Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7009359v (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — octobre 1924 1924 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] TROISIEME ANNEE. — N° 30. Le Numéro: VINGT-CINQ centimes OCTOBRE 1924. ADMINISTRATION Rue du Marché-des-Patriarches PARIS (5 e ) le Paria Paraissant mensuellement Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement, Un an : 3 francs Chèque postal : 92-22-Paris LE BLOC DES GAUCHES A D ŒUVRE L’INDIGÉNATEN FRANCE ----- >0*0-< La clique coloniale est arrivée à ses fins. • Le crime qu’elle préparait depuis longtemps a été accompli à la grande satisfaction des requins coloniaux. Sous le règne du démocrate Herriot et du proconsul Steeg, de la Ligue des Droits de l'Homme, d'ignobles mesures de répression ont été appliquées envers les ouvriers algé riens qui fuyant la trique des esclavagistes, viennent en France trouver des conditions de travail plus humaines que celles dont ils souf frent dans leur pays. La nouvelle loi d’exception, déjà en vi gueur, dit : A dater du 1 er octobre, les indigènes algé riens, désireux se se rendre dans la métropole, ne pourront s’embarquer qu’après s’être confor més aux règles suivantes, édictées par le mi nistre de l’Intérieur, en vue de leur éviter d’être exposés, comme cela se produit actuellement, à quitter leur foyer algérien sans avoir acquis la certitude préalable de trouver en France au moins l’équivalent de ce qu'ils abandonnent : c’est-à-dire un travail rémunérateur et corres pondant à leurs aptitudes (sic) : 1° Les indigènes se rendant en France pour travailler devront produire, avant leur embar quement : a} Un certificat d’engagement visé par le mi nistre du Travail (Office de placement du dé partement où se trouve le lieu de travail), cer tificat assurant du travail à l’intéressé dès son arrivée à destination ; b) Une carte d’identité avec photographie dé livrée par le maire ou l’administrateur de la commune où l’indigène est domicilié et mention nant les nom, prénoms, âge de l’intéressé et sa profession habituelle ; c) Un certificat médical délivré aux frais de l’intéressé par un médecin spécialement dési gné à cet effet par l’administration et attestant ‘ime l’indigène est physiquement apte à tra- \ ainer en France et qu’il n’est atteint d’auczne maladie conta gicuse ou tuberculeuse. 2° Les indigènes se rendant en France pour tout autre motif pourront, comme les Euro péens, être astreints, au moment de leur embar quement et de leur débarquement, à justifier de leur identité. Ils auront la faculté de le faire par la production, soit de la carte d’identité exigée des travailleurs, soit de tout autre pièce officielle permettant de vérifier leur identité, leur domicile et leur profession. Cette justification sera, obligatoire pour les passagers de 3 e ou 4e classe qui ne pourront s’embarquer que sur présentation de la carte d’identité du modèle adopté pour les travail leurs, cette carte ayant, dans ce cas, une vali dité n’excédant pas un an. Et voilà encore l’immonde indigénat qui poursuit implacablement les malheureux cher- n a cissement à leurs misères et à . été savamment préparé. La ée a déversé ses ordures sur ériens, jadis appelés héros de guerr gouvernement général et ses iis te et Cie vinrent sur place colla- vec 1; ministère libéral pour l’exécu- crime. Leurs vils laquais indigènes, Bach gha Aalaoua ben Ali Chérif, les ' " ======================================================== BIZERTE, RÉÉDITION DU HAVRE M. Saint fait assassiner des ouvriers On se rappelle que l’enquête menée par les organisations ouvrières lors du massacre du Havre montra clairement que les événements avaient été voulus, .prémédités et provoqués par le préfet Lallemand, agissant pour le compte de Schneider et des Tréfileries du Havre. Bizerte est l’exact pendant du Havre. Les événements- qui ont amené le meurtre d’un vieillard et les blessures de six grévistes ont été voulus, prémédités et provoqués par le sieur Campana, directeur général de la sûreté tunisienne. Les grèves de Bizerte se déroulaient depuis déjà de longs jours, dans un calme absolu. Aucun trouble, aucun incident. Certaines cor- porations, comme celle des boulangers, étaient rentrés après satisfaction. D’autres continuaient la lutte. Or, malgré ce calme, M. Campana, directeur général de la sûreté tunisienne, croit devoir quitter son poste, Tunis, pour m’établir person nellement à Bizerte : là, son premier acte est de faire arrêter Kemiri, secrétaire de l’Union locale des Syndicats, malgré qu'aucun délit, n’ait été commis, ni par Kemiri, ni par qui conque. La provocation est évidente. Et c’est pourquoi, lorsque le soir les ouvriers bizertins s’assemblèrent devant le poste de po lice pour réclamer qu’on relâchât Kemiri, et alors que des orateurs français et indigènes venaient de demander à la foule de ne point se disperser tant que n’aurait pas été relâché celui qui contre tout droit avait été arrêté, mais de conserver le plus grand calme, que, malgré les observations du commissaire de po lice présent, attirant l’attention de son chef sur la gravité de l’acte qu’il allait commettre, Campana, craignant que les orateurs ne soient écoutés, que le calme ne subsiste et que par suite l’occasion cherchée ne lui échappe, donne ]’ordr e aux policiers de tirer et aux tirailleurs sénégalais de charger : un tué, six blessés et le prétexte trouvé pour arrêter les jours sui vants les militants, selon la règle qui veut que les assassins se défendent en chargeant leurs victimes. LIBEREZ BEN MILAD 1 Voici un mois que Ben Milad, secrétaire du syndicat confédéré des brodeurs sur cuir de Tunis, est en prison préventive. Rappelons son « crime ». caïds Mohammed Smati et Lakhdar, saïd ou Achour, toute une escouade de vendus suant la bêtise et la trahison, pilotés par l’infect Bentami, celui dont on charge, comme en 1920, des plus infâmes besognes : tous ces bourgeois musulmans vinrent, comme des en tremetteurs, de café en café, jeter l’absolu- tion sur les procédés criminels du gouverne’ ment et essayer d’apaiser la colère justifiée des masses ouvrières indigènes. Ils furent trop lâches pour