Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7009353c (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — mars 1924 1924 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] Le Numéro: VINGT-CINQ centimes MARS-AVRIL 1924 le Pariai > bys Paraissant mensuellement Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement, Un an : 3 francs Faillite Parlementaire et Colonies •-=4 Voici une fin de législature : la faillite des promesses du Bloc national en ma tière coloniale nous apparaît en pleine lumière Le bilan est facile à dresser : il se résume en une exploitation capitaliste continuée et aggravée, le fardeau de l’homme noir ou de l’homme jaune de vient de plus en plus lourd à porter. Pendant la guerre, il était de style de célébrer ‘héroïsme de ces populations coloniales qui venaient défendre la France du droit et de la civilisation. Noirs et jaunes, recrutés souvent par la force, éta nt amenés à fond de cale et . tés a la boucherie. C’était la reprise de la traite; jamais civilisation n'em- ploya de pareils procédés pour un si cruel objet. Vint la. paix. Des promesses d’antan, que resta-t-il? Que firent gouvernement et Parlement pour remercier ces indi gènes, dont, la veille, on célébrait le loyalisme et le sacrifice ? 1248 Les Algériens virent le rétablissement du régime de l’indigénat avec toutes ses conséquences : amendes, internement ad- ministratif, détention arbitraire. Le droit électoral leur fut refusé; sur eux pesèrent des charges fiscales et person nelles de plus en plus lourdes, et la plus lourde, l’enrôlement militaire sans durée 'définie et sans égalité de traitement avec les Français. Le ministre de la Guerre faisait sanctionner, cette semaine même, par le Parlement, cette iniquité. Par des sus tout cela, l’arbitraire administratif la haine des colons et la famine que le gouvernement de l’Algérie ne sut ni pré- venir ni somloger. E5E Les Tunisiens demandèrent en vain une Constitution qu’ils avaient avant la conquête française. Le gouvernement protecteur la leur refusa. Il prit une série de mesures économiques qui lèsent gravement les droits de la population : confiscation des terres, interdiction de la liberté d’exportation dans la métropole de l’huile et du vin. En outre, son arbi traire se manifesta dans la dissolution des sections communistes, dans la liberté de la presse supprimée. En revanche, Tunis vit circuler dans ses rues les fas cistes triomphants, qui préparent, en Tunisie, une action impérialiste ita ¬ Les Impérialismes complices •— ' Des Hindous, dont le seul crime est d’avoir lui té pour l’indépendance de leur pays, ont éte traqués par la police de Sa Ma je si • britannique. Ils se sont ré- u giés dans les parties des Indes appar- tenant à la France, croyant à l’hospita- Kité qui faisait la renommée de cette nation Tout récemment, cependant, les autorités coloniales françaises viennent d’expulser ces réfugiés. Ce n'est pas la première fois que l'im- périalisme français se fait complice des autres impérialismes et commet des in- famies de cette sorte. Pendant la guerre, alors que les noirs d’Afrique se faisaient massacrer sur le sol français pour dé fendre la « Civilisation, l’Humanité, etc., etc... », la France s’entendait, avec l’Ita lie pour interdire aux Tripolitains, pour- chassés parles bandits italiens, de cher- cher un asile sur le territoire de la Tu nisie. Et voici ce qui s’est passé : Un jour. un millier de Tripolitains, vieillards, hommes, femmes et enfants, poussant devant eux leurs pauvres trou peaux, allaient chercher refuge en Tu nisie; à la frontière, ils rencontraient les troupes françaises leur barrant le chemin avec des mitrailleuses. Ces mal heureux fuyards se trouvaient dans cette alternative : avancer en Tunisie, iis seraient tous, massacrés par les bal les françaises: reculer vers le Sahara, où ils seraient tous morts de faim et de soif. Entre ces deux morts atroces, ils choisirent une troisième. Ils s’étendirent tous dans le sable et moururent lente ment, très lentement, les uns après les autres. oici ce qu’a raconté Mme Claire Geniaux, dans le journal « L’Univer sel » : « ...Armés de longues-vues, nos offi ciers suivaient les phases de la lente agonie de ces primitifs, à qui les na tions latines étaient venues apporter les bienfaits de la civilisation. Les bé bés moururent les premiers au sein tari de leur mère. Les femmes ne tar dèrent pas à succomber. Les vieillards à leur tour, déjà réduits à l’état de sque lettes, furent recouverts par le sable. lienne que nos gouvernants contemplent sans émoi. 186 L’Indo-Chine connaît les mêmes abus et d’autres encore. L’opium vendu par l’Etat français devient une source de revenus pour le budget; l’alcool, monopo lisé par la puissante Société des Distille ries d’Indo-Chine, dont nous parlerons un prochain jour; la spéculation sur les riz. Bien entendu, suppression de toute liberté de la presse, pour éviter l’éveil d’un prolétariat indigène. c A Madagascar, mêmes restrictions de la liberté de la presse. Les indigènes à la merci de l’administration française, internement administratif courant, les affaires de la V. V. S. et Ralaimongo ne sont que des épisodes de la lutte douloureuse menée par les indigènes pour lesz libération morale. Partout ailleurs — car ce ne sont que des exemples pris entre des milliers — dans nos jeunes ou dans nos vieilles colonies, l’arbitraire administratif règne en maître; les syndicats professionnels sont traqués; l’administration revient à l’idée du servage : témoin cet abominable décret signé par Maginot et accepté par Sarraut, à son retour de Washington, qui punit de peines de cinq ans de prison les ouvriers français ou indigènes qui abandonnent le travail qui leur a été fixé. 5 Partout donc, l’impérialisme capita liste, avec sa dure loi, se manifeste. C’était hier, à la tribune de la Chambre, que le raporteur de la Commission de l’Armée parlait pour la favoriser de « l’exploitation du capital humain ». Notre impérialisme n’est pas le seul dans le monde : nous avons flétri l’atti tude du capitalisme anglais en Egypte. Nous sommes de cœur avec Gandhy, dont la pensée rayonne par le monde, tandis qu’il