Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70093571 (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — août 1924 1924 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] ME ANNEE. — N° 28 Le Numéro: VINGT-CINQ centimes AOUT 1924 VAINISTRATION 3, Rue du Marché-des-Patriarches PZ RIS (5 e ) Paraissant mensuellement le Paria 18 Tribune du Prolétariat Colonial DIXIÈME ANNIVERSAIRE JAURES Abonnement, Un an : 3 francs Chèque posiil : 92-22 Paris L Internationale Communiste aux Travailleurs Coloniaux La Raene Impérialiste & les Parias Coloniaux >+e-—< Août 1924 est le 10 e anniversaire de la guerre impérialiste. Le prolétariat ne doit pas oublier ce jour affreux où le capitalisme a perpétré le crime le plus abominable que connaisse l'histoire. Les appétits déchaînés de quelques magnats de la finance et de la grosse industrie, leur lutte acharnée pour l'accapare- ment du marché mondial ont lancé le proléta riat entier dans le plus affreux carnage. Pour abuser la classe ouvrière qu’on assas sinait on décora ce crime du nom de guerre du Droit ; on eut recours au mensonge ; toute la bourgeoisie et ses agents (nationalistes enragés, radicaux, socialistes) préconisèrent l'Union sa crée ■' empoisonnèrent l'esprit des travailleurs par des formules décocratiques ; les chauvins invoquèrent la Patrie, les socia listes la Liberté, l'Eglise son Dieu Pour alimenter la guerre, on ne recula de vant aucune illégalité, aucune trahison, et quand le réservoir humain menaça de tarir on se rabattit sur les esclaves des colonies. Alors, par bateaux bondes, on vit débar- quer des 2 ériens, des Marocains, des Mal- gâches, des Annamites, des Sénégalais. Le p olétariat métropolitain acclamait ces hommes de couleur qui venaient se faire tuer pour la « civilisation ». Mais personne ne se deman dait comment s indigènes furent recrutés et à quels pi céc s barbares l'impérialisme dut re courir pour les contraindre à sacrifier leur vie. En Ei epe, les capitalistes utilisèrent les so cialistes pour justifier l’agression qu’ils avaient organise, dans les colonies ils eurent recours à des maquignons de chair humaine indigènes, tels que'le négrier Diagne, du Sénégal, et le sinistre Ben Siam, d Algérie. Puis les devises menteuses firent place à la trique, à la brutalité. E Hgérie et en Tunisie, pour rafler le ma- - ~ nain, on piétina les conventions les pl s lies, et, comme du vil bétail, les indigene int razziés, parqués, puis expé- dii à la ' : icherie. Et quand certains d en- t. eux se - oltèrent, comme à Batna, par xem . o Ut recours à une sauvage répres- sien . E ■ villages fuirent brûlés, leurs fem- mes leurs effants furent mitraillés. Aujour d’hui encor les Arabes frémissent au souvenir (tes horreurs ce Bellazma, de Perregaux, d’Ain-Tout.. , _ En 1 dochir , les esclavagistes Darraut, Qu- trey et co ont appliqué les mêmes vio lences pour recruter les « volontaires » (sic) qui devaient assure’ la production d’engins meurtriers. Pour & happer a leur cruauté et pour se rendre inaptes, les Annamites s em- poisonnaient, se droguaient, et comme beau coup se sauvaient pour échapper a la bouche- ux - m emome p "pan in "=====-- LE PARIA a er les homeurs de la tribune I ors ah lébat sur l'amnistie à la Cham- bre, le 11 juillet. l’esclavagiste Outrey, pour exclure les coloniaux de cette amnistie ca- icaturale du Bloc des gauches, a épouvanté a Chambre de la grosse finance au moyen de 1 । r pagande communiste. •' neg i r u ionné lecture (!) d’un tract rilligé en chinois et d’un passage d’un article du Pmia. Il en profit pour présenter les doléan ces des grands empoisonneurs, fabricants d’alcool et d’onium, contre un peuple qui s’; prête à s'émanciper de leur oppression. Nous ne . urnes nullement étonnés des idioties au'a Tbitées cet individu sur le compte lu cr imunisme ; il est dans son rôle de larbin du capitalisme d’Extreme- Orient Malgré Out y et ses amis, le Paria con- tinnera ’ c. r aux populations colo- niales-ies ; ‘es de fraternisation et d’édu- cation rév ointionnaire ; qu’il nous soit per mis de remercier M. Outrey de la publi- cité qu’il a bien voulu faire pour la diffu sion de noire organe. Qu’il passe à notre caisse, nous lui re- i e Irons une nartie des roubles-or que nous recevons de Moscou. >*ee — La presse nourrie à l’Elysée — Les jou naux annoncent que le bureau et les me 1 res lu Comité du syndicat de la . resse 1 on! été reçus par le président I > n i ; i nier jeudi à quatre heures au s ir Les présentations ont été faites par NIMI Dutrey, dépité de la Cochinchine, et Vi- x en, prési lent d honneur et président du syn dicat. . , Ainsi, le.- marchands de mensonges de la pro ' tée sont allés s’incliner devant le ant de i ‘impéri ilisme. « La réception fut . s plus ci diales », c’est-à-dire leurs basses- ses seront largement récompensés, par les sub sides qui” leur font entretenir ces campagnes infâmes de politique anti-indigène. ils lèchent aujourd'hui les bottes du «« répu blicain » Doumergue, comme ils léchaient hier celles du réactionnaire Fabry. Pour les lèches-culs l’argent n’a.) is d rie, on inscrivit sur leur dos et leurs poignets un numéro d’ordre indélébile au moyen d’une solution au nitrate d’argent. Au Sénégal, la cruauté des colonialistes dé passa toutes limites. Les malheureux noirs qu’on présentait comme des grands enfants dés « Ya bon » charmés de tuer le « Boche », virent le retour de la traite. Avec eux on ne prenait même plus la peine de justifier le cri me. On tendait une corde à chaque bout de la rue principale d’un village et on déclarait « engagés volontaires » tous ceux qui se trou vaient là. Puis comme le « volontariat » ne rendait pas assez, les administrateurs et leurs négriers allaient dans la jungle, capturaient les noirs qu ils attachaient par le cou et les condui saient au port d’embarquement. C’est ainsi que furent recrutés les « volontaires » noirs qui se firent massacrer pour la « civilisation » en France et aux Dardanelles. J en ai vu à leur retour du front, fous à lier ; ils avaient été si ébranlés par la vue des horreurs du champ de bataille, des moyens de furieuse destruction, qu’ils en avaient perdu la