affronter la colère publique dans un meeting, ils préfèrent le maquigno- nage auquel ils sont habitués. Uni certain Izarar, qui aida de ses deniers le premier meeting de l’Emir Khaled, poussa la lâcheté jusqu’à déposer dans les cafés et restaurants algériens une ordure ainsi con çue : Musulmans de Paris, ...Il y a un danger pour nous et contre lequel nous devons vous mettre en garde et que vous ignorez certainement, c’est l’immixion dans vo tre vie propre de certaines gens qui n’ont d’au- très soucis que de satisfaire leurs propres inté rêts, ces gens que nous ne nommerons pas (il voulait dire : l’Emir Khaled !) vous les connais sez aussi bien que nous, puisqu’ils se sont adressés à vous et vous les avez soutenus de vos deniers et de vos personnes. Quel a été le résultat de leur propagande antigouvernemen tale française ? Vous ne devez donc plus vous fier à des pa roles que le miel des promesses vous fait accep ter sans grimace, en éloignant de vous, toutes personnes de cette espèce qui ne font que nous nuire ; vous devez vous grouper autour de vous-mêmes, en choisissant parmi vous qui vous croyez digne de vous représenter si jamais vous en arriviez là. La méfiance peut être un défaut : mais, en ce cas, c’est un devoir qui s’impose. N’ayez con fiance qu’en vous-mêmes et travaillez dans la tranquillité comme par le passé, le gouverne ment français ne vous fera pas défaut et Allah vous aidera. Signé : IZARAR. Ainsi se termine le répugnant tract distri bué à profusion parmi les indigènes, après le coup de massue qu’on leur asséna. Allah, serait donc avec ceux qui accepteront sans révolte les brutalités du capital français, et, comme le disait cet hypocrite M. de Pouvor- ville, dans la Dépêche Coloniale, en parlant de la mosquée-réclame de Paris « les Maho- métans pourront prier Allah dans un sanc tuaire digne de la France : puissance musul mane ». Heureusement que nos frères musulmans, écrasés sous le faix de l’exploitation et de la torture, ne se laissent plus prendre aux boni ments de la bourgeoisie franco-indigène. La meilleure preuve, est qu’ils affluent, à la grande épouvante de leurs mauvais bergers et des capitalistes, vers les organisations de classe, qui seules prennent effectivement la défense des opprimés sans distinction de race, de couleur, ni de croyance. EL DJAZAIRI. Le 11 septembre dernier, le secrétaire de l’Union des Syndicats de Bizerte, Kemiri, ayant été arrêté contre tout droit et contre toute jus tice par le sieur Campana, directeur de la Sûreté tunisienne, pour avoir repoussé les offres de corruption qui lui étaient faites (300 fr. par mois s’il consentait à conseiller aux dockers grévistes de reprendre le travail), Ben Milad demanda à la foule qui s’était assemblée de vant le poste de police pour réclamer la mise en liberté de Kemiri de s’abstenir de toute violence, et même de « ne point répondre si on la frappait », mais de rester là jusqu'à ce que jistice soit faite, jusqu’à ce que Kemiri soit libéré. La place de Campana, coupable de forfai ture, coupable d’avoir mis, contre toute léga lité, l’autorité publique et les fonds de l’Etat au service des intérêts privés des patrons acco- niers de Bizerte, est au bagne. Ben Milad n’est que le bouc émissaire trouvé après deux jours de réflexion pour être chargé d’un délit imaginaire destiné à masquer le délit réel commis par Campana, Ben Milad n'aurait pas dû rester un seul jour en prison, si la magistrature tunisienne n’était pas la plus ser vile qui fut. Mais ce qui est plus ignoble encore que la magistrature tunisienne, c’est la C. G. T. La- fayette qui n’aurait qu’un mot à dire à son protégé Herriot pour faire cesser le scandale, et... qui ne le dit pas, laissant ainsi volontai rement en prison l’innocent Ben Milad frappé à propos de ses fonctions syndicales dans une organisation appartenant à la C. G. T. Lafayette. R. LOUZON. •-mst-e LES VICTIMES DE M. CAMPANA Dans la matinée du 29 décembre est décédé à Bizerte le jeune Youssef ben Ali, qui reçut 3 balles des pandores du-Pouvoir. C’est la deuxième victime des actes de sau vagerie inouïe de M. Campana, agent servile des compagnies d’acconage, et assassin de la classe ouvrière. Nous nous inclinons bien bas devant la dépouille mortelle de ce martyr de la cause ouvrière. Il faut qe son nom : Youssef ben Ali, soit gardé vivant dans la cons cience ouvrière : il faut que ce symbole de la foi et du sacrifice entretienne au cœur de la classe ouvrière de Ce pays la flamme sacrée qui l’aidera puissamment à venger ses morts. Un jour viendra... Le 60 e Anniversaire 1 de la l re Internationale SPLENDIDE DÉMONSTRATION Ce fut le 28 septembre 1864, à Londres, que quelques délégués ouvriers français et anglais jetèrent les bases de la l ïe interna tionale. Après soixante années d'événements, après bien des trahisons 'des social-réfor- mistes, Vidée d’union entre les prolétaires de toutes races et couleurs avait grandi. Elle s'est concrétisée dans cette œuvre des héroïques révolutionnaires russes, di gnes artisans de la Piévolution et continua teurs des directives tracées par la modeste assemblée "de Saint-Martin’s Hall ; elle s'est réalisée dans cette immense organisation ouvrière qui est l'Internationale Commu niste. C'est ce 60 e anniversaire, que des dizaines de milliers d’ouvriers ont commémoré en acclamant les Soviets et en flétrissant la po litique criminelle de l'impérialisme et colo nialisme mondial. Toute cette foule géante a affirmé sa volonté de paix par le renver sement de la bourgeoisie. Toutes les nations étaient représentées. Les Italiens, en chemise rouge, un groupe nombreux de Chinois et d'Indochinois, por tant deux pancartes sur lesquelles ont lit : Vive Sun-Y at-Sen, en français et en carac tères chinois ; un camarade arabe en bur nous abrite sa haute taille sous la bannière rouge du P.C. On chante /'Internationale. Un soleil radieux ; un tas de mouches en bourgeois assistent au défilé. Trois tribunes sont là, sur la grande place. Sur chacune, des militant indigènes ont été délégués pour venir proclamér de vant la foule immense des travailleurs mé tropolitains les revendications des peuples colonisés et dénoncer