est enchaîné au fond d’une prison. Nous protestons contre le mar- tyre de la Corée, qu’opprime l’impéria lisme japonais. Notre Parti est pour la libération et l’indépendance des peuples opprimés. L’Internationale Communiste poursuit et réalisera ce but. André BERTHON, Député communiste. Et bientôt, les hommes eux-mêmes ne donnaient plus signe de vie. Alors que l'on pensait que tous ces « rebelles » étaient morts, le docteur Natal et le docteur Conseil remarquèrent quelques fillettes qui semblaient encore s’agiter près des cadavres raidis de leurs pa- rents. A la nuit, ils s’en approchèrent et constatèrent, en effet, que le cœur de ces petites créatures charmantes battait très faiblement. Les ayant dissimulées dans leurs voitures d’ambulance, ils fu rent assez heureux de les ramener à la vie. Touchés par leurs souffrances, leur abandon et leur grâce, ces médecins ont gardé comme servantes ces petites filles. Seules survivantes d’ « une tribu d’un millier de Tripolitains ». On voit donc que, pour complaire à ses complices, l’impérialisme français n’hésite pas à commettre les crimes les plus abominables. Pour les Soldats Coloniaux Notre ami André Berthon est intervenu à une récente séance de la Chambre sur l’article 3 qui prévoit que les hommes des territoires coloniaux « seront recrutés d’après les règles spéciales à ces diffé rents pays ». Le député communiste de Paris demandait, par voie d’amendement, que ces soldats fussent « recrutés et main tenus en service suivant les lois et règle ments de la métropole sur la base de l’éga lité de traitement ». Le colonel Fabry, non encore ministre à ce moment, comme le ministre de la Guer re s’y opposèrent. « Nos colonies » sont placées sous des régimes différents... « l’as- similation réclamée est impossible », dé clara le rapporteur. — Libérez au moins les indigènes qui ont fait 18 mois de service, s’écria Ber thon. — impossible. La loi et le souci de la défense nationale me l’interdisent, répli qua le ministre. Oh ! Liberté. La France capitaliste n’est plus ton pays. Il oubliait d’ajouter : « Et le besoin de me servir des troupes coloniales contre les ouvriers Allemands et Fran çais I » Et la Chambre, par 405 voix contre 130, décida qu’un Français de couleur peut être maintenu soldat sans limite. TÊTES À GIFFLES Le colonel Fabry, ministre Personne ne le connaissait. Jamais nul n’avait prononcé son nom. Il était illustre- ment inconnu, et cette gloire lui suffisait. Sa devise était : « Pour vivre heureux, vivons caché. » Il vivait, et vivait bien, caché ou couché, étant arrivé au terminus d’une vie ignorée. Un hasard providentiel lui permit, le 16 novembre 1919, de trouver une place au Palais-Bourbon, à la foire aux croûtes de la Chambre deu Qéputés. Dès ce jour, il se mit à écrire. Il inonde l’Intransigeant d’une prose indigeste à l’usage des colons de Seine-et-Oise, des pros pecteurs du désert versaillais et des exploi teurs des forêts vierges de Sénart. Il intitula ces articles que personne n’a p^ lire: La Page coloniale. Sa devise était émou et toujours : « Pour vivre heureux, vivons caché. » Le malheur est, qu'un jour, dans le beu glant du Palais-Bourbon, alors qu'on discu tait des colonies, il osa s’écrier (le téméraire}: « Je connais la question ; j'ai commandé des tirailleurs ! » Il fut applaudi, hué, sifflé, embrassé, é'iouffé, mordu, et on le bdppisa colonel, puis qu'il avait d’abord été sergent de tirailleurs. On lui donna même tro s Légions d’.honnwur, de peur qu'une ne lui s'affise pas. C’était plus qhü’il n’en fallait pour être mi nistre. De son passé, nul en parla, parce que, comme Attila, où son cheval passait, l'herbe ne repoussait, et les cadavres de noirs tués par lui ne ressus étaient pas. Sa face sinistre s'é ù air a d'un sourire de bédtitude gitand il pri. (le voleur} le porte feuille de son sinistre prédécesseur Sarraut. Et maintenant, quand il fera un discours à la Chambre (une fois tous les deux ams, sa devise étant : « Pour être ., etc. »), il a dé ridé de commencer chaque fois par. cette pjir as e mémorable : u Messieurs, q” ’ " ***‘ is o 4 s a. raUl 'urs... » (fonner d applaa issem nts.) Que fait l’Algérie ? Que fait l’Algérie dans le beau mouvement émancipateur qui secoue l’Islam ? Rien ne nous indique sa volonté ilibérstrice. Une bourgeoisie lâche, corrompue par l'acministration française, abandonne a Heur sort eesclavcs des millions d’indigènes. Les ouvriers des villes et des champs courbés sous le poids du code infâme de l’indigénat réagissent faiblement parce que sans chefs, sans direction, sans organisation. Cependant l’émancipatior des travailleurs mu sulmans ne pourra venr que d’eux-mêmes. Unis aux ouvriers européens dans le Parti com muniste et dans la C. G. T. U. ils doivent mar cher vigoureusement vers la conquête de leurs droits politiques et économiques. Dès à présent une lutte énergique doit être entreprise pour l'égalité des droits politiques, pour la suppression d: l’indigénat et pour l’augmentation des salaires, Lutter avec la bourgeoisie si elle le veut, à condition qu’elle rompe ses liens avec l’inpérialisme, sans elle et contre elle si elle se montre impuissante. Voilà le chemin à suive. Dans ce combat nos camarades algériens auront l’appui du prolétariat international. — > *•< Le Sultan du Maroc à Paris Il vient inaugurer la mosquée parisienne Moulay Youssef, suit ni du Maroc, s’em barquerait le 15 avril pour aller à Paris inaugurer la grande Mosquée. Le maré chal Lyautey raccompagnera. La Garde Noire du Sultan le précédera et embarque ra le 5 avril à destination de la France. Pouah ! Quelle répugnance de voir un sultan marocain lécher les pieds de ses maîtres, d’une façon aussi écœurante. Les impérialistes français qui veulent s’attire r l’amité des chefs religieux des co- lonies, auraient mieux fait, au lieu de cons truire cette mosquée, de ne pas détruire par centaines, celles du Maroc rebelle. Notre double numéro Le « Paria » s’excuse auprès de ses lecteurs s’il paraît ce mois-ci en double numéro. Jusqu’à ce jour, h n et l’ad- minisiration, assurecs par ues camara des non rétribués, avaient souffert d’un manque de liaison et d’organisation. Cela