raison. On les ramenait hébétés, attachés dans les camisoles dé force. La bourgeoisie « raffinée » européenne avait terrifié par sa cruauté ce qu elle considérait comme « des sauvages ». Les négriers dépassaient en sauvagerie les marchands d esclaves de l antiquité. Le pro grès n avait servi qu’à l’assassinat de la classe productrice pour le profit d’une minorité de parasistes, la philosophie des social-traîtres leur avait fourni l’enveloppe d’absolution. La haine ou 1 amour des races furent prêchés sui vant les circonstances ; la classe ouvrière fut assez dupe pour les entendre et no compren- dra, qu après la terrible leçon au lui fut in- fligée pour sa crédulité, toutes-r ’ ' — chauvines et patrotardes. Les réjltsts anot cr . d : diz ines de millions de morts et ci - alides, et dans ces • chiffres il y a ■ bon s ombre d'esclaves colo niaus Que la . . se ouvrière s'en souvienne ! ( ud ou: le capitalisme qui recruta As in | " ères rot - guer les recrutera ■■ m ■■ < pour noyer dans le sang la révolution proléta. rienne dans quelque pays d’Europe où elle se produise. Que tous les prolétaires du monde tendent dès maintenant leurs mains à ces parias jaunes, bruns ou noirs, qu’ils se groupent avec eux dans la seule organisation de classe où ils puissent les rejoindre : celle de la lutte pour le renversement du régime d'exploitation et de meurtre : l'Internationale Communiste. EL DJAZAIRI. Les conditions de travail au Maroc Un « groupe de travailleurs français » de Casablanca publie, dans le « Cri Marocain », une lettre ouverte au Résident, se plaignant de l’insuffisance des salaires « alors que la vie est au moins aussi chère au Maroc qu’en France », et de ce que la journée est cou ramment de 10 heures, excessive surtout pen dant l’été et sous ce climat. Nous sympathisons avec œs travailleurs, mais non avec la partie de leur lettre ouverte où ils semblent récla mer un régime de faveur en temps que fran çais. Se figurent-ils cela possible dans un pays où ils sont et resteront minorité, la masse des ouvriers et des employés se composant, comme il est naturel, de marocains et aussi d’Espa gnols, d’Italiens, d’israélites ? Les conditions de travail et de salaire de cette majorité dé termineront inévitablement celles des quelques centaines de salariés « français », et ceux-ci i ne peuvent améliorer leur sort que par la soli darité avec leurs camarades de toutes races. Cette solidarité a déjà donné ses fruits au cours de la période 1918-1919. Des Unions de travailleurs furent constituées alors à Casa blanca, à Rabat, à Kenitra, à Meknès entre les ouvriers du bâtiment et ceux du chemin de fer. tant français qu’italiens, espagnols et marocains. Faut-il rappeler qu’en dépit de l’ar bitraire de l’administration et des militaires, les travailleurs indigènes soutinrent les grè ves avec la plus grande abnégation, grèves qui amenèrent un relèvement des salaires. Une action syndicale permanente devrait être établie au Maroc et animée de cet esprit internationaliste. Tout y est à créer. C’est ainsi que là-bas le travailleur, même aussi français pur-sang que le maréchal Liautey (songez-y, braves ouvriers patriotes), ne bénéficie pas de la loi de 1898 sur les accidents du travail. Le même « Cri Marocain » cite le cas du manœu vre Mohamed ben Ali qui eut les deux bras arrachés par le titan à vapeur des travaux du port de Casablanca et ne reçut de l’employeur que 350 francs à titre d’indemnité bénévole. PERMANENCE « Union Intercoloniale », chaque diman che matin, de 10 heures à midi, au siège, 3, rue du Marché-des-Patriarches. Le « Paria », chaque dimanche matin, au siège, 3, rue du Marché-des-Patrar- ches (5 e ). I contre le brigandage colonial Le prolétariat parisien a dignement manifesté le 109 anniversaire de la mort de Jaurès. Plus de 20.000 prolétaires ont empli les quar tiers bourgeois du Trocadéro, de Passy. Dans un ordre parfait, la manifestation, organisée par le parti communiste et les organisations ré volutionnaires, s'est déroulée au chant de l’In ternationale et aux cris d’ « Amnistie » et d' « A bas la Guerre ». Dans l’imposant cortège, on remarquait fus qu'aux parias des colonies ; des faunes, des Algériens, des noirs qui avaient tenu à honorer le Grand Humanitaire qui fut leur défenseur. Jaurès avait vu clair : le brigandage colonial ne pouvait qu'aboutir au grand crime que fût la guerre impérialiste. Pour avoir condamné cette politique de vol et de meurtre, il fut lâchement assassiné par le capitalisme. Quelques jours seulement, avant sa mort, il prononçait à Lyon un remarquable dis cours, dont nous reproduisons les extraits sui vants : 514 4 । S „ .-s.OU tes IeS DAJFiUs, . c A , 10 ' - ae - er '' ngue 10 ont T s r ir s '■ 1 $ 1 e. • • • i • -, tit ■ • - ■ devant l’ut- " U 101 . y . , cé . que nous les lv 13 annor ■ : 1 ■ : i s avons dit que pi 0 trer ; AÀôri ■ -unies au Maroc, C é- ait ou 'P irope f q e des ambitions, des ouoitises et des conflits, on nous a dénoncés comme de mauvais Fançais et c’est nous qui avions le souci de la France. Voilà, hélas 1 notre part de responsabilités, et elle se précise si vous voulez bien songer que c’est la question de la Bosnie-Herzégovine qui est l’occasion de la lutte entre l’Autriche et la Serbie et que nous, Français, quand l’Autriche annexait la Bosnie-Herzégovine, nous n’avions pas le droit ni le moyen de lui opposer la moin dre remontrance parce que nous étions engagés au Maroc et que nous avions besoin de nous faire pardonner notre propre péché en pardon nant les péchés des autres. Et alors notre ministre des Affaires étrangè res disait à l’Autriche : « Nous vous passons la Bosnie-Herzégovine à condition que vous nous passiez le Maroc » et nous promenions nos offres de pénitence de plissance en puissance, de nation en nation, et nous disions à l’Italie : « Tu peux aller en Tripolitaine, puisque Je suis a Maroc. Tu peux voler à l’autre bout de la rue puisque moi, j’ai voté à l’extrémité. » Certes, ce ne sont pas les citoyens du Bloc des Gauches qui prononceront de telles paroles. Ils osent cyniquement s’approprier Jaurès et vo tent avec la bourgeoisie les budgets qui entre tiennent les expéditions