Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7009358f (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — septembre 1924 1924 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] Paraissant mensuellement Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement, Un an : 3 francs Chèque postal : 922-22-Paris Une agence de l’Indigénat à Paris LE BLOC DES GAUCHES ET LE MAROC La Faillite du Zaghloulisme Encore un crime de l’impérialisme fran çais L’arbitraire qui sévit dans les colonies poursuit 1 s indigènes jusque dans la Métro pole. L’ouvrier colonial qui, poussé par la faim et fuyant la trique du colonialisme, vient offrir sa force de travail sur le marché mé- tropolitai se voit déjà en butte aux mêmes procédés de violence, aux mêmes iniquités qui en font un matériel humain facile à ex ploiter. Malgré la haine de race, perfidement se mée par le capitalisme, les travailleurs nord- africains qui côtoient dans l’usine des ou vriers français, se solidarisent avec leurs frères de misère pour la lutte de classe. Dans deux meetings imposants, des milliers d’entre eux ont acclamé des orateurs com- munistes qui les ont exhortés à se grouper dans les organisations révolutionnaires, les seules qui, sans considération de race ni de coul ur, s'opposent à l’exploitation patronale. Cette masse de travailleurs coloniaux a montré que. sa léthargie n’était qu’appa rente. Ces milliers de parias courbés sous le faix de l’oppression couvent, sous cette in- diffé ence qu on leur prête, la haine la plus farouche contre leurs exploiteurs. Cette haine s’est manifestée rue Blanche, boulevard Auguste-Blanqui. L’Impérialisme françai •: en a été épouvanté. Alors, le colo nialisme immonde soudoie sa presse prosti tuée qui, sur un ordre précis est partie en guerre contre les malheureux parias qui osè rent défendre leurs droits. Comme une salve d’artillerie, tous les torchons de la finance et de l’industrie crachent sur eux mille in sultes, vocifèrent des appels de haine et alarment les prolétaires français contre 'le danger qui menace... Say, Citroën, Renault et Cie, Haro sur le bicot qui se réveille a la lutte de classe ! Dennis le clown du journal. Clément Vau- tel, jusqu à cet imbécile de Gervaise du Pa- ds-Spir qui parle « de péril multicolore », tous les salariés de la plume bourgeoise ba vent entre le prolétariat algérien pour dresser l’opinion publique contre lui. Et, aussitôt, les esclavagistes de profes sion ont dressé leur appareil de répression. Comme les lois arbitraires sont alors vite appliquées : Plus de lenteur dans le rouage administratif. ; il ne s’agit plus de la sup pression de l’Indigénat ou de la loi d’am nistie. Tous le- négriers du gouvernement se dé ¬ Instruction Publique «La Barbarie» Bolcheviste Les Soviets ont mis en exécution le pro gramme suivant : A. — Enseignement gratuit et obligatoire : général et polytechnique, pour les enfants, des deux sexes, jusqu’à 17 ans ; spécial et profes sionnel à partir de cet âge. B. Dispensation à tous les élèves de nour riture, vêtements, chaussures et fournitures classiques aux frais de l’État. C. — Création d’un réseau d’établissements, pré-scolaires, crèches, jardins, foyers, etc., dans le but d’améliorer l’éducation sociale, d’émian- ciper la femme. D. _ participation active de la population laborieuse à l’enseignement public, développe- ment des « Conseils d’instruction publique », mise à la disposition de l’Etat de tous les itoyens ayant une instruction primaire, etc... E. Distribution dans l’enseignement supé- rieur de bourses et. diverses faveurs aux étu diants pauvres et surtout aux ouvriers et aux paysans pour qu’ils aient des moyens matériels de fréquenter des écoles supérieures même. « La Civilisation» française Pour répandre la lumière bienfaiante de la civilisation supérieure dans les pays soumis à ça maternelle protection, la France a donné à 40.000 000 de « Français d’outre-mer » 8.067 éco- les Je n’exagère pas. Voici des statistiques officielles : Colonies Population Ecoles Elèves Afrique ckv. franc. 12.000.000 290 12.000 Afrique équat. fr. 5.000.000 100 4.000 Indochine 19.000.000 2.965 148.000 Madagascar 3.000.000 789 ■78.000 Soumalis 64.000 2 250 . h de Réunion ... 172.000 124 17.000 Inde française. ... 270.000 52 9.000 Antilles ..... .... 500.000 194 18.500 Guyane ... 144.000 23 2.000 Nouvelle Calédonie 47.000 18 600 Dans la Guadeloupe, 10.000 enfants sont sans écoles. En Algérie « française », depuis 94 ans, 35.000 écoliers sur une population de 5.000.000 d’habitants peuvent recevoir une instruction au compte-gouttes pendant que 695.000 petits indi gènes sont condamnés à l’ignorance. Au Cam bodge : 60 écoles pour 2.000.000 d’habitants ! En Cochinchine (française depuis plus d’un deml- siecle) : 51.000 élèves sur une population de ‘'■.500.000 âmes 1 Heureusement, si nous manquons d’écoles, la France nous prodigue des maisons de débau- he. de- fumeries d’opium et des débits d’alcool. NGUYEN Al QUAC. mènent avec une célérité qui leur était in connue. C’est Godin, conseiller municipal de Paris, et ses complices Besombes et Massard qui déposent une monstrueuse proposition pour l’installation, à la préfecture de la Seine, d’un bureau de répression contre les ouvriers nord-africains. C’est le sinistre Mirante, directeur des af faires indigènes au gouvernement général d’Algérie, et ses horribles chaouchs qui viennent monter la nouvelle annexe de l’ignoble « Indigénat » au sein même de la ville lumière. Et, pour justifier leur dessein criminel, ils disent cyniquement que ce nouveau bureau de commune mixte, avec ses gardes-chiour- nes, sera un bureau chargé de la « protec tion » morale et matérielle des indigènes nord-africains résident ou de passage à Pa ris. Nous savons ce que cette « protection » signifie. Elle s’étend déjà sur 60 millions de coloniaux et elle devient pour eux si écra sante que partout le mécontentement gronde. Devant le réveil de la plèbe coloniale, le capitalisme épouvanté ordonne à ses larbins du Bloc des Gauches, de suivre la politique esclavagiste de leurs prédécesseurs de droite. Parmi ces radicaux, ces socialistes, ces Moutet qui se servirent de la question indi gène comme d’un tremplin pour monter au pouvoir, aucun n’a élevé la voix pour s’indi gner contre les