avait engendré des difficultés de parution régu’ière, et le journal en souf frait considérablement Nous avons réorganisé notre travail et nos services, et, dorénavant, le « Pa ria » sortira régulièrement au début du mois, évitant ainsi les erreurs de date, l’irrégularité d’envoi et l’ennui du dédoublement. De plus, l’administration ayant été complètement réorganisée, les abonnés qui ne recevraient pas cu recevraient ir régulièrement le journal, sont priés de nous en aviser immédiatement afin de nous permettre de prendre toutes me sures utiles. LE PARIA. Indochine et Pacifique » • L Exploitation intensifiée des Annamites L impérialisme est arrivé aujourd’hui à un degré de perfectionnement presque scientifique. Il s est servi des prolétaires blancs pour con quérir les prolétaires des colonies. Il jette en suite les prolétaires d’une colonie contre ceux d’une autre. Il s’appuie enfin sur les prolétaires des colonies pour dominer les prolétaires blancs. Les Sénégalais ont eu la triste gloire d’avoir aidé le militarisme français à massa crer leurs frères du Congo, du Soudan, du Dahomey, de Madagascar. Les Algériens ont fait la guerre en Indochine. Les Annamites sont en garnison en Afrique. Et ainsi de suite. Pendant la grande tuerie, plus d’un million de paysans et d’ouvriers coloniaux ont été amenés en Europe pour égorger les paysans et les ou vriers blancs. Tout récemment, on a fait enca drer les soldats français dans la Ruhr par des soldats indigènes, et on a envoyé des tirailleurs coloniaux contre les grévistes allemands. Pres que la moitié de l’armée française est composée d’indigènes qui sont au nombre de 300.000 en- rivon. Outre ces unités militaires, le capitalisme emploie ses colonies pour des exploitations éco nomiques les plus savantes. On a souvent re marqué que la baisse de salaires dans certaines régions en France et dans certains métiers est tcujours précédée par une augmentation de main-d’œuvre coloniale. Des indigènes sont employés comme briseurs de grève. Le capita lisme emploie maintenant une colonie comme l’instrument pour en exploiter une autre, c’est le cas de L Indochine et du Pacifique. «5s L’Indochine, malgré les tapages mensongers des officiels, est épuisée. Durant 1914-1918, on a arraché presque cent mille Annamites (chif e officiel : 97.903 hormes) • leurs terres pour les expédier en Europe. Bien que privée de tant de bras producteurs, elle a été obligée d’envoyer, pour la défense de ses oppresseurs, plus de 500.000 tonnes de céréales. Des cen ¬ EN TUNISIE Une manifestation indigène Les journaux bourgeois, si prodigues en copie quand il s’agit de monter en épingle l’affirmation loyaliste d’un caïd vénal, n’ont pas soufflé mot des récents événements qui ont marqué, en Tunisie, la suppression arbitraire du journal El Ac^r el Djedid. Le jour de l’audience devant consacrer la condamnation du journal poursuivi, la population indigène, pour protester contre l’arbitraire du gouvernement de M. Saint, décida la fermeture de tous les magasins et l’envoi d’une délégation auprès du bey. Le gouvernement « libéral » de Saint, craignant les conséquences de cette mani festation d’hostilité à l’égard de la colonie française, décida l’interdiction de tout cor tège sur la voie publique et, par les moyens de pression que le Code pénal indigène met à sa disposition, obligea les maga sins Israélites et quelques magasins ara bes à ouvrir, malgré la promesse que ceux- ci avaient faite à l’ensemble des autres petits commerçants indigènes. Malgré cela, la majorité des magasins fermèrent et, le jour de l’audience, une grande affluence se pressait autour de la Driba (tribunal indigène}. Malgré la fragilité de l'accusation, le tribunal a condamné le directeur du journal et deux rédacteurs à des peines d’empri- sonnement scandaleuses. IMPERIALISME ! taines de millions de francs ont été soutirés par les emprunts de la victoire. Chaque année. l’Annamite sue sang et eau pour payer environ 450.000.000 de francs, somme oui sert presque totalement à engraisser les parasites. Il doit, de plus, prendre à sa charge des énormes dé penses militaires que le ministre des Colonies appelle élégamment « contribution filiale ». C’est à ce pays pressuré, amaigri, squeletti que qu’on va encore extorquer des millions d’argent et des milliers d’hommes (40.000 hom mes pour commencer) pour satisfaire les appé tits des concessionnaires insatiables et l’ambi tion personnelle d’une bande de politiciens sans scrupule Ce n’est pas assez de démoraliser toute la race annamite avec l’alcool et l’opium. Ce n’est pas assez de prélever chaque année 40.000 (( volontaires » pour la gloire du militarisme. Ce n’est pas assez de transformer un peuple de vingt millions d’âmes en une grosse éponge fiscale. On va nous doter encore de l’esclavage. as Ce n’est pas seulement le sort du prolétariat de l’Indochine et du Pacifique, mais c’est aussi celui du prolétariat international qui est menacé par ces agissements impérialistes. Le Japon commande les stations télégraphques de l’île de Yap. L’Amérique dépense pite euïs millions de dollars pour améliorer des tourelles à canons des navires de ouerre du Pacifique. L’Angleterre va faire de Singapour une base navale. La France trouve nécessaire de fonder un Empire du Pacifique. Depuis la Conférence de Washington, les rivalités coloniales deviennent de plus en plus aiguës, les folies impérialites devienneit de plus en plus grandes, des conflits politiques de plus en plu inévitables. Des guerres ont ble 46- clanchées à cause des Indes, de l’Afrq e et du Maroc. D’autres guerres pourront éclater à cause du Pacifique, si le prolétariat n'y veille. NGUEN-AI GUAC. abksiskomlantaanat Lyautey demeure il reste encore des Marocains à faire tuer Hélas ! Trois fois hélas, la maladie qui avait empêché le maréchal pacificateur de continuer son discours à la Chambre de Commerce de Casablanca, n’est pas pour durer longtemps. Le tueur de Marocains va reprendre son poste à l’avant-pointe de la pénétration française (!) au Maroc. Les actionnaires des grandes firmes marocai nes ont encore de beaux jours à passer. Et les Marocains... quelques jours seulement pour tré passer. >*o- LE COIN DES MALGACHES L’intérim du Gouvernement Général M. Bereni Ange, administrateur en chef de l re classe des colonies, secrétaire gé néral par intérim du gouvernement géné- ral de Madagascar, a été chargé del’ex- pédition des affaires courantes de ce gou- vernement jusqu’à l’arrivée dans la colo- nie du gouverneur général titulaire. Les affaires ne se portaient pas plus mal sans lui et les malgaches non plus. Qu’avait-il besoin de prendre la succession intérimaire d’une fonction dont le rôle con siste à favoriser les iniquités et les injus tices quand elles profitent aux grands et à punir sévèrement les moindres incarta des des pauvres, parias ? PERMANENCE (( Union Intercoloniale », chaque diman- che matin, de 10 heures à midi, au siège. 