criminelles du Maroc et de Syrie. — —*=oC= Réintégrez Boudemgha En. décembre 1922 un facteur des P.T.T. tunisiens, Tahar Boudemgha, délégué par son Parti pour se rendre compte de visu de l’aide apportée par la Russie aux peu ples opprimés des colonies. demandait à l’administration des P. T. T. sa mise en disponibilité pour se rendre à Moscou. Le gouvernement Bloc National d’alors lui donna satisfaction, puis apprenant que notre camarade avait assisté au 4 e Congrès de l’Internationale communiste, il le révoquait et le faisait pourchasser par la justice tunisienne à son retour. Peu de temps après, un maire de Lyon, un nommé M. Herriot, partait en Russie, et non content de visiter la Russie révo lutionnaire, poussait l’audace jusqu’à ser rer la main de Trotsky, Zinoviev et Tchit- cherine. A son retour, cet homme ne fut pas inquiété. On ne le révoqua pas de ses fonc tions de maire de Lyon. Mieux ! on en fit quelques mois après un président du Con seil. Il préside aujourd’hui aux hautes des tinées de la France. Qu’attend-il pour réintégrer Tahar Bou demgha coupable du même délit que lui ot révoqué parce q’il n’était qu’un pau vre facteur, au lieu d’être un maire de Lyon. Une réparation de l’injustice s’impose. Le « démocrate » Herriot osera-t-il abro ger la mesure disciplinaire du réaction naire Poincaré ? Nous l’attendons à pied d’œuvre M. J. Le 10 e Anniversaire ou Carnage Impérialiste Dans un manifeste merveilleusement do- cumenté, I I. C- a rappelé l’affreux crime du capitalisme mondial, la trahison des social- démocrates. La guerre, qui devait procurer une paix éternelle, aboutit à un chaos où a sombré toute l’économie sociale. Jamais, les classes dirigeantes ne se sont montrées plus insa tiables, plus incapables de restaurer la si tuation économique effondrée. Les disputes entre capitalistes ne sont que plus violentes et les menaces de guerre sont de tous les jours. L’antagonisme européen et colonial de la France et de l’Angleterre ne cesse de s’exa cerber. Les transactions et les accords diplo matiques ne peuvent que le voiler, mais non l’atténuer, et voici les paroles de l’I. C. : « La croissance du mouvement révolution naire en Orient, qui s’est poursuivie du rant ces dix années, donne de plus en plus, à la domination coloniale des puissances im périalistes, le caractère d’une oppression mi litaire non dissimulée. « Les illusions constitutionnelles, les es poirs fondés sur les compromis avec les peuples asservis de. l’Inde s’écroulent. Les partis du libéralisme national et l’utopisme petit-bourgeois disparaissent. Le mouvement révolutionnaire gagne sans cesse en profon- deur, embrassant des masses toujours plus nombreuses. Il ne faut plus qu’un parti révo lutionnaire fort et centralisé, à même de do miner ce mouvement et de porter à l’impé rialisme britannique un coup mortel. « Dans la Chine déchiquetée, les puis- sanies impérialistes ont institué un régime d’oc . • ce nilsaire déguisée, au moyen de | troupes mercenaires indigènes. Les aspira- tions du peuple chinois à l’unité et à l’in- Lsnendang--" -t chaque , : lo • J- staL . . le. CCS apolags, dit ■ tus ; et européens Le min -tre de Macdonald à • Rl in veut st venger d’un soldai chinois qui ! .ait une promenade dans le quartier de la ville où seuls les exploiteurs blancs ont le le droit de respirer. Une haine légitime, une indignation difficilement contenue font trem ¬ bler les masses populaires chinoises. Ainsi, comme aux Indes, dans les épreuves et les tentatives toujours renouvelées de résistan ce, se forge l’organisation révolutionnaire qui affranchira la Chine du joug de ses op presseurs étrangers et nationaux. « La France, qui a agrandi son domaine colonial, fait des efforts opiniâtres pour mul tiplier les sources de son militarisme, en re ¬ CONTRE LA GUERRE ET PODR LAFRATERNISATION des RACES La semaine 1 internationale de protes tation contre la guerre impérialiste s’est clôturée par une manifestation monstre qui a réuni 50.000 camarades de différentes ra ces et nationalités. Jamais tant de prolétaires ne s’étaient ressemblés dans un nombre aussi impo sant pour proclamer, dans cette fête de Gar- ches, leur fraternité et flétrir le 10 e anniver saire de la grande tuerie capitaliste. D’une tribune dressée en plein air, devant une foule immense qui se détachait du vert sombre des arbres d’où éclataient les notes claires des toilettes de femmes et le rouge écarlate des bannières, le communiste Schwartz, député au Reichstag, s’éleva avec force contre les social-traitres de tous les pays et dénonça les généraux et les gouver nants assassins, qu’ils s’appellent Foch ou Hindenburg, Guillaume II ou Poincaré. Longuement ovationné, il laissa la parole à Karl Tiedt, des anciens combattants alle mands, et, quand celui-ci embrassa les sol dats français en uniforme qui faisaient par tie du cortège et portaient les étendards de la Révolution, une profonde émotion étreignit tous les cœurs. Au-dessus des haines de races artificielles, suscitées par la presse prostituée, la fraternité des tra vailleurs demeure intangible. Même sous l’uniforme bleu horizon, les ouvriers n’ab diquaient pas leur foi communiste. Puis, quand je vis qu’à un moment donne le superbe drapeau rouge brodé d’or, offert par les ouvriers révolutionnaires de Moscou au prolétariat parisien, digne successeur des communards de 71, fut porté par un cama rade algérien et que sur la tribune, au milieu des délégués allemands et étrangers, se mêlaient les représentants des pays op primés, des Sénégalais, des Arabes, des An tillais. des Indo-Chinois, je fus convaincu du réveil des esclaves coloniaux et de leur union avec leurs frères européens pour le renversement de l'impérialisme exploiteur et assassin. L'Internationale communiste accomplis sait ce que chantait avec résolution la foule immense des manifestants : « L'Interna- tionale sera le genre humain ». A. B. crutant non seulement les Arabes, mais aussi les nègres dans l’armée du capital. Les hom mes de couleur, militairement dressés, ne se ront pas seulement un réservoir pour les guer- res à venir, non ! Les régiments noirs et jaunes doivent être, entre les mains