialisme anglais d'ailleurs n’a plus qu’une chose. à faire : liquider. Il doit restituer aux indigènes, leur indépendance, et tout de suite ,s’il ne veut pas que les indigènes se redressent un de ces quatre matins, en justiciers ter ribles, implacables et les armes à la main. Les peuples coloniaux ont manifesté, par contre, une sympathie unanime, envers les soviets ; donc, rien ne les empêchera d’embrasser le Bolchevisme ; et « il sera aussi impossible, comme l’a déclaré Tchit- chérine, d’interdire au feuillage de se tour- ner vers le soleil que d’empêcher les popu lations de l'Orient, qui comptent des mil lions d’habitants, sans cesse torturés par l’impérialisme mondial et exploités et hu miliés par le capital, de se tourner vers l’alliance et l’amitié du pays des soviets, du seul pays qui, actuellement, soit capa ble de donner son aide à ces opprimés, sans la moindre velléité de trahison, aide fraternelle, désintéressée, d’égal à égal ». Rien, non plus, n’empêchera la Russie soviétique de travailler pour nous, là où la France impérialiste s’est montrée nulle ou inhumaine. NGUYEN-O-PHAP. Les responsabilités Au cours des interviews qu’ils au Quotidien, MM. Labrousse et supporter la responsabilité de ce ont accordés Graeve fon‘ qui se passe • à la Guadeloupe à M. Candace et au gouver neur Jocelyn Robert. Il ne viendra à l’idée de La Débâcle de l’Impérialisme Espagnol Contre I’lmpuralisme ! Pour l’independance ces Colonies! personne que l’un et l’autre ne nous soient à un même degré méprisables. Mais sont-ce les seuls responsables ? Quels que soient les pou voirs d’un gouverneur colonial, celui-ci relève, cependant, directement du chef du Département des colonies, ou du Conseil des ministres, sui vant la hiérarchie qu’il occupe dans la car rière. Or, qui ne voit que la responsabilité de MM. Sarraut et Fabry, ministres des Colonies, à la veille et au jour même des élections, est nettement engagée : par le maintien de M. Jo- celyn Robert à la Guadeloupe pendant cette période, et par l’ensemble des instructions qu’ils lui ont données ou qu’ils ne lui ont pas fait connaître. Qui ne voit, de même, qu’il y a lieu de la faire supporter également au Pré sident du Conseil d’alors, M. Poincaré, mis au courant de ce qui allait se produire et qui n’a pris aucune mesure pour l’éviter. Voilà pour les responsabilités concomitantes aux élections En ce qui concerne celles encourues depuis la proclamation de mai dernier, le Bloc des ■ Gauches ne parait pas plus indemne de repro ches. Tels que nous connaissons le caractère paisible, la puissance de résignation infinie de nos compatriotes de la Guadeloupe, il ne se serait rien produit, si un semblant de sanc tion conforme à la légalité et à la morale bour- geoises était intervenu depuis le onze Mai.. C’était à M. Daladier, ministre du Bloc des Gauches, qui ne pouvait pas ignorer ce qui s’était passé, qu’il appartenait de faire rendre des comptes. Il eût continué à dormir sur ses deux oreilles, sans l’éclatement de la bombe qui l’a réveillé’ Et par quoi ce réveil s’est-il jusqu’ici traduit ? Par l’envoi immédiat d’un croiseur dans la co lonie ; par la- velléité, le lendemain démentie, de l’envoi de M. Lavit à la Guadeloupe pour procéder à une enquête. M. Daladier y aurait- il renoncé parce qu’il partage, à l’égard de ces procédés d’enquête, le manque de confiance absolu auquel nous ont habitués tous les pré- cédents rapports, dressés antérieurement dans des circonstances analogues ? Ou bien le renon cement à ce moyen a-t-il été inspiré parce que l’envoi d’un nouveau bateau de guerre a sus cité une très légitime protestation de la part de l'Humanité, M. Lavit devant prendre place pour l’accomplissement de sa mission sur un croiseur spécialement affrété. Ce fut le seul journal qui, dès le début des événements oue nous examinons, ait pris une attitude de net teté incomparable et qui fait toujours conser-- vée? Situation critique dans le Riff D’un communiqué de l’ambassade d’Es- pagne à Londres : L'tsspagne est