3, rue du Marché-des-Patriarches. ### [Trang 2] LE COIN DE L'INDOCHINE Des Opinions sur Sarraul Dans a . ttre qu’il a adressée à M. Her- riot au lendemain de son exclusion du parti radical-socialiste, M. Sarraut, illus- tris , me ninistre des Colonies, n’a pas ublié ' se délivrer gratuitement un di- plome pour sa conduite aux colonies et pour son action en faveur de son « glo- rieux pays ». A beau mentir qui vient de loin », dit un vieux proverbe. Pourtant, l’Indo- chine n’est pas si éloignée de la France pour que nous puissions être privés des échos et rumeurs de ce pays. Or, un lecteur qui nous écrit nous rap pelle les incidents qui présidèrent au dé- part de S rraut pour la France et nous communique une lettre d’un M. Arduser, délégué de la Chambre de commerce de Saïgon, au président du Conseil colonial, lettr. qui fut, à l’époque, publiée par la presse indochinoise. Le président du Conseil colonial deman dai! à M. Arduser de participer au cham pagne d’adieu en l’honneur du départ de notre incapable ministre des Colonies. Le délégué lui répondit en ces termes : t Vous me demandez mon adhésion de principe à cette manifestation et me priez de vous déléguer les pouvoirs de rassem blée. « Vous ne pouvez ignorer, mon cher col lègue, que déjà, hier, le conseil municipal a'refusé la salle des fêtes de la mairie de Saïgon pour le champagne d'honneur qu'on désirait 1 offrir à M. Sarraut. « La rumeur publique nous apprend mê me qu'un conseiller, M. Henry, a ainsi mo tivé le refus : « Craignant que la mise à la disposition du Comité de la sait des fêtes ne it interprétée comme une tacite adhésion du conseil municipal à la polit i- qu indigène néfaste du gouverneur géné- ral. • Celm motion fut votée par la mafo rite du conseil municipal. a Jl est inadmissible que, chargés des im-iêi' oc V Indochine. les corps élus de la colonie, par servilisme et pour obéir aux sm/g-. stions du gouvernement, se mettent à la tête d'une manifestation que le député Albert Sarraut ne manquera pas de présen ter au ^irlement comme l'éclatante appro bation d ( sa gestion e t de sa politique in digène. » Et la lettre continue longuement à van ter d’une .môle de façon le radicaillon ex pulsé Sarraut. Nous sa ions déjà quel tortionnaire il riait et avait été. Nous ignorions en quelle estime le (ruaient les fonctionnaires et les indige es d’Indochine, et nous comprenons que le parti radical, pourtant si éclecti- que . irait plus voulu s’embarrasser d’un colis aussi gênant. A la gare, les ballots A la porte, Albert Sarraut '. LE BLUFF DE SARRAUT Le Parti radical, par 135 voix, a pro noncé l’exclusion de M. Albert Sarraut. Ce fait divers ne nous aurait intéressé que médiocrement s’il n'avait fourni à l‘ex-mi- nistre des C< Ionies, une occasion de plus de_ bluffer. it, en effet, dès qu’il apprit le vote de son Parti, son ex-Excellence écrivit une leftre à M. Herriot, président de la Com- mission Exécutive du Parti radical. Cetle lettre circule, fait du bruit et vous dit que, fm. Albert Sarraut, « il a fait ai mer son pays dans des terres lointaines, que depuis douze ans, il a beaucoup, beau coup travaillé pour le bien de la Patrie, l’honneur de la République et la gloire de ■ Une ai tre lettre adressée à ses subal- ! nus pa M. Sarraut, alors gouverneur généra! de l'Indochine) : a Monsieur le Résident. u Conformément aux instructions.de M. H directeur général de la Régie, j’ai l’hon- ? eur de vous prier de bien vouloir se- couder les efforts de mon service dans 1 établissement de nouveaux débits d’opium et d’alcool. « A ( J effet, je me permets de vous adresser une liste des débits qu'il y aurait heu d'inslal rr dans les divers villages men- lionnés, dont la plupart sont totalement privés d ilcool et d’opium. « Par l’intermédiaire des gouverneurs cambodgiens et messocks, votre influence prépondérante pourrait heureusement faire valoir, à certains petits marchands indi gènes, les avantages qu’ils auraient à se livrer a un négoce supplémentaire. De noire côté, les agents du service ad if, dans les tournées, chercheront à ins- ♦aller des débits, à moins que vous préfé- ; iéz. Monsieur le Résident, qu’ils atten- dent que vous ayez d’abord agi auprès des autorités pour qu’elles secondent votre ac- lion, auquel cas, je vous prie de vouloir bien m’en informer. « Ce . est que par une entente complète et conslante entre votre administration et la nôtre, que nous obtiendrons le meilleur résultat pour le plus grand bien du tré- sor. (t Signé : Albert Sarraut. » Et vous voyez que M. Sarraut avait rai- son tout à lheure. Il a fait beaucoup de bien à la Pairie, puisqu’il a fait beaucoup de mal aux indigènes. Au nom de mes congénères, suffisamment intoxiqués par ses soins discrets, je de- mande donc au Parti radical d’annuler l’injuste décret d’ex com muni on contre M. Albert Sarraut, et je réclame de la France généreuse (1), une stalue pour le grand € empoisonneur des indigènes ». Ng.the Truyên. (1) La France généreuse » : c’est le fameux bobard de l’infâme clique coloniale ! Dernière- ment, à la Chambre, un nigaud de député ou de ministre (je ne me rappelle pas bien) a voulu renchérir ; mal lui en prit ! « Généreuse en alcool et en opium », riposta Berthon. Entendons-nous bien. Si par le mot : « Fran ce » on désigne le prolétariat français, oui ; on peut parler de générosité, car en France com me partout ailleurs, le peuple a bon