de la bourgeoisie, une arme sûre pour l’écrasement de la Révolution prolétarienne en Europe. « La base du militarisme s’élargit com me celle de la Révolution. » Et pour empêcher un second carnage qui dépassera le tout récent en horreur par suite du développement de la technique et des hor ribles engins meurtriers qu'emploiera : ca pitalisme pour assassiner le prolétari t et prolonger sa toute-puissance, 1 Internationale fait un appel pour l’union des travailleurs européens à leurs frères des colonies. « L’éducation révolutionnaire des peuples coloniaux devient une question de vie ou de mort pour le prolétariat. Si la bourgeoisie veut, par l’oppression des colonies, mainte nir et éterniser l’oppression du prolétariat, nous devons, nous, appeler l’insurrection des colonies à l’aide de l’insurrection du prolé tariat .. « Les préjugés de nation et de race sont un produit de l’esclavage et nourrissent l’esclavage. « La psychose chauvine, manifeste ou dé guisée, est le meilleur pilier du militarisme et le sûr moyen de préparer les massacres fu turs. Il faut déclarer une guerre implacable aux préjugés nationaux et à l'arrogan e de race. Non seulement l’hostilité déclarée, la moquerie, l’ironie, mais aussi les airs de con descendance des blancs à l’égard des , unes ou des noirs. doivent être sévèrer en nunit pa . opinion 1 al ique de- travail ars coi r- no ■ ciohtenh en e de 1- olüd: ri é -fut (o 1a jutte A - claccec ) $ --Plvi, si . • . défermée par ie chauvini . il au apprendre au travailleui des co onies a voit un frère dans l'ouvric. blanc, e pour cela le prolétaire blanc doit apprendre à se com- porter en frère envers la population de ou- leur des colonies. « Prolétaires d’Europe 1 Plte d'atten tion à la question des co * u les, plus de zèle pour le travail révolutionnaire dans les colonies ! Là où la bourgeoisie pense trouver une base sûre, terrassez-la par un coup formidable. Travailleurs des colonies ! Esclaves de l’impérialisme ! Frères ! Réve!! zvous pour la lutte et l’indépendance, inio nationale Communiste est avec wous : Pour que sLE PAR IE ' l Ve Notre dernier appel a été enten lu par nos frères coloniaux et les souscriptions n’ont pas manqué de nous parvenir ce mois. Nous demandons à nos camarad s de continuer leur effort pour soutenir la lutte que nous menons contre le régime d’oppression qui nous écrase. Le chiffre de 2.000 abonnés demandé est encore loin d’être atteint. Nous convions nos lecteurs de faire la propagande pour en attirer de nouveaux. Des Munitions pour « ie Paria » Listes précédentes 3.150 50 Labaraque 7 » Lourel .. Leriche Bourguignon Giraud 14 » Tran dac Phuoc 2 » Pour l’indépendance de la Tuni- sie 50 » Les restaurateurs et cafetiers de la ville de Paris. En l'honneur de Khaled 100 » Tazidt Md ben Ahmed 5 » Lounis ben Freha 3 » Ou Baziz 5 Aït Ramdan 5 ». Yadari Mohamed 2 » Si El Bachir > Zerrouk i 0 n Aïden Ahmed 3 50 Nguyen Aï Quac 96,25 Idylle François Collecte « Union Intercoloniale ». 142 > Tran Ngoc 3 » Zahi 2 Un Indochinois 100 » P. R. Cotonou 20 T. X. II 50 » Un Bolchevick du Cameroun ... 10 » Randriaparany Un groupe de travailleurs indo- chinois Total 3.503 ### [Trang 2] L'illusion parlementaire Vraiment, la bourgeoisie indigène d’Al- gérie est exécrable. La candidature colo- nia 1 présentée par le Parti Communiste et le succès obtenu par notre camarade Hadj Al a ouvert démesurément les ap pétits de « l’élite » algérienne. Déjà tous les leche-culs du colonialisme, tous les traîtres, tous ceux qui, en 1921, avaient accompli cette besogne infâme : la proro- galion de l’indigénat, espèrent une ère nouvelle d’accaparement de sièges et des postes de trahison. Le geste fait par le Parti a eu sa réper cussion à travers le monde d’esclaves co- loniaux, et les voix de revendications, long- ternis étouffées, ont commencé à gronder. Cel les, nous demandons cette représenta tion des indigènes et appuierons tout mou- vement mené par les masses quand cette réforme sera pour les masses ; mais nous ne tolérerons pas qu’elle soit caricaturale et devienne une source de corruption et de trahison au profit d’une clique de ven dus indigènes. Il faut que les élections soient générales : le khammès comme le portefaix doivent y participer. Et qu’on ne vie: me pas objecter imbécilement que, seuls les décorés, les patentés et d’autres privilégiés sont capables de « bien » vo- ter : les travailleurs indigènes sont assez co nscients de leurs intérêts pour discer- ne ceux qui les défendent sincèrement. Dan les deux conférences données par l’Emir Khaled, à Paris, nous avons pi constater leur réveil à la lutte de classe, leur colère contre l’administration despotique et leur résolution de s’organi- s er po ir se libérer du joug qui les écrase. L - prolétaires accourus à l’appel de PL Inion Intercoloniale et du Comité franco- musulman ont acclamé avec enthousiasme les communistes. Le gouvernement général de l’Algérie a été si épouvanté qu’il a dé- pêché son larbin Mirante et sa bande de lèche-bottes et de flicaille indigènes. Tout l’appareil fut mis en branle. La presse pourrie mena sa campagne d’injures con tre Khaled, On vit jusqu’au Libertaire s’as socier aux gens de l'Action Française pour souiller un homme qui présentait de mo destes réformes : représentation des Indi- gènes au Parlement, suppression de l’indi- génat, liberté d’association pour les ou vriers, liberté de presse, etc. Avec eux se sont ligués tous les arrivistes, tous ceux qui ne s’étaient mis à la suite de Khaled que pour satisfaire leurs appétits électo raux. Aussi, avec quelle joie l’Echo d'Alger, tout heureux de trouver un renégat pour appuyer sa campagne anti-arabe, publie-t-il la lettre d’un certain Brizène Mohammed et pose-t-il hypocritement cette question de savoir si l'Humanité aurait « l’impartia- lité » de la publier. Jésuites ! L'Humanité n’a pas de place pour insérer toutes les ignominies cuisi nées dans les officines du Gouvernement Général. Notre Parti est un parti de classe ; il ne comprend pas cette « impartialité bourgeoise » qui rythme avec « démocra tie » en régime bourgeois. Nous soutiendrons tous ceux qui, éner- quement, auront pris