procédés infâmes dont on châtie ces ouvriers qui n’ont pas la même couleur que leurs nationaux. La presse de gauche a été plus perfide dans sa campagne que V Action Française. Les masses indigènes ne s’illusionnent plus sur les partis libéraux. L’antagonisme de classes, dans la situation économique ac- tuelle, est si manifeste, qu’on ne peut leur rer les masses par la phraséologie. L’action seule peut convaincre et c’est pour cela que les peuples opprimés se diri- | gent vers les organisations syndicales révolu- ; tionnaires et vers le seul parti qui les Ct- i fend contre l’exploitation et la démagogie. Les peuples coloniaux le comprennent bien. Le Parti Communiste, partout, sur le ter rain économique comme dans le domaine po litique, combat inlassablement les crimes perpétrés contre eux et malgré la répres sion, il luttera énergiquement pour l’émanci pation de ces opprimés et les organisera pour les dresser contre l’ennemi commun : le Ca pital. EL DJAZAIRI. Au Soudan « L’Angleterre a des responsabilités envers les populations du Soudan », a déclaré Mac Donald à la Chambre des communes le 10 juillet dernier Mate c’est devant la bande finance de Lon dres que le président de la IIe Internationale a des responsabilités et non devant les malheu reux Soudanais. En effet, au Soudan, le coton est particu- lièrement apprécié par la haute industrie bri tannique, parce qu’il constitue la matière pre mière pour la fabrication de la soie artificielle, dont la consommation mondiale grandit de jour en jour. De plus, le .Soudan possède de grandis bar rages construits par des capitaux anglais, il est possible d’irriguer ces régions et d’y cul tiver sur une grande étendue le blé et le coton Mais qui donc profitera de toutes ces ri- chesses ? Et qui donc exploitera les Egyptiens et les Soudanais dans leurs propres pays ? C’est la Kassale Cotton Company. Elle con trôle une tonne partie des travaux d’irrigation, tout en possédant d’immenses exploitations : elle contrôle également la Kassale Railway Company, dont les voies ferrées traversent les régions les plus riches du Soudan. Enfin, elle est étroitement liée au Soudan Plantation Syndicale, qui possède également de très vastes exploitations agricoles. Et derrière cette puissance économique, on découvre la banque « Lazard Brothers » de Londres, qui est sous le contrôle des Roth schild, dont la puissance s’étend à la finance et au pétrole dans trois capitales : Paris, Lon dres et Vienne. Devant une puissance pareille, on comprend que Mac Donald exerce une répression féroce contre les Soudanais pour faire respecter ses maîtres les Lazard et les Rothschild. Malgré la loi martiale, les arrestations en masses et les fusillades, les Soudanais re doublent d'efforts pour briser leurs chaînes et saper le banditisme colonial. L’assassinat des peuples coloniau par les gens de la II e Internationale édifie tous ceux qui ont encore des illusions sur la démocra- tie. BOURALHA. PERMANENCES « Union Intercoloniale », chaque diman che matin, de 10 heures à midi, au siège, 3, rue du Marché-des-Patriarches. Le « Paria », chaque dimanche matin, au siège, 3, rue du Marché-des-Patriar- ches (5e). Les dirigeants espagnols tentent depuis des années d’établir définitivement leur domination sur la partie nord du Maroc que leur ont attribuée les traités de 1912. Ils n'ont recueilli jusqu'à présent que des écheds répétés et sanglants dans cette ten tative. Ils ont dépensé en cette expédition coloniale tant d'hommes et tant de centai nes de millions qu'ils sont positivement au bout de fleur rouleau. En ces deniers temps, ils ont été encore plus sévèrement traités par les Riffains ; et le Matin dé clare que le gouvernement de Madrid, dé couragé, se décide à abandonner l'espoir de conquérir la zone de protectorat qu'on lui ..voit réservée à Algdsiras. Le général Primo de Rivera liquide donc l'affaire devenue trop onéreuse. Il trouve décidément les Riffains trop forts. Les trou pes espagnoles sont en retraite. On ne gar dera que les enclaves de la côte qui sont aux mains des Espagnols depuis 400 ans. Le vieux sol barbare sque insoumis se re fuse à se laisser dominer par les fils des Conquistadores. Bonne affaire ! dit le Matin. Le Riff n’est à personne, donc il est à nous, et si les Espagnols l'abandonnent, c’est à nous de nou s a installer ! Nous voulons signaler dès le début cm te manifestation nouvelle de notre impérialis me tout-puissant. .L'article du grand journal capitalste pose le problème devant l'opinion avec une hypocrite habileté. Il ne s'agit pas de conquête, actuellement, il s'agit de paciti cation. Il nous faut le Riff, car il est plein de Marocains pillards qui descendent pério diquement de leurs inaccessibles montagnes pour razzier les paisibles villages qui sont acquis à notre influence. Il y a trois semai nes encore, 2.000 d'entre eux ne sont-ils nae descendus par la vallée de l’Ed Leben pour se livrer à leurs abominables déprédations ? C'&st toujours de cette manière que les choses commencent, en effet, dans les opé rations d'ordre colonial ! Il ne s'agit que de défendre nos yiationaux en les pays « protégés » par nous contre les attaques des pillards ° u des brigands qui les em pêchent de vivre en paix. La France capitaliste s'efforce depuijs dou ze ans de s'annexer le Maroc. Le Maroc a, été une des causes de la guerre mon diale. Le Maroc nous a coûté déjà des mil liards et des milliers de vies humaines. Il faudra encore des années et des déca des, des milliards et de's guerres sans fin pour conquérir en entier la part oui avait été laissée à la France. Voici maintenant que, par-dessus le marché, on nous invite à y ajouter le Riff auquel doivent renoncer les Espagnols essouflés. Nous demandons au gouvernement du Bloc des gauches si c'eis là la « perspective d'aurore », « l’ere nouvelle », la « blanche colombe » porteuse de la paix du monde et du rameau d'olivier. Marcel CACH1N. s=poG3e Le Riff et le capitalisme européen La région marocaine du Riff fut attribuée à l’Espagne lors d’un grand repas de l’impéria lisme européen qui se termina par l'indiges- tion du capitalisme de 4. Jusqu’à ces temps derniers, l’Espagne était l’agent de l'impérialisme anglais, car le Riff est l’enjeu d’une bataille qui se livre entre les métallurgistes