Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7009352z (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — février 1924 1924 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] g 4 TROISIEME ANNEE — N° 23 Le Numéro: VINGT-CINQ centimes de (.0 (th ■ ee ’’ .. — 9 FEVRIER 4924 ! ADMINISTRATION 3, Rue du Mai ché-des-Patriarches PARIS (5 e ) > le Paria " U F € Paraissant mensuellement Tribune du Prolétariat Colonial Abonnement. Un an : S francs TRAVAILLISME et COLONIES o-00toten-0 L’Infamie de la bourgeoisie algérienne BOLCHEVISME et COLONIES — D’un commun accord, Whigs et Forysont fait place aux travaillistes dans la direction de l’empire britannique. Ils pensent avec juste raison que la politique traditionnelle al ternativement appliquée par eux jusqu’ici, ne subira aucune modification de principe du fait de l’arrivée au pouvoir des chefs du mou vement ouvrier réformiste. Cela ne peut faire aucun doute en ce qui concerne l’action coloniale. Le filateur du Lancashire et le commerçant de la City, dont la fortune est faite du sang et de la chair de 444 millions de colonisés, n'ont aucun illu sion sur ce point. Ils savent qu’une nouvelle révolte des Cipayes ne leur ferait pas courir les mêmes risques que celle de 1857, grâce à a poigne solide de Ramsay Macdonald. Hé las ! les Sikhs du Pendjab et les noirs de Jo- hannesburg le savent aussi. Les travaillistes, en effet, comme les impé- rialistes, ont une « politique » coloniale. C’est celle de la II e internationale à laquelle adhère le Labour Party. L’examen des résolutions de congrès pourrait nous montrer l’opinion de cette organisation de « civilisés » sur le co lonialisme et sur la « colonisation humani taire », la plus monstrueuse association de mots qu'on ait jamais réalisé. Mais nous pen sons qu’il est plus utile d’en appeler aux ac tes, qui seuls comptent à nos yeux. En 1914, cette internationale pourrie jus qu’à la mer lie a fourni une série de ministres aux gouvernements impérialistes. Non con tents de sanctionner, par la plus honteuse des unions sacrées, l’exploitation coloniale de leurs maîtres, ils aidèrent au massacre de centaines de milliers d’esclaves de toutes cou- leurs jetés dans le charnier européen. En France, les Albert Thomas, les Com père-Morel, ont poussé à la tuerie des milliers d’Algériens, de Malgaches et Sénégalais, ar- Tachés par la force à leurs douars ou à leurs cases. En Angleterre, Henderson a envoyé se fzire tuer dans les plaines de Flandre 100.000 Indous. Et que dire de Vandervelde, cet autre mi nistre roi oui, lorsque se posa pour la Belgi que la qu stion du Congo belge, se fit le t lus éloquen avocat de P annexion. Un socialiste aurait-il pa accepter que sa patrie lut privée du commerce fructueux du caoutchouc et de l’iv< ire ? I a « colonisation humanitaire » exigeait, au contraire, que 17 millions de nè- gres, sous la conduite du gourdin et des mi trailleuses, fournissent à la Belgique les moyens de parfaire sa civilisation. La leçon de la Russie Les Ouvriers d’Alexandrie occupent les Usines Où il y a capital, il y a prolétariat et luttes ouvrières. Aucun pays ne peut se dérober à cette loi. Les peuples des colo nies qui n’avaient combattu que le colo nialisme, se réveillent à la lutte de classe contre le capital européen et indigène. Par tout, dans l’Inde, en Turquie, aux îles de la Sonde éclatent des grèves aussi gigan tesques que celles des ouvriers européens. L’exemple suivant est assez édifiant sur réveil de la conscience de classe parmi les ouvriers coloniaux. . . Une grève a commencé il y a trois mois dans une usine d’industrie textile d’Alexandrie. Le gouvernement tenta un accord, il y a une quinzaine de jours, mais les ou vriers déclarèrent qu’ils voulaient suivre l’exemple de leurs camarades de Turin en 1919. Au nombre d’un millier, dit-on, ils res tèrent dans l’usine, où ils avaient l’inten tion de travailler pour leur propre compte et de former une sorte de soviet ; leurs femmes s’étaient chargées du ravitaille ment. Les employés de l’usine cotonnière d’Egolin imitèrent les ouvriers de la. Fila ture, mais le premier ministre, Zaghloul pacha, intervint et, par la pression des troupes, nous dit l’agence Reuter, a obtenu que les ouvriers évacuent les usines. Et ceci encore nous montre que tous les bourgeois se ressemblent aussi. — >=*-< Vers la Russie Libre Li Sia Ao, nouveau représentant de la Chine à Moscou, a déclaré dans une interview que le rétablissement des relations sino-soviétiques nor males ne se fera pas attendre. Les négocia tions seront menées à cet effet au cours d’une conférence qui se tiendra prochainement à Pé kin. Tous les peuples orientaux vont vers cette Russie libérée de ses maîtres et contre laquelle se dressent encore les impérialismes occiden taux PERMANENCE « Union