le banditisme de l'in fâme clique. A la tribune ï, Sarni-j acques, des An tilles, dépeint le sort des noirs et la dupe rie du suffrage universel dans les colonies. A la tribune 2, un camarade en burnous parle en arabe. Il apporte le salut du prolé tariat algérien auc ouvriers français et se solidarise avec l'I.C. pour abattre le capi talisme fauteur de N’erres. Lruyen parié ■ ‘ om des travailleurs indochinois horriblement exploités et tor turés par la clique coloniale. ‘ A la tribune 3, Hassen Issad s'exprime d’abord en français. Dans un langage fa milier, pittoresque et plein de sarcasmes à l'endroit des bandits coloniaux, il brosse un tableau sinistre et grotesque de la « ci vilisation » française en Algérie. Il est vive ment applaudi. Pour finir, il s'adresse en kabyle à ses compatriotes pour les exhor ter à se libérer. A 6 h. 30, les derniers discours sont pro noncés. Le flot des manifestants s'écoule tranquillement par petits groupes, tout au long de l’admirable avenue dont la pers pective va du monument de l'Etoile en tra versant Neuilly dont les bourgeois ont dû grincer des dents. ALI-BABA. * --cCx-- SECOURS R OUGE INTE RNATIONAL La répression capitaliste redouble de rage dans tous les pays. Les ouvriers indigènes des colonies, écra sés sous des lois d’exception, souffrent davantage des exactions capitalistes et co lonialistes. Le Secours Rouge est l’organisation in ternationale de défense et d’entr’aide pro- létarienne. Travailleurs de tous les pays, répondez à la répression des esclavagistes de l’im périalisme en soutenant de toutes vos for ces le Secours Rouge International ! Pour l’amnistie en France et dans les colonies ! Envoyez les fonds et adhésions, 120, rue La Fayette, Paris (10e air.). Chèque Pos tal : Cordier 695-79. LA MANIFESTATION DE COURBEVOIE Le délégué des peuples opprimés de é Afrique du Yord en tête du cortège LES IMPÉRIALISMES El LA CHINE -•-4-9- « HANDS OFF CHINA » ® Les événements de Chine ont deux faces : le conflit entre généraux chinois et l’interven- tion des puissances étrangères. C’est cette der nière qui nous intéresse le plus, puisqu’elle détermine la guerre intestine et peut avoir les conséquences les plus graves. Depuis 1635, sous des prétextes différents et par des agressions plus ou moins violentes, les nations capitalistes sont intervenues en Chine à vingt-trois reprises pour arriver à un résultat invariable : arracher des concessions territoriales et des indemnités. Depuis 1895, la Chine a contracté 16 em prunts, dont les montants sont globalement : 902.000.000 de francs ; 61.500.000 livres sterlings ; 64.368.000 dollars ; 1 15.000.000 de yens ; 1.763.000 couronnes hollandaises. La douane, les impôts de ses marchés, la recette de ses chemins de fer, la recette de son industrie, les taxes sur les liqueurs et le tabac, le revenu des postes et du Trésor public, la gabelle, etc., ont servi à garantir ces em prunts. La carte de Chine montre que presque tous les ports importants, presque tous les points stratégiques, presque tous les centres de production moderne sont occupés par les étrangers. Et la carte ne dit pas tout. Malgré toutes ses faiblesses, malgré toutes ses divisions intestines, ses 11.139.000 kilo mètres carrés forment quand même un morceau trop gros pour que la gueule de l’impérialisme colonial puisse l’avaler d’un seul coup. Et sou- U, /Q0 EAA on CL: ICttiC MlUudicACiit Ito TO..JUU.UUU V1115 au fer de l’esclavage colonial ne peut se faire en un jour. C’est pourquoi on morcèle la Chine : moyen plus lent, mais plus prudent. Une autre cause ralentit la colonisation in ternationale de la Chine : la rivalité entre les impérialismes entre eux. La France, en possession de l Indochine, as- Dire à la mainmise sur la Chine méridionale. La construction coûteuse du chemin de fer I onkin-Yunnan-Fou en est la preuve. - L Angleterre, qui possède Hong-Kong, se contenterait, pour le moment du moins, d’une colonisation économique ; ;elle détient déjà le contrôle de presque toutes les sources de pro- Contre l’exploitation du Maroc : -e-2— o Co-0. —— Poursuivant leur campagne contre la poli tique marocaine dès deux gouvernements de Paris et de (Madrid, les partis communistes d’Espagne et de France ont tenu dimanche 7 octobre, près de la frontière, à Bayonne, un meeting commun de protestation. La manifestation a été importante. Par les délégués des organisations révolutionnaires, les ouvriers espagnols et les ouvriers fran çais furent mis au courant de la véritable situation actuelle au Maroc et de la nécessité d’une action énergique des travailleurs contre la guerre qui se poursuit là-bas. Délégués espagnols et français ont mar qué que ,depuis vingt ans, les impérialistes de leurs deux pays essayent vainement de dompter un peuple qui refuse de se laisser asservir. Ils ont indiqué que depuis vingt ans les gouvernements successifs de France et d’Espagne ont dépensé plus de dix mil liards de francs pour des opérations mili taires qui sont loin d’être terminées. Ils ont • duction ; à quoi bon s’embarrasser de la garde militaire d’un immense territoire ? Mais pour rien au monde, la Grande-Bretagne, ne lais sera la France devenir en Asie une véritable puissance coloniale. Et, puisque l’Inde réveil lée commence à secouer son joug économique, il faut que le mercantilisme britannique cherche des compensations en Chine. Le Japon sur peuplé prendrait volontiers quelques provinces chinoises ; ce que les Etats-Unis ne veulent point permettre ; ce serait pour eux un dan ger. La Chine leur apparaît comme un marché et comme un allié possible dans un conflit avec le Nippon. Ainsi, nous voyons que les appétits déchaî nés des puissances capitalistes ne peuvent que les pousser à la violence contre un pays im mense et riche qu’ils veulent coloniser. Aussi, les ultimatums des nations impéria listes se succèdent. On mobilise des flottes dans les eaux chinoises. On concentre des na vires de guerre dans le port de Changhaï et dans l’estuaire du Yan-Tsé-Kiang. Y aurait-il une intervention directe ? Cela est peu pro bable. Dans cette nouvelle entreprise contre le peuple chinois, l’Angleterre a le rôle diri geant. Macdonald n osera pas risquer une in tervention à visage découvert. Il se contentera d’aider de son mieux les ennemis de Sun- Yat-Sen. Et la tactique traditionnelle de la politique britannique continue : attendre que les marrons soient tirés du feu. Mais quelle sera, sur le prolétariat mon dial, la conséquence de ces interventions im- pénalistes en Chine ? La colonisation de la Chine fournirait le ca pitalisme de main-d’œuvre à un bon marché cAwe-e 1. ...Y.