Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70093556 (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — juin 1924 1924 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] TROI: IEME ANNEE. — Ne 26. Le Numéro: VINGT-CINQ centimes JUIN 1924. ADMINISTRATION Rue du Marché-des-Patriarches PARIS (5 e ) Paraissant mensuellement ) le Paria (8 Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement, Un an : 3 francs Chèque posnl : 92-22 Paris 40.781 ouvriers parisiens condamnent le colonialisme 26 anticolonialistes à la Chambre . — LE BLOC DES GAUCHES AU POUVOIR Au pied du mur LE RENVERSEMENT DU ROLE POLITIQUE DE L’TSLAM >=+0 26 élus communistes, 26 défenseurs de la classe ouvrière, 26 défenseurs des peuples opprimés coloniaux. 900.000 voix de prolétaires donnant leur pleine confiance, tout leur soutien à un parti qui.. sans tractation, sans équivoque, combattra le moloch capitaliste jusqu’à leur libération. Le i . létariat parisien, avec toute l'ar- deur toute la résolution que lui ont lé- guées plusieurs générations de révolution naires. les 40.781 voix qu’il donna à notre camarade Hadj Ali Abdelkader, nous mon trent qu'il a su déjouer toutes les manœu vres hypocrites de division, toutes les hai nes de races semées par le capitalisme qui s’engraisse de la désunion du prolétariat. Notre camarade Garchery, conseiller mu nicipal de Paris, qui fut en tête de la liste du 2 e secteur du Bloc ouvrier et paysan, fut élu à 41.601 voix; Henriet, deuxième élu de la liste, obtint 40.801 voix. Nous voyons par là que la différence avec notre frère algérien est minime et nous sommes heu- reux de constater que les ouvriers français ont voté pour notre programme sans tenir compte des invididus, des races ou des cou leurs. Quand on pense qu’un colonial obscur qui, pour la première fois dans l’histoire, a été présenté à des électeurs français, dont beau oup encore imprégnés de démocratis- n . bourgeois et d’esprit électoraliste, s’at tachent à la personnalité du candidat; quand nous remarquons dans îa liste du Bloc des gauches des adversaires de taille comme Léon Blum, le socialiste démago gue 50.797 voix) ou comme l’Amiral Louis Jaurès (50.270 voix) qui, exploitant le nom et la mémoire de son frère (le grand Huma- nitaire qui s’opposa à l’expédition du Ma roc et à 1 assassinat des indigènes), n’eut aucun dégoût pour s’allier à un million naire comme Le Foyer (49.148 voix). Quand nous voyons que le ministre des Colonies lui-même le sinistre colonel Fabry, recueil lir 71.550 voix dans un secteur presque en tièrement de commerçants et de bourgeois, EN USANT... Dans la dernière promotion de la Légion d’honneur du ministère des Colonies, nous lisons : « Officier : M. Beaurain, rédacteur en chef de la Dépêche Coloniale ; « Chevalier : Petit (Charles), homme de lettres, journaliste depuis 25 ans, collabo rateur aux grands journaux parisiens et de grand reportage à travers le monde, etc.. » Depuis que V Humanité^ dévoilé la véna- lité de la grande presse et des journaux décorés, les coloniaux ont le droit de se méfier des nouveaux légionnaires. Mais du moment où M Baudoin, gouver neur faussaire, tortionnaire, concussionnai re, voleur de statues, est lui-même com mandeur de la même Légion alors, on est fixé. Dans la même promotion, on voit le nom de... Attendez. Supposons que la France soit colonisée, complètement ou partielle ment, par une autre puissance — ça c’est arrivé quelquefois — que Durand, Français de la zone conquise, se mettait au service des conquérants de son pays en les aidant à opprimer d’autres Français. Que croyez- vous que les autres Français pensent de ce Durand ? Qu’il est un traître, probable ment Et si les autorités françaises pou vaient mettre la main sur le collet dudit Durand, qu’est-ce qu’elles feraient ? L’en- voyer au poteau, naturellement. Eh bien ! lisez, maintenant : « Chevalier de la Légion d’honneur : « Decan, chef du canton de Tindji, cercle d’Abomey, n’a cessé de donner des preuves de son attachement à la France. A fourni un gros effort pour le recrutement. ». Voilà comment la France civilisatrice en courage la vertu. * * * « Tahiti est devenue un enfer pour les indigènes, qui disparaissent rapidement, sous le coup des maladies contagieuses im portées par" les Européens, syphilis et épi démie de variole. Il est des îles où la popu lation, en trente ans, a diminué des 3/4. « Il n’y a pas d’hôpitaux, il n’y a pas de dispensaires, pas de médicaments, pas de commerce, pas de routes ! » Quel est le bolchevik, l’anti-français, qui a dit cela ? Détrompez-vous. C’est un pa triote. Un Français 100 %. C’est M. Pierre Mille qui a dit cela dans le Quotidien du 15 mars 1924. nous ne pouvons que nous réjouir du suc cès obtenu par un simple ouvrier algérien. Les voix qu’il obtint sont des voix de pro testation, qui condamnent la politique d’op