la défense de leurs ères et nous les rejetterons dès que leur ai iuut care ? A * s o-s —astn i.us, 2 ueanii 1 ‘11 est une quantité d’une valeur relative. Au- dessus de lui, nous plaçons l’intérêt des masses. Que cette clique se désillusionne ; le Parti Communiste n’est pas un refuge pour les carriéristes. Nos élus sont des mili tants éprouvés ; ils remettent jusqu’à leur indemnité parlementaire à leur Parti et ne sont que de simples propagandistes, de simples ouvriers de la Révolution. Si nous nous sommes résignés à entrer dans un Parlement bourgeois, nous y en- trons le mouchoir sur le nez, afin de dévoiler au prolétariat les basses cuisines qu’on y fait et de crier à la face de la Bourgeoisie les crimes dont elle est cou pable. Le suffrage universel, comme le parle mentarisme eh régime bourgeois sont une duperie pour la classe ouvrière. Les der nières élections des Antilles, de l’Inde, en sont la preuve flagrante. Il est, pour nous et po.ur la grande majorité des indigènes, une réforme plus urgente : c’est l’abolition de l’indigénat. Le Parti Communiste combattra cette ignoble iniquité avec vigueur. Que les co loniaux s’organisent pour soutenir notre action ; qu’ils rejettent leurs mauvais ber gers, tous ceux qui sont alliés au colonia lisme, et qu’ils se pénètrent de cette vé rité : l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. ALl BABA. -= 1 — —•d2oGs)9* * »— La « PACIFICATION » du Maroc Le plus brigand des deux Depuis que l’armée espagnole essuie des défaites au Maroc, la presse coloniale pous se des hurlements de victoire et ne cesse de rendre hommage aux procédés civili sateurs de son capitalisme. « Les résultats valent les méthodes, et nous savons nous attirer l’amitié des indigènes », disent-ils tout simplement. Or, nous apprenons que le maréchal Lyautey n’a rien trouvé de mieux pour amortir’ le désastre espagnol que d’envoyer une colonne de tirailleurs et de spahis prendre les Riffains à rebours. L’expédition fut triomphale, les troupes in cendièrent quatre village, assassinèrent plusieurs centaines de femmes et d’enfants et n’ont accepté la reddition qu’après une rançon de 4.000 francs et de mille fusils. Les Espagnols ont certainement dû ad mirer la rapidité et la terreur du milita risme français pour accomplir son brigan dage. Non content de voler pour son comp te, il assassine pour les autres. L héroïque défense des Marocains LES ESPAGNOLS BATTUS DE NOUVEAU D’après une dépêche du correspondant du Times » à Tanger, le 26 juillet, les Riffains ont attaqué en force les postes espagnols et se sont emparés d’un camp avancé, infligeant aux Espagnols des pertes sérieuses. Le combat continue et de nombreux blessés arrivent à Tétouan. Dn entend d’ici le feu de l’artillerie qui est assez nourri. UN IMPOSANT MEETING COLONIAL =—.—-—+*=• . DES MILLIERS SE PARIAS ACCOURENT ENTENDRE L'EMIR KHALED L'émir Khaled, faisait samedi^ 19 juilletj boulevard Auguste Blanqui^ sa secoude con- férence sur la situation des indigènes d'Al gérie. La -première, qui fut organisée par un co mité pr o-musulman j attira plus de 3.000 in digènes dans la salle des ingénieurs civils. A cette réunion, un fait significatif montra qu'elle était l'ardente sympathie des ir^dï- gènes pour le communisme. Le député communiste berthon, présent, fut contraint, par la salle, de parler. Le président Bahloul rappela à ses compa triotes que Vesclavagiste Thomson présenté avec force éloges par Moutet, fut écarté de la présidence de la commission coloniale de la Chambre grâce à l'opposition du cama rade Berthon ; celui-ci fut salué par une ovation indescriptible. En deux mots, il montra que l'émancipa tion des indigènes d'Algérie est nécessaire. L'Internationale communiste s’y emploiera comme elle s'emploie à l’affranchissement de tous les opprimés. Après Berthon, Hadf Ali Abdel Niadr prit la parole sous les acclamations de ses frères. Il les remercia du chaleureux accueil qui lui était fait et dit que cette marque de sym pathie devait aller ait Parti communiste qui l’avait présenté aux élections pour souffle ter l’impérialisme français. Il n’était qu’un simple ouvrier de la révolution, discipliné et prêt à se sacrifier comme le lui comman dait son parti^ pour la libération de ses frè res miséreux. Qu'ils sortent de leur fatalisme. Ils ne doivent plus rester indifférents à la politi que qui est un reflet de la situation econo mique. Qu’ils adhèrent à leur parti de classe qui est le Parti communiste et aux syndicats pour se défendre contre l'exploitation capi taliste. Quand il eut terminé, l’Emir Khaled le remercia et réclama l'amnistie pour Ben Lekhal, coupable de fraternisation dans la Ruhr. Ce fut alors un véritable délire qui en flamma la salle. Et cette réunion, qui ne devait être qu'une conférence où serait exposée la situation des Algériens et où seraient présentées leurs mo destes revendications, révéla l'état d’esprit des coloniaux et leur volonté de s'affran chir. Devant une telle ardeur et une telle ré solution, l’appel de l'Union Inter coloniale pour un deuxième meeting ne pouvait rece voir qu’une réponse enthousiaste de l'élément colonial de Paris et de sa banlieue. Ce meeting fut d'une ampleur imposante et souda dans une même cause les coloniaux de toutes races et de toutes couleurs. Des milliers d'Algériens, Antillais, Indo- etsan; . -/-ns, se 2-qie : abords de la salle pleine à craquer. Le plus Attentat contre le Consul américain à Téhéran Le capital, qui étouffe dans le cercle restreint de son marché national, cher che un champ d’investissement dans le pays d’Asie et d’Afrique. Par sa diplomatie et ses agences à l’ex- térieur qu’il dénomme « consulats am- bassades » il se livre à toutes les intri gues, à tous les crimes pour accaparer le marché qu’il dispute aux autres préten dants. On a fait prand bruit, la presse améri caine et anglaise autour de la mort du major Imbrie, consul américain en Perse. Les dépêches venues de Téhéran annon cent qu’au moment où il prenait un cliché d’une des fontaines de la capitale per sane sur les marches de laquelle une foule pieuse était agenouillée il fut as sailli par une populace en furie et tué d’un grand