aujourd'hui en danger de perdre sa, dernière prise sur le Maroc. La Grande-Bretagne est touchée également, en raison de la proximité de Gibraltar et aes intérêts britanniques à Tanger. La France s'alarme aussi, en raison de ses in térêts à Tanger et à cause du voisinage de l'Algérie. Elle a envoyé une note au gou vernement de Madrid, avertissant celui-ci que T évacuation de la zone espagnole est contraire aux traités. Nous croyons savoir que la situation a été discutée à Paris par le président du Conseil français et M. Austin Chamberlain et qu'un accord provisoire a été conclu en ce qui concerne « l'avenir -immédiat ». 20.000 morts La retraite s'effectue dans les conditions les plus tragiques. On signale plus de 20.000 morts, blessés ou disparus, et 7.000 prison niers, pour l'armée espagnole. La retraite Sur une étendue de 200 kilomètres, entre Melilla et Tanger, les Espagnols ont perdu toutes leurs positions ; 120.000 hommes sont en déroute vers Tétouan et Melilla. La rébellion des Andjera a rendu plus difficile encore la situation de Primo de Bivera. La côte est sous le bombardement des Arabes, qui se sont avancés jusqu'à trois ou quatre lieues de Tanger. La prochaine Évacuation ne Tétouan pour défendre les coffres-forts du Comité des Forges, leurs chefs, soudards galon nés, ne demandent qu’à rester pour con tinuer leur vie de débauche dans un pays où la misère de la classe ouvrière alle mande s’étale dans toute son horreur. Les récents scandales des pays rhénans ont divulgué les procédés malhonnêtes de la soldatesque supérieure. A Spire, TE. M. du 2 e bataillon du 12 e génie a à sa disposition un très beau break. Cette voiture, attelée à 2 ou à 4 chcva du baaillon, sert aux dames bien pensantes pour leurs visites, leurs consul tations ou confessions chez M. l’aumônier. Naturellement, c’est un soldat qui con- | duit et auquel, souvent, est adjoint un , deuxième militaire qui ouvre la portière et aide les dames à descendre. Ce véhicule fut acheté, voici trois mois, en Touraine, à une vente dans un châ teau. Il a été payé 2.500 francs. Cette somme aurait été prélevée sur les bénéfices réalisés sur la vente du café maure aux indigènes du bataillon par la cantine militaire de cette unité. Et avec de telles malhonnêtetés, il nous faut crier : « Vive l’armée capitaliste ! » La situation riffaine ne laisse pas d’être de plus en plus inquiétante dans le FUIT pour T impériali sme espagnol. Le général i nmo de Rivera fulmine et adresse une proclamation violente. Mais les ordres du jour enflammés du Dictateur n’ont point l'heur d’atténuer la défaite espagnole. Il est à peu près certain désormais que l’éva- cuation de Tétouan n’est pius qu’une af- Iaire de jours. C’est pour préparer cette opération que Primo a fait appeler auprès de lui un membre du directoire Jordana. impuissant devant les Kabyles triom phants, Primo de Rivera n’a plus qu’un espoir : négocier avec les Riffains En attendant, il songe à retirer ses trou pes de l’intérieur riffain pour défendre Larache sur (le littoral de l’Atlantique, Ceuta, non loin du détroit, et Melilla sur la Méditerranée. L’impérialisme est aux aguets. Deux jours après les déclarations de Chamber- lain aux Communes, le correspondant du Sunday Express, à Gilbraitar, annonce que plusieurs torpilleurs anglais sont sous pression en vue des éventualités qui 'peu vent se produire au Maroc. Quant à l’impérialisme français, il est dé sormais certain qu’il songe à la guerre du Riff. « La France se tiendra sur la dé fensive, disaient hier les journaux offi cieux ». Nous avons dénoncé la manœuvre classique : nous savons combien il est aisé de provoquer l’agression, c’est -là un pro- cédé courant dont nos colonisateurs ont fait à maintes reprises Aujourd’hui, on parle a défensive offensive ». Figaro, qui écrit : « On peut envisager : cessaire une campagne । contre Abd El Krim. Le l’expérience. ouvertement d’une La formule est du Voici le texte des télégrammes adoptés à l'unammité par le Congrès des ouvriers nord-africains