d’Europe. Au voisinage de ses côtes méditerranéennes, le Riff, en effet, est abondamment pourvu d’un fer riche et pouvant servir de frêt de retour aux navires anglais. Seulement la métallurgie française ne veut pas voir ce fer aller aux Anglais dont elle veut annihiler la concurrence. Jusqu’à ces derniers temps. l’Angleterre sou tenait l Espagne qui lui avait déjà vendu ses fers de Bilbao et devait lui céder les richesses du Riff. Hélas ! malgré l’urgence des besoins de l’industrie anglaise, l’Espagne n’a jamais pu venir à bout d'Abdel-Krim. Voilà pourquoi l’Angleterre finit par s’adresser directement à ce dernier. Mais la France, qui avait soutenu clandestinement les Riffains afin de perpétuer la lutte, s'allie maintenant aux Espagnols pour écraser le Riff, espérant se l’accaparer un jour et paralyser ses richesses comme elle paralyse les fers algériens et tunisiens qui ne peuvent aller qu’à la métallurgie anglaise, sa concurrente. j Ils peuvent miser sur le Riff, nous leur di sons : « Messieurs, qui compte sans son hôte compte deux fois. » Ce qu’il y a de certain, c’est que les Riffains ne veulent aucune ingé rence étrangère et qu’ils ne cesseront de lutter qu’après avoir définitivement triomphé. C. SAINT-JACQUES. Le récent attentat dirigé contre Saad Za ghloul Pacha par un jeune étudiant égyptien appartenant au groupe nationaliste (El Hezb- el-Watani) jette sur le Zaghloulisme tout en tier une lumière nouvelle. Le Zaghloulisme était destiné au lende main de l armistice à arracher à 1 impérialisme britannique quelques concessions d’ordre ad ministratif avec un semblant d'"indépendance Ce fut la seule raison dé ce mouvement, qui était loin d avoir un caractère insurrectionnel, comme en l’a prétendu. L’intransigeance aveu gle de Lloyd George fut, seule, responsable des multiples déviations sanglantes de ce mou vement. Le seul fait d avoir exclu le groupe natio naliste à tendances franchement irréductibles (groupe dé F erid Bey et Cheikh Chaouch) dé montre nettement 1 opportunisme du Zaghlou lisme. Apres l’arrestation du fameux leader et quelques-uns de ses fameux lieutenants, tel : Fathallah, Barakah, Mohammed Saïd et Mor- cos Hanna, personnages fortement compromis avec les anciens proconsuls anglais dans la val lée du Nil : les Cromer, les El don Gorst, les Kitchener, après leur internement successif à Malte, aux Seychelles et à Gibraltar, le mou vement s accentua dans, une voie révolution naire. Mais, dès la libération des exilés, et leur retour en Egypte, 1 action se ralentit, pour s immobiliser bientôt dans une expectative hé sitante et confuse. Deux mois après sa ren trée en Egypte, Zaghloul Pacha était hissé au pouvoir avec son parti. Dès lors, ses actes ne seront plus qu’un la mentable chassé-croisé dé contradictions. Son attitude vis-à-vis de ses différents ad versaires présente un excès choquant d’illéga lité et d’autoritarisme. Alors qu’il ménage pru- demment l’aristocratie du pays et une partie de ’ haute bourgeoisie, qui s’étaient dressées contre lui tant que durait son action anti-gou ¬ Le Dahomey prospère C’est sous ce titre que la dépêche coloniale du 31 juillet 1924 vante les beautés de l’œuvre coloniale du gouverneur actuel du Dahomey. Le larbin payé pour faire cet éloge nous ap prend que M. Fourst 8 fais de l’ancien fief de Béhanzin la plus belle colonie de l’Afrique Oc cidentale française. On pourrait dire avec plus de vérité qu’au fief de Béhanzin a succédé le fief de M. Fourni, satrape de la III e République, qu’elle soit à droite ou à gauche. Car, le gouverneur du Dahomey s’y entend pour mettre « en valeur l’outil principal du pro- grès (qu’il dit), l’homme » ; pensez donc, l’ex portation des oléagineux a atteint 50.000 tonnes en 1923, mais ce qu’on ne nous dit pas, c’est la méthode employée pour mettre en valeur ce merveilleux outil humain, pour les compagnies d’exploitation, qu’est le travailleur colonial. Combien ce sang et de vies humaines repré sentent ces 50.000 tonnes d’oléagineux. Il n’est pas difficile de l’imaginer si l’on considère les méthodes qui ont encore cours au Dahomey pour l’enrôlement volontaire. René Maran rap porte dans un journal du soir l’histoire édifiante que voici : « Connaissez-vous Kagpo ? Non, Kagpo est un Dahoméen que, pour le moment, on soigne au Val-de-Grâce, service du deuxième fiévreux. « Natif de Hinvi, près d’Alada, — orphelin de père — pour faire vivre sa vieille maman,, sa femme et ses deux enfants, Kagpo exerçait la profession de cultivateur. « Un jour, — à ce moment son deuxième en fant, une fillette, n’avait que trois mois — l’ad- ministrateur de son cercle lui demanda s’il ne voulait pas s’engager comme tirailleur. Il ré pond que non, qu’il n’a nullement l’intention de quitter son pays. « Un. mois s’écoule. Certain après-midi, un mi licien vient lui ordonner de passer à la Rési dence. Il s’y rend, et se trouve en présence de l’Administrateur, d’un médecin-major, et de son chef de village, leur complice. « Derechef, on lui demanda s’il ne veut pas s’engager. Nouveau refus, et formel. Alors ? Oh ! alors, c’est simple. On passe outre à son refus, et on le met dans l’obligation de choisir soit cent francs, soit deux cents, — la première de ces sommes n’étant pas autre chose que la prime allouée à tout engagé volontaire pour deux ans, la deuxième pour trois. « Apeuré, anéanti, Kagpo empoche cent francs. A peine a-t-il eu le temps de faire ce geste que, sans lui permettre d’aller embrasser les siens, on le dirige dare-dare sur Ouidah, près Cotonou. Là, on l’équipe en hâte, en même temps qu’un tas de lamentables bêtes humaines, ses frères. Et, en hâte toujours, on expédie sur la France ce convoi de bestiaux à deux pattes. « C’est là que Kagpo est depuis plus d’un an. Et comme il ne sait ni lire ni écrire, il n’a pu donner de ses nouvelles aux siens depuis qu’il a quitté son pays, c’est-à-dire depuis plus d’un an. Un point, c’est tout. » Voilà, monsieur le pisseur d’encre stipendié de la Dépêche Coloniale, ce qui se passe « sous les ordres du chef si énergique (je te crois), d’esprit si largement ouvert qu’est M. le gou verneur Fourst. « En présence d’un tel régime, les lamentations sont vaines, il faut oser aller jusqu’au bout de la logique qui nous conduit à une conclusion à laquelle on ne peut