coup de sabre oui lui fendit la tête. Les interprétations les plus diverses ont été données à cet incident. Les uns l’attribuent à des motifs religieux, les autres à une haine générale de tous les étrangers suscitée dans le peuple persan par les nombreux Européens et Améri cains qui sont venus insolemment exploi ter les richesses et les forces de travail du pays. Enfin le « New-York Herald » parlant d’une rivalité entre l’ « Anglo Persian Oil Company » et la Compagnie Américaine des Pétroles « Sinclair » qui a projeté de construire un chemin de fer reliant la mer Noire au golfe Persique, laisse entendre que le coup porté au ma jor Iimbrie aurait pu partir d’un bras armé par les pétroliers anglais. Comme de coutume, la presse pourrie a prétendu aussi que l’attentat aurait été organisé par les bolcheviks russes. C’est plutôt tout le contraire, car c’est la se conde fois qu’un attentat de ce genre a lieu immédiatement après la signature d’un traité avec la Russie. On sait que le 3 juillet 1924, après des pourparlers qui duraient depuis décembre 1921, un traité a été signé entre la Perse et la Russie. Ce traité rétablit les relations normales entre les deux pays et leur assure en ou tre réciproquement une priorité d’expor tation. D’autre part, on se rappelle la’t- tentat qui fut dirigé contre M. Merlin, gouverneur général d’Indo-Chine, lors de son récent voyage en Chine, entrepris di rectement après que fut signé l’accord sino-russe. Coïncidence étrange ! Et dans chaque cas, la presse bourgeoise mit Je même empressement à attribuer le crime aux bolcheviks russes. Ce qui. est plutôt vrai, c’est que les pays semi-coloniaux, comme les pays co loniaux se réveillent et veulent se libérer de l’emprise de l’Impérialisme internatio. nal qui " s étrei rit. Travall exécuté par des ouvriers syndiqués Le Gérant : Léopold MESNARD. Imprimerie Française (Maison .T. Dangon) 123, rue Montmartre, Paris (2 e ) Georges DANGON, imprimeur. grand nombre n'ayant pu trouver place, em plissait la cour ét le boulevard. / a foule immense des parias, tendue, vi brante d’une foi que nulle persécution ne sau rait ébranler, écoutait ardemment les hom- mes qui leur parlaient et dans les paroles desquels ils discernaient Vindication de la voie nouvelle — la seule voie possible — qui les mènera à leur libération. L'Internationale, la fraternité des races opprimées, qui ne triompheront qu’en s'unis sant aux exploités de la métropole, à la fois de l'oppression politique des nations impé- Emir KHALED Holistes et de V oppression économique des exploiteur s locaux, toutes ces idées, on sen tait, à voir les visages graves, les yeux de flamme, quelles pénétraient les esprits pro fondément et faisaient naître en eux comme une foi quasi-religieuse. * * La réunion eut lieu sous la présidence du camarade malgache Stephani et sous la pré sidence d'honneur de l'Algérien Ben Lekhal et du Soudanais Cheikhou, prisonniers poli tiques du Bloc des Gauches. Durant deux heures, l'émir Khaled^ dont le visage énergique tranche, par son teint bronzé, sur la blancheur du burnou, sut dres ser un réquisitoire terriblement documenté sur les prat;qries inhumaines du colonialisme, 1 la situation atroce des esclaves algériens, la corruption administrative, les mensonges des impérialistes qui, après avoir comblé de pro- | messes les indigènes pour les jeter dans le charnier, les repoussent aujourd'hui dans Pefefo, nf “ 356li 1 Un cri 'ixovr -, ae « A wisssse ! A bas mnuns 111111111111111111 msnans aman LA PESTE à MADAGASCAR La peste fut inconnue à Madagascar, à Tinté- i rieur, tout au moins. Aujourd’hui que la civi? lisation est venue mettre en valeur la grande cité, alors que la ville de Tananarive devient, par sa propreté, un petit Paris, la peste ravage la population nalgache. i Le Gouverneur général et ses subordonnés prennent les mesures les plus diverses poul combattre ce fléau nouveau, mais les moyens qu’ils emploient sont tellement bizarres que les Malgaches finissent par se demander si la peste n’est pas encore un moyen de conquête, venu au secours de la colonisation. Qui sait ? En voici une remarque tirée de l’examen des moyens officiels employés contre la peste ; pour la comprendre, il faut raisonner comme l’on fait là-bas. De tout temps il y avait des Malgaches qui tombaient malades et qui mouraient des suites de maladies diverses ; aujourd’hui toutes les maladies deviennent inconnues et les Malgaches mourants sont déclarés pestiférés. Alors les malheureux parents qui ont soigné un pestiféré sont enfermés aux lazarets, dans les conditions les plus déplorables : cases en paille, très étroi tes ; seuls ceux de Tananarive ont à leur dis- Pr sition des tentes, les écoles ou les temples protestants. Un médecin européen et des méde cins natifs du pays, sous les ordres d’un ins pecteur de la garde indigène, vont de lazarets en lazarets faire des injections de sérum contre la peste à ces malheureux troupeaux humains Alors ! 10 à 30 jours après, des hommes qui n’avaient absolument rien meurent. Voilà ce que les Malgaches enregistrent après les injec tions, et voici ce qu’ils remarquent . les Euro péens sont libres d’accepter ou de refuser les injections tandis que les Malgaches sont tenus manu militari à les subir. Tous les objets qui ont pu toucher à un Mal gache décédé après la déclaration du cas de peste sont brûlés ; même les maisons bien sou- | vent : mais on ne prend pas tant de précau- | lions lorsque la victime est européenne ou assi- | milée. Naturellement, toutes les victimes décédées ne peuvent pas être enterrées dans les tombeaux de famille, ce qui provoque un chagrin immen se chez les Malgaches, qui ont un culte spécial pour les morts. De là est née la pratique des petits cadeaux : les familles aisées s’arran- gent... avec ceux qui peuvent déclarer ou écar ter les cas de peste et la mort devient normale. Enfin, pour revenir aux lazarets, ceux-ci sont gardés par les habitants des villages voisins, qui doivent en même temps fournir les vivres et tout ce qui est nécessaire à l’entretien des mal heureux internés. A Tananarive, ‘administra- tion fournit les vivres, mais les habitants for