Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7009356m (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — juillet 1924 1924 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] TROISIEME ANNEE. — N° 27. Le Numéro: VINGT-CINQ centimes JUILLET 1924.: ADMINISTRATION 3, Rue du Marché-des-Patriarches PARIS (5 e ) ) le Paria * 18 Paraissant mensuellement Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement, Un an : 3 francs Chèque poslü • 92-22Paris LE BLOC DES GAUCHES AU PIED DU MUR Lettre ouverte de l’Emir Khaled I émir Khaled est venu à Paris incognito. Dès F arrivée du Bloc des Gauches au pou voir, il s’est empressé de lui présenter les re- vendications des indigènes d’Algérie et il nous communique la lettre suivante adressée au nou veau président du conseil : A Monsieur Edouard Herriot, Président du Conseil des Ministres, Paris. Monsieur le Président, Les masm’mans algériens voient en votre avè nement au pouvoir un heureux présage, une ère nouvelle pour leur entrée dans la voie de K émancipation. En ma qualité d’un des plus triples défenseurs de la cause des Indigènes de ( Algérie, exilé pour avoir pris ouvertement la défense de leurs intérêts vitaux, j’ai l’honneur de soumettre au nouveau chef du Gouverne ment français le programme de nos revendica tions primordiales. 1° Keprésentation au Parlement à proportion égale avec les Européens algériens ; 2° Suppression des lois et mesures d’excep- pon, des tribunaux répressifs, des cours crimi nelles, de la surveillance administrative avec retour pur et simple au droit commun ; 3° Mêmes charges et mêmes droits que les Français en ce qui concerne le service militaire; 4° Accession pour les Indigènes à tous gra des. civils et militaires, sans d’autre distinction que le mérite ou les capacités personnels ; 5° Application intégrale aux indigènes de la loi sur l’instruction obligatoire, avec liberté de l’enseignement ; 6° Liberté de presse et d’as o dation ; 7° Application au culte riumlman de la loi Ce séparation J J ' 8° Amnistie générale ; 9 Application aux Indigènes des lois socia les et ouvrières ; 10° Liberté absolue (jour les ouvriers indi- L’Emir Khaled Tout comme le malfaiteur, qui emploie tous les moyens pour mettre hors d’état de nuire sa victime, le gouvernement général de l’Algé rie, aux ordres de la haute pègre franco-indi gène, ne recule devant aucun crime pour mater les Musulmans qui osent s’élever contre l’arbi traire dont sont victimes leurs coréligionnaires et réclamer, pour eux, quelques droits bien légi times. C’est le cas de l’Emir Khaled. Petit-fils de l’Emir Abdelkader, homme coura geux et franc, à sa démobilisation, il entra dans la vie politique. Il fut élu successivement conseiller général, conseiller municipal et délé gué financier à une écrasante majorité, sur ses adversaires ouvertement patronnés par le gou vernement général de l'Algérie. Ce succès augmenta le nombre de ses enne mis. Campagnes de presse, interventions au minis tère de l’Intérieur, rien n’y fit ; l’Emir Kahled, loin d’être intimidé, fit face à la meute déchaî née contre lui en s’appuyant sur la masse indi gène auprès de laquelle il avait une influence considérable. C’est alors que le gouvernement général em ploya la corruption auprès des soi-disant amis de ‘l’Emir. Tous se laissèrent acheter comme du vil bétail. Trahi, traqué, surveillé, menacé d’être interné, le défenseur des esclaves accepta T exil. Il est parti en Orient, la mort dans l’âme. Mais il n’est pas parti déshonoré. Il a préféré s’exiler qu de se vendre et, par là même, trahir la population indigène. Le gouvernement français, au contraire, sort déshonoré une fois de plus de cette lutte. Le gouvernement général et ses valets n’ont mérité, de la population indigène, que du mépris. La jeune génération musulmane n’oubliera pas les leçons de l’Emir Khaled et son dévouement à la cause de ses frères. Il y aura d’autres hommes qui se dresseront contre toute la meute capila liste franco-indigène. Ils ne se borneront pas seulement à défendre les indigènes, mais les émanciperont. Ils leur apprendront à se défendre eux-mêmes. Ce n’est pas l’exil de quel ques individus qui empêchera les esclaves de briser leurs chaînes. Les travailleurs de toutes les races, coalisés contre le capital international, renverseront le régime esclavagiste pour bâtir une société meilleure. EL MELIANI. THO MSON B ATTU Le radical Thomson était désigné pour la présidence des colonies. Il fut présenté avec force éloges par le socialiste Marius Moutet. Mais Berthon surgit dont l’indiscrétion chavira la combinaison. Il demanda au candidat Thom son s’il était partisan de cette servitude poli tique! et administrative odieuse qui se résume dans le Code de l’indigénat. Et le protégé de Moutet répondit qu’il entendait maintenir pour les Arabes cette abominable législation d’ex- ception. Berton insista : « ML Thomson est-il favorable à la représentation des indigènes au Parlement ? » Réponse : Non ’ Dès lors, la candidature radicale, si chaudement recomman dée par les socialistes, était perdue. M. Thom son ne fut pas élu. gènes de toutes catégories de se rendre en France. Ne se trouvant certainement pas en contra diction avec le programme libéral de votre Mi nistère et de votre Parti, aussi avons-nous le ferme espoir que nos justes desiderata seront pris en haute considération. Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’ex pression de ma considération distinguée. Emir Khaled, en exil. Cette lettre a été envoyée à toute la presse de gauche. A part l’ Humanité, aucune feuille ne l’a reproduite. Certes, nous admirons la sincérité et l’esprit de combativité de l’Emir Khaled et nous nous associons aux revendications légitimes qu’il a présentées, mais nous n’avons aucune illusion sur la politique coloniale de la bourgeoisie de gauche. Les Moutet, Soulier et consorts, pour suivront la même ligne de conduite que celle des gens du Bloc National, en la masquant de la phraséologie démocratique et humanitaire. Nous avons vu les radicaux s’indigner quand Marcel Cachin demanda à Herriot, après la lecture du message présidentiel, pourquoi ce lui-ci n’avait pas mentionné l’évacuation du Maroc et de la Syrie. Ces mêmes radicaux qui, quelques semaines auparavant, s’associaient aux communistes pour réclamer l’évacuation de la Syrie. Et, au milieu de leurs interruptions, avec une sécheresse voulue, Cachin leur lança cette question qui demeura également sans réponse : « Vous parlez de traiter les indigènes comme vos enfants, supprimerez-vous donc en Algé rie l’odieux régime de l Indigénat ? » La carence de ces messieurs vaut celle des Themson, Maginot el e. Les r * ns i qu ils acc. ueront aux compte-gouttes ne pour ront leur être arrachées que par l’action et la force des masses indigènes organisées. ALI BABA. La « PACIFICATION » du Maroc On sait que le maréchal Lyautey est le pro tagoniste d’une métbode de pacification pour le moins singulière : « Le canon ouvre la voie, a-t-il dit un jour, le rail et la charrue suivent, s Pour rester fidèle à cette conception, on vient de reprendre, au Maroc, les opérations guer rières. Un télégramme de Casablanca nous ap prend en effet, que la « situation se développe favorablement dans la vallée de Ouergha, où la tribu des Beni-Ouldi, comprenant 1.200 familles a fait sa soumission. Les travaux d’organisation du nouveau pont sont poussés activement». Com bien de vies humaines ont coûté ces nouvelles opérations ? Quand laissera-t-on enfin vivre en paix les populations indigènes du Maroc qui entendent ne pas tomber sous la coupe du Maghzen, c’est-à-dire des grandes sociétés capi talistes étrangères ? Les chiffres à retenir Des 626 membres qui composaient l’ancienne Chambre des députés, seuls les 10 communistes s’employaient à démasquer impitoyablement l’hypocri- sie du colonisalisme, et ses crimes ; seuls ils réclamaient pour les colonies, l’indépendance. Aux élections législatives, seul la Parti Communiste, pour prouver que « le bloc ouvrier et paysan » — sans ] distinction de race et de religion — n’est pas un vain mot, a présenté la candida ture d’Hadjali Abd el Kader, travailleur algérien. Dans un secteur de Paris de 171-846 votants, 40.569 ont voté pour cet « indigène », ce « bicot ». Ces 40.569 communistes ou sympathisants ont voulu par ce geste, flétrir la politique d’oppression du capitalisme français, et témoigner leur amitié aux indigènes opprimés. Le parti communiste fran çais a obtenu 900.000 voix. Presqu’un million de Français sont donc contre le banditisme colonial Malgré l’huile de ricin et le revolver de Mussolini et de sa bande, 304-000 Italiens ont donné leur vote aux communistes et le parti révo lutionnaire allemand a recueilli 3-700-000 voix. Tous ces Allemands, Italiens, Français, pour ne parler que de ceux- là, sont amis du communisme, c’est-à- dire amis des exploités des colonies, c’est-à-dire ennemis irréductibles de l’impérialisme. Sans compter les sympathisants, Fin. ternationale communiste a 1.600.000 membres ; la Jeunesse communiste, 750-000 ; l’Internationale syndicale rou ge, environ 14.000.000. Allons ! Frères des colonies, reveil lez-vous I UN CRIME DU MILITARISME FRANÇAIS Vive in fraternisation internationale ! Dans les spasmes de l’agonie, la bour geoisie frappe comme une insensée ; elle piétine sur ses principes élémentaires_ de justice et se couvre de honte. Le Conseil de guerre de Mayence, une sorte de tribunal sommaire, où siégeaient des soudards galonnés, a férocement frappé de plus de 130 années de prison une cin quantaine d'ouvriers; parmi lesquels des femmes, r des enfants, des vieillards. Le seul crime des inculpés fut d'avoir prêché la- fraternisation prolétarienne et déjoué toutes les hypocrisies patriotardes du Comité des Forges, assassin de la classe ouvrière allemande. Malgré tous les ordres de l'Etat-Major, l’œuvre des communistes gagnait l'armée, les soldats sympathisaient avec les ou vriers affamés et refusaient de tirer sur les femmes et les enfants. MAHMOUD BEN LEKHAL Le capitalisme affolé ordonnait à ses fé roces larbins, les Maginot, Dégoutté et leurs policiers franco-allemands, d'abattre le mouvement à tout prix. On ne recula devant aucune illégalité, aucune brutalité pour arrêter des ouvriers et des soldats ; on employa des moyens dignes de l'inquisition pour leur arracher des aveux : certains d’entre eux furent odieusement battus, d'autres furent tortu rés sur une chaise électrique. Ce procès de Mayence est le plus abo minable scandale qui met à nu la sauvage rie du militarisme et unit dans une même noble cause des prolétaires de pays diffé rents. • Parmi les condamnés, nous retenons le nom d'un de nos frères coloniaux, le com muniste Mahmoud ben Lekhal, dont l'exem ple est une leçon pour cette « élite » algé rienne si veule et si lâche. Mahmoud ben Mamad ben Lekhal est le descendant d'une des plus grandes familles bourgeoises musulmanes de l'Algérie. Son grand-père fut un des premiers, en Algérie, qui œuvra pour élever la condition misé rable des indigènes, tenus dans l'obscuran tisme par l'impérialisme français. C^est ainsi qu'il créa une école où, sous l'œil hostile du gouvernement général, il éduqua sa descendance dans la haine de l'impé rialisme oppresseur. Mahmoud, qui naquit en 1894, vivant dans une telle atmosphère, contracta, de bonne heure, la haine du colonialisme. Tout enfant, il partit en Syrie avec son père, que les agissements des « civilisés » forcè rent à émigrer. Mahmoud fit de bonnes études en langue arabe à Beyrouth. A la mort de son père, il revint en Algérie, qu'il quitta à nouveau, ne pouvant s'accommo der du régime d'arbitraire qui y régnait, pour revenir en Syrie. Il entra Aans une université théologique. C’est là que le sur prit la guerre. Ben Lekhal était encore en Syrie quand Gouraud vint « civiliser » cette contrée. Là, il vit à l'œuvre le chérif de la Mecque et tous les larbins des impérialismes français et anglais. Il fit connaissance avec les basses intrigues des nations européennes, ce qui contribua puissamment à son édu cation sociale révolutionnaire. Son attitude lui valut U'Clre traduit en Cour martiale ; de retour à Alger, après l'armistice, il se voit inculpé d'insoumission au service mi litaire. Les observations faites au cours de ses voyages, sa