pression et de crimes de l’impérialisme français. Le geste du parti français, qui sera his torique, n’est qu’un commencement pour l’action qu’il engage pour l'émancipation des peuples opprimés ; il continuera sa tâ che, droit à son but, sans se soucier des or dures que lui jetteront ou des hurlements que pousseront les exploiteurs de tous poils. Il combattra implacablement l’exploitation, la démagogie, ne se souciant que de l’inté rêt des masses et sa franchise et son action concrète lui valent la sympathie de tous les exploités. Déjà, la candidature coloniale a eu son retentissement dans le monde mu sulman ; nous recevons des télégrammes de félicitations d’Algérie, d’Egypte, du Ma roc. Les esclaves coloniaux peuvent être sûrs qu’ils auront, dès la. rentrée des Chambres, tout l’appui des 26 élus communistes. Nous demanderons la suppression de l'Indigénat, nous réclamerons l’amnistie intégrale pour tous les indigènes embastillés ou exilés pour délits politiques ou militaires. Notre camarade Marty, élu dans le dé partement de Seine-et-Oise, a trop souffert dans les geôles du capitalisme pour oublier le sort de tous ceux qui gémissent dans les bagnes de la République. Maintenant, du haut de la tribune, il saura jeter à la face des impérialistes dont dons leur dont dons assassins tous les crimes ils sont coupables ; aussi, noen deman à nos frères coloniaux de nous prêter concours pour nous signaler les abus ils sont victimes. Nous leur deman de sortir de leur passivité, de leur fa talisme. Qu’ils s’organisent dans les syndi cats, qu’ils forment un front unique avec leurs frères de misère, les ouvriers fran çais. Qu’ils se réveillent à la lutte de classe; le Parti communiste saura les guider dans le chemin de la libération. EL-DJAZAIRI. A quand leur tour Madrid, 24 mai. Les généraux Bérenguer et Navarro com- paraîtront devant le Tribunal suprême de la guerre et de la marine, après le départ des souverains italiens, qui quitteront l’Es pagne le 12 juin. Modifiant ses premières conclusions, le général Garcia Moréno, ministère public, ne demande plus la peine de mort, mais 20 années de prison pour le général Béren guer et pour le général Navarro. A quand la mise en jugement de Lyau- tey, Gouraud, Nivelle, etc. ? Les cadavres des soldats et des inno cents tués pour satisfaire leurs besoins sanguinaires réclament vengeance. A quand la mise en jugement des géné raux assassins ? MAUVAISE NOUVELLE VERS L’INDEPENDANCE ! Le son en est jeté. Le pauvre maréchal Lyau- tey, dont la maladie de ces derniers temps donnait un peu d’espoir à ceux qui entendent ne pas aller crever au Maroc, est maintenant complètement rétabli. L’homme aux morts innombrables sur la conscience a repris son poste de l’avant-pointe de la pénétration meurtrière au Maroc. Les grandes entreprises capitalistes peuvent chan ter la messe. Le maréchal est sauvé. Quel malheur ! Des coups de triques sur le champ de misère Des balles sur le champ de bataille Le Bloc des gauches, les « républicains » ont conquis la majorité au Parlement ; de main U S seront au gouvernement. Nous n'aurons point la naïveté de leur demander de réaliser le socialisme, même s'il y a des socialistes parmi les ministres, mais ce que nous sommes en droit d'exi ger d'eux, c'est qu'ils appliquent [leurs principes républicains... même aux colo nies. Au nombre des immortels principes de 89 figurent au premier rang l’égalité poli tique entre tous les citoyens et la liberté de la presse. Or le Dioc national a sup primé aux colonies la liberté de la presse et il y a détruit tout semblant d’égalité po- litique. Pas de liberté de la presse, en droit, pour la presse indigène ! Les journaux exis tants peuvent être suspendus arbitraire ment, sans motifs, pour une durée illimi tée, par l'autorité administrative, et les nouveaux journaux ne peuvent paraître sans autorisation préalable. Pas de liberté de la presse, en fait, pour la presse française ! Les journalistes peu vent être expulsés arbitrairement, sans mo tifs, pour une durée indéfinie. Seuls les lèche-culs des gouverneurs ou les sous-ver ges de l'archevêché "^nt assurés de voir écrire. Les aut doivent se taire... ou disparaître. Et pas plus d'égal'.té politique que de liberté, de la presse ’ Suppression de la suspension adminé trative et de l'autorisation préalable pour les journaux indigènes, annulation de To donnance d'ancien régime concernant le droit d'expulsion des consuls, égalité de re présentation idans les assemblées politi ques entre tous les Français et entre tous les indigènes, telles s^nt donc les premiè res mesures q r ^ nous nes en droit d’ewyer du Lie uca gaucn uples à dispose d’eux-mêmes » l’action de t'impérialisme français en Syrie. Elle appelle ’ ■léiariat français à lutter avec énergie con tre l’impérialisme fauteur de guerre. Elle de- • tnde aux paysans français de s’unir aux ou- ners dw S cette lutte contre la mégalomanie som "fuaire de la grande industrie : à la main mise du capital français sur la Syrie les pay ms n’onl rien à gagner, si ce n'est une aggravation des charges ’ fiscales résultant de !'augmentation des dépenses militaires, si ce n’est, en mju.'