cés des lazarets sont tenus à en rembourser le montant en sortant de ces lieux hospitaliers. Dans cette même ville, on a fait évacuer des maisons dans lesquelles. prétend-on, se trou vaient des pestiférés. Une fois vides, ces mai sons sont achetées par des Européens qui de viennent ainsi propriétaires à bon marché. Faut-il s’étonner si la colère des Malgaches commence à grandir ? * ..... -----—-e i 0-)0Cne0*— 1 - -- ESPERANTO On nous prie d’insérer : Ceux de nos lecteurs qui connaissent 1 espé ranto pourront lire dans le numéro de juillet de Sennacieca Revuo mi remarquable article sur le sort des coolis chinois, sous forme de lettre de Shanghaï. Pou-’ se procurer ce nu- méro il suffit d’envoyer 1 franc en timbres poste à l’adresse de la rédaction, 24, boulevard Beaumarchais, Paris (11e) . Par la même occasion. nous faisons connaî tre que l’on peut apprendre l'esperanto en sui । vant le cours gratuit (fonctionne toute l’année; | organisé par la « Fédération Esperantiste Ou- | vrière », 177, rue de Bagnolet, Paris (20e). l'arbitraire ! » accueille la fin de l'exposé I de Khaled et Bloncourt, de la Guadeloupe, salue les travailleurs algériens au nom du prolétariat des Antilles, auquel, tout récem- । ment encore, le gouvernement a imposé par | la violence son candidat Candace. Truyen parle pour les travailleurs indo- chinois, puis Louzon exhorte les coloniaux à se solidariser avec les ouvriers d’Europe pour renverser le capitalisme. L’émir Khaled exprime sa satisfaction de constater que, seuls, les communistes s'inté ressent à la libération des peuples coloniaux. Il déclare qu’il adhère à l'Union Interco loniale et poursuit, s'adressant à ses au diteurs ; « Entrez dans la voie active des revendications ! Ne formez pas des organisa tions autonomes de races, mais entrez avec vos frères français dans les syndicats et les partis qui défendent votre cause ! » Une ovation formidable lui est faite par l'auditoire en délire, qui, par acclamations, vote l’ordre du jour suivant : Les originaires des colonies, assemblés, 94, boulevard Blanqui, le 19 juillet, sur convo cation de l’Union Intercoloniale ; Expriment leur sentiment de solidarité à l’égard de leurs frères indigènes de l’Algérie dans les revendications qu’ils formulent ; Réclament, pour toutes les populations de toutes les colonies, l’abolition de l’odieux régime de l’indigénat ; La liberté de presse et d’association ; L’amnistie générale pour toutes les victi mes de la répression des juridictions colo niales ; L’application des lois sociales et ouvriè ¬ res ; Protestent contre les fraudes perpétrées par les gouvernements locaux des colonies, avec la complicité du pouvoir central dans .les colonies représentées au Parlement ; ils exigent que le suffrage universel, dans les colonies où il existe, cesse d’être une désho norante caricature ; ils rappellent enfin les gouvernements à l’exécution des promesses qu’ils ont faites pour obtenir le concours des populations indigènes aux heures décisives de la guerre, avec l’aide des indigènes traîtres à leurs frères ; Manifestent leur volonté de s’unir et de s’organiser pour leur affranchissement du joug du capitalisme colonial oppresseur ; ils expriment leur confiance et adressent leurs remerciement aux organisations du peu ple ouvrier et paysan de la métropole pour l’aide sur laquelle ils savent devoir compter dans leur lutte et se séparent aux cris de : « Vive la solidarité internationale des tra vailleurs de toutes races et de toutes cou leurs I » Puis, le flot des coloniaux si écoule en bon ordre. dei>an/ r les forces pRiçières stupéfaites । du réveil de la plèbe coloniale. As Quelques Noms à retenir Pour étouffer le mouvement de révolte qui gronde dans les masses coloniales, l’impérialisme trouve toujours des agents serviles parmi les indigènes mêmes. Choi sis parmi « l’élite », ces judas se mettent à la tête de leurs frères, crient à tue- tête qu’ils en sont les défenseurs, pour mieux s’attirer leur confiance et diriger le mouvement dans des voies conformes aux intérêts du conquérant. Tous les Algériens se souviennent de cet te délégation de bourgeois indigènes qui vinrent à Paris, en juillet 1920, envoyés par le gouvernement de l’Algérie pour rem plir cette mission infâme : la prorogation de l’ignoble code de l’indigénat. Il serait bon de se rappeler les noms des traîtres qui composaient cette déléga tion : ce furent l’agha El Hadj Ben Yamina. délégué financier d’Orléansville, aujourd’hui disparu, et dont la mémoire est honnie par tous les Arabes ; le marabout fêtard Zarrouk Mahieddine, conseiller général de Cherchell, et le millionnaire Sidi Henni, conseiller général d’Orléansville. Mais, qui tirait la ficelle de ces trois pantins ? Le docteur Bentami. Le même qui, aujourd’hui, crie par-dessus les toits et par la voix de son torchon gouvernemen tal ( ( l'Ettakadoum », qu’il est pour la sup pression de l’indigénat. Jamais on ne vit cynisme plus flagrant ! Depuis quand ce triste sire a-t-il un pro gramme ? Bien sûr qu’il sursautera d’in- dignation si nous le traitions « d’infect » pour l’ignoble besogne qu’il a remplie en 1920 avec ses acolytes. Nous trouvons le terme trop doux pour tant de traîtrise et de lâcheté. De même protesteront l’agha Bou Maïza, les conseillers Amar Bou Maïza, Ali Ya- couz et Louabdia Salah, ces répugnants personnages qui secondèrent de leurs de niers la liste électorale de l’esclavagiste Thomson et de son complice Morinaud Certes, nous voudrions avoir plus d’é gards pour une bourgeoisie qui, soucieuse de son rôle historique, devrait être révo lutionnaire, mais ses actes enregistrés par l’histoire nous donnent des nausées et le prolétariat indigène, victime de ces trahi sons, comprend notre dégoût. EL. D. -920G3e-9 — LA PRISE DE TAZEROUT PAR LES RIFFAINS SE CONFIRME Les Espagnols ont à nouveau connu la dé faite au Maroc. Selon une dépêche du corres pondant du « Daily Mail », il est maintenant certain que les Riffains ont pris Tazerout, si tué à mi-chemin entre Tétouan et Chefchaouen. Tazerout est un des points stratégiques les plus importants de l’Afrique du Nord, aussi sa chute constitue-t-elle un échec grave