connaissance de plusieurs lan gues, sa solide éducation intellectuelle, sa vive intelligence, alliées à son esprit' as- •s'oiffé de savoir orientèrent ben Lekhal vers le communisme qu'il reconnaissait ap puyé sur des bases scientifiques irréfuta bles. Il fut défnitivement conquis à cette cause et partit à Moscou faire son éducation de marxiste à l'Université des Peuples d’O rient. D'avoir été en Bussie bolchevisle, cela valut à Mahmoud d'être en butte aux tra casseries policières des sbires de Poincaré et il dut, pour échapper au sort qui l'atten- AMNISTIE PH LES COLONAUX I Le Bloc des Gauches a leurré les masses par son programme démagogique et tout un monument de promesses fallacieuses qui ont créé des illusions et l’ont porté au pouvoir. Les masses ont voulu faire une expérience, elle n’a pas tardé à donner ses résultats. La bourgeoisie de gauche est après tout la « Bourgeoisie » et si elle veut se maintenir au gouvernement, elle doit défendre le capi tal qui seul continue à régner en maître et à tirer les ficelles de ces pantins radicaux et radicaux-socialistes, comme il a tiré celles de ses larbins du Bloc national. La petite bourgeoisie, malgré son rôle his torique périmé, s’est prêtée pour donner une façade démocratique à l’édifice capitaliste, mais déjà, ses représentants renient leurs promesses, piétinent sur leurs professions de foi, pour poursuivre une politique s’adap tant aux intérêts de la grosse industrie et de la finance. Nous ne nous arrêterons qu’à l’amnistie si promise et qui devait, comme un pas vers la justice et non comme un geste de clé mence, s’étendre sans limite sur tous les condamnés politiques et militaires. Aujour d’hui ces Messieurs du Bloc des Gauches offrent une amnistie caricaturale qui exclut les « traîtres » et les insoumis. Elle ne fait même aucune allusion aux malheureux coloniaux victimes du colonia lisme. A cette duperie, le parti communiste a dé posé une proposition de loi, pour exiger une amnistie intégrale et applicable à l’Algérie, aux colonies françaises et aux pays de pro tectorat. Un scandale au Maroc Pendant les anr qu. suivirent la guerre et l’armistice, et pour favoriser le développement de la production agricole au Maroc, le Protectorat attribuait aux culti vateurs une prime de 100 francs pdr hec tare d' terrain nouvellement défriché. Un hebdomadaire de Casablanca, Le Cri Marocain, a dévoilé qu’on a réparti ainsi des sommes importantes à des colons qui n’avaient rien défriché, pour des hectares qui restent encore livrés aux palmiers nains. Le quotidien officieux, La Vigie Ma rocaine, elle-même, s’est décidé, le 21 mai, à parler de « l’Affaire de détournement des primes de l’agriculture », qui passionne ac tuellement toute l’opinion. « Cette affaire prend actuellement, ajoute la Vigie, les proportions d’un véritable scandale. » Le Cri Marocain écrit : « A qui fera-t-on croire que la Résidence Générale n’était pas au courant, quand on sait que le Parquet avait été saisi d’une affaire de ce genre ? » On a coffré quelques comparses, des pe tits commerçants ; mais les véritables cou pables, les grands colons, les « manitous du bled » sont encore en liberté et manœu vrent pour s’échapper. Le Cri Marocain re late que les révélations se succèdent cha que jour plus foudroyantes, et qu’il s’agit d’un véritable procès du régime des mar chés honteux qui étaient à Tordre du jour à Rabat, sous le regard indulgent du ma réchal. — * •==- — Le travailliste Mac Donald à l'œuvre 111 nouvelles arrestations politiques aux Indes Londres, 2 juillet. — (Humanité.') — Un télégramme spécial de Moscou au Wor- kers Weekly dit que l’on a procédé à 111 nouvelles arrestations de paysans hin dous, à Behar, pour propagande contre la grande propriété terrienne. Ils sont accusés de répandre des idées bolchevistes. Les accusés sont tous des paysans pau vres qui ont réclamé la confiscation des grandes propriétés et la répartition des terres. dait, quitter unè fois de plus un soi si peu hospitalier. Ben Lekhal vint donc dans la Buhr pour y crier, face au militarisme français, son idéal de fraternisation des races. Seule ment, il se trouva un Judas, le caporal tu nisien Mustapha el Matari, qui vendit no tre camarade à Dégoutté, le bourreau des ouvriers allemands. Le Conseil de guerre de Mayence a con damné à cinq ans de prison Mahmoud ben Lekhal. Que notre camarade, comme tous ceux qui, ^vec lui, ont été martyrisés pour la, belle cause de la fraternisation proléta rienne, sache bien que nous saurons les arracher au Bloc des Gauches, comme nous avons tiré Marty. leur devancier, des griffes du Bloc National... Dans l’exposé des motifs de cette loi, nos camarades communistes demandent que la justice ne serait pas seuleme 11 de renoncer [à des pratiques comme ce ■ employ ées contre l’Emir Khaled, mais de faire le pro- cès des gouverneurs et des ministres com- plices. Oui ! Il faut l’amnistie entière pour ous les Indo-Chinois torturés dans les bagnes impérialistes ; pour les quatre déportés de la Nouvelle-Calédonie, ceux de la Réunion (Duy Tân et ses consorts) et pour les condamnés par coutumace Cuong dê et au tres ; amnistie pour les Syriens, dont le seul crime fut de se dresser contre l’envahis- sement de leur sol ; amnistie pour tous ces Sénégalais, ces Algériens martyrisés pour des futilités. Il faut, aussi, le retour de Khaled, l’homme qui osa défendre la cause de ses frères ; amnistie pour Cheikhou, le noir, mutilé de guerre et déporté : perpé tuité à l’île du Diable ; amnistie pour l’hé- roïque Mahmoud Ben Lekhal, ie communiste algérien qui prêcha la fraternisation inter nationale. Nous sommes sûrs que seuls nos amis com munistes porteront la parole à la tribune en faveur de tous les condamnés coloniaux com me l’a fait lundi dernier Marcel Cachin, pour les condamnés de Mayence. Les Moutet et Cie, mis au pied du mur, honteux, ont multiplié des gestes approba- tifs, mais, ce que nous demandons, c’est l’action, ou, la classe ouvrière qui donna plus de 40.000 voix à l’Algérien Hadj Ali saura agir pour délivrer ses frères coloniaux victimes de la barbarie capitaliste. EL-DJAZAIRI. AMNISTIE ' - 72 • gemsoses 99 rur