. ta perspective de voir couler, une fois de pl ■ , le sang de leurs enfants. l'Intern a ■ nale Communiste, sa section (ran t'irise y comp ise, est avec les Syriens luttant pour leur liberté nationale contre les envahis sements lu capitalisme français. De même qu'elle soutiendra de tout son. pouvoir les paysans syriens lorsqu’ils commenceront la ’utte de < lasse contre tes propriétaires [éo- daur, elle est dès maintenant avec la nation syrienne tout i-viiàre dans tout ce qu'elle ten tera pour se soustraire au joug abject de l’im- venalisme. le plus rapace qui soit actuellement tu monde, 1 impérialisme de Poincaré, de Mil- lri"t n. du .Comité des Forges et de la finance jiançaise. La lu de des Syriens révoltés rejoint celle ( ue mène t actuellement, en France même, les i rav .illr. t rs de la métallurgie, des mines et du texiilr 012 les sir francs, les huit heures, le gwivcrm '' eut ouvrier. Paysans syriens et ou- v'i'm fran ■■>. forment actuellement — à leur su eut-être • un front antiimpérialiste uni- qve tou le u l‘ in ter nationale Communiste et . française sera de rendre claire à ■uscience de cette unité de front. A bas l'impérialisme ! , bas les brigandages coloniaux ! Évacuation de la Syrie ! Vive eindépendance des peuples asservis nenacès d‘s ■servis sement ! ou. Vive l’Union des ouvriers de la métropole et dm ,'jn^ricrs et ;mysans des colonies -dans la lutte contre l’ennemi unique . le Capital. « Humanité » du 25 mai 192.) Le Bilan d'un Siècle de Civilisation Dans un précédent numéro du Paria, je crois avoir sommairement démontré com- ment le capitalisme français a exproprié b s in ligènes nord-africains de leurs terres les plus fertiles. Ce capitalisme se trouve aujourd’hui MK prises avec un autre capitalisme indi gène naissant, mais tout aussi vorace qui lui dispute la possession de ces terres, qui, d’ailleurs n’appartenaient ni à l’un ni à l’autre, mais à la masse des paysans op primés et réduits au salariat. Ajoutez à cela les persécutions de toutes natures ; absence de tout droit, privai ion les plus élémentaires, etc,, tels faits de la prétendue civilisa- sont En ce nui concerne l’instruction des in- dizénes, elle est nulle : le disais qu’à peine 3 % connaissent plus ou moins le français. Il faut dire que colons et citadins s’oppo- sent énergiquement, avec ténacité, à l’ins- truction des Arabes. Les premiers crai gnent, avec juste raison, qu - les indigènes une fois instruits deviennent difficilement exploitables, les seconds composés de com merçants par crainte de la concurrencé dans le négoce et les emplois administra tifs et autres, qu’ils réservent à leurs fils. De temps à autre, sous la pression de quelques humanitaires, l’administration e- aie d’organiser l’enseignement des indi- gènes : to s les requins poussent les hauts is, leurs élus interviennent, et la ques- ion est l'envoyée aux calendes Leur argument le plus décisif grecques, est celui- instruisez pas les indigènes, dès qu’ils antifran- sei rit instruits, ils deviendront çais. Sur ce, l'administration se borne à forme des fonctionnaires parasites qui vi- Pour le 3 me Anniversaire de F Université d'Orient UN DISCOURS de TROTSKY La Polilique des Sondaris L'Université des peuples d’Orient vient de fê ler son 3 e anniversaire le 21 avril'. Créée par un prodige au moment où la Russie traversait une affreuse période de famine, où son héroïque prolétariat repoussait les attaques des contre- révolutionnaires et des nations capitalistes coa lisées, l'Université orientale d vu depuis ses étudiants croître en nom re, forlifiéer leurs connaissances scientifiques et s'armer de doc- trine et de foi révolutionnaires. Demain l'Orient, qui aura à se défendre contre les vi sées impérialistes ou à secouer le joug des ca pitalisles qui le dominent, trouvera une cohorte de jeunes révolutionnaires capables de mener leurs frères opprimés vers la libération. Munis de la science et du marxisme, ils sau ront mener la lutte juiqu’à la victoire et orga niser la production après la conquête du pou voir. Celle année, devant les 1.600 étudiants ras semblés, et groupant plus de 60 nationalités differentes, depuis le Maroc jusqu’au Japon, te Tl* * ‘ ’ discours remarquable camarade Trotsky fit le dont nous reproduisons liais : ...Tout le mouvement les passages essen- politique et culturel actuel s’appuie sur le capitalisme. Mais celui-ci, pour s’exprimer d’une façon sommaire, a deux visages : le capitalisme des métropoles et celui des colonies. L’Angleterre est l’exemple classi que du premier. A l’heure