échapper. Le régime co lonial est le produit naturel de l’impérialisme : la colonisation humanitaire est un non-sens. Le renversement de l’impérialisme amènera ipso facto la disparition du colonialisme et cette œu vre ne peut s’accomplir que par l’union des co loniaux et des protêt aires d’Occident sous le drapeau de la III e Internationale. vernementale, il agit vindicativement contre les partis extrêmes : communiste et nationaliste extrémiste, qui, eux, réclan aient ’ évacuation complète et inconditionnelle du pays pa. les troupes britanniques. Le parti communiste égyptien fut brutale ment dissous, son secrétaire Husney-el-Arabi fut arrêté d’une manière qui ne laissa rien à envier aux procédés des autorités anglaises. Débarrassé, provisoirement, de ce parti, qui l’aurait gêné dans sa nouvelle politique de flirt avec les oppresseurs de : Egypte, Za- ghloul Pacha se tourna vers T autre obstacle, le parti nationaliste extrémiste, qui refusait de désarmer devant la position anglophile de son gouvernement. Aussi, suppression de journaux opposants, perquisitions domiciliaires, interdic tions de réunions, détentions, préventions, etc., aucune mesure de répression ne fut épargnée par le dictateur bourgeois. Les jouinaux de l’opposition El~Lewdei Masri, El-O'mah, El-Kachkvm et finalement VEl-Siassa furent suspendus sous des prétextes fallacieux. Bref, cette politique de basse police, qui prouve le danger des illusions qu’on place en la bourgeoisie, vient d’avoir, sous les yeux de la satanique Albion, leur inévitable épilogue : Zaghloul Pacha tombe, frappé par une baKe égyptienne, tirée par un nationaliste déçu et exaspéré. Nous ne nous étendions pas sur les faits qui. logiquement, engendrèrent cet attentat. Mais nous tenons à profiter de cet événement pour étaler aux yeux des masses asservies F absur dité d attacher trop d’intérêt à certains mouve ments bourgeois, soi-disant nationalistes, qui ne sont, au fond; qu’une rivalité d’intérêts privés et qui aboutissent généralement à des -ompro mis fait sur le dos du prolétariat. A celui-ci de comprendre ses devoirs et de se libérer de ses exploiteurs de tourte origine. ALY M. BEN HAMAMOU. === = ========= ========== VIVE LA FRATERNISATION DES RACES Mahmoud ben Lekhal libéré ••• Le fameux « complot » de Mayence, si bien échafaudé par Poincaré, Maginot et Cie, s’est dégonflé piteusement. Les soldats et les jeunes communistes qui avaient été embastillés par le sinistre De- goutte pour avoir prêché la fraternisation des peuples et empêché l’assassinat des ou vriers, des femmes et enfants allemands affa més, sont enfin libres. Nous avons pu voire notre frère colonial Mahmoud ben Lekhal, le jeune Algérien qui avait prouvé par son. héroïsme que le prolétariat colonial se réveille à la lutte de classes et se rallie au prolétariat européen pour déjouer les desseins criminels du capi- talisme international. Notre camarade, qui fut odieusement mal- traité par les sbires du Comité des Forges, garde encore sur ses traits fins les empreintes de la souffrance. Les huit mois d’emprisonnement qu’il a passés et les tortures qu’il a endurées en ont fait un révolutionnaire trempé. Le commu nisme auquel il s’était rallié par idéalisme, se présente à lui, maintenant, comme une né cessité matérielle pour supp imer l’exploita- tion de l’homme par l’homme. Le communisme,, nous dit-il. st une orga nisation sociale qui s’établira infailliblement avec la force d’une loi naturelle La lutte que nous menons al pour but de hâter T sè nement de la société nouvelle, et d’abréger la période sanglante du régime capitaliste qui coûte tant de victimes à l’humanité. Nous saluons, en Mahmoud ben Lekhal. le vaillant militant qui a montré a ses frères coloniaux, leur devoir : celui de combattre le régime de l’exploitation, sous la bannière de l’Internationale Communiste. Aussi, nous disons à nos frères opprimés, que seule l’action organisée peut faire plier les gouvernements capitalistes . les plaintes les plus justifiées les laissent insensibles. La liberté dont jouit, pour le moment, Mahmoud ben Lekhal n’a été arrachée que par l’ac tion de la classe ouvrière française. Au prolétariat colonial de comprendre ses devoirs, s’il veut se libérer du joug sous le quel il est écrasé. AB Le PARIA se fera un devoir d’insérer et de dévoiler tous les abus de l’impérialis me envers les masses opprimées, Nous demandons à tous nos frères coloniaux qui souffrent de l’exploitation et du despo tisme capitalistes de nous communiquer leurs revendications (politiques et écono_ miques), et de nous informer sur les scan dales et les crimes du colonialisme. Nous clouerons implacablement au pilori tous les auteurs des ignominies du régime pourri actuel dont les masses coloniales sont les victimes. LE PARIA. ### [Trang 2] DE FALLIERES A DOUMERGUE S’il est un vieux principe républicain, c est bien celui qui condamne la peine de mort. De Lamartine à Victor Hugo, tous les hérauts de la bourgeoisie républicaine ont dénié à la so ciété le d>oit de tuer au nom de la loi ; et la suppression de la guillotine jut la plate-jorme politique commune aux républicains de toutes tendances, quand les républicains n en étaient encore qu’à combattre pour la république. I G n ■anlenani que non seulement la Répu Uiq, ■ existe depuis plus d’un demi-siècle, ais qc-' ce sont ceux qui se prétendent les seuls vrais et avihentiques républicains qui sont au poav- . ta peine de mort subsiste toujours en droit en lait. L’un des premiers actes de M Doumergue républicain radical, président du Comité Exécutif du parti radical et radi cal-socialisle, après son élection à la prési dent-■ de la République, a été de permettre ' ex avion de Kémili, condamné à mort pour crime passionnel. R La ne mordre mieux la rapidité avec la~ queite la ’ >utgeoisie française glisse sur la pente de la déchéance. Il nv a même pas Dingt am qu un républicain, qui ne portait pas une étiquette aussi avancée que M. Dottmer- gue, mais qui était un républicain de vieille so uchc, porté à l’Elisée par les Herriot de i époque, considéra comme son devoir d’appli- qiuo dans les faits de l’ancienne doctrine répu blicain’: un la peine de mort. Le président Fallières né cia d’aujourd’hui systématiquement tous les condamnés à mort, jusque et y com- pris SoL lUand Le radical d’aujourd’hui Dow wergue, é' 1 - tout comme son prédécesseur le bocal, croate M llerand, se fait le pourvoyeur empressé de ta guillotine. Mais ce qui donne tout son relief à ce geste féroce, c’est que s’il y a un cas où, plus que dans tout autre, la gâca s’imposait, c’est dans celui de Kémili. Kémili a, en effet, été condamné pour une na ture de crime pour laquelle toujours... quand il s’agit d’un Français, le coupable est acquitté. Kémili avait tué la femme qu’il aimait. Chaque année, les coupables comparaissent de- Vani les Assises et... régulièrement, ils y sont acquittés. Mars ce qui est permis à un Fran- ç ais, ne saurait l’être à un indigène. Non seul crient on ne l’excuse pas d avoir tué par amour. 