* T —AoUAY, dwaidoti au 1CS SdidIrCs en Lurope et en Amérique, consoliderait la puissance du capital. L intervention en Chine est une attaque directe contre la classe ouvrière C est pour cela que la Russie des Soviets a déjà entrepris un vaste mouvement pour la mise en action de la Société « Ne touchez pas à la Chine » Le prolétariat international deit faire bloc avec les ouvriers de Russie pour briser l’offensive des impérialistes, et son mot d’ordre doit être : Paix au prolétariat chinois ! Ne touchez pas à la Chine ! (Hands off China !) NGUYEN Al QUAC. montré que l’amour de l’indépendance des Marocains du Rif et de l’Atlas les poussait à la lutte désespérée pour la défense de leur sol ; que jamais on n’obtiendrait d’eux (si on l’obtient) qu’une reddition. forcée contre laquelle ils ne cesseront d’en appeler par des guerres sans fin. Qui donc a intérêt à la prolongation d’un conflit qui a déjà épuisé les ressources de ceux qui s’y engagèrent ? Qui' ? sinon les chefs militaires qui en retirent de grands pro fits et les banquiers internationaux qui exploi tent le pays à fond, dépouillent de leurs terres les malheureux paysans marocains, leur font payer des impôts écrasants et mul tiplient les scandales au point de soulever de dégoût tous ceux qui connaissent la situation du pays ? Une république indépendante marocaine est créée dans le Riff Au nom de la liberté des peuples à disposer 'd’eux-mêmes, le de voir des ouvriers de tous les pays est de se tourner du côté du peuple qui affirme ainsi son indépendance et prouve par une lutte de vingt années qu’il en est digne. Aussi les partis communistes de France et d’Espagne, spécialement et directement intéressés, enten- dent-ils mener une propagande sérieuse et efficace par tous moyens à leur disposition en faveur de la libération marocaine. C’est à cette œuvre-là qu'a contribué le meeting de Bayonne. Et la question ainsi po sée devant l’opinion ouvrière a reçu de celle- ci la seule réponse claire et nette qui s’im pose et qui est celle de tout le Parti com muniste international. Marcel CACHiN. COLONIAUX ! « LE PARIA » EST VOTRE JOURNAL. LISEZ-LE ET FAITES-LE LIRE. Le PARIA se fera un devoir d’insérer et de dévoiler tous les abus de l’impérialis- me envers les masses opprimées. Nous demandons à tous nos frères coloniaux qui souffrent de l’exploitation et du despo tisme capitalistes de nous communiquer leurs revendications (politiques et écono. miques), et de nous informer sur les scan dales et les crimes du colonialisme. Nous clouerons implacablement au pilori tous les auteurs des ignominies du régime pourri actuel dont les masses coloniales sont les victimes. LE PARIA. ### [Trang 2] "= """ " er L L Vive le Maroc libre ! AA bas M’Indigénat ! A la Guadelvase . Pa o mmuniste a organise à Paris, Ii 6 s plembre. un grand meeting pour vacuation du Maroc. d "I". Rue d'* la Grange-aux-Belles, langrande s die do n lion des Syndicats est comble. 1 mais on n’a vu tant de races, de’ na- tionalités et d'hommes de couleur, Voici, coude à coude, des Français, des Algériens, Tunisiens, des Maroc s. Voilà des Espagno Sén _ s et desDah la il m, un Arabe ( Ab nour évoque f is, des Anna- des An ti fiais, éens.Là-haut, burnous blanc 5 del Krim et llberi onvre le lide , de meeting en donnant une main à ce camarade pit- 1 resque . Ce geste, dont le symbolisme n’échappe à personne, provoque des ap- plaudissements unanimes. irabe joué omme ime Ben Lakhal, ex-emprisonné 1 . fait un exposé en langue ■ U T actuel du régime capitaliste ■ mialisme qui s’y rattache intime- i es peuples de l’Islam, dit-il, sont dans l’esclavage, mais, courage ! e s u viennent du rôle qu’ils ont i i istoire, qu’ils se redressent dits coloniaux qui souillent rimoine, qu’ils prennent l’exemple urquie, la Syrie, l’Egypte et le ces peuples furent asservis ; ii.. A ils ne le sont plus. » Nombreux, furent les coloniaux qui répon dirent le 11 septembre à l’appel de « l’Union intercoloniale » pour flétrir l’ignoble code de l’indigénat et son application envers les ouvriers. La salle de l’utilité sociale est archi-pleine. La réunion était placée sous la présidence d’honneur de l’Emir Khaled et de Mahmoud ben Lekhal. HADJ ALI montre que sous le règne de la France civilisatrice, les Algériens n’ont connu depuis un siècle que spoliation, oppression et ruine. Il lit une lettre envoyée par l’Emir Khaled. exhortant ses frères à s’organiser, à adhérer dans les syndicats pour revendi quer leurs droits économiques et politiques. DORIOT, député de Paris, au nom du Parti Communiste, rappelle tout d’abord que toute la sympathie agissante du Parti va aux ex ploités coloniaux. Il l’illustre par le télégram me envoyé à Abd el Krim dont il donne lec ture : fladj ■h que depuis 94 ans la France ci iliser les Algériens. Mais cette col nisation est pour les indigènes si né- la fami oivent s’expatrier pour fuir a violence. 111 expéd dons capitalistes faites au nom vi i ..lion ne sont qu’un prétexte r des plaines fer tiles, laisser id des montagnes arides ou les h ailler comme des esclaves. 