actuelle, elle a à sa tête un gouvernement dit « travailliste ». J’hé- site à dire quel est le pays d’Orient qui cons titue le type le plus parfait de la colonie, serait- ce l’Inde, qui l’est formellement, ou la Chine, qui conserve une apparence d’indépendance, mais qui, par sa situation internationale et son développement, se rattache au type colonial. Le capitalisme classique est en Angleterre . C’est à Londres que Marx a écrit le « Capital », en observant directement le développement du plus avancé des pays. Dans les colonies, le capita lisme se développe, non pas grâce aux ferments intérieurs du pays, mais par l’invasion du capi tal étranger. Voilà ce qui différencie les deux types. Pourquoi Mac Donald — pour s’exprimer en termes peut-être pas très scientifiques, mais en tout cas précis — pourquoi est-il si conserva teur, si borné ? Parce que l’Angleterre capita liste s’est développée pas à pas, par une « évo lution », en partant de l’artisanat pour passer par la manufacture et arriver enfin à l’indus trie contemporaine. Ainsi, tous les préjugés de la veille et de l’avant-veille, tous les préjugés du passé, tout le rebut idéologique des généra tions passées sont restés sous le crâne de Mac Donald. Les facteurs du progrès sont les forces de production A première vue, il semble qu’il y a là un non-sens de l’Histoire. Pourquoi Marx est-il né en Allemagne, le plus arriéré des grands pays de l’Europe du XIX e siècle, si l’on fait exception de la Russie ? Pourquoi Lénine est-il né en Russie, à l’aurore du XX e siècle ? Ce non- sens apparent s’explique par la dialectique de l’Histoire. Sous la f- rme de l’industrie anglaise, l’Histoire a créé le plus important facteur révo- lutionnaire ; mais ce facteur s’est formé par un processus infiniment long et lent. La cons cience humaine, en général, est terriblement conservatrice ; quand le développement économi que est lent, il pénètre difficilement dans le cer veau humain. Les subjectivistes, les idéalistes affirment que la conscience humaine, la pensée critique, etc , entraînent l’Histoire, comme à la remorque Nous, narxistes, savons que les fac teurs de progrès sont les forces de productias, qui ont.ious ju ‘sent a l’insu do l‘h--- nie et pénetrem”dveo peine dans sa conscience pour y jeter comme un. étincelle, une nou velle idée politique. Mais lorsque les forces de production d’un pays tel que ‘Angleterre envahissent un pays plus arriére comme l’était l’Allemagne de la première moilié du siècle dernier, comme c’est notre cas à la frontière du XIX e et du XX e * siè- 5Aa....3. des, comme c’est maintenant le cas pour l’Asie où les facteurs économiques pénètrent révolu- tionnairement, en brisant le. vieil état de cho-. ses, en provoquant de terribles secousses, des mouvements violents des vieilles formations so ciales, la pensée critique est incomparablement plus puissante et trouve son expression révo lutionnaire, à condition que les conditions préli minaires théoriques soient présentes. Voilà pour quoi Marx est apparu dans l’Allemagne de la première moitié du XIX e siècle, voilà pourquoi Lénine est. apparu chez nous, voilà pourquoi nous remarquons ce fait, si paradoxal en appa rence, que le pays où le capitalisme est le plus . Les colonies sont un champs d’investis sement du capital européen. Avant la guerre, les pays coloniaux et semi- coloniaux recevaient Ses Etats-Unis et de l’An- gleterre deux fois moins de crédits que les pays ' ” ’ ' * l’heure où le capitalisme est développé. *A actuelle, les investissements dans les colonies dépassent les investissements dans les vieux pays capitalistes. En voici les deux principa les causes : La méfiance envers la vieille Eu- Léon TROTSKY ancien, le plus développé, l’Angleterre, possède travailliste » le plus conservateur. le parti L’exemple de la Russie La Russie, par son développement économi que, tient le milieu entre le type de la métro pole, tel que l’Angleterre, et celui des pays coloniaux, tels que l’Inde ou la Chine. Ce qui distingue la Russie de l’Angleterre en ce qui concerne le sens et les formes de son dévelop pement, se manifeste encore plus violemment dans les pays d’Orient. Là-bas, le capitalisme pénètre sous la forme du capital financier étran ger. Le capitalisme y importe des machines, sape la vieille base économique et élève sur ses ruines les tours de Babel de l’économie capi taliste. Le capitalisme, en Oi ient ne procède pas d’une façon lente, par 7 le « évolution », mais d’une façon violent itastrophique, souvent plus catastrophique < chez nous, dans la vieille Russie tsariste. C’est de ce point de vue, camarades, qu’il faut considérer les perspectives de l’Orient dans le prochain avenii C’est dans les pro saïques livres de comptes des banques améri caines et anglaises de 1921, 1922 et 1923, c’est dans les chiffres des bilans de banques de Lon dres et de New-York que vous pouvez voir la future destinée révolutionnaire de l’Orient. L’An gleterre s’est réinstallée dans son rôle d’usu rier mondial. Les Etats-Unis ont accumulé une quantité d’or inouïe : dans les caves de la Ban- > —5 Centrale so lés trois milliards de dol- surs o.. - — < . ""omienalb.le des E.c.