avo 1 Avis i &o Le cas du sénégalais Cheikhou Poincaré n'a pas voulu quitter le pou voir avant de mettre en garde les patries tards de son espèce contre une amnistie pour les « traîtres » à la Patrie Le Comité exécutif du Parti radical et radical socialiste a, de son côté, d’accord avec son président Herriot, adopté un pro- gramme comportant l'amnistie générale dont ne seraient exclus que les insoumis et les « traîtres ». D’une manière générale, les bourgeois appellent « traîtres » tous ceux qui se sont dressés ou ont tenté de se dresser contre leur domination. Pour toutes ces victimes inconnues nous réclamons l’amnistie ! En particulier, nous voudrions aujour- d’hui attirer l’attention sur le cas de Cheikhou, ce malheureux sénégalais con- damné à la détention perpétuelle, dont il semble bien que les organisations ouvr" res ne s’occupent pas assez Cheikhou est-il un traître ? Il est probablement « traître » pour les embusqués de la grande guerre Celui qui est « traître » pour les impérialistes et les patriotes embusqués est un « héros » pou.' 1 les hommes de sa race et de sa coule I Cheikhou et ses co-détenus de l’île du Diable, ne sont pas seulement des héros, mais des « martyrs » qui ont droit aux respect et à l’admiration de tous les hon- nêtes gens. Arraché à son foyer par force, • u r dé- fendre la France et sauvegarder les inté- rêts des « mauvais Français amené du Centre de l’Afrique avec la complicité de Diagne le renégat, pour être blessé au Maroc et aux Dardanelles, il fut condamne par le conseil de guerre de Dakar, à la dé- portation perpétuelle. Depuis 1917, il a fait presque toutes les prisons de France et d’Algé ou mis au régime spécial des indigènes ses souffran- ces y ont été décuplées. Il vient d’èLe envoyé par la grâce de l’adr in stration pé nitentiaire à l’île du Diable avec une tren- taine de déportés inconnus. Je prie nos camarades au P.C.. du Co mité pour l’amnistie et de toutes les orga nisations d’avant-garde, de s’occuper par- ticulièrement du cas Cheikhou et de tous les crimes commis par les conseils de guer- re, dans les colonies, et arrachons les vic times aux bagnes militaires et à la Guyane. Tous unis pour sauver toutes les victi mes des conseils de guerre. civils et mili- taires, condamnées pendant et après l’état de siège, en France, dans le; colonies et les pays occupés. Tous pour l’amnistie générale, Il faut que les enfants de la Révolution rendent hommage aux martyrs... A l'œuvre et vive Cheikhou ! (Lutte sociale) MAGALLON. PERMANENCE Le « Paria », chaque dimanche matin, au siège, 3, rue du Marché-des-Patriar- ches (5 e ). — ### [Trang 2] Les beautés de la civilisation française « Lors de a discussion de la représenta tion des in ligènes des colonies au Parle- ment franc a is, M. Paul Tapponnier a pro- noncé, à la Chambre des députés, cette phrase : « La France est généreuse et sa bienveil lance s’exerce en toute circonstances. Il n'y a rien de comparable à la civilisation fran çaise Nous remercions sincèrement ce parlementaire de nous avoir fourni l’occa sion de citer — outre l’opiniâtreté avec la- quelk ta I rance s’acharne à civiliser les ndigènes à coups de canon et de baïonnette - - quelque • es de ses impérissables ver- tus. Potitesse. L'habitude coloniale veut que tout indigène — quels que soient son Ta ng son ge et son sexe — salue l'Euro- i ii avec 1 milité. On a vu, en Indochine, a Madagas > et dans d'autres colonies, des indigènes brutalisés, frappés, emprisonnés mi plement pour avoir omis cette marque de respect . ie au prestige du civilisateur- Tout récemment, un administrateur de Medj na Algérie) faisait arrêter, dans sa « h ce ns orij ion, des indigènes qui, absor- bés dans leur travail, n’avaient pas remar que l'auguste promeneur, et ne l’avaient pas salué. 1 irgesse. - En Indochine, à l'occasion de la balade d’un Joffre ou de l’anniversaire d’ 'h Clemenceau, de l’inauguration d’un monument aux « morts pour la patrie » ou de la réception d’un envoyé de la Républi que, l’administration ouvre des « souscrip lions ». Voici comment on procède : M. ‘administrateur, se basant sur le chiffre, de la population et le total des impôts de la province, détermine la somme nécessaire à la fête, la multiplie par 3, 4 ou 5, fixe la date du versement, fait venir les notables des village - et leur dit : « J’ai besoin d’ar- gent, voici la somme que je veux, voici le délai que je vous fixe pour me la procurer. Débrouillez-vous. Sinon... » Pour ne pas aller en prison, les notables « se débrouil- lent ». Le multiplicande de la souscription obligatoire est employé aux « hommages à rendre aux gr- nds hommes », et le produit de le multip cation tombe dans la poche de M l’adm nistrateur. Les paysans pâtis se,,! de ces taxes supplémentaires trop fré quemment prélevées. GénércnUi. - A la devise «l’Allemagne paiera », a succédé celle-ci: «Les colonies paie ont ». . a métropole demande aux co- lonies d’spp ver toutes leurs forces, toutes iru • capacités, toute leur volonté, toutes leurs ressources en aide au relèvement éco- nomique 1 la mère-patrie, alors que cette mère-patrie vient d’interdire 1 exportation des ses d’Alsace aux colonies, réser- eav> 'ce produit à la consommation exclu sive de ragrl- ulture française. Égalité. Les citoyens français font dix- huit mois de service militaire ; les indigènes des olonies sont as teints à trois et quatre , servir ne sous le drapeau qui... que.... eous les plis lequel enfin on importe chez ‘ 5= aoat RMCRR M ETODE A L'ESCLAVAGE La mie en valeur wer..r. par humain Depuis que la France impérialiste parle de meltre en valeur son domaine colonial, a Sur81 une nuée de stratèges de la colonisation 9, pote remédier la défectuosité et d i etdt arrierd de la technique de leur capitalisme na- tional al pour résoudre le problème de la main- d'œuvre nécessaire pour l'exploitation de cette immense superficie de territoires, ces négriers en rar, se rabattent sur l'indigène. Ce malhe. 1 eux a été chassé de ses terres, recruté par la trique pour défendre, contre les convoitises des adversaires de son conquérant, e bien qui a été volé; il lui faut mainte- nant suel ane et eau pour faire fructifier ce dont on l’a drusté, et cela au seul profit des “Dans le • aos de l’après-guerre, la France a . 