1 le St de toutes les colonies. ravi eurs coloniaux ne pourront érer s’ils collaborent à l’action r olutionnai e des travailleurs métropoli- tains, t ceux-ci, à leur tour, ne pourront faire la Révolution que s’ils attirent à eux les peuples e toniaux qui forment une ré- serve considérable pour la bourgeoisie. liop" 1 . - Chaque fois qu’un impéria- lisme est abattu, tous les autres reçoivent des contre-comps. La victoire des Maro- cains r . riino de Rivera encouragera les révolté - de l’Egypte, de l’Inde et de la Chine. Un ? a prodigieux soulève la Chine d ■ Sim-) i-S a ; si M. Herriot envoie des sol la s co itre la Chine, nous savons ce que nous aurons à faire : à bord des bateaux, nous recomn encerons ce que nous avons réussi à faire dans la Ruhr. 1. d’Abdel Krim ne manquera ■r le Maroc français et d’avoir ions dans les colonies fran- Au Maroc, nous avons perdu '50.000 hom mes et nous avons massacré des popula tions entières. Pourquoi ? Pour civiliser ? Allons donc ! Pour engraisser la Banque des Pays-Bas, dont M. Painlevé, ce doux homme, est un des plus gros actionnaires. Quant à Lyautey, il mobilise des indigènes : nne foisqtit les a,ii les énvoie en France pour guerroyer contre les Blancs comme en 1914, pour tirer sur les grévistes, pour concurrencer les travailleurs métropoli tains. Tel est le cynisme des capitalismes : « Avec les Blancs, ils assomment les Noirs, puis avec les Noirs, ils assomment les Blancs ». L’imp érial sme français dispose de 59’ millions d indigènes ; si le prolétariat français ne lui enlève cette ressource, de main, quand il aura pris le pouvoir, il verra venir sur lui des bataillons d’indi- gènes pour F écraser. Il faut. évacuer le Maroc et libérer toutes les colonies. Groupe parlementaire, Comité directeur du Parti communiste. Comité national des /eu- nesses communistes, saluent la brillante vic toire du peuple marocain sur les impérialistes espagnols. Ils félicitent son vaillant chef Abd el Krim. Espèrent qu'après la victoire défi nitive sur V impérialisme espagnol^ qu'il continuera, en liaison avec le prolétariat français et européen } la hitte contre tous les impérialistes, français y compris, jusqu’à la libération complète du sol marocain. Vive l’indépendance du Maroc! Vive la lutte internationale des peuples coloniaux et du prolétariat mondial. Pour les organismes directeurs SEMARD, DORIOT. On envoie, dit-il, des ouvriers français au Maroc pour brûler les villages indigènes et massacrer les habitants, et dans la Ruhr, des ouvriers indigènes pour assurer la domination capitaliste internationale sur le prolétariat al lemand. En cas de grèves, on dresse des ouvriers français habillés en soldats contre des ouvriers indigènes, et des ouvriers indi gènes habillés en soldats contre des ouvriers français. Cependant l’esprit de classe s’é veille chez les uns et chez les autres. Chez Citroën, des milliers de travailleurs indigènes ont fait grève avec les travailleurs français. Le mouvement de fraternisation des travail leurs de toutes races et de tous pays s’étend de plus en plus. Les travailleurs indigènes doivent lutter coude à coude avec les travailleurs européens. Comment ? En rejoignant les syndicats uni taires. Ils y seront reçus fraternellement et viendront y défendre leur salaire et le grand principe : À travail égal, al aire égal. En adhérant au Parti Communiste, pour réaliser l'expropriation des expropriâtes s, pour abat- tre la classe capitaliste toute entière. En terminant, Doriot annonce que le Parti Communiste va créer, pour les meilleurs par mi nos camarades coloniaux, des cours cù i pourront recevoir l’instruction qui leur est refusée par l’impérialisme français et former ainsi une avant-garde éclairée, capable d’é manciper leurs frères exploités et de les conduire dans la s oie de la délivrance. Il an nonce à l’auditoire enthousiasmé que le Parti est décidé à mener une action énergique pour le retour de l’Emir Khaled. Quand Doriot descendit de la tribune, Hadj Ali annonça que Mahmoud ben Lekhal, le vaillant prisonnier de Mayence, libéré par l’action du prolétariat français, se trouvait dans la salle. Mahmoud ovationné par toute l’assistance dut prendre la parole. Dans un | langage élevé, dénotant, le révolutionnaire nstruit, notre camarade fit, avec clarté, le tableau de l’organisation anarchique de la Société capitaliste et des appétits des magnats de la finance et de l’industrie, qui poussent inévitablement aux guerres de conquête. Dans la Ru ir dit-il, nous nous sommes pposés à l’assassinat des ouvriers allemands a le capitalisme franco-allemand. Nous avons été emprisonnés et torturés par les sbi res du Comité des Forges et de Krupp, mais nous avons montré qu’en face du capital international, se dresse le travail internatio nal sans distinction de couleurs ni de races. Et le capital dut reculer. BEN LEKHAL Mahmoud rappelle ensuite à ses compatriotes, qu’ils ont déjà vécu 94 an nées de misères, sous la botte de l’impérialis- me français qui les exploite tellement qu’ils sont devenus le peuple le plus asservi du monde musulman. Seule, leur volonté de s’organiser, de s’al lier au prolétariat européen, les- libérera com me la déjà fait la Russie soviétique envers leurs frères musulmans jadis, opprimés par le régime tsariste. SAINT JACQUES (antillais) fit un tableau de la misère des indigènes de son pays et dit que les quelques droits de citoyens dont ils jouissent ont été arrachés par ses compatrio tes lors de la Révolution de 1848. TRUYEN (Indochinois). — « Les orateurs qui m’ont précédé ont proclamé notre admi ration envers le héros de l’indépendance ma rocaine ; je voudrais, pour ma part, associer à cet hommage, un autre héros de l’indépen- dance, qui, en ce moment même, lutte héroï quement pour arracher son pays, la Chine, à l’empire des impérialismes anglais, améri cains et français. Ce héros de l indépendance chinoise, c’est le Dr Sun-Yat-Sen. C’est le père de la Révo- lution chinoise; c’es aussi un admirateur fer vent de la Révolution 1 usse. Le camarade Doriot vous rappelait tout à l’heure que le P. C. français avait envoyé un .télégramme de félicitations à Abd el Krim; eh bien! je vous rappelle à mon tour que le P. C. français a souscrit au télégram me de félicitation que l’Internationale Com- muniste a envoyé au Dr Sun Yat Sen. Cela prouve que l’action du P. C. va loin. Elle s’étend de l’extrême Asie à l’extrême Afrique; elle embrasse; le monde. Raison de plus, pour venir à lui.» Truyèn évoque ensuite la situation miséra ble de ses compatriotes et leurs efforts pour se libérer. ALI HAMAMOU (Algérien) fit le procès de l’Indigénat, qui est, az.il une honte pour la France, la France qui se place à la tête de la civilisation ! STEPHANY (malgache) montra les procé dés employés par le colonialisme français à Madagascar. Le gouvernement