-Unis. A qui l’Algieterre et les LowcS- Unis font-ils crédit ? Pas à nous sans doute, à l’Allemagne' non plus. l a France a reçu de misérables mi: des pour sauver le franc. A qui donc prêtent-ils ? Aux pays coloniaux surtout; ils soutiennent financier ement • l’industrie de l’Asie, de l'Amérique du Sud, de l’Afrique du Sud. rope, ruinée, exangue, ayant dans son sein le militarisme français qui menace le monde de nouveaux bouleversements ; d’autre part, le besoin qu’on a des pays coloniaux comme four nisseurs de matières premières et comme ache teurs des machines et des produits finis de l’An gleterre et des Etats-Unis. Depuis la guerre, nous assistons à une industrialisation acharnée des pays coloniaux et semi-coloniaux et des pays arriérés en général : le Japon, l’Inde, l’Amérique du Sud, l’Afrique du Sud. Il n’est pas douteux que si le parti chinois Gomindan réussit à unifier la Chine sous un régime natio nal et démocratique, le développement capita liste de celle-ci avancera à pas de géant. Ce processus prépare la mobilisation des' innom brables masses prolétariennes qui sortiront d’un coup d’une semi-barbarie préhistorique et pas seront par le creuset de l’industrie capitaliste. Le rebut idéologique des siècles n’aura pas le temps de s’accumuler dans la conscience des travailleurs. Ce sera comme une brusque sépa- i ration du passé qui les obligera à chercher de " nouvelles idées, de nouvelles formes de vie et de lutte. Et alors entreront dans l’arène et se développeront les partis marxistes-léninistes de l’Orient : les partis communistes japonais, chi nois, turc, hindou, etc... L’Orient fera la révolution mondiale ...Dans un de ses derniers articles, Lénine embrasse les perspectives de développement de l’Orient en rapport avec celui de l’Europe. Quelle est la pensée directrice de l’article ? Que le développement révolutionnaire de l’Eu rope peut Se trouver freiné. Par quoi ? Par le macdonaldisme qui est maintenant la force la plus conservatrice de l’Occident. La Turquie abolit le Califat, Mac Donald, lui, le rétablit. C’est là un exemple saisissant qui oppose le menchévisme contre-révolutionanire d’Occident au démocratisme national bourgeois de l’Orient. Dans l'Afganistan, l’Angleterre de Mac Donald s’acharne contre la bourgeoisie nationale de gauche qui cherche à européaniser l’Afganistan indépendant ; l’Angleterre veut remettre au pou voir les éléments les plus arriérés, lès plus réactionnaires, imprégnés des pires préjugés. Considérez ces deux forces en présence et vous comprendrez immédiatement pourquoi l’Orient doit tendre de plus en plus vers nous, vers l'Union Soviétique et la III e Internationale. Nous voyons comment l’Europe, ayant assuré par son développement passé le monstrueux conservatisme des couches supérieures de la classe ouvrière, souffre de plus en plus de la décadence économique. Elle est engagée dans un impasse. On en voit la preuve dans le fait que l'Amérique, doutant à juste titre de sa viabi lité, ne lui accorde pas de crédits. D’autre part, l'Amérique, l'Angleterre soutiennent financière ment le développement économique des pays co loniaux, les poussant ainsi avec une rapidité vertigineuse vers la révolution. Si l’Europe reste dans’ l’état actuel de corruption, si ce corpora tisme stupide, ce macdonalisme aristocratique et privilégié des couches supérieures de la classe ouvrière se maintient, le centre de gravité du mouvemer t révolutionnaire se transportera en entier en Orient. S’il a fallu à l’Angleterre plusieurs capi facteur i dizaines d de développement je, à l’aide de ce olutionnaire, notre vieille Russie et le vieil Orient, il semble qu’il faudra ensuite la révolution de l’Orient revenant en Angleterre pour pénétrer par force, en les brisant si c’est nécessaire, dans les cerveaux endurcis d’Occi- dent et donner l’impulsion à la révolution du prolétariat d’Europe. C’est là une des possibi- lités de l’Histoire. Il faut l’avoir en vue. „esasnaerANANBNKTTFNNWOENBNNYNE”””WMMi CIVILISATION vent aux dépens de leurs compatriotes. Elle leur donne des appointements de fa- mine et leur fait comprendre que s’ils veu lent vivre. ils n’ont qu’à faire suer le bur nous. On sait ce que cela veut dire. Elle détruit en eux tout sentiment de di gnité. Bien entendu, elle choisit parmi les sujets dont le loyalisme envers la France n’est pas douteux. Un sujet loyal se distingue aux yeux de l’administration par sa vénalité et son despotisme à l’égard de ses congénères. Un personnel recruté de cette façon loin de guider les indigènes et servir loyale ment la France, persécute ceux-ci et fait haïr celle-là. Vers 1910 l’administration a tenté un effort, elle a créé des écoles de campagne, une misérable cahute au milieu de plu sieurs tribus, espacées entre elles de 4, 5. 