80: . ■ omie et sa finance étatique elon- dree . , our les restaurer, elle s’est aperçt existe dan -es colonies des richesse iné- Faisables. Dans l'Afrique occidentale française, par exemple, i culture du coton remédierait à la pénurie d re textile qu’elle importe dAméri- que et 1 colonies anglaises : importation ren due pén .1 V cause du franc dévalorisé. I'A.Ol it subir des transformations pro- fond s, । n un vaste projet de mise en valeur de la valice du Niger, pour la culture du cot On s > ose de construire des voies ferrées, d'effectuer des travaux pour l’‘amélioration des perts, dirriguer plusieurs millions d'hectares, etc . A ce gigantesque plan d'exploitation se rattache le problème de la main-d'œuvre et la question des conditions sociales de l'indigène. Un esclavagiste, M. Georges Barthélemy, ex- député du Pas-de-Calais et rapporteur des tra- vaux de mise en valeur de l'A O.F., soumet un projet stupt 'fiant : il préconise tout bonnement d'employer la main-d’œuvre militaire, régle- montée et contrôlée par une loi spéciale. A cette horrible solution se rallie le non moins esclavagiste général Mangin, celui qui trouva cette formule : «La France a 100 mil- lions d'habitants », et qui propose de mobiliser 300.000 noirs pour les soumettre à ces travaux forcés d'exploitation. Qu'ent end-il, alors, par Français, lui qui n’a appris à. distinguer les nations que par l'uni- forme de leurs à mées ? Est-ce que ce sont tous ceux qui sont astreints à endosser la livrée bieu orizon? Mieux vaudrait adopter le gris foncé des bagnards. Parce que, sans aucun doute, le salaire de ces ouvriers en uniforme sera celui d’un soldat, plus les ig i urs et l’ignoble discipline du mili tarisme franc -, doublées des « douceurs » de son colonialisme Le féodalisme ne faisait pas l’honneur à ses esclaves ' se i ittre dans ses armées, le capi- talisme moderne n’a même plus ces préjugés : 1 oblige i . sujets à toutes les besognes : chair a exploitation, chair à canon. Devant tous ces projets feroces, que feront es vils ger ts du gouvernement, les Diagne et consorts ? Ils approuveront ces mesures sans aucun doute. Si Diagne n’avait pas donné assez de preuves de sa servilité envers l’impérialisme et de sa : aitrise envers ses frères de couleurs, il n’aurait pas été réélu par le Gouvernement et rehaussé à la présidence de la Commission color iale de la nouvelle Chambre. Heur ement que nos amis communistes, qui sont m in de cette Commission, sauront inter- venir pour n 'ter dans ses desseins criminels le capitalisme insatiable- Il est aussi du devoir de nos frères noirs de s’organiser pour opposer, avec la classe ouvrière Irançaise, un front de résistance devant lequel échoueront toutes les tentatives diaboliques du capitalisme et ses mesures dont les conséquen ces seront funestes aux prolétariats colonial et métropolitain. El D. eux l’alcool, l’opium, la corvée, le portage, l’indigénat, la spoliation. — Alors que des indigènes sont exilés, déportés, emprison nés sous des prétextes futiles, les colons et les administrateurs accusés d’assassinat, de concussion, de forfaiture, de vol font de brillantes carrières. Je ne parle pas de Darles, conseiller d’Etat de Cochinchine, ou de Beaudoin, gouverneur général de d’Indochine ; leurs histoires sont déjà vieil les de deux ou trois années. Je veux parler des deux fonctionnaires algériens qui, au mois d’avril dernier, ont été publiquement accusés de faux et d’usage de faux, des détournements des deniers publics et d’au tres crimes, et acquittés. Je veux aussi par ler des conseillers européens de la même colonie qui, assassins ou complices notoires de l’assassinat d’un indigène, n'ont pas été inquiétés. Liberté. — « Le travail, c’est la liberté », dit un proverbe gaulois. C’est pourquoi les indigènes sont astreints au travail forcé. Le Sénat français a hautement approuvé, der nièrement encore, l’exposé du gouverneur général de l’Afrique Orientale Française, où il était dit « qu’il faut se méfier autant de rêves que de formules, que la production de coton est une question d’ordre gouver nemental ; que pour aboutir, il faut obliger les indigènes à cultiver le coton... Par cette méthode, les colonies devraient fournir à la France 100.600 tonnes de coton annuelle ment. Cette méthode a été employée en A. O. F. pour le cacao..., il Va employée éga lement pour le coton et a obtenu, en 1916, sur la Côte d’Ivoire, 600 tonnes de coton ». Avec cela, la France reste, bien entendu, la libératrice du genre humain et le cham pion de l’abolition de l’esclavage. Humanité. — La France est la protectrice des faibles et l’éducatrice des arriérés, dit M Boisneuf, député nègre. La France est le champion de la civilisation et le porteur des libertés, dit Michelet. Sa politique colo niale est faite d’humanité et d’altruisme, dit Sarraut, ancien et futur satrape de l’Indo- Chine. I a Revue de l'Aéronautique militaire vient de nous apprendre, une fois de pins, comment on comprend « l’humanité aux colonies. Voici. Le maréchal Lyautey, rési- déni général du Maroc, commandant en chef des T. O. M., a prescrit l'emploi des projectiles à gaz asphyxiants et lacrymo gènes puisque... Mais citons la Revue : « Puisque le but à atteindre n’est évidem- ment pas de tuer beaucoup de dissidents, mais de les amener très rapidement à la soumission... » Et c’est avec cette profonde sollicitude que, depuis 1919, c’est-à-dire après la vic toire du « droit » et de la « justice » dans le monde, on a fait massacrer, au Maroc, 800 soldats français, 5.000 Maures, pour annexer à la France — « à la France de un million de mètres carrés et de 100 mil lions d'habitants » — 72.700 hectares de terre, volés aux Marocains.. NGUYEN Al QUAC. LE MARECHAL LVAUTEY Ia sinUCr haderne quitta le Mdrne our ' venir se e ■. miti 'tnt en Franci ; car 1 h? climskt n est pas favorable à sa i vérole. ; Le M&mc ne le regrettera bas, les Màro\ 1 coins reteAirneront élans les mosguées, pour ? prier Allah de lui faire expier les crimes qu'il a sur la conscioirce. En