avait promis des naturalisations... Nos coloniaux font tout pour y uctre obstacy - " y a en tour que protester contre une pareille prétention et demander au prolétariat de I rance de s’y op poser. Notre camarade fit ensuite l’exposé de quelques faits typiques à l’actif des - quins coloniaux soutenus par la haute Administra tion. La tribu des Hachem, de la région Séti- fienne que j’ai habitée pendant 45 ans, a été expropriée de 50.000 hectares de ses meilleu res terres, en 1871. Refoulée vers les steppes incultes, elle est revenue sur ses anciennes terres, non plus en propriétaires, mais en serfs travaillant pour l’exploiteur, moyennant le salaire dérisoire de 1 fr. 50 par jour ! Faute de moyens appropriés (hydraulique, crédit) les récoltes sont incertaines et c’est une des causes des famines meurtrières qui désolent l'Algérie. Faute de terres cultiva bles, le paupérisme et la misère deviennent le lot des indigènes algériens et les obligent à traverser la mer, pour chercher en F rance des salaires meilleurs. De 1870 à 1912, les indigènes n’eurent pas de presse sérieuse. Seul à partir de ce mo ment là, l’Ikdam, dirigé par notre ami l’Emir Khaled, fit connaître la situation malheu reuse de scs coreligionnaires, les abus dont ils étaient victimes et les méfaits des requins en chapeau ou en burnous qui, soutenus par le Gouverneur général, mettaient en coupe ré glée le pays. Khaled fut l’objet de toutes les attaques. Ecrasé par les amendes il tenait tête cependant à la meute acharnée après lui. C’est alors que le gouvernement l’exila. trente naturalisations ! BOURAHLA appelle ses frères à s’organi ser solidement avec leurs camarades français dans la C.G.T.U. pour opposer à la vague du capitalisme la digue des travailleurs. VICTOR SPIELMANN, directeur du Trait d'Union d’Alger, apporte à l’assemblée le salut des opprimés algériens. Les orateurs qui viennent de prendre la parole, dit-il, vous ont exposé les beautés de l’indigénat, que les requins de France, c seillés par les requins coloniaux, veulent implanter ici en cféant un bureau des affaires indigènes à Paris. Il faut zoaenarasr Mais il est revenu parmi nous en mener le bon combat et exhorter musulmans exploités à faire l’union. HASSEN ISSAD (Kabyle) retrace F rance, tous avec hémence, les charniers de 1914-1918, où les vé- des milliers de ses. frères pourrissent aujourd’hui, sacrifiés pour cette guerre infâme que les bandits capitalistes et colonialistes appellent pompeusement la guerre du Droit. Qu’est-ce qu’elle rapporte cette guerre du Droit? — Des lois de répressions nouvelles et des lois d’exception plus nombreuses qu’aupara- vant ! Et ture plus dessus la Hassen toujours l’indigénat ! On nous tor que jamais. Nous en avons par- tête. Issad est vivement applaudi par ses compatriotes venus en foule. Il s’exprime en kabyle. La réunion est terminée par le vote, à F unanimi té, de l’ordre du jour Ordre du jour : Les indigènes originaires de lonies françaises et leurs frères ci-dessous : toutes les co- prolétaires de la métropole réunis le 11 septembre 1924, salle de V Utilité Sociale, 94, avenue Auguste Bkanqur, après avoir entendu le citoyen Do- riot^ député de Paris, et les orateurs de l’Union intereoloniale, s'unissent pour pro tester contre la création d'un bureau des Af faires Indigènes dans le département de la Seinej qui ne serait qu'une Annexe de F Indi- génat en France. S'élèvent'avec indignation contre le main tien de cet odieux régime dans les colonies. Dénoncent le gouvernement du Bloc des Gauches qui poursuit la même politique escla vagiste que celle du Bloc National. S’enga gent à lutter énergiquement jusqu à leur émancipation totale. Réclament l'amnistie générale pour les clcniaux et le retour de l'Emir Khaled dan. son pays. Se séparent av^ cris le : Vive la s l idarité ouvrière! Vive la C.G.T.U.! Vive le Parti de la libération des peuples opprimés! A bas P Indigénat ! SSESS» Borguide — délégué espagnol — proclame la solidarité du prolétariat d'Espagne avec les peuples coloniaux, en particulier, avec les Marocains. Il félicite Abdel Krim et renouvelle le geste symbolique d'Ilbert, en serrant la mai au camarade arabe, en burnous. SERVEZ LA FRANCE... Amnistie pour Boukabouia! L'Esclavage à Madagascar Les dessous de l’affaire de Géorgie Cachin. — La question du Maroc est ou verte depuis 1904 et elle est une des causes essentielles de la guerre de 1914. L’ambition impérialiste de M. Delcassé a résolu de joindre, à ‘Algérie et à la Tu nisie, le Maroc, depuis longtemps convoité. On déclara publiquement dans les traités franed-espagno’s que la France et l’Espa- gne respecteraient la souverainté du sul tan du Maroc, mais, dans un traité secret, on décida que la France et l’Espagne se partageraient les territoires marocains Depuis 20 ans déjà, 85.000 Français et 100.000 Espagnols se battent contre G mil lions de Marocains, mais, les Marocains, sans canons ni munitions, résistent, triom phent, et nous ne les aurons jamais. « même si nous les avions conquis, ils nous auraient haïs comme des voleurs, avec justice. » Nous avons jeté dans cette guerre 4 à 5 milliards et des milliers d’hommes, et pour qu’elle dure depuis 20 ans, il a fallu « toute la veulerie, toute la lâcheté du pro létariat métropolitain ». Le Bloc des Gauches n’a rien changé à la politique du Bloc National. On vient d’envoyer de l’Algérie 5.000 soldats de plus au Maroc. Mais l’Humanité continuera sa campagne pour l’évacuation du Maroc qui avait figuré au programme de MM. Her- riot, Blum et Renaudel, et le P.C. fran çais se joindra au P.C. espagnol pour me ner là-bas une propagande comme celle que nous avons menée dans la Ruhr. Il faudra aussi dénoncer les intrigues de la Banque des Pays-Bas, dont la Banque du Maroc n’est qu’une succursale, et qui est le véritable auteur du « banditisme natio nal et international » dans le Riff et dans l’Atlas. Mais voici que dans l’univers (au Maroc comme ailleurs) souffle un vent de révolte. Des Hindous, des Musulmans, des Egyp tiens. des Chinois, des Indochinois, des Antillais, se redressent contre leurs op presseurs, les capitalistes anglais, améri cains. français et hollandais. « Le