6 ilomètres et plus ; les élèves était obligés le faire de véritables marches mi- litai s avant d urvor a . fortune. Vou croyez peut-être qu’il y avait là de 1 t. tables instituteurs ? Pas du tout. G était des jeunes gens qui avaient à peine le certificat d’étude ; on les appelait « mo- niteurs ». On leur donnait royalement 60 francs par mois. Dans les grandes villes, il y a des éco les indigènes, car on ne veut pas mêler les torchons avec les servitettes. Il ne faut pas qu’au contact de leurs camarades français les Picots apprennent trop vite la langue, toujours pour la même raison. C’est ainsi que souvent des jeunes au bout de 2 à 3 ans de classe savent un peu bre et écrire le français, mais ne le com- prenent nas et ne le parlent pas. Voilà, amis Parias. l’hypocrisie dune adminis tration qui ose parler de répandre la Supposons qu’un bonhomme vienne chez vous, avec un œuf à la main, et vous tien- ne ce discours : « Mon brave, voici un tel œuf qui va, dans quelque temps et avec l’aide du bon Dieu, te donner un poussin. Si tu élèves avec soin et sollicitude cet oi- seau présomptif, il deviendra poule et te donnera d’autres œufs, d’autres poussins et d’autres poules. Tu vendras ces volail- les et tu t'achèteras une petite cochonne. Celle-ci, ignorant tout de la philosophie de Malthus, suivra docilement la loi de la nature et fera des petits cochons et co chonnes. Tu les amèneras au marché. Tu les vendras et tu achèteras un veau. Tu feras avec le veau ce que tu auras fait avec l’œuf, la poule et la cochonne, et tu seras riche, riche, très riche. Accepte donc cette future fortune, c’est-à-dire cet œuf, que je t’offre, et, en échange, donne-moi ton cheval, ta bourse et tout ce que tu possèdes de mobiliers et d’immobiliers. » Que ferez-vous de cet homme ? Vous direz que c’est un tapé, un timbré, et vous le mettrez à la porte ou l’amènerez à la mai son des fous. Bien. Supposons, maintenant, qu’au lieu d’un vous avez devant vous plu sieurs fous et que ces fous, au lieu de se laisser mettre la camisole de force, bra quent sur vous leurs revolvers, vous li gotent, rafflent tous vos biens, violent vos femmes et vos filles, s’installent en maî tres chez vous et vous obligent à travail ler pour eux. Alors, vous ne les considérez plus comme des fous, mais comme des vé ritables bandits, n’est-ce pas ? Supposons encore que ces fous ou ban dits, non contents de vous voler et de vous réduire, vous et les vôtres, à l’esclavage, vous abrutissent avec des poisons divers, font décimer votre famille en introduisant des maladies et des vices propres à eux, forcent vos enfants à aller se faire mas sacrer pour défendre le butin de leur spo liation. Comment appelez-vous ces gens- Exportations (je prends le chiffre total, puisque, de quelle destination que soient dirigées les marchandises, ce sont toujours les mercantis coloniaux qui empochent l’ar gent) : A. — 13.386.000 ; B. — 28.269.000 ; C. — 109.357.000 ; D. — 10.316.000 ; E. — 666 1 72.000 F. — 17.395.000; G. — 59.211.000; H. 44.160.000 ; 1. — 77.540.000 ; J. 15.606.000 ; K. 7.671.000 ; L. — 53.408.000. Total : 1.102.791.000. Donner 21.284.000 fr. pour 1.102.791.000 francs, cela équivaut, à mon sens, à don ner un œuf pour un éléphant. Or, cet œuf n’est en réalité qu’une coque puisque ce sont les Français qui encaissent l’argent des exportations tandis que les Annamites paient de leur poche pour les produits im- portés. Ajoutez à cela le milliard de francs ex torqués aux « Nha-que » tous les ans, les monopoles, le « volontariat », les corvées, et vous aurez le tableau complet du para dis annamite. Dans les autres colonies, c’est la même chose. Heureusement, pour nous consoler, la République protectrice nous envoie tout un stock de discours, de promesses, de scan dales, de budgétivores et de parasites. C’est toujours ça de gagné ! Un économiste jaune. -9-z=oG<- Contre l’Impérialisme TOUJOURS LE MAROC ! haute culture. LAGHOUATI. là ? Du Bilan de Commerce de Importations 1923 A. — Animaux vivants .... B. — Dépouilles d’animaux C. — Produits de pêches ... l’Indochine Question « Les indigènes sont des hommes comme nous. Nous devons les traiter comme tels. » Albert SARRAUT. L'ancien ninistre dire alors pou: quoi incapable pourrait-il nous il en a tant fait tuer et pourquoi il a fermé les yeux devant les crimes rnmîs en Indochine par les colons et gros fonctionnaires français? D. E. F. G. H. I. J. K. L. — Matières dures à tailler — Farineux alimentaires. — Fruits et graines — Denrées coloniales de consommation — Huiles et sucs végé taux — Espèces médicinales .. — Filaments — Teintures et tanins ... — Produits et déchets vé gétaux 36.000 6.696.000 756.000 2.000 469.000 627.000 10.429.000 1.386.000 15.000 217.000 35.000 » » » » » » » » 616.000 » Total : 21.284.000 » Dans une lettre adressée aux ouvriers et aux paysans de France, le Conseil National du Parti communiste a, notamment, dé claré : Le Parti est décidé à combattre avec la dernière énergie les expéditions impéria listes dirigées contre les peuples coloniaux et qui sont un lourd fardeau pour le prolé tariat métropolitain. Il demandera la ces sation des aventures criminelles du Maroc et de Syrie, l’abolition du code inique de l’indigénat, le droit d’association du prolé tariat colonial, la liberté de la presse dans les colonies et toutes tes mesures qui met tent le prolétariat colonial dans une situa tion sociale d’infériorité. Nous enregistrons avec espoir cette dé claration. Les exploités des colonies ont en core des amis, et avec les communistes, ils ont des défenseurs à la Chambre. Gare aux profiteurs du colonialisme. PENSEES Ceux qui se complaisent à domi ner sur des races étrangères abdi quent peu à peu leur propre liberté et leur humanité en faveur du méca nisme nécessaire pour tenir d’autres peuples asservis.. R. TAGCRE. « L’habitude est une seconde nature » a dit le proverbe. C’est parfois vrai. Quand un mil faire a appris l’art d‘ assassiner en gros il acquiert de tels appétits sanguinaires, qu il ne rêve que meurtre pour assouvir ses bas inshnrts de criminel. Le capitalisme qui connaît les qualités de ses officiers, les place maintenant dans i indus trie, les ministères, et on en voit même qui se permettent de publier des journaux ou d'écrire des articles suant la bêtise et la sauvagote. Je lis, dans le Courrier Colonial, journal du sinistre maréchal Galliéni, un article reflétant l’idiotie de l’auteur et sa manie « casernière » de gouverner à la cravache. Cet imbécile est un lieutenant-colonel, Francis Mary, qui accom pagne son grade de militariste d’une non moins effrayante qualité d’esclavagiste : délégué des Comores-Madagascar. Les coloniaux savent ce que ce titre signifie. Je ne m’arrêterai pas à commenter les deux longues colonnes de cet article, où s’étale dans une propagande anti communiste, toute la vieille tactique d’orduies et d’épouvante qui ne peut encore persister que dans un crâne de galonné. Je ne citerai que les dernières lignes de ce monument de la bêtise. Après avoir effrayé la France (capitaliste, sans aucun doute) par le spectre du bolchevisme aux colonies, ce valeu reux soldat (tu parles !) termine par ces préco nisations : a Croyez-vous, dit-il, qu’une question de Vie ou de mort pour une métropole n’intéresse pas ses colonies ? Et. est-ce que Marcel Cachin e' ses congénères n’ont pas reçu, avec la Pravda du 7 février dernier, ces instructions de l’in ternationale : u L’indépendance des colonies doit s’inscrire au programme militant du com munisme français. » Est-ce que les ' stia du 26 février n’ont pas félicité le camarade Indo chinois Nguyen Aï-Quac, présent au comité de la III e Internationale, de son odieuse propa gande antifrançaise, lequel Nguyen, ambassa deur in partibus des Soviets, sème et fait semer à pleines mains l’or . tese dans nos r • sessions asiatiques et africaines ? Et cet aul e agitateur malgache, dont le nom méchappe, qui s’essaie à égaler le révolutionnaire indochjnois, ne de vrait-il pas, avec lui, être traduit devant un tribunal exceptionnel, comme la triste besogne à laquelle l’un et l’autre se sont attelés, lequel tribunal les enverrait incontinent r; joindre les mânes de leurs pères, qui furent certainement moins dangereux pour l’ordre public. Car c’est une duperie a.'’épargner l’existence de certains individus par respect de l’ordre, alors qu’ils le piétinent délibérément. Si notre société veut vivre dans 'ordre, qu elle retranche délibérément de son sein touri ceux dont le but avoué est de le détruire. » C’est tout ce qu’il demande ! Assassine i tout simplement, les indigènes qui osent pro- tester contre les crimes dont lui-méve a pé ; tuer tous ceux au se révolter. i uente lex Rabat, 26 mai. (Oficiel.) — Aucune réaction ne s’est produite dans le secteur de Ouaouizert (cercle de, Béni-Mellal), à la suite de l’instal- lation de ksours de garde sur la rive nord de l’oued El-Abid. Par contre, sur quelques points du front du territoire du Tadla, des groupes dissidents qui cherchaient à venir moissonner en pays soumis ont été refoulés par les forces supplétives. Quelques soumissions isolées n’en ont pas moins été recueillies sur le front du Moyen- Atlas. Ces sauvages de Marocains continuent à ne pas vouloir laisser s’implanter chez eux les représentants des grandes compagnies capita listes. Ils méritentévidemment les coups de fusils dont les gratifie le maréchal Liautey. QUE DEFENDENT-ILS ? Une enquête est ouverte au sujet d’une