pour les troupes de Primo de Rivera. Ce dernier s’en est à ce point rendu compte qu’il a immé diatement décidé de se rendre, en personne, sur le front de combat. On s’attend à ce qu’Ab del Krim vienne prendre également le commandement de ses partisans. Dp Tanger, depuis douze heures, on entend lè bruit de la fusillade, venant de la direction de Tétouan. LA SITUATION des Travailleurs Indo-chinois En Indo-Chine, il y a des entreprises qui groupent des ouvriers en nombre res- pectable. La Société Cotonnerie du Tonkin em ploie 3.000 ouvriers ; les usines de la Baie d’Along, 4.000 ; les Chemins de fer, 8.000 ; La Société des Ciments Portland, 30.000, etc., etc... Ces ouvriers travaillent 12 et 14 heures par jour. Dans les concessions agricoles, la journée de travail est encore plus lon gue. Les jours fériés, et souvent les di manches, leur sont inconnus. Il n’y a pour eux ni assurance de vieillesse, ni indem nité en cas d’accident. Le salaire d’un ou- vrier non qualifié est d'environ 50 fran cs par mois, et environ 250 francs pour- un spécialiste. Souvent les ouvriers sont c n- traints de signer un contrat unilatéral les obligeant à travailler pendant tant d’an nées pour tant de salaire. Tandis que l'em- ployeur est libre de les renvoyer quand bon lui semble, les ouvriers seront con damnés pour rupture de contrat s’ils quit tent la place avant le 6 rme de l'engage- ment. Beaucoup de colons n’ont même pas recours à cette formalité écrite ; les ou vriers engagés par eux deviennent leurs esclaves, leur propriété. Si au ouv rier est mécontent ou veut s’en aller, ils le font emprisonner et « passer à tabac », jusqu'à ce que le récalcitrant consente à être sage. Naturellement, les travailleurs annamites n’ont pas la liberté de grève. Quelques exemples pour illustrer ce ré gime d’oppression économique. Des ouvriers travaillaient à la construc- lion d’une route. Ils étaient tout le temps dans la boue et dans l’eau jusqu’au ven tre ; beaucoup en étaient malades N’étant pas payés depuis un certain temps, et n'ayant plus rien à manger, ils décide- rent, ou plutôt la faim les y décida, de rester dans leurs cases. Pour les obliger à reprendre le travail, l'ingénieur mit le feu à leurs paillotes, à minuit, sans aucun avertissement et sans se soucier des fem mes et des enfants qui y dormaient. En 1907, TAnnam était désolé par la sécheresse. Les Annamites de douze pro vinces déclanchèrent la grève pour deman der une réduction d’impôt. Le mouvement était très caractéristique par sa sponta néité. A ces revendications pacifiques, l’administration coloniale répondit par des coups de fusil. Elle fit couper la tête à plusieurs grévistes, en noya une grande quantité, emprisonna un grand nombre d’autres. Les arrestations en bloc et les déportations des intellectuels soupçonnés comme leaders du mouvement suivirent la grève. C’était la répression brutale dans toute sa cruauté sanglante. Le capitalisme impérialiste français a instauré l'esclavage en Indo-Chine, il y a trois catégories d'esclaves : 1° Les forçats que l'administration prête aux usinés ou aux planteurs. Cangue au cou et menottes aux poignets, ces forçats travaillent le jour dans les fabriques ou sur les concessions, et rentrent le soir dans les prisons, dont la porte est décorée des mois pompeusement dénrocreliqu • E Liberté, Egalité, Fraternité. 2° Les corvéables, c’est-à-dire tous les Annamites âgés de 18 à 60 ans, obligés à fournir gratuitement tant de journées de travail par an. Le nombre de journées de corvées n’est fixé qu’en théorie ; en pra tique, il est indéfini. Lorsqu’il y a un canal à creuser ou une route à construire ou à réparer, c’est une véritable mobili- sation générale, et la corvée dure plusieurs mois. 3° Ce sont de véritables esclaves, des esclaves vendus et achetés. L’esclavagiste, c’est T administration coloniale elle-même. Avec le même procédé employé pendant la guerre pour recruter des soldats « vo lontaires », on recrute aujourd’hui des ouvriers « volontaires » ; on les transporte ensuite dans les colonies qui manquent de main-d’œuvre par suite de la dépopula tion, principalement dans les colonies du Pacifique. Et là, on vend ces Annamites aux planteurs et aux usiniers européens. Comment sont organisés les ouvriers annamites ? La réponse est fort simple : ils ne sont pas du tout organisés. Le ré gime de l’indigénat enlève aux travailleurs toutes les possibilités de s’organiser. Avant la guerre, les Annamites ont or ganisé des coopératives ; l’autorité colo niale les a dissoutes et a arrêté les orga nisateurs comme agitateurs révolution naires. Voilà un bref aperçu de la situation des travailleurs d’Annam. Elle est déplorable, oui ; mais non désespérante. Elle n’est pas désespérante puisque, avec l’aide des organisations révolutionnaires, et princi palement de TL S. R., nous espérons que nous pouvons travailler à user, puis à briser le joug du capitalisme oppresseur. Mais, pour atteindre ce résultat, pour ac- célérer l’émancipation du prolétariat anna mite, il faut que. les représentants des organisations ouvrières révolutionaires de France prennent l’engagement formel de nous aider efficacement, pratiquement, et non pas seulement avec des paroles. Un Annamite. Les assassins se rencontrent Le nouveau ministre des Colonies Dala dier, la soldatesque galonnée, le « goupil lon » et le recruteur de chair noire, Diagne, ont commémoré, à Reims l’assassinat de milliers de noirs tués pendant la dernière guerre pour les coffres-forts du Comité des Forges. Devant une idole de pierre qu’ils ont éle vé, les agents du capitalisme ont loué le courage ou plutôt la docilité avec laquelle leurs victimes se sont laissées saigner. Voilà la digne récompense qu’ils avaient promise aux coloniaux quand il fallut les envoyer au charnier. Dans l’A.O.F., on préconise l’esclavage militarisé. En Algérie, on écrase les indi gènes par l’odieux indigénat. A Madagas car, en Indo-Chine, c’est l’arbitraire sau vage qui règne, et on continue son « bat tage » avec des statues- rhe ,ames des pago des et des mosquées. Non ! les coloniaux souffrent trop pour se laisser duper paries imbécilités aussi gros- sières.