plus de sa vérECj il ress- m une aigre douleur plus grande encore, à la seule pen sée de ne plus revoir son hdrem, ses séances F orgie et surtout de e plus commander te massacre des Marocains. Le petit BaUhou est } dèt-oft, désigné pour le remplacer, le Mdrot ne sera pas fier de cet échantillon. Cet individu. q m symbolise le, chauvinisme, va continuer VceuAre sinistre du premier, pour le grand profit des sociétés capitalistes s et deviendra le principal actimi-iaipe de Vum d'elles. ,*e-< Les élections aux colonies ——-** La foire électorale est terminée ; elle a démontré aux masses l’hypocrisie et la farce du suffrage universel en régime capitaliste. En Cochinchine, Outrey est réélu ; le Ou- trey du Bloc national, du colonialisme vo leur et assassin. La réélection d’un pareil moineau prouve simplement que les bandits coloniaux régnent encore là-bas et qu’il nous reste beaucoup à faire. Notons cependant un bon augure : 2 Anna mites naturalisés se sont officiellement pré sentés contre Outrey. Ils n’ont pas été élus, mais leur candidature est un premier pas de fait et un exemple à suivre. Nous aurions voulu voir répéter ce geste de protestation dans toutes les colonies, où la voix des mas ses est étouffée, mais dans certaines, comme l’Algérie, la bourgeoisie indigène trop lâ- che, attend de la seule générosité du conqué rant, les quelques droits que l’impérialisme a promis à ses frères miséreux en échange de leurs vies. A la Guadeloupe les moyens de violence et d’escroquerie employés par le gouverne ment pour élire son candidat, le sinistre Can- dace ont ouvert les yeux de nos frères antillais encore imbus de démocratisme et confiants dans la justice en régime bourgeois. Jamais des électeurs devant librement choisir leurs représentants ne furent aussi brutalement épouvantés : croiseurs, soldats, gendarmes fu rent mobilisés pour terrifier une population pacifique. Nous avions cependant prédit à M. Bois- neuf l’inefficacité du réformisme et de la collaboration de classes ; on ne peut même honnêtement se placer au milieu de la bar ricade ; car on essuie le feu des deux camps. Quand on a affaire à des bandits on ne s’ar me pas de la Bible. Au Sénégal, le négrier Diagne, continue à assurer son rôle de vil entremetteur du gouvernement. Et pous ses gages, il a été réélu. A tous ces maquignons du colonialisme, s’opposeront nos amis communistes du Bloc ouvrier et paysan. Nous n’avons de confiance LÉNINE ET LES PEUPLES DORIEIT Si Lénine est, pour le prolétariat d’Occident, un chef, un leader, un maître, aux yeux des peuples d’Orient il est quelque chose de plus grand, de plus noble encore, si je peux m’ex primer ainsi. Ce n’est pas seulement son génie, mais c’est aussi son mépris du luxe, son amour du tra vail, la pureté de sa vie privée, sa simplicité, en un mot c’est la grandeur et la beauté mo rale du maître qui ont une influence magnéti que sur les peuples asiatiques et qui attirent leur cœur vers lui, invinciblement. Habitués à être traités comme des êtres arrié rés, inférieurs, ils voient en Lénine la person nification de la fraternité universelle. Ils ne lui sont pas seulement reconnaissants ; ils l’ai- ment profondément. Ils ont pour lui une véné ration voisine de la piété filiale. Il fallait voir les yeux gonflés de pleurs des étudiants de l’Université des Peuples d’Orient, il fallait voir ces gaillards éclater en sanglots lors de la mort de Lénine, pour comprendre l’amour qui existe entre eux et lui. Sa mort fut un deuil universel. Le Koming- Tan (parti du Peuple au pouvoir dans la Chine du Sud) était en congrès lorsque la nouvelle lui parvint. Tous les délégués se levèrent sponta nément et la séance fut clôturée en signe de deuil. Sur la proposition du Dr Sun Yat Sen, le gouvernement de Canton décréta la ferme ture de tous les spectacles pendant trois jours. Les drapeaux de tous les établissements furent mis en berne ; diverses associations intellec tuelles, politiques et économiques de province et de Pékin, principalement les associations d’étudiants et les organisations ouvrières, com mémorèrent dignement la mémoire du grand révolutionnaire. Par la même occasion, elles ont voté unanimement des ordres du jour deman dant la reconnaissance immédiate du gouverne ment des Soviets. Les étudiants ont décidé d’éle- ver une statue à Lénine dans le plus grand jardin public de Pékin. TV. LFM^E Le Parlement chinois a envoyé des télégram- mes de condoléances. ,4, !•' — .* t i-* caad, iisis Jals S 5 pays e seUe, itS -aline ront tre s peu au courant des événements mon- diaux, elles y sont indifférentes. Or, elles ont porté le deuil de Lénine Les manifest tiens de femmes chinoises dans cette douloureuse cir- constar.ce ont donc une signification historique. Elles demontrent, d’un côté, que les femmes l’Orient , réveillent ; de l’autre, que le grand maître est compris et aimé par toutes ei par tous, par les plus simples comme par les plus avancés. C’est pourquoi je donne ici la traduc- lion d’un appel d’une étudiante, publiée dans la « Gazette des Femmes » de Shanghaï : « Mes soeurs, « Depuis que le capitalisme existe, tout l’or- ganisme social subit sa funeste influence. Les choses qui devaient être à tous, parce que pro duites par tous, deviennent ie privilège de quel- ques-uns ! L’oppression économique asservit les hommes ; la même oppression fait des fem- aies des objets soumis à la merci des hommes 1 « Depuis des siècles, combien de millions d’hommes ont été ainsi enchaînés ? Combien de millions de femmes sacrifiées ? « Lénine, pendant que la guerre mondiale était en pleine fureur, pendant que des millions d’êtres innocents, qui voulaient vivre, t ais qu’on envoya à la mort, Lénine affronta les misères et le difficultés, souleva le prolétariat russe, organisa les soviets. « Il n’a pas seulement libéré les hommes et les femmes de son pays, il a montré le chemin à tous les déshérités de l’univers Et, malgré les attaques des blancs en dedans et le blocus des capitalismes en dehors, la forte volonté de Lénine a sauvé ses compatriotes de la souf france et de la misère, et a montré à tous les opprimés le drapeau de l’Internationale. « Est-ce