'tais son amour même lui est imputé de crime. Au meurtre passionnel, on répond par un ^ime de race. Et c Ast ce v-rdict, dont il est impossible de siet mil ful inspiré par la haine de race, que le « répuhlicai-n » Doumergue a entériné. Par là il a montr qu’ il ne se souciait pas plus de principe , républicain » de l’égalité et de la ^.■d-wrlié des races, qu’il ne se souciait de ce lui de F peine de mort. L : -.orne de race est désormais devenue, per in ( Le du Bien. des Gauches, une institution nfficieile de la République. R. LOUZON. *— ■ - -poc-- won Tunisie LES INDIGENES S’ORGANISENT ET METTENT EN PRATIQUE LA LUTTE DE CLASSES L, dot kers de Tunis Voic trois semaines bientôt que les doc- kers de Tunis sont en grève pour une aug- mentation de salaires. Ils i fait hier une grande manifesta- bon Plus de deux mille personnes ont par- couru les artères principales de la ville av e< une dignité et un calme parfaits. La poli ' et l’armée mobilisées pour la circonstance n’ont pas eu à intervenir. La population européenne, à qui les jour- n aux réactionnaires présentent les travail- leurs indigènes comme de véritables sau vages a été complètement édifiée et tout à l’avantage des grévistes. Nul lo ute q aaprès quelques manifesta- tions comme celle d’hier, le gouvernement finisse par comprendre que nos cama- rades g: évistes ne sont pas seulement sympathi pie à la population indigène, mais aussi à tou te la population européenne. La grèv se ; uursuit toujours avec le mê- me enthousiasme et les dockers sont bien résolus de lutter jusqu’à complète satisfac tion. ----- • - --- =440-9 — CONFLIT DE MENZEL_DJEMIL ARR ESI AT IONS ARE ITRAIRES Nos camarades de Bizerte nous appren- nent que cinq grévistes de l’huilerie de Menzel-Djemilont été arrêtés par ordre du Khalifat. Les arrestations arbitraires, sous pré texte d’entraves à la liberté du travail, ont été opérées sur les simples accusations d un renard vendu au patron. Une preuve que ces accusations ne re posent sur aucun fait précis, c’est que le Khalifat est décidé à libérer les emprison- nés s’ils s’engagent avec leurs camarades à reprendre le travail. Ni les prisonniers, ni les grévistes ne mamlient dans cette combinaison : ils re- poussent unanimement ce chantage qui ne peut que profiter au patronat. Nous rappelons que dans cette huilerie la grève fut déclarée par solidarité à la suite du । . oi de sept ouvriers indigènes qui avaient protesté contre la violation d’un contrat de travail. Contrairement à une opinion courante qui tend à faire croire que les indigènes sont dénués de tous sentiments de solida rité et de révolte, nous sommes heureux re donner une ; reuve nouvelle du contraire. La grève des dockers de Tunis, la grève de solidarité de Menzel-Djemil, la manifes tation calme et digne des ouvriers en lutte, autant de preuves que nos camarades in- digènes comprennent de plus en plus leur devoir de classe. Parto 1 ils rejoignent les organisations synd ales et notre Parti Communiste. Qu ils tinuent dans cette voie et leur én ancipat n totale est prochaine. Trawall exécuté par des ouvriers syndiqués Le Gérant : Léopold MESNARD. mprimerfe Française (Maison J. Dangon) 123 rue Montmartre, Paris (2 e ) Ceorges DANGON, imprimeur. ---------------===--= ===== == ======a ra zann. . mam aznean = =================== Le groupe Communiste dénonce l’Impérialisme Français Dans cette pétaudière qui a nom la Cham bre des députés) où des millionnaires et leurs maquignons se chamaillent pour la forme en vue de restaurer l’économie na tionale qu’ils ont effondré et dont il veu lent faire payer les frais à la classe ou vrière, seule, la fraction communiste tient tête à cette meute de flibustiers, pour dé- i fendre les intérêts du prolétariat et dénon- cer la politique de meurtre qu’on prati que contre les masses coloniales. De ces démocrates radicaux ou socialis- | tes qui trompent la classe ouvrière avec leur plan Dawes qui vaut leur traité de Versailles, aucun ne parle d’alléger le far deau de la bête de somme qu’est l’indigè ne colonial. Dans, la séance du 24 août, et dans un discours magistral, Doriot, le jeune députe communiste, a flagellé tous les négriers du Bloc national de gauche, comme leurs aco lytes de droite. Nous reproduisons ici la conclusion du réquisitoire qui cingla, comme un fouet, les esclavagistes français : Doriot. — Mon dernier mot sera pour ceux que vous exploitez le plus). Vous avez dans vos colonies 50 millions d’hommes que vous opprimez et que vous exploitez de la façon la plus odieuse. ^Exclamations au centre et à gauche. — Applaudissements sur quelques bancs à T extrême-gauche.) Je dis, au nom du parti communiste tout entier, que ces peuples ont droit à leur indépendance et qu’ils ont le droit de con quérir cette indépendance par les armes. (Exclamations sur de nombreux bancs.) Ce sera mon dernier mot. (Applaudissements sur quelques bancs à l’extrême gauche.) Dans la séance du 25 août, lorsqu’on aborda la question du mandat syrien, ce fut notre camarade Berthon qui leur dit : « Vous avez promet aux Syriens, comme aux autres peuples de l'Orient et plus tard vous vous êtes partagés avec les 'Alliés- les zones d'influence. « Vous avez dépensé des milliards, vous avez fait tuer des milliers de soldat^} poc vous étendre en Cilicie, pour avoir Alexu> drette. En Chine IMPERIALISME INTERNATIONAL ET TERREUR BLANCHE Depuis l’invasion de la « civilisation » capi taliste, la Chine est à demi-colonisée par l’im- périalisme international et le prolétariat chi nois, bien entendu, subit