qui s'est tenu à Paris di manche : Au peuple marocain et à Abd-el-Krim Les délégués des ouvriers nord-africains des usines de la région parisienne, réunis dans leur premier congrès, à cette date nistorique du 7 décembre 1924, félicitent leurs frères marocains et le vaillant chef Abd et Jrim, pour leur succès sur l’impé- rialisme espagnol, et se déclarent solidai res de toute leur action pour La libéra- tion de leur sol et crient avec eux : Vive l’indépendance des peuples nisés ! colo- A bas l’impérialisme mondial ! A bas l’impérialisme français ! Aux peuples égyptien et tunisien Les délégués des ouvriers nord-africains des usines de la région parisienne sont de cœur avec leurs frères musulmans de l’Egypte, violentés et menacés de famine par le colonialisme barbare du gouverne ment britannique. Ils se solidarisent avec eux dans leur lutte pour l’indépendance to tale de l’Egypte. Ils adressent également au peuple tuni sien toute leur sympathie pour son atti tude courageuse en face du gouvernement du Bloc des gauches, et flétrissent le crime perpétré par la clique colonialiste contre les ouvriers de Bizerte, en lutte pour l’amé- lioration de leurs conditions de vie. Ils sa luent la création de la C.G.T. tunisienne comme une arme dirigée contre le capita lisme français. A bas l’impérialisme du Bloc des gau ches ! Il nous faut 2.000 Abonnés Notre action a porté. Les masses colo niales, déprimées par le colonialisme, se réveillent de leur léthargie. Beaucoup se guérissent de leurs illusions. Les meetings que nous organisons sont de plus en plus fréquents, et les résultats sont pour nous si satisfaisants que nous le constatons encore par l'épouvante qu'éprouve le nouveau gouvernement im périaliste. Ses bourriques surveillent notre siège, notre correspondance continue à être ou verte par l'abjecte administration du libéral Herriot. Ce n'est pas l'oppression qui nous arrêtera dans notre tâche. Nos malheureux frères coloniaux souffrent trop pour que nous nous détournions du but que nous visons. Des embarras pécuniaires ont retardé la parution de notre journal. Aussi, nous de mandons à nos amis et sympathisants d'y remédier en nous soutenant par leur aide matérielle (souscription et abonnements) et morale. Nous les prions d'envoyer la docu mentation par un tiers habitant Paris, et qui nous la remettra personnellement. No tre siège est ouvert tous les dimanches, de 10 heures à midi. > •tes Des Munitions pour le « »aria » Le réveil de M. Daladier s’est enfin mani feste. en dernière limite, par l’invitation adres sée à M. Jocelyn Robert de rentrer en France. Il n'apparaît pas que cette mesure doive être interprétée comme une sanction. puisqu'elle s’explique par le désir du ministre d’avoir un entretien, avec tous les gouverneurs des an ciennes colonies, en vue de la mise sur pied d’un programme d’ensemble. Il serait désas- freux, n’est-ce pas, que de semblables rapports ■ constituassent une cause d’affaiblissement de l’autorité des gouverneurs? Onoinu'il en soit, s’agissant de préfets métropolitains, M. Chau- temps met plus d’empressement et plus d’éclat à les frapper. Tant il est vrai qu'erreur dans la métropole devient vérité dans les colonies. L’avenir nous révélera que M. Jocelyn Robert ira continuer, sous un autre ciel que celui de la Guadeloupe, son œuvre de brigandage, avec un avancement mérité et c’est M. Daladier qui l’aura voulu. Quant au programme d'ensem- ble qu’il s’agit de mettre sur pied, nous som mes bien tranquilles sur sa réalisation et plus- encore sur son efficacité. Les conséquences Si la mise en liberté de Boisneuf, qui s’im pose cependant, se fait attendre, il faut recon naître que les conséquences de ce qui se passe à la Guadeloupe, pour n'être pas nouvelles,, sont immédiatement apparues. M. Pierre Mille, une vieille connaissance, écrit dans l'Œuvre : « Ces derniers événements ne sont pas un encouragement à étendre les droits politiques à des gens qui s’en montrent si peu dignes ». M. Francis Mury, de son côté, rerrend