que cela ne mérite pas que nous nous prosternions devant sa grande mémoire? « Est-ce que la journée du 21 janvier ne doit pas rester éternellement, pour ceux et celles qui peinent, un jour de deuil ? « La Russie marche vers la prospérité. Mais, pour arriver à une paix réelle, il y a encore du chemin et du travail. Le genre humain se réveille ; mais, pour atteindre son affranchis sement total, il lui faut encore lutter. Et le voilà, le maître, séparé de nous, brusquement, sans avoir vu le résultat final de son œuvre. « Est-ce que les gens de cœur peuvent s’em pêcher de pleurer ? Est-ce que les hommes et les femmes opprimés ne doivent pas pren Ire la charge qu’il a laissée et marcher en avant ? En avant ! « Chères sœurs, « De celui qui, toute sa vie, a combattu la misère et l’oppression des peuples, de celui qui, jusqu’à la mort, a luuté pour le monde, commé morons dignement la mémoire ! » Remarquons, pour terminer, que, pour dési gner Lénine dans leur parler ( t dans leurs écrits, les Chinois n’emploient que le mot « Tien- Sanh », terme honorifique synonyme des « Ci » (Confie!, Men-ci), et qui signifie : maître. N. A. Q. • ••-* QU’AS-TU FAIT DE TON FRERE ? « Un jour, écrit M. Arnold Porret, en Afrique, à la Côte d’Or, un mis sionnaire me disait comment les noirs expliquent que l’Européen soit blanc. C’est que le Dieu du monde lui demanda : « Qu’as-tu « fait de ton frère ? » Et il en est devenu blême. » qu'en eux ; car ils ne-cesseront de flétrir la traîtrise des élus indigènes et la politique criminelle du régime actuel. L’attentat contre M. Merlin >—y0- Un Avertissement A travers la Presse Nous sommes encore mal renseignés sur les circonstances dans lesquelles s’est pro duit à Canton l’attentat contre le gouver nement de l’Indo-Chine. Mais une informa tion d’agence reproduite par la presse si gnale que le commandant Jeanbreau, chef des affaires politiques de l’Indo-Chine, et qui, parti un jour avant M. Merlin, avait été chargé d’organiser la réception de son chef à Canton, s’était montré très inquiet au sujet de la présence dans cette ville, de certains énergumènes annamites. On sait ce que signifie en langage officiel le mot énergumène. La version préconisée par nous, et tendant à expliquer l’attentat com me le geste de révolte d’un réfugié indo- chinois contre l’impérialisme français en Indo-Chine serait donc exacte. Quoi qu’il en soit, les grandes puissan ces colonisatrices feraient bien de voir dans la bombe lancée contre M. Merlin un aver tissement, et de tenir les yeux ouverts sur la grande crise coloniale qui se prépare un peu partout, mais surtout en Asie, parmi les peuples indigènes exploités par le ca pitalisme international. Que pourront-elles faire devant un mou vement qui peu à peu gagne tout un con tinent ? Non seulement tout F Islam bouge, niais les peuples jaunes eux aussi se sont réveillés. On sait que la Chine vient de reconnaître, la Russie des Soviets et de con clure un traité avec elle, et que le Japon est sur le point d’en faire autant. Déjà la France et l’Angleterre s’inquiè tent et craignent de voir l’accord sino-russe porter atteinte à leurs intérêts, envoient des notes à la Chine. Quant à l’Amérique, elle exerce - véritable chantage sur la Chine et la menace de ne plus participer à l’avenir aux emprunts chinois. Certes, les nouveaux gouvernements fran çais et anglais essaieront de faire quelques concessio aux peuples indigènes. Mais représentai : le capitalisme, ils ne pourront en écher celui-ci de continuer à être cl qu’il est par définition : un système d’ex- ploit lion et d’oppression qui. pour assu re' sa domination, doit recourir à des moyens de violence. Et ils n’empêcheront pas non plus chez les peuples exaspérés, la révolte légitime qui changera la face du monde. — A. G. (Humanité.} CHOSES D’INDO-CHINE L’administration a accordé aux financiers saïgonnais des concessions de 10 à 15.000 hec tares de terre dans la province de Kontum. Les Mois, propriétaires légitimes de ces terres, ont eu le marnais goût de manifester leur mécontentement. L’administration, pour les cal mer, a 1 intention d’envoyer quel ues avions dans la région, non pour amuser les évincés | mécontents par des acrobaties ad nautiques, ; mais pour arroser leurs buflies e quelques ton । nés de bombes Si cela ne su fit pas a rendre ( ces indigènes dépouillés r. 19 mables, n ■ ard 2 illager. — - - wt | Des subverAtom pour les Européens. Le résident supérieur du Toukin , ccorde au groupe des Employés de commerce euro . ens seulement, une subvention annue e de 15.000 $ (environ 150.000 fr.) pendant 5 ans. Demandons à M. Monguillot -i qu’il a corde aux étudiants annamites pauvres qui désirent tsat venir en France pom avoi te droit de s'instruire et qui souvent n'obtiennent pas même le passeport... A Hypocrite censure. Obscurantisme odieux. L’infâme clique n’arrive pas à contenir la soif de savoir qui pousse des millions d'Anna- mites à la porte .des écoles gouvernementales, si rares ! Elle a beau supprimer la puissante organisation universitaire indigène et la rem placer par un nombre manifestement insuffi- saut, d'établissements modernes ; l’initiative privée, aiguillonnée par l’impulsion générale de la population, crée et multiplie des écoles par- ticuières. Alors que fait l'ignoble clique ? Un décret paru à l’Officiel du 18 mai, permet au gou verneur général d’imposer une autorisation préalable pour l'ouverture d’une école et de contrôler l'enseignement donné. A-t-on compris ? Aw Sarraut : homme « fini ». A propos du déjeuner indochinois qui eut lieu le 22 mai au Pousset, un confrère dit : « La question du gouverneur général tracasse fort les Indochinois. Ils désirent M. Sarraut (sic) et se demandent s’il va retourner en Indoch. » Ce toupet ! Les Indochinois s’en f... pas mal de Sarraut. Ils en ont mare ! Et d’ailleurs, Sarraut, c’est un type « fini ». LA GUERRE AU MAROC ESPAGNOL •+* En communiqué du Directoire constate que la résistance des Riffains, solidement établis sur des positions excellentes, a em pêché les troupes espagnoles d’atteindre et de ravitailler les postes fortifiés de Coba- dersa et de Hoj ; mais deux