les conséquences de cette situation. Avant la guerre, ce prolétariat gémissait, mais ne faisait rien ; après la guerre, il se redresse et au nom du N it des peuples à disposer deux-mêmes, il cssale sa révolution. Lénine, dans son « L’imperialisme, dernier étape du । capitalisme », disait bien : « L’Orient est antre dAinilizemor ,dansl mouvement e-C ■ naire par suite de cette prenre g ierre c 9 été entraîné dans le tourbill n -L mouvemen révolutionnaire mondial » Devar ’ le soulèvement lu prolétariat chinois, l’impérialisme étranger s’empare du gouverne- ment de Pékin comme d’un instrument contre- révolutionnaire Cet impérialisme, en effet, détient en Chine beaucoup plus de pouvoir que le Président de la République et les ministres ; de plus, il fournit des armes et de l’argent au gouvernement de Pékin qui ne pourrait se main tenir sans cela. Le gouvernement de Pékin n’existe donc qu’à la condition de sauvegarder les intérêts de l’impérialisme étranger : de là vient que la répression contre les révolutionnai res est exercée par le gouvernement de Pékin sur l’ordre des ambassadeurs des Etats capita listes. Aucune organisation révolutionnaire et aucun journal révolutionnaire, sauf à Canton, dans le district de Suen-y-Sen, n’ont pu subsister en Chine, légalement. Dans ces deux dernières années, il v a eu près de 300 de nos camara des, soit des mines, soit des chemins de fer, qui, en pleine lutte pour la création des syndi cats en Chine, pour l’augmentation des salai res ou pour la réduction de la journée du tra vail. ont été sommairement exécutés. Tout récemment, nos cinq camarades de Han-Kou ont été accusés d’avoir participé à un complot qui aurait abouti à ‘attentat contre le minis tre des Affaires étrangères, Wellington Kou : ils ont été fusillés sans proces. Notre camarade Tchang-Kouin-Te . se trouvant à Pékin, fut accusé du même complot et faillit être fusillé de même : on l’avait arrêté comme suspect aux yeux des directeurs et des professeurs de quel ques universités de Pékin : il a été condamné à 12 ans de prison. Victor SHTONG. - — — » e-2D) o Cass -6. A Madagascar LES « DOUCES PRATIQUES » COLONIALISTES Bien sûr, le lieutenant-kolonel Francis Mury, délégué des Comores-Madagascar, et son aco lyte Outrey, député de Cochinchine, baveront sur les indigènes qui se révoltent contre un régime de terreur et de meurtre. Les moyens arbitraires que ces MM. em ploient sont dignes du capitalisme dont ils sont des larbins. Ce passage d’une lettre qu’un Malgache adresse à un correspondant français sera édifiant' sur les douceurs de la colonisa tion française : « Je suis heureux de constater que vous êtes un de ces blancs, vazoha, comme nous les appe lons ici, qui ne voient pas les noirs et tous les hommes de couleur comme des êtres un peu plus grands que les bêtes. On parle mainte nant beaucoup de l’émancipation des indigènes et je sais que de nombreuses personnalités par lementaires ou autres s’occupent hardiment de cette question. Parmi eux, les premiers à citer sont les communistes. Certes, ils ont fait déjà bien des choses, mais ce qui reste encore à faire est, hélas, très nombreux. « A Madagascar, on ne laisse guère les indi- gènes lire quand il s’agit de journaux qui trai tent ces questions. Et, si on sait qu’il y a tel ou tel journal traitant telle ou telle question, on le confisque. « Ceci pour vous dire combien nous sommes heureux de lire ces journaux communistes ou autres qui traitent une question pour nous vitale. On se soustrait à cette saisie en em ployant mille ruses pour nous faire envoyer les journaux qu’on nous empêche de lire. » Oui, MM. Mury et Outrey, l’idée est en mar che et vous avez beau hurler votre indigna tion, c’est avec vos douces pratiques colonia listes que vous contribuez au triomphe du com munisme s M. Herriot lit la convention concernant le Liban. « Y laissera-t-on les soldats- ? » demande Cachin. — Tout de même ! précise Berthon. Soi- . Marcel CACHIN, député de Paris disant, ta Syrie c'est un peuple auquel vous donnez la liberté et c'est vous qui préten dez traiter pour lui. — Si nous partons, le s Syriens seront opprimas! par les gens de la Transiorda- nie, réplique M. Franklin-Bouillon. ■— Voyons ! Vous croyez à la Société des Rations, reprend Berthon. Eh bien ! la « gendarmerie internationale »... que vous allez créer, pourrait suppléer les troupes françaises ? Et d'ailleurs, je vous affirme que les Syriens peuvent se gouverner eux- mêmes. Mais Cachin se lève de son banc et ob ¬ Amnistie pour les Coloniaux Réponse â M. Outrey M. le Député, Vous avez écrit, dans le Midi Colonial du 7 août « qu'il est absolument regrettable d’avoir • tendu l'application de la loi d'am nistie aux colonies », car, selon vous, cette re pi ai être comprise par l'âme indigè- i 3 ' 1 u- - - e re * r o 6 ’ a i b • _ et, tors, elle encouragera là propagande com- mouniste en Indochine. Vous me surprenez. Monsieur le Député, avec votre psychologie de l’indigène- que vous avez pris soin d’encadrer dans je ne sais quelle conception de « l’évolution de races d ! En l’an 1042, à l’occasion du 12 e anni versaire de son règne, un de nos rois, Ly- thaï-Tông, amnistia tous les condamnés. Qu’en pensez-vous, Monsieur Outrey ? Il me semble que le peuple annamite connais se l’usage des amnisties et qu’il soit en me sure d’apprécier à sa valeur véritable celle que lui accorde, presque neuf cents ans après l’un de ses rois, la 3 e République française. Aussi, il ne prendra pas, rassurez-vous pour « un acte de faiblesse » ce qui ne peut être qu’une tentative habile destinée à ré parer tant bien que mal les défis à la justice que vos commissions criminelles improvisaient en huis-clos. « C’est avec un sentiment de profonde tristesse et de véritable anxiété que j’ap- prends que, malgré les promesses faites à la tribune du Parlement, des malheureux souffrent au bagne de Poulo-Condore pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Je ne puis croire qu’une mesure disciplinaire tarde à intervenir en leur faveur. Ces hom mes sont l’élite de la race annamite. Leur condamnation constitue un défi à la jus tice. » Voilà en quels termes Francis de Pressensé, en 1912, appuyait une demande d'amnistie. Pensez-vous, Monsieur Outrey, que l’âme indigène ne comprend pas, ne sent