le chant de sa même antienne, en rajeunissant sa formule : suppression de la politique aux Antilles ou cession de celles-ci aux Etats-Unis, en compensation de la dette française. Ainsi donc, une fois encore, nos compatriotes de la. Guadeloupe ont tort, avrès avoir été battus, de proclamer qu’ils ne sont pas contents. Cette conséquence n’est, heureusement, pas la seule que soient susceptibles de produire les faits dont la Guadeloune a été te thétre D'au- très en découleront. D'abord, ils détruiront les- naïves espérances des populations noires et jau nes ; de tous ceux qui. Arabo-berberes. Asiati- nues, Africains, Malgaches, n’étant pas citoyens - a niraient à le devenir. Souhaitons oue la leçon, soulignant la faillite de l'égalité juridique dans l’atroce régime de colonialisme capitaliste quer nous subissons, leur profite. Enfin, même au regard de nos frères antillais, - l’expérience renouvelée ne tardera nas à por ter ses fruits. Le bienfait des missions d'ins-- portion sera inévitablement ruiné dans leur esprit. Le rattachement des vieilles colonies à un autre dénartement ministériel, la substitu tion aux gouverneurs coloniaux de véritables préfets ayant les mêmes attributions -que ceux, de la métropole, l’efficacité de toutes ces mé thodes leur* paraîtra anodine, car elles cons tituent la paille des mots, non pas le grain des choses. La transformation doit être plus pro fonde. C’est un état d'esprit dérivé de l’escla vagisme qu’il faudrait anéantir ; et cette des truction n’est pas possible sous la domination capitaliste, continuatrice de l’esclavage. C’est la disparition de cette domination capi— taliste qu’il faut poursuivre. Leur raison déter minera chaque jour davantage nos frères mal— ; heureux à poursuivre ce but ; mais, dès à pré sent, ils commencent à le comprendre d'ins tinct. Ils y parviendront en se groupant, en s’organisant pour travailler de toutes leurs for ces, avec l’aide de ceux qui souffrent partout de par le monde, avec l’annui de la solidarité prolétarienne. Car il est vrai de leur dire, ainsi oue le déclarait le « Manifeste aux Travailleurs du Monde » lancé le 29 juillet dernier à l’oc- casion du dixième anniversaire de la guerre’ de 1914 : « Travailleurs des colonies ! Esclaves « de l’Impérialisme ! Frères ! Réveillez-vous pour « la lutte et l’indépendance. L’Internationale « Communiste est avec vous ! » Max-Olainville BLONCOURT. -s -c=o an t. M, Boisneur est libre si elle devient né- défensive offensive ; terrain qu’il vient | de reprendre aux Espagnols se compose de deux régions, ennemies naturelles, le Rif à l’Est, le Djebel à l’Ouest. Il n’est Pnl-être pas impossible de les dissocier. Il est peut-être possible d’intercaler entre elles quelque coin de trilus amies. On comprendra que ce n’est 'pas l’affaire des journaux de discuter ces détails impor tants de la politique concrète, » Ainsi, la bourgeoisie française confie à Lyaulcy le massacre des peuples oppri més. Listes précédentes Un groupe de Malgaches ........ Pour l'indépendance de la Tunisie Mohamed ben Larbi Deux Annamites Des jeunes bolcheviks algériens.. L. S. Vive la C.G.T. Tunisienne Un groupe de travailleurs maro cains de Gennevilliers Vive le Maroc libre Figaro Stanislas Plaucoste Georges Un Antillais M. S. Ben Abdelkader 4.791 90 120 50 5 20 » » » » 12 50 10 20 75 15 5 5 50 30 8 Total. » » » » » » » » H 5.212 40 Nous apprenons que le député Bois-- neuf a été enfin mis en liberté. L’union intercoloniale avait organisé - plusieurs meetings pour protester contre les agissements du colonialisme. Aujourd’hui que l’innoncence de Bois-- neuf est reconnue, nous demandons au- gouvernement du Bloc des Gauches ce qu’il compte faire envers tous ceux qui par la violence et l’arbitraire, brutalisè rent de paisibles électeurs et leur déniè rent leurs droits d'hommes soi-disant li bres. afdtn Travall exocut par tes ouvriers syndiquis Imprimerie Française (Maison J. Dangon), 123, rue Montmartre, Paris (2, Georges DANGON, imprimeur. Le Gérant : Léopold MESNARD.