cœur et, quand on fait appel à ses sentiments d’huma- nité, ce n’est jamais ên vain. Mais lorsque de mauvais bergers trafiquent du cœur même du peule français, les démasquer, c’est un devoir. PERMANENCE Le « paria », chaque dimanche matin, au siège, 3, rue du Marché-des-Patriar. ches (5e). L’ILLUSION PARLEMENTAIRE — PAS DE DÉPUTÉS COLONIAUX Il y a, en Algérie, 800.000 Français, 815.000 Européens et 5 millions d’Ara bes. Les trois départements algériens ont chacun seulement deux députés. Le Sénat avait décidé d’appliquer la loi électorale à l’Algérie : Alger et Oran pussent eu chacun trois députés, et Constantine deux. A la séance de la Chambre qui dis cutait de cette représentation, M. Roux- Fressineng, député algérien, a défendu avec une fougue comique le texte du Sénat. — Pourquoi les Français de l’Algérie, s’est-il écrié, auraient-ils des droits po litiques inférieurs à ceux de leurs con- citoyens de la métropole? -— Et les indigènes? interrompit Ber thon. — Demandez que les indigènes soient représentés, ajouta Cachin, et nous augmenterons le nombre des députés de l’Algérie. Ainsi s’amorçait de biais un débat sur une question considérable à laquelle la Chambre a évité de donner une solution. — Si vous modifiez, a déclaré M. Edouard Soulier, le statut électoral de l’Algérie, vous posez la question de la représentation indigène! Les indi gènes du Sénégal et de l’Inde française ont des droits politiques. Pourquoi les refuser à ceux de l’Afrique du Nord? Voilà qui n’était pas mal raisonné, mais M. Soulier conclut qu’il fallait pré- entement écarter la question. Intervention communiste Notre ami André Berthon situa en suite très bien la question en constatant que les Dominions anglais ont une re présentation particulière à la Société des Nations, alors que les indigènes des colonies françaises n’ont même pas de représentants au Parlement. Et il ajou ta : « Le fond du problème, c’est que la population des 600.000 Français d’Algé rie n’augmente seulement que de 3.000 chaque année, alors que les 5 millions d’indigènes s’accroissent de 0.000 indi vidus. Et les colons craignent d’être'dé bordés par les premiers habitants. « C’est pourquoi les colons tiennent L’IMPÉRIALISME ET L’ISLAM 77 La construction d’une mosquée à Paris serait par elle-même un événement sans importance, si elle ne marquait le début d’une tactique, d’une nouvelle politique coloniale, de l’impéria- lisme français a l’égard des peuples musulmans qu’il domine. Pour le pu Flair; musulman, le chrétien est l’ennemi héréditaire, le conquérant qui depuis des siècles le tient sous sa botte et’I a réduit è la plus 1 sse humilité. Pour son esprit sim- 1 pie, le prou, me se ramène à une haine s, u- b ire de deux religions ennemies • le Chris- tianisme vainqueur, subjuguant l’Islam qui attend sa revanche d’une régénération du mon de islamique et qui abattra par la force le christianisme tyrannique. Et, avec une logique superficielle, il trouve la pleine confirmation de son opinion dans l’extérieur de la réalité. Pour hu, le christianisme est représenté par une An gleterre formidable, opprimant 80 millions d’In diens musulmans, 14 millions d’Egyptiens et étalant, en outre, son empire en Syrie, en Méso potamie ; par une Hollande minuscule exploi tant 40 millions de Musulmans malais ; par une France dominant 30 millions d’Arabes ber bères nord-africains, de Sénégalais, de Syriens ; par l’Amérique capitaliste étendant son pouvoir au delà du Pacifique sur les Musulmans des îles Philippines. Chez lui, instinctivement et naturellement naît un sentiment de fraternité qui unit le Musul man de Meknès à celui de Manille. Il suit de près l’évolution de ses frères, prêts à s’éman ciper du ioug du conquérant européen ; il se réjouit dès qu’un peuple islamique remporte un succès dans un mouvement d’indépendance ; il tombe dans la consternation dès qu’une nation musulmane essuie une défaite ou un échec. Tenu dans le cercle restreint de l’obscurantisme que lui impose le colonialisme, il ne comprend pas l’essence de cette domination ; il ne voit que cette croix • épouvantable semant la misère et le despotisme dans toutes les contrées où elle s’implante ; il ne voit que cette religion chré tienne renouvelant sans cesse ses croisades : les unes au nom du Christ, les autres, plus modernes, sous prétexte de civilisation. Il ne distingue pas, sous le masque du christianis me, la face camouflée, hideuse du capitalisme : car cet islam pourchassé, opprimé, n’est en réalité qu’une immense classe prolétarienne peu plant les colonies dominées par l’impérialisme européen. Cette domination du christianisme sur l’Islam ne fut que la victoire de l’Europe puis samment organisée, d’un mercantilisme déve loppé, puis du capitalisme s’installant sur les ruines d’une civilisation islamique qui avait connu son apogée et se trouvait sur son déclin. Si cette civilisation n’avait pu renaître sous l’écrasement de l’impérialisme européen, la flamme de haine qui unissait les masses isla miques n’a pu s’éteindre et le capitalisme con temporain, qui reconnaît la puissance idéologi que de la religion, ne s’est jamais lassé de s’en servir comme moyen de division et de règne. Jusqu’aujourd’hui, l’Angleterre et l’Amérique impérialistes empoisonnent les cerveaux de leurs classes ouvrières par une propagande anti- musulmane. Par la presse, la littérature, le ciné matographe, on fait revivre toutes les orgies des harems turcs, comme si la bourgeoisie européenne était d’une chasteté exemplaire, et comme si le prolétaire musulman turc, qui dif ficilement pouvait nourrir une femme, devait être coupable de la débauche de sa bourgeoisie. Lord Gladstone donna le branle pour la cam pagne anti-lurque sur le massacre des Armé niens par les Musulmans, et cette Arménie, dont l Angleterre visait la colonisation et sur la- quelle a eersait tant -de pleurs, fut complète- ment oubliée comme si elle avait disparu du globe, dès qu’elle adopta un gouvernement so viétique. Les ordures que déversait la presse américaine sur l’Islam. elles cessèrent dès que les Etats-Unis envoyèrent l’amiral Chester sou tirer des concessions aux Kamalistes. Le pro létaire