propa gande qui s’exerce depuis quelque temps dans la garnison d’Amiens. Des individus, postés aux abords des casernes, distribuent aux soldats Indochinois et algériens, qui sont assez nom breux à Amiens, des tracts rédigés en dialectes de leurs pays, les incitant à la rébellion contre l’autorité française. Les représentants qualifiés de la France capi taliste et militariste vont être pris d’une belle indignation. Pensez donc... On essaye de saper la force militaire du pays le plus impérialiste du monde, en lui enlevant ses soldats coloniaux. Mais pourrait-on répondre à une question ? Que défendent-ils, ces coloniaux déguisés en soldats ? Leur patrie ! Ils n’en ont pas. Leurs voleurs alors ! ou ceux qui assassinèrent leurs pères pour les voler ? Pourquoi s’indigner alors si quelqu’un essaye de leur faire entrevoir la vérité sur leur rôle ? EN ROUTE POUR LA GUYANE A Saint-Martin-de-Ré, un convoi de quatre cents forçats s’est embarqué) sur le Martinique, à destination de la Guyane. Parmi eux figurait Paul Boppe, le châtelain meurtrier de sa femme. Ça n’est pas encore cette fois que nous ver rons s’embarquer les Sarraut, les Diagne, les Candace et tous les requins du colonialisme dont le but de la vie n’est que l’exploitation des colonies pour leurs profits ou le profit de leurs maîtres. Des Munitions pour le « Listes précédentes Pour soutenir la candidature de Hadfali, un groupe d’Algériens. F Mme L. C S^ïdoun Total douces pratiq. iu caque cGt&m avons assez d'exemple de ces c ufunnes de « civilisation et d’ordre capitalistes » au Maroc, à Madagascar en Algérie, en Inc -Chine pont qu’il me soit nécessaire de les éramiércr ; le Monsieur a l’air de faire une découverte dans la déclaration de Cachin à la Chambre et trou ve monstrueux que la III e Internationale d mande l’indépendance des colonies., t. '< qui n’est payé que pour Voler les pays des peuples cibles. Devant le mouvement d’émancipation qui soulève les colonies, il ne voit que l’œuvre de Moscou ; toujours ce vieux cliché • i r russe semé à pleines mains. Imbécile ! II . - des conditions économiques et politiques qui ne demandent aucune purpagande pour se Lever les masses écrasées sous la botte d’cscGcayrites de votre sorte ; et, les militants colimv ux, tels que Nguyen AuQuac, ceux dont le nom ne nous revient pas, tous ceux qui se sacrij^ni pour cause de leUrs frères, se moquent de vos mena ces ; ils ne connaissent que de trop Vos mmers de violence et c’est parce qu’ils oni souffert qu'ils ne s’arrêteront pas dans la Voix qu ils se sont tracé. Mcjl^é toute votre réaction, toute votre féroce répression, une société nouvc'ie s iari.au- rera sur les ruines de votre organisation ; elle ne sera .non point cette société « d’ordre » ca pitaliste, celle qui, après plusieurs années de tueries coûta la vie à des millions de proléiaires, et aboutit à une Europe déchiquetée. Sur votre corps nous édifierons une société communiste, celle où des parasites de votre espèce ri auront pas droit à la vie : leur charogne étant assez bonne pour fumer et féconder la t erre q ui nour rira ceux qui l’auront travaillée. ALI BABA. LE PLUS CRIMINEL !... Paria » 350 50 2 2 50 » » » » 2.815 50 PERMANENCE « Union Intercoloniale », chaque diman che matin, de 10 heures à midi, au siège, 3, rue du Marché-des-Patriarches. Khemili Mohamed ben Slimane appartient à cette malheureuse catégorie d’indigènes algé riens qui, ayant fait la guerre du droit (il s’était engagé pour la durée de la guerre) se voient traités en parias par un capitalisme qui ne voit plus en eux que matière corv able à merci. Depuis octobre 1920’, il erre misérable- ment, tantôt débardeur, tantôt mendiant : La justice de classe le condamne une dizaine de fois pour vagabondage et mendicité ! Un beau (jour, le malheureux, livré à ses instincts élémentaires s’éprend d’une épie re mariée, qui l’éconduit. Affolé de ja isie il se munit d’un couteau, pénètre dans l’épicerie et taillade à mort l’objet de sa brutale passion. Il comparaissait la semaine dernière devant les assises. Après deux jours de débats et les plaidoiries de Me Pierre Cot pour la partie civile et Fran çois Martin pour le meurtrier, le malheureux est condamné à mort ! Or l’expert commis pour examiner Khemili avait conclu formellement à la responsabilité atténuée de l’Algérien, dont il y a cinq ans, ceux qui hurlent à la mort étaient sans doute les premiers à chauffer à blanc les « mauvais instincts » quand ils s’appelaient patriotisme ! Hier, ils lui criaient : tue du Boche. Aujour d’hui, ils aboient contre lui et ses frères, indi gènes « civilisés » ! Une société qui civilise ainsi, c’est elle-même qu’elle condamne à mort ! — M. W. Travail exécuté par des ouvriers syndiqués Le Gérant : Léopold MESN ARD. Imprimerie Française (Maison J. Dangon) 123, rue Montmartre, Paris (2 e ) Georges DANGON, imprimeur.