colonnes com mandées chacune par un général, sont ac tuellement en formation pour déblayer le terrain et rétablir les communications avec les postes encerclés. On trouve ici l’aveu fie l'échec de ces jours derniers. Quant à la nouvelle expé dition que Primo de Rivera a lancée pour venger « l'honneur national » on manque encore d'informations. Cependant un com muniqué officiel du Maroc, en date du 2 juil let, annonce que dans les combats de la veille, huit officiers, dont deux indigènes, ont été plus ou moins grièvement blessés. Une centaine de soldats, la plupart indigè nes, ont été tués ou blessés. Un second communiqué en date du 3 an nonce qu’une colonne a réussi à ravitailler les positions de Tazza et de Solavo après avoir obligé les Riffains à se replier des deux côtés de la rivière Ibujaren. Enfin, on mande de Tétuan qu’un avion espagnol s'est abattu près de Kabadassa. Un capitaine et un lieutenant qui étaient à bord ont été mortellement blessés. Le chiffre élevé des pertes éprouvées par les Espagnols fait mesurer l’importance de leur échec. Les répercussions politiques se font déjà sentir. Travail exécuté par des ouvriers syndiqués Le Gérant : Léopold MESNARD. ssesa. Pow atténuer l’impression « déploiable » que la bombe de l’Annamite produit dans le mon de, la presse coloniale, habituée à vanter au pu blic métropolitain et à l’étranger le caracière joliment pacifique du colonialisme français se trouve cette fois acculée à des arguments pi toyables qui ne résistent point devant l’autre, plus décisif, étant plus « frappant ». 1° « L’auteur de l’attentat n’est pas un An namite », djfirme cette presse. Par là, elle in sinue, contre l’évidence, qu’il n’y dit jeûnais eu de mécontentement dans la population indo chinoise ! La colonisation française est épa tante, comprenez-vous ? 2' « C est un Chinois ». Parbleu I la clique ne pardonne pas à Sun-Yat-Sen d’avoir fret ternisé avec les Ng. th. Hien et les Ph. bor Lhau, et elle en veut particulièrement à la Chine du Sud, qui touche son domaine colo nial, qui a 1 œil et ne se laisse pas marcher sur le pied. N’est-ce pas dans le Yunttam que les tentatives envahissantes du maître chanter Doumer et de la Compagnie des chmmpÿ de fer ont piteusement échoué ; n’est e as à Yitnanfou que l’escroquerie de la B. I. C. a provoqué une êm&ute contre les colonialistes tricolores ? 3° « Et c’est un Chinois bolchevisé ». La clique garde rancune aux Soviets du fait qu’ils ont été reconnus par la Chine, à la barbe de l’impérialisme français. Et puis, ces sacrés bol cheviks, ils pactisent avec l’indigène ; haro sur eux 1 Là-dessus, M. Albert de Poupourvil glapit. C’est « principalement à Paris » qu’il découvre des bolcheviks annamites, et il les personnige en nemmant Cachin. Oui, ce jaune qui surgi devant une fenêtre de P Hôtel Victora, ' Car ton, avec une valise à la main, dont A sert une bombe, une bombe terriblement glacée qu’A - fre comme dessert aux vautours en gogoB - cui-da, c’est Marcel Cachin .lui-r né ! . r' vez-voiis pas remarqué sa moustache à la mon gole ? Ng. the TRUYEN. Sous le règne de la Fra nce y néreuse Les faits suivants sont-ils exacts. ? « Le 22 décembre 1923, Klaass Mohamed ben Boudjemâa, du Kroubs (Algérie), était all au marché d'El-Miliah; il fut conduit devant l’ad joint de l'administrateur, sans mctil. Dès que Kiaass parut devant l’adjoint, ce dernier l'a battu à coups de matraque, à coups de pieds, et avec une tringle de fer avec la- i quelle il s’est acharné sur sa victime jusqu’à ce t que des lambeaux de cl air a ent fié arrachés: ! le sung .nuit de sa bou he ■ i • ■ s > dos. Kinass fut transporté Thop fini r une ci- i Viere; jomn n que ni pa- rents, ni aiis puissent -, i • le biessé. Depuis Sa sortie de Thopitu i t tenu au secret dans la prison. Le 27 décem re k . parenis de i ont porté plainte à M le y. ureur de la Réj 1 ■ blique . à M. le préfet, au gon erneur géné al, au parquet gé oral, au president de la Répu- Mique. » Depuis, les représentants de la France géné- reuse se taisent et laissen lurer Pt bit faire. La Russie des Soviets, qu’on préser te comme un pays barbare, a libéré l’évêque Thikon con- damné pourtant à mort. Que les coloniaux ju gent et apprécient. - • - ----0--===)O(==9- 0. — I ■■■ -------------------------g--- Pour que le «Paria» vive il nous faut 2.000 abonnés -**—— Nous faisons un appel pressant à tous nos frères des colonies, à tous t eux fgv nous marquent tant de sympathi- et cons ta- tant la ligne sincère de notre cor duit y pour nous aider à continuer r li la. .'évolutionnaire jusqu'à la libération k nos trères miséreux. Le Paria n’a été jusqu'ici su- tenu q it par l’effort moral et pécuniaire d une poi- g née de camarades coloniaux. Le prlS lu papier, les frais d'impression et d‘expé d lion étant élevés,nous laissent chaque mo i un déficit péniblement couvert par nos col laborateurs. Nous demandons à nos lecteurs de faire autour d'eux la propagande pour nous dL-- nc] de nouveaux abonnés, des souscrip teurs et de nous envoyer la documentation nécessaire pour mener notre lutte. De notre budget dépendront la régula rité de notre tirage et la vie de notre jour nal. Nous prions les camarades dont l'abon nement est expiré de nous envoyer le mon tant de leur réabonnement pour nous évi ter les frais de renouvellement. Des Munitions pour le « Paria» Listes précédentes 2 815 50 Un Martiniquais rouge......... 100 » Bensemane 2 » Marouf . 2 » Vo tan taï 4 » D' S bolcheviks cambodgiens 52 50 Un groupe d’Algériens de Saint- Etienne ........................ 5 » Jean Baptiste 2 » Mekki 2 » Bambucli 7 » Alic 12 » Moulai Iddris ................... 7 50 Pour libérer l'Annam............ 115 » M. II., Casablanca 25 » 3.150 50 -e-2=0C8o-0. - - ——— BIBLIOGRAPHIE Paraîtra le 15 juillet prochain en librairie le roman poétique Madiana, écrit par le Marti- niquais Benoît Allé. (Edouard, éditeur, 73, rue d’Amsterdam, Pars-8e.) C'est une élégante satire admirablement écrite. Ce livre intéresse au plus haut point tous les Coloniaux, Important rabais aux abonnés du Parie Imprimerie Française (Maison J. Dangon) 123, rue Montmartre, Paris (9e) Georges DANGON, Imprimeur