européen, trompé par son capitalisme national, croyait aux ignominies qu’on répan dait sur son frère, le prolétaire musulman ; il restait indifférent ou approuvait la politique d oppression de son gouvernement, tandis que le Musulman rejetait sa haine sur les masses européennes qui faisaient le jeu de leurs capi talistes. L’histoire vient par des faits édifiants lui démontrer toute son erreur Pendant cette guerre du droit, qui fut une lutte d’Etats ime- rialistes pour le partage du monde colonial, il vit l’Angleterre, la France. l’Italie chrétiennes s entretuer avec l’Allemagne, chrétienne aussi alliée de la Turquie musulmane ; il vit le Chérif de la Mecque, rejeton d’une famille sainte et chef de l’Islam, se vendre traîtreusement à la France et à l’Angle ire impérialistes contre au régime de l’indigénat, si lourd pour les Arabes. Moutet. — Le ministre de la Guerre est allé jusqu’à demander que le service militaire des indigènes fût fixé par dé cret. Berthon. — Oui, « le fardeau de l'homme noir » est lourd. M. Tapponnier. — La France est gé néreuse partout'. J'ai commandé des noirs, moi ! (Tu parles !) Berthon. — Généreuse en alcool et en opium. Pour l’indépendance de tous les peuples Mais voici M. Thomson, député de Constantine, à la tribune. Pour lui, c’est la colonisation qui a sauvé les Arabes (qu’il dit). Sans elle, on les eût vu pé rir. Mais il faut craindre pour demain : l’agitation se développe parmi les indi gènes; les communistes la soutiennent. Et le brave homme lit une très hono rable citation de l’ « Humanité » où le sabotage de l’anniversaire de la con quête de l’Algérie est préconisé. C’est l’occasion pour Cachin de déclarer : — Nous sommes pour l’indépendance de tous les peuples et pour celle du peu ple arabe comme les autres. D’ailleurs, s’il y a des violences, elles viennent bien plus des colons que des Arabes. On entendit ensuite divers députés noirs.: M. Boisneuf, M. Diagne, M. Can- dace, M. Lagrosillière. M. Diagne, comme le ministre des Colonies, se prononce en principe pour la représentation coloniale, mais il de mande la disjonction de la question. Au contraire, MM. Candace et Lagrosillière réclament l’application immédiate de la loi électorale aux colonies. La Chambre, par 400 voix contre 170, repousse le texte du Sénat et maintient le régime électoral actuel en Algérie (deux députés par département). Tous les amendements préconisant la repré sentation indigène sont artificieusement exclus du vote. Les indigènes n’auront donc pas de représentants à la Chambre. Ils en de manderont raison à leurs députés et sauront se souvenir que, seuls, les com munistes les ont défendus. la Turquie mahométanne. Longtemps, 'il vit cette de, nière implacablement poursuivie par la Russie tzariste qui enviait la conquête des détroits, u ndis qu'elle fut secourue par cette même Russie devenue bolchevique. Et les Mu sulmans des colonies que l’impérialisme avait jetés dans la dernière tuerie, n’avaient-ils pas une. grande symq athie pour cette Allemagne qu’ils étaient contraints de combattre ? Ne sou- uaitaient-ile pas ard - ru’elle fût ’ i cto- rieuse, conine si elle chtliait les Alliés c upa- bles de leurs U mx ? Ne véni. ■ ut-ils pas la personne du sinistre Guillaume II, qui parlait à son peuple germanique au nom de son Dieu chrétien et se présentait en ami de l’Islam ? Ce même hypocrite « Hadj Guillaume », qui se payait des randonnées en terre sainte, affublé d’un accoutrement de sarrazin, pour s’attirer l'estime de l’Islam et préparer le ter rain aux consortiums allemands qui convoi taient la construction de la ligne Berlin-Bag dad, cette ligne par .laquelle il dragueraient les richesses naturelles de l’Orient en retour de toute cette camelote « Made in Germany » que crachait leur formida île industrie ! Cette sym pathie des peuples nusulmans pour l’Allema gne militariste était dictée par leurs souffran ces : ils voyaient er elle un justicier. C’était l’expression d’une masse d’exploités qui espé raient. une issue, une lueur de délivrance dans la défaite des nation-, alliées. La France comprit toute la puissance du mouvement, qui pour ait naître de cette atmos phère panislamique et, après sa victoire sur le capital allemand qu'elle a éliminé du marché colonial, elle manœuvre aujourd’hui pour s’at tirer la sympathie et 'appui de cet islam qu’elle n’avait pu désagréger. Les peuples islamiques de ses colonies qu’c le avait leurrés par des promesses se réveillsient de leur torpeur. Les formules du démagogue Wilson avaient quand même jeté un souffle d’agitation dans les esprits. L’Inde, l’Egypte, la 3 rquie menèrent un mou vement d’indépendance : la contagion atteignit l’empire nord-africain ! Ce fut non point un réveil de la religion musulmane, mais un réveil de la plèbe contre seS oppresseurs. Le mouve ment de révolte grandit et la France épou vantée cherche un soutien idéologique pour apaiser son monde d’esclaves. Mais le facteur spirituel d’asservissen ent qu’elle cherche dans la religion islamique ne peut lui soumettre les masses qu’elle opprime, leur situation écono mique et politique st trop horrible pour qu’ils se laissent prendre à de tels subterfuges. D’ail leurs, l’ouvrier ahométan accablé par l’exploi tation n’a gr dé de la religion que le souve nir ; le réconfort qu’il cherche dans le côté abstrait de l’Islam n’est que l’expression de sa souffrance, le cri de ralliement d’un exploité à tous ses frères de misère, ses coreligion naires. Les tentatives de l’impérialisme pour capter cette puissance idéologique nous montrent tous les expédients d’un régime qui veut éviter la ruine à tous prix. La Russie tzariste, qui con- voitait la conquête des détroits, entretenait la hame du Turc dans son peuple, en superposant la croix orthodoxe au croissant renversé isla- miqu , sur les dômes de ses églises. Aujour d’hui. la France impérialiste, pour contenir les Musulmans qu’elle domine, cherche à entrelacer ces deux emblèmes religieux. Sa perfidie, son charlatanisme seront voués à l’échec. La masse des exploités coloniaux se réveille. L’édifice ca pitaliste qui repose sur une base coloniale ne peut s’élever démesurément : son poids devient