prolé tariat international, exploité lui aussi par le même capitalisme, ne reste pas sourd à l’appel d’un milliard d’hommes jusqu’ici vendus et exploités comme du bétail. » Mais l’action du prolétariat international Le sinistre et / antisémite Morinaad a com battu, à la Chambre, le projet d’amnistie pour les colonies. Il cite le cas d'un lieutenant indi gène, qui a déserté devant l’ennemi, près de Lmcy-le-Val, et guerroyé ensuite contre les Français, à titre de colonel dans l’armée turque. Or, Voici ce qui s’est passé. Ecoutez-moi, homme de cœur, et vous jugerez après : C’était en 1914 ! On se battait avec achar nement sur tous les ^jronis. Le lieutenant Bou- kabouïa était à la tête de sa compagnie, lors qu’il apprit que son capitaine venait de mou rir. Il se mit à prendre le commandement. Mais qu’elle fut sa surprise quand il se voit apostrophé par un jeune sous-lieutenant fran çais, qui lui jeta ces mots, pleins de haine et de mépris : « Sachez que Vous n’êtes qu’un bicot, le commandement est à moi ! » Bouka- bouïa ne répondit mot ; mais, le soir, il réu nit ses hommes, leur expliqua les Paroles du conquérant et, leur montrant la direction de l ennemi, il cria : « Peut-être trouverons-nous plus de justice et de fraternité chez ceux-là. » Son geste s’expliqua. Il avait compris que la haine de race, que le capitalisme engendre, subsiste sur les champs de mort. Dupé, amené à se battre pour un pays et pour des intérêts qui n’étaient pas les siens, il recevait en récompense le mépris et la haine. Son geste doit être amnistié ! Car il n’a été que la protestation et’Un indigène qui ne vou lait être ni l’esclave, ni le mercenaire de l’im périalisme omnipotent. Amnistie ! Amnistie pour lui ! Un insoumis indigène algérien. De toutes les colonies françaises, Mada gascar est certainement celle où la popu lation indigène est la plus opprimée. Les esclavagistes Garbit, Francis-Mury et consorts nous taxerons de fomenteurs de révoltes si nous dénonçons les procédés criminels qu’ils appliquent envers les Malgaches pour* eiuchir les industriels et les gros colons. Les indigènes sont écrasés par des tra vaux si peu rétribués que nous ne nous étonnons pas de Voir les sociétés colo niales exhiber leurs dividendes et leurs capitaux fabuleux Les livres du Comptoir d’Escompte de Paris, à Tananarive, éta lent des chiffres édifiants. La clique coloniale possède toutes les entreprises. Les adm nistrateurs exécutent les ordres des gros concessionnaires. On emploie des moyens « colonialistes » pour* recruter le matériel aumain nécessaire aux forbans coloniaux. Quelques exemples : L’esclavagiste Gros est seil d’administration de fonctions ne l’empêchent membre du Con- Madagascar. Ses point d’être F as- propriétaire des de Tananarive, socié de Mme Suberbie, concessions de graphite Et, pour que l’exploitation des mines de graphite rapporte de gros bénéfices, M. Gros fait venir les Piadidys (chefs de quartier) ; il leur signifie de lui emmener des indigènes qu’il lésire employer à tour de rôle pour des Salaires de 1 fr. 50 à 1 fr. 75 par jour. Et les Piadidys n’exécu tent pas ses ordres comme ce’ fut le cas de celui d'Amkadivyribé, ils doivent, alors, accomplir la besogne de l’esclave qu’ils n’auraient pu trouver. Un autre négrie n’aura de résultat que si elle est appuyée par des peuples coloniaux eux-mêmes. Que des militants indigènes se forment à notre contact et qu’ils retournent ensuite dans leur pays pour y faire la Révolution. La conclusion de Cachin est accueillie par des applaudissements frénétiques et' la séance est levée. La foule des assistants s’écoule entre les haies de flics du gouver nement impérialiste de M. Herriot. Les derniers événements de la Guadeloupe ont fait couler beaucoup d’encre. Le gouvernement, se retranchant derrière une inadmissible et coupable ignorance, ne se mon trant pas prodigue de renseignements : la presse à côté des interviews, a publié, chaque jour, des articles contenant une relation des faits tels qu’ils résultaient de télégrammes particuliers. Depuis le milieu de septembre, a la suite de l’explosion d’me bombe, René Boisneuf est arrêté ; plusieurs de ses amis ont subi le même sort, certains pour avoir tenu la métropole au courant de ce qui se passait ; une grève géné- raie du commerce a failli éclater en signe de protestation contre les arrestations opérées Enfin, les dernières nouvelles laisseraient enten- dre que la liberté de la presse aurait été sup primée. En présence d’une situation aussi grave, le Paria se doit de faire connaître son sentiment sur les causes du mouvement, les responsa bilités encourues et sur les conséquences qui doivent découler de celles-là. Les causes En 1818, coïncidant avec la suppression de l'esclavage, la population noire des Antilles était appelée à l’exercice des droits politiques. Or, depuis dix-huit ans, se sont instaurés dans ce pays un régime de candidatures officielles et de telles mœurs électorales qu’en fait le sys tème a abouti à la désignation des dépi tés non par les électeurs, mais par l'administra- tion. Il se caractérise par la suspension des maires, la dissolution des conseils municipaux et leur remplacement par des commissions mu nicipales, dont les présidents sont des fonction naires se faisant, les serviles exécuteurs des ordres du gouvernement. Partout, c’est l’ingé rence de la force armée. Les fusils, les baïon nettes. les mitrailleuses, les croiseurs et leurs effectifs servent soit à expulser les citoyens des bureaux de voie, soit- au transport des urne en lieux sûrs où se font les dépouillements el l’éhontée falsification du scrutin, en fave ui .: candidats gouvernementaux. C'étaient aux é tions de mai, à la Guadeloupe, MM. Candac Jean François. Comme il convient, le capitalisme et l'impé- rialisme président au choix des ai lidats pa tronnés par le pouvoir ou Iran l'ostracis me. Les élections de la Guadeloupe le démon trent d’éclatante façon. Candace, candidat of fi- ciel, est Je défenseur, au Parlement, du enc . Tellement anticipé du privilège de la Banc ie de France. C’est l’allié de Bérenger, l’homme des pétroles. Chaque fois qu’une critique est formulée à l’encontre