pas les « défis à la justice » ? Un effet de contraste, un besoin, les aiderait à com prendre cela. Ainsi, vous avez déporté des manifestante de 1908 à Poulo-Condore et des affiliés au Dong-Kinh-Nghia-Thuc, à la Nouvelle Calédonie et à la Guyane, mais vous n’avez pas coupé la tête à ce résident supérieur qui fouilla le tombeau de Tu Duc pour y chercher de l’or. Vous avez condamné à mort, par contumace, Cuong De et Ph-boi-Chau, vous avez exilé Duy Tan à la Réunion, mais vous n’avez pas fusillé Darles, Boudineau, Beaudouin, Co- gnacq. Vous avez infligé, à des milliers d’étudiants, dont le seul crime fut d’aller s’instruire au Japon, des bannissements et des interdictions de séjour, mais vous avez oublié de pendre Sarraut. Dans ces conditions, l’amnistie ne peut être ni paraître un acte de faiblesse : c’est un rachat et les indigènes le savent. Mais s’ils se jettent dans le bolchevisme avec cette frénésie qui vous étonne et vous effraie, n‘est-ce pas à cause de vos iniqui tés mêmes qui les exaspèrent et que, pour le comble de la bêtise, vous voudriez main tenir en refusant l’amnistie ? Le communisme dans les colonies est l’aboutissement logique de toutes les ini quités coloniales. Vouloir le supprimer tout en conservant les causes qui le provoquent, c’est une prétention absurde et ridicule, voire dangereuse. En votant contre l’amnistie aux colonies, alors que les Berthon et les Marty votaient pour, vous avez commis une injustice, Mon sieur Outrey, et, ce c ui est pire, une faute ! C’est « absolument regrettable » pour vous. Ng. the TRUYEN. COLONIAUX ! « LE PARIA » EST VOTRE JOURNAL. LISEZ-LE ET FAITES-LE LIRE. serve : « J'enregistre que nous ne sommes en Syrie depuis quatre ans, que nous n’a vons dépensé des milliards que pour dé fendre les Syriens contre des Bédouins. — Mais non! nous fais ont; de l'organisa tion, reprend M. Franklin-Bouillon. — Non ! répond Cachin, nous sommes allés en Syrie pour nous- y installer, pour y faire du coton, pour nous emparer d'A- lexandrette. M. Millerand a avoué que no tre but est de faire de la Syrie une autre Tunisie. Votre optimisme officiel ne cor respond pas à la réalité. Il n'y a pas en Syrie même une minorité d’habitants qui soient partisans du mandat. — Nous» avons élevé le peuple syrien à « la conception de la vie moderne » (!!!) répond M. Franklin-Bouillon. M. Herriot intervient pour affirmer : « Nous maintiendrons intégralement le man dat en Syrie. C'est la politique du parti radical QUAND IL EST AU POUVOIR sic). » Puis le bonimenteur lyonnais ra- conte une banale histoire d’une petite sœur supérieure qu’il a fait décorer de la Lé gion d’honneur pour la remercier de s’être prêtée à la transfusion du sang... La Cham bre applaudit !!! — Vous dépensez des milliards en Syrie et le peuple ouvrier de France est dans la misère, conclut Desoblin. Berthon remarque alors qu’on ne peut en ratifiant le traité de Lausanne éviter de tenir compte de l’existence de l’Arménie. Notre camarade rappelle la propagande faite autrefois en faveur de l’Arménie. Et il conclut : « Or en 1924, vous allez refu ser d'entendre le cri du peuple qui souffre. C'est le -gouvernement de M. Herriot qui va jeter la pierre du tombeau sur le peu ple arménien. » — Il v a deux pierres sur le tombeau, réplique M. Herriot. — Vous voulez parler de la partie de l'Arménie qui est agrégée à la R. S. F.S. Sachez qu’elle est entrée librement dans cette République, répond Berthon. Et notre ami conclut : « Votre traité est contraire au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. C’est pourquoi nous voterons contre. Ainsi nous servirons les intérêts du prolétariat et de la paix. » En Indo-Chine LE PRIX DE LA VIE Chacun sait que l'auto de M. le Gouverneur Cognacq a écrasé, à Badong, une femme anna mite. Mais ce que beaucoup de personnes ignorent, c'est, qu’au moment de l'accident, M. Cognacq ne daigna m.éme pas descendre de la voiture. Il se contentait de détourner la tête pour ne pas voir la v-xe sanglante sous les roues de I :atomobite gnbernatorla’e. Son officier d'or donnance seul descendit pour palabC av- c lez parents de l’écrasée, lesquels du-on, récla maient cent piastres de âommages-intér&is cher pour une vie humclu:, fc -elle celle a ie r^^.vre vieille campagnarde ! Le 'bapit Xf-. Sers sortit de ses pObhcs M.r-sepl râ-:st:cx bien comptées. Voilà qui est large, gé néreux et noble, comme la devise de noire murnal. Dix-sept piastr s, une ^'ic T Annamite ! i ce prix- là, nos raiilionnarres cochirchinois pou vont s’offrir le luxe d’écraser des ctchucv de viétons (La Cloche fêlée.) Os UNE PROTESTATION DES ANNAMITES Le ministère des Colonies, solidaire du gou vernement de TIndo-Chine, a communiqué à la presse une note relative au retour de M. Merlin à Saigon. Sur le quai, le gouverneur générai aurait manqué d’être étouffé par les embras sades de ses sujets, venus de toutes parts pour lui témoigner leur loyalisme envers la coloni sation française et leur sympathie envers lui, Merlin. Que la personne de M. Merlin soit sympa thique ou non, peu nous importe ; mais nous protestons énergiquement contre l’allégation absurde de notre loijalisme. Il faut être vrai ment puéril pour bluffer jusqu'à ce point, alors que la bombe de Canton — pour ne citer que celle-là — a failli écrabouilf r M. Merlin et les survivants. de sa bande ! La vérité est que les Annamites en ont assez de la colonisation française. Ils n’attendent qu'une occasion de le montrer. Que la révolu tion prolétarienne survienne, et l’on verra tous les Merlin de la terre rapidement mis à la porte. Le Groupe annamite de l’Union Inter- coloniale et de la Fédération de l’Asie. s LES AGITATEURS ANTI-FRANÇAIS EN COCHINCHINE CE SONT MM. COGNAÇQ ET MERLIN Nous tirons d'un article des Continents le pas. sage suivant : « La Cochinchine est livrée à quelques agita teurs anti-français ; les deux principaux sont MM. Cognacq et Merlin. « Qu’on les fasse passer en jugement, qu'on les emprisonne, et demain le calme et la con fiance renaîtront dans un pays où la probité, la douceur et la sagesse sont les principales raisons de vivre. » Ceci est l’opinion d.’un bourgeois français. M. Léon Werih. Est-ce que M. Outrey poussera le cynisme jusqu’à dire que cet é ainent écrivain est en core payé par -Moscou ? Certes, les