trop lourd r indations qui le suppor tent. Déjà de Nhes annoncent l’écrou- L ment. L.idependan des peuples coloniaux hâtera la fin du régine, et sur ses ruines s’élè vera une société- qui 1e conservera des religions que ce qu'elles ont le social et d’humain. EL DJEZAIR. • > ♦ •— — LA LEÇON DU GANDHISME Londres, 17 mars. — On mande de Calcutta au « Daily Mail » qu’une fabrique de bombes a été découverte à Calcutta par la police. Six bombes, d’un type praticulièrement puissant, ont été trouvées’, ainsi que différents mélanges explosifs en cours de fabrication et une grande quantité d’explosifs. Deux bengalis on’t été arrêtés. Voilà qui change d’avec le principe abstrait de la non-coopération. L’exemple de Gandhi au rait-il montré aux masses exploitées que le mot d’ordre de résignation est une tromperie et que seule l’action directe aura raison des impéria lismes ? DANS LES PLATES -BANDES DE LA PRESSE Les Faits divers Coloniaux Du sabre au goupillon D’une note officielle : Par décret du 12 mars, les tarifs concernant le personnel du service des cultes annexés aux règlements généraux sur la solde et les ac cessoires du personnel colonial, sont abrogés. Dans les colonies" où le régime de la sépa ration des Eglises et de l’Etat n’est pas en core en vigueur, les émoluments des minis tres du culte tenant leur investiture d’une déci sion ministérielle sont déterminés par arrêté des chefs de ces possessions. L’alliance du sabre et du goupillon pourra peut-être faire croire aux indigènes des colonies que la France est le meilleur pays du monde. Oui, mais il y a les colons ! les gouver neurs, les juges, les généraux, etc... pour prouver le contraire. Et les ouvriers français, frères des ou vriers arabes, subissent, hélas ! la même exploitation. A quand la libération définitive ? As Entre loups On mande d’Alger que la conférence de Ra bat réunissant le Gouverneur général de l’Al gérie et les Résidents généraux en Tunisie et au Maroc, aura lieu le 7 avril. M. Steeg quitterait Alger pour Rabat le 3 avril. De quoi les trois mauvais augures de l’Afri- que du Nord peuvent-ils discuter ? Sinon de la façon de mieux pressurer le mesquine et de mieux protéger les colons voleurs? As Un de moins Le général Nivelle, । c s nistre mémo re. vient de mourir. Après avoir fait tuer sans raison des mil liers et des milliers de soldats français, Il vint aux colonies, avec l’intention de faire « parler de lui » et de montrer aux Arabes qu’un général français sait se « faire res pecter ». Scrogneugneu. On ne lui laissa pas le temps de prouver sur les indigènes les brillantes capacités homicidé s dont avaient souffert tant de soldats français. Il vient de mourir. Un de moins, disons- nous. Et à qui le tour ? As Où sont les sauvages ! A la ferme Riquet, dans la banlieue de Taz- malt, un berger indigène vient d’être, sans raison, brutalement abattu par deux balles ti rées sur lui en plein jour par son patron. L’assassin, faut-il l’ajouter, est en liberté pro visoire. Comme sous là. Troisième République, il n’y a que le provisoire qui dure, l’assassin pourra demain recommencer son forfait avec la même certitude de l’impunité. Beautés de Ta colonisation ! Et dire qu’avant l’entrée des Français en Algérie, les indigené • étaient des barbares ? As Les Syndicats à Tunis À la grande fureur du gouvernement èt de Sidna Cheikh ei Medina, i -s fabricants de ché chias se sont constitués c’ syndics', au nom bre de 30J env iron Dim mnche 16 n ars. meeting contre la vie chère organisé à la Bourse du Travail par le cartel de l’Union des Syndicats et de la Fédé ration des fonctionnaires. Succès complet. Quand la Tunisie Française déclare que l’on peut estimer à 2.500 le nombre des auditeurs sans compter les personnes restées dehors faute de place, on perd dire que ce chiffre n’est pas exagéré. Les raisons économiques et politiques inter nationales qui amènent la cherté de la vie furent passées en revue de façon magistrale. Nos mercanlis ne furent pas épargnés et l’on peut dire que ce premier meeting contre la vie chère, a parfaitement réussi. As Chez les Barbares du Maroc Rabat, 21 mars (officiel), — Il n’y a aucun événement important à noter au nord de l’A tlas. Les soumissions isolées continuent à se produire lentement mais régulièrement. Elles se chiffrent pour la semaine à environ quatre- vingts tentes, dont une trentaine pour le terri toire du Tadla. Au sud-est de l’Atlas, la situation a été lé gèrement troublée par suite de la venue au Todgha, du Marabout dissident Sidi-Hlocéine Outemga. Les Gaoua ont pris dans ce district, qui dé- pend de leur zone d’influence, les mesures qui s’imposaient. La maladie diplomatique de Lyautey n’a in fluencé en rien la pénétration pacifique (!) des civilisés chez les sauvages. « Les mesures qui s’imposaient » ont été prises. Elles ont consis té en coups de canon et de fusils. Vraiment, les barbares marocains ne savent pas goûter les plaisirs de la civilisation européenne. "s Comme larrons en foire A Fez, le maréchal Lyautey a reçu de nom breuses notabilités musulmanes, ainsi que le grand rabbin et les membres de la communauté Israélite. Le maréchal a remis la croix d’officier de la Légion d’honneur à Si Loyel el Kokri. fils du grand vizir, et celle de chevalier à Khalife pa cha. Le maréchal Lyautey rentrera à Paris au mois d’avril pour poser la première pierre de la mosquée musulmane. Et pendant que les mions français bombar dent les douars des rebelles en révolte contre l’envahisseur, le grand vizir et les grands chefs marocains lèchent les mains de ceux qui font tuer leurs frères. Canailles. Les chiens, qu’ils soient français ou marocains, restent méprisa bles quand ils ne savent pas mordre ceux qui les frappent. Note de P Administration Les abonnés ont reçu la circulaire les priant de nous envoyer d’urgence, par mandat-carte, le montant de leur réa bonnement, Prière de verser au compte postal n° 92-22 de Paris. • Le « Paria » est en vente, à Paris, au kiosque de journaux situé sur le boule vard Saint-Michel, à côté du Musée de Cluny. As Le « Paria » est envoyé régulièrement à tous ses abonnés; prière à celui qui ne le recevrait pas d’avise? aussitôt