de la politique : oloniale du gouvernement ; chaque fois qu’un crime, qu’un scandale impérialistes dans les colonie s sont dénoncés, Candace est celui qui se lève pour crier à la calomnie, à l’antipatriotisme, tentant de sauver la face des choses, en pr - clamant qu’il est fier de ce que la France répu blicaine a fait de lui. Boisneuf est celui ui, au cours de la dernière législature, a mis n lumière, à h Chambre, par certaines interpel- lations, ce que cache de pourriture et d’igno- minie l’exploitation des indigènes des olonies, sans qu’il n’ait d’ailleurs jamais osé indiquer à ceux-ci le moyen de se libérer Peu imp ) le leurs titres respectifs suffisaient pour dé ter - miner l’application des formes si, nal es Elle a abouti, d'une part, à la proclamai ion de Can- clace et de son Co-listier comme députés de la Guadeloupe ; d’autre part, à réveiller, dan ; l’âme d'une population odieusement ongrimée -ur sentiment de tévone dont là mhnesta'ln préalable eut pu éviter la perpétration de la fraude et dont, en tous cas, le développement dans l’avenir constituera seul une garantie du libre'exercice île ses droits politiques. Max-Clainville BLONCOURT. (A suivre.) L’impérialisme anglais et le Soudan Londres, 4 octobre. — L'Agence Beuter ap prend de source égyptienne que Mac Donald a informé Zaghloul Pacha qu’il lui était impossible de retirer les troupes britanniques d'Egypte ; celles-ci étant nécessaires à la pro- tection du canal de Suez. Voici un nouvel exemple de l'hypocrisie de ce prétendu pacifiste, Mac Donald ! A Genève de longues et filandreuses palabres sur la paix, le désarmement. en sar L’affaire de Géorgie, ourdie par les men- cheviks internationaux à la solde des magnats du pétrole et de la finance, a échoué piteuse ment. Malgré tout le « battage » de la pres se capitaliste, le Daily Herald des amis de Renaudel est obligé de reconnaître l’inexis- tence d’un « soulèvement » du peuple géor gien. Parmi les intrigues déployées par la Stan- dard Oil Co, la Royal Dutch Shell C° et leurs valets contre-révolutionnaires et social-traî- très, on tendait, aussi, à faire croire que la . Turquie se préparait à intervenir contre la Géorgie soviétique. On avait même annoncé à grand bruit que Mustapha Kemal s’était rendu à Trébizonde pour « étudier la situa tion ». । De tout ce bruit il semble qu’il y ait eu en tout cas ceci de vrai : un « Etat voisin de la Russie » (lequel, on ne le sait que trop) a remis ces temps-ci au gouvernement d’Angora un document complètement apo cryphe, représentant le texte d’un soi-disant accord secret conclu entre l’Ttalie et la Rus sie en vue d’une agression contre la Tur quie ( !) Le manœuvre n’est que trop claire. Il fal lait monter la Turquie contre la Russie pour obtenir le renfort de l’armée turque contre la Géorgie soviétique. L’agence Rosta a confirmé la fausseté abso lue, de ce document incompatible, d’un bout à l’autre, avec le fondement élémentaire de Egypte, refus de retirer les* troupes d’oc- cupation sous Ise prétexte classique de m « protéger » ! La conduite de. Zaghloul n’est guère plus loyale envers le peuple égyptien dont il devait défendre les inté rêts à Londres. Se sentant trop lâche p .ur protester contre la main-mise de F Angle terre sur le Soudan, il propose de s’en remettre à l’arbitrage de la S.D.N. Alors qu’il sait fort bien que cette société a tou jours pris le parti des oppresseurs. -e -2= 0C6- Il nous faut 2.000 Abonnés Notre action a porté. Les mass&s colo niales déprimées par le colonial me se ré veillent de leur léthargie. Beaucoup se guérissent de leurs illusions. Les meetings- que nous organisons sont de plus en plus fréquentés, et les résultats sont pour nous si satisfaisants que nous le constatons encore par l’épouvante qv'é- prouve le nouveau gouvernement impériu- liste. Ses notre je et N 0ns bourriques surveillent notre local, correspondance est ouverlv par l'ab- administ ration du libéral Herriol. nous en fichons. Nos malheureux frères coloniaux souffrent trop pour que nous nous détournions du but que nous i sons. Nous ne leur demandons qu'à nous s u- tenir par leur aide matérielle (souscrip tion et abonnements) et morale, afin d'as surer la parution d^ notre feuille. Nous les prions d'envoyer la documentation par un tiers habitant Paris, et qui nous la re mettrait personnellement. Notre siège est ouvert tous les dimanches, de lu heures à midi. DES MUNITIONS POUR LE « PARIA , province de Ta- • nanarive, M. Pechemarty, somme ses chefs de districts de « donner satisfaction » aux demandes de mai mulées des colons signifie en langa 'œuvre indigène tor on sait ce que cela colonial. Quant aux salaires, ils s’élèvent pour des journées d’au moins 70 heues, à 1 et 2 francs. 2 francs, c’est le maximum atteint à narive. Et, quand on pense que le riz 0 fr. 80 le kilo, la viande 1 fr. 50, 1 fr., le .bois t a chauffage 1 fr. kilos, la toile la plus ordinaire 3 Tana- coûte le sel les 10 fr. 90 le mètre, on peut juger à quelle vie misé rable sont condamnés les Malgaches sous la « protestion » de la France généreuse. RAKOTAVO. la. politique du gouvernement soviétique en particulier, à l’égard des pays d’Orient. ” -9- o=)o Cxb.o. _ -L MAU-LÊN, OUTREY ! Lors de la discussion sur l’amnistie, à la Chambre, M. Outrey eut l'idée de lire un tract révolutionnaire, rédigé, dit-il, en chinois et en annamite. Mais, comme il se faisait trop atten dre, vu que lui-même il avait de la peine à déchiffrer ce fameux document, André Marty lui cria : « Mau-lên! Mau- ion ! », ce qui veut dire, paraît-il : « Mais dépêche-toi donc, espèce d’an- douille ! » Listes précédentes Fr. Vive Khaled ! A bas l’indigénat ! Un Annamite b elsina Un groupe d’ouvriers kabyles.... Collecte, réunion intercoloniale « sur les événements de la Guadeloupe » Boutalbi Saïdoun M. L Pour le retour de Khaled Un Guadeloupéen Un groupe de Marocains Moulaï Hassen Z Libérez Ben Milad ! I otal Le Gerant : Léopold MESNARD. 4.392 100 20 5 52 80 50 25 12 10 10 15 » » 50 ' » ■» » ) » » » Fr. 4.791 90 mggyio Travail excuté par des ouvriers syndiqués Imprimerie Française (Maison J. Dangon) 123, rue Montmartre, Paris (20) Georges DANGON, imprimeur.