appréciations de M. Werth sont édifiantes. Mais nous ajouterons que lè châti ment qu'il préconise à ces deux canailles colo- mates, ne peut être rendu que par un tribunal prolétarien ; car il faudrait anéantir ce régime, qui engendre meurtre et vol que l’on appelle colonialisme. Cela, fait, tous les Outrey. Cognacq et con sorts disparaîtront tout seuls. ■ - —■ Le désastre espagnol an Maroc Le communiqué officiel de Madrid an nonce qu’un rude combat a eu lieu dans le Maroc espagnol, dans la région du Lau. 11 ajoute que les colonnes se sont retirées « normalement ! » D’autre part, le correspondant du Temps à Tanger écrit à son journal : « Les colonnes opérant sous le comman dement du général Serrano dans la basse vallée du Lau sont isolées ; il ne faut son ger ni à les ravitailler, ni à évacuer leurs malades et blessés. Il est également im possible de leur envoyer des renforts par terre puisqu’on se bat sur les territoires " des Beni-Hizmar, Beni Saïd et Beni-Has- | san. =* @0* L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS A J NIGER Dans un ouvrage sur le Niger, un vieux traîneur de sabre, le colonel Bernard, écrit : « Les administrateurs des colonies signa lent que depuis quelques années les indi gènes de nos colonies d’Afrique passent la frontière, vont s’établir à Sierra-Léone, à la Gold-Coast, à Nigeria, pour se dérober à des impôts qu’ils jugent e v essifs et à la lourde charge du service mili aire. Dans certaines régions, l'état sanitaire et dép ■■ rable. M. Bélime signale dans la vallée n Niger que la population n'augmente pas que la sous-alimentation est la règle. Lu 1919-1920, lors des opérations de recrute ment, la proportion des inaptes a été de 72 %. » Voilà une constatation de ce fait que les indigènes préfèrent le choléra à l'impéria- lisme français et à tous ses fonctionnaires choisis parmi la grande fripouillerie •In monde. Une étude sur la production du coton au Niger va nous fournir une explication de ce fait. Avec les autres colonies, la France pro duit seulement 2.000 tonnes par an, alors qu elle possède 9 millions de bobines, oc cupe dans ses industries' textiles 200.000 ouvriers et consomme 300.000 tonnes. Elle se tourne donc vers la vallée du ( 'gbr. Un programme, en exécution ja, envi- sage la culture du coton, d abor 1 700.000, puis 2 millions d’hectares Or ce programme est miné par la pénurie de main-d’œuvre, les indigènes ayant été ex terminés Ou s’étant enfuis dans les colo- nies anglaises. C’est alors que les colonisateurs ont voe lu provoquer des immigrations, ou plutôt, ils importent par la force des populations des régions avoisinantes et rétablisse ni ain si l’esclavage. Hommes, femmes enfants travailleront sous la garde du lus détesta- ble des militarismes, le militarisme colonial français. Nous en savons long sur l’activité ces requins qui s’appellent Loucheur, Bé lime et Angoulvant, basse friponiile qi prétend pacifier la Côte dTvou u. Leur sale programme de travail f de trust capitaliste aura sa réper ■ s ion sur le prolétariat du textile français D t ils ont calculé le maximum de déper ses qu’entraînerait l’alimentation des un ige- nes) ! Les chambres de commerce ie B • il et de Caves ont établi, de coure • aver e gouverneur général Merlin et son minis tre des colonies d’alors, un système di réquisition et de réglementation main- d’œuvre. Sarraut, le gripe-sou, ■ refuse de le révéler à notre camarade Vaillant-Coutu- rier qui avait réclamé deux fois la com munication du dossier Mais les choses n’en resteront pas là. Nous allons mettre le Bloc des gauches au pied du mur. M. Diagne, président de la commission des colonies, aura v eca sion de défendre les siens. lui qui ■ ignore du fameux programme. Et vous. Messieurs de la I nuque de Ps iS et des Pays-Bas, en garde ! SAMADIOU. — ------ EN TRA NSJO RDANIE MAC DONALD CONTRE 11 s WAH BITE fl y a quelques jours les jou-nans inglais, et plus particulièrement les orge Cabinet travailliste, publiaient sur lafag ■ ont fut réprimé le dernier mouvement de révolte des Wahabites les détails suivants : « Trois aéroplanes d’Annam, av ec du bom- « bes et des mitrailleuses, furent envoyés con- « tre les Wahabites qu’ils forcè nt à battre « en retraite. De 9 h. 30 à 11 h. 25 trois tanks «poursuivirent les Wahabites dans la direc- « tion de l’Est, jusqu’à épuisement de leurs mu- « nitions. Plus tard, un deuxième raid aérien « partit d’Ammian contre les Wahak ues à l’Est « de Meshetta, pendant qu’un troisième groupe « d’aviateurs quittait Amman à 14 h. 30 et « attaquait les Wahabites qui battaient en « retraite à 40 milles d Amman, etc... » Pour ceux qui ont encore des illusions sur le gouvernement « socialiste » anglais, ces informations démontrent la vraie mentalité de ces « socialistes » vis-à-vis des esclaves colo- niaux. Mais, malgré les mitrailleuses et les aéropla nes de Mac Donald, les esclaves l’Egypte, de Transjordanie et du Soudan continueront la lutte pour leur libération totale. Pour que LE P/i r« ViVe Nous avons fait des appels pour les « 2.000 abonnés s, mais notre vœu est en- core loin d’être réalisé. Nous demandai à tous nos frères coloniaux qui nous mer- quent tant de sympathie verbale, de join dre le geste à la parole. La lutte ne peut être menée uniquement par les comph- inents qu'on nous adresse. Le Paria re vit que par l’effort de ses eollabor leurs. A nos lecteurs de nous aflirei de nàciveaux abonnés et souscripteurs ; nous aurons alors des munitions plus abondantes ; nous pourrons combattre nos exploiteurs.' Des Munitions pour « le Paria > Total des listes précédentes.. Fr. 3 965 » Des jeunes Khalédistes de Tlem- cen 53 Un Chinois bolchevik 20 » J. Hélène 7 » Pour la disparition de l’indigé- nat 25 » Sié Tchang , 2 » Vive la Révolution russe 15 Un groupe d’amis du Paria 70 25 Lagrange 1 50 Emir 10 » Lé-Van-Tieu 7 - Pour le retour de Khaled en Al gérie 20 j Un groupe d’Annamites 52 Plancoste Vive le Parti Communiste 10 » Williams . 10 Alcindor 5 » Un Arabe rouge 15 » Un Sénégalais 7 » Un groupe d’ouvriers algériens. 5 Pour la libération des coloniaux - 12 50 Un groupe d’ouvriers algériens Vive le Paria ! Quelques amis.. 20 90 A bas les bagnes africains 8 » Tran Xuan Ho. 5 » Association des travailleurs anna ¬ mite du Havre 40 » Total Fr. 4 392 1 5