Les Larbins du Colonialisme Un autre personnage, M. Emile Laffon L'Humanité, pour avoir divulgué l’abo minable vénalité de la presse française, s’est vue poursuivre par le Matin, le jour- nal le plus menteur et le plus corrompu du monde. A celte audience de la correction- nele, ce fut plutôt le Matin |u’on jugea. Un témoin de marque vint confor h les mensongères négations de cette ignoble feuille et son directeur, M. Bunau-Varilla. M. Kokovtzev, ancien président du Con seil des ministres de Russie, témoigna sur l’authenticité des documents écrits par M. Raffalovitch. Malgré toute sa réserve d'émigré russe et sa haine pour le bolche visme. il dit que M. Bunau n'était pa^ fa cile d’acheter (c’est-à-dire qu’il fallait y mettre le prix). Et, à la barre, nous voyons comme principal témoin du triste sire, un de ses agents, M. Emile Laffon, venir cer. , tifier sur l’honnêteté de son patron. Quel cynisme ! Voyons un peu quelle est la va leur de ce témoin qui, sans vergogne, vient absoudre son maître des agiss ments du flibustier dont on l’accable. Référons-nous aux écrits de M. Raffalo vitch, dont M. Kokovtzev lui-même affirme la véracité. Dans une lettre non datée, mais enre- gistrée à la chancellerie le 8-21 mars, l’agent du ministère russe donne des ren seignements sur M. Laffon : Le sieur Laffon, qui a eu l’honneur d‘ être reçu par Votre Excellence et le minis e -le l’Intérieur est, en effet, le fils d’un an ag 1 i de publicité de la maison Rothschild, d ni était le commis. Un commis ne jo a ue d un. nfiance limitée, en général. r ême, apre avoir été fonctionnaire des colonies, a iv a ne de la Guyane, du Comp ( N . d compte, dont il soigne les affaires d- publicit , au moment des émissions et pour empecher les attaques de la presse. Il est prm par les députés comme Douiner, Etienne, qui s occupent d’affaires coloniales, et c’est ainsi qu’il aura pu avoir des lettres de Delconi et d’eux mé n s pour M. Bompard. Puis, dans un télégramme Paris, 25-L. m: es 190 Laffon, simple agent, publicité pu soig e al 1 faires Comptoir National d’Escompte et R i - schild frères, sans influence supérieur ■ à co intermédiaire Lenoir, que nous engageâmes sur re commandation ministère des Finances ir . cais, _ de commun accord avec ambassade d Russie à Paris. Je considère il est inutile le traiter avec lui. Et le 15 mars, dans une autre ,■ lie ... Les renseignements complémentaires sur la famille Lasion ne sont pas bons. Il y a eu un employé de ce nom chez les Rothschild. Ceux-ci avaient en lui une confiance limitée et ils n’om pas été fâchés d’en être débarrassés par sa mort. Les fils n’ont pas bonne réputation. L’un a été chassé du Comptoir National d‘ Escomple à Nice, pour avoir dilapidé 60.000 francs, que le père a rembourses avant de mourir. L cotre. Emile, qui est à Saint-Pétersbourg n’a pas dinilue I . sur la presse, excepté sur les jour- naus radicaux, y compris la « Lanterne ». M. I Plehwe a dû recevoir des renscignements ana- logues. El dans sa. correspondance -crête. M. Raffalovitch écrit au directeur de la Chancellerie, à Saint-Petersbour g : Paris, le 15 mars 1904. Mon cl or collègue, Je vous confirme mes de n L légramn .. Lar , Ion est bien le fils d’un ancien commis des B ’ । schild, qui s’occupait chez eux de la publi te ainsi que pour le-Comptoir d’Escompte'. Le fils a été gouverneur de la Guyane, tres i é me Doumer. Il est employé du Comptoir - itional d'Escompte, où il s'occupe de la presse II pro- tege les journaux radicaux, comme la « Lan- terne », mais il n’a pas grande influence, quoi qu’il dise. Il en aura, si on lui confie 1 million par an ou deux, sur lesquels il gardera pour lui 20 à 25 %. Il est superflu d ntrer dans cet ordre d’idées. La formule que nous avons pris: en février dernier de marcher avec 1 grand - banques, d’accord avec le ministère françai des Finances, en utilisant les services de Lenoit qui est l'agent du Trésor, de la Banque de Paris, du Crédit Lyonnais, me paraît suf re aar< plement. II n'y a d'ailleurs rien de disponible sur les 200.000 francs qui ont été intégralement verses à la Banque de Paris, o: ils ont contribué au fonds commun pour trois mois... Je serais d’avis de recevoir poliment mais d'éconduire tous les journalistes et nterméd liai- res français qui veulent soutirer de ‘argent au gouvernement russe. C’est ce que j'écris à y le gérant du ministère des Finances, Votre très dévoué, A. RailalovitcL. Ces références sont assez édifiantes su la moralité de M. Laffon, ancien gouver- neur de la Guyane, sans qu ‘il ne soit né cessaire de les faire suivre de commen taires. Nos frères exploités des colonies verront, par ce ■spécimen éhonté, dans quel monde d’aventuriers un gouvernement im périaliste recrute ses fonctionnaires colo niaux. Après Bérenger, le maître dnentmar notoire et sénateur de la Guadeloupe voici un gouverneur de la Gui/ane d’une telle corruption que M. Raffalovitch, si géné reux de distribuer l’argent russe pour “ l’achat des consciences » des journa- listes français ne put s’empêcher de se re vol ter contre les appétits de ce Laffon qui veut soutirer deux millions au gouvern ■ ment russe, pour frustrer de leur petite épargne ses propres nationaux Décidément, le colonialisme a des servi, teurs qu ilui font honneur ! ALf BABA. — Des Munitions pour le « Paria L'appel fait dans notre dernier numéro a trouvé un écho favorable chez nos arme- Deux cents francs nous sont pur venus ce mois, prouvant péremptoirement la volonté de nos lecteurs de ne pas laisser mourir, faute d'argent, un journal qui a décidé de se faire, sans crainte, l'interprète des souf frances et des besoins des peuples oppiimés des colonies. Et ceci nesl qu'un début. Nous envisage rons la possibilité de faire paraître bi-men- suellement le Paria. 11. ne tient qu'au lec teur ami de nous permettre cette réalisa tion. COLONIAUX ! « LE PARIA » EST VOTRE JOURNAL. LISEZ-LE ET FAITES- LE LIRE. conennrnszonsn axxocmans==rnananr=z==o======o=== = - < wa ueionIMMMM shssda Travail exécuté par des ouvriers syndiqués Le Gérant : Léopold MESNARD. Imprimerie Française (Maison J Dangon) 123, rue Montmartre, Paris (2 e ) Georges DANGON, imprimeur.