Intercoloniale », chaque diman che matin, de 10 heures à midi, au siège, 3, rue du Marché-des-Patriotes. Tels sont quelques comparses en socialisme de Ramsay Macdonald, premier ministre de Sa Majesté. Ces quelques faits suffiraient pour vous don ner une indication sur la politique que comp tent suivre les travaillistes à l’égard des co lonies. Mais les nouveaux parvenus de West- minster ont trouvé que ce n’était pas suffi sant comme démonstration. Arrivés au pou voir il y aura bientôt deux mois, ils n’ont rien de plus pressé à faire que de nous montrer la façon humanitaire dont ils s’y prennent pour coloniser (car ils n’abandonnent pas la coloni sation). Cela se traduit par un massacre de Sikhs Akhalis dans le Pendjab. Et quelle est l’attitude du gouvernement travailliste en présence du mouvement swara- jiste indou ? Lord Olivier l’a définie, au nom du gou vernement, à la Chambre des lords. Il a dé fendu le droit des Anglais de rester dans l’Inde. « Car ce sont eux, dit-il, qui ont fait l’Inde actuelle et sans eux le mouvement na tionaliste lui-même n’aurait jamais pu pren dre naissance dans ce pays. » Il est douteux que les plus forcenés des impérialistes aient jamais prononcé des paroles d’un tel cynis me. Combien est petit à côté de lord Olivier cet autre ministre travailliste qui déclarait nécessaire la construction de cinq nouveaux croiseurs pour donner du travail aux chô meurs et combien lord Curzon a dû se sentir humilié, lui qui s’y connaît en perfidies bour geoises. Sans doute, l’Angleterre a fait quelque cho se dans l’Inde, mais a quel prix ? et au profit de qui ? Les richesses qu’elle en a tirées et dont elle est si fière aujourd’hui, traduisent le régime de boue et de sang qui constitue l’his- foire coloniale de l’Inde, comme toutes les histoires coloniales d’ailleurs. Ces richesses, c’est le capitalisme anglais qui en profite, il en formera de nouvelles armes d’exploitation, mais la révolte aussi grandira et s'organise ra. Les peuples coloniax n'ont pas d'illusions sur le mouvement travailliste, qui représente une oligarchie ouvrière corrompue par l'im- périalisme ; ils comptent d’abord sur eux ; unis aux prolétaires révolutionnaires de tous les pays, il abattront l’impérialisme interna tional Ils n’attendent rien de Londres, mais ils sauront suivre la voie que leur indique Moscou et la III* Internationale. LARRIBERE. L'assassinat des Marocains Le général Lyautey, actionnaire des firmes capitalistes françaises du Maroc, continue sa besogne de pacification (?). Un combat a eu lieu dans la région de Bou- jad, entre les dissidents et les partisans sou tenus par le 4 e goum ; l'engagement a été très vivement mené de part et d’autre. Les dissidents ont été repoussés avec des pertes sérieuses et ont abandonné plusieurs cadavres sur le ter rain, dit le communiqué officiel. Quels vandales tout de même, ces Maro cains ! Le général Lyautey vient voler leurs biens et ils ne se laissent nas faire ? Quels vandales ! Et comme ils doivent goûter là ci vilisation européenne, qui s’annonce par des coups de canon et des morts ! La Russie com muniste est loin d’agir ainsi à l’égard des pays dits arriérés. Elle les aide sans rien leur de- mander en échange et surtout sans rien leur voler. >**•-< Berthon défend la cause des Soldats indigènes ----------------- Seuls, les députés communistes sont aujourd’hui à défendre les populations coloniales des iniquités dont les acca ble l'impérialisme français. Pendant la discussion du budget, André Berthon proposa de « ramener le service mili taire des indigènes au temps de ser vice militaire dans la métropole ». Il rappela que le service militaire des indigènes est demeuré fixé à 3 ou 4 ans alors que celui des troupes mé tropolitaines a été abaissé à 18 mois. Il y a là une anomalie choquante et il invoque le témoignage des députés al gériens. M. Morinaud, très embêté, dit qu’en effet les députés de l'Algérie ne peu vent admettre que les indigènes qui sont des citoyens français, fassent plus de service que les Français. Et Berthon ajoute que ce qu’il dit est encore plus vrai en ce qui concerne ia population des jeunes colonies. En acceptant son amendement, la Chambre réaliserait d'importantes éco nomies. Mais le Bloc national qui se moquait des économies et du droit des indigènes, rejeta l'amendement com muniste par 380 voix contre 90. La question coloniale constitue un des points qui différencient le plus nettement la II e et la III e internationale. Alors que la première était une Internationale de nationalités mutiples. mais de même race, l’Internationale Commu niste est une organisation de races multiples. Elle unit dans son sein le mineur gallois, le prolétaire américain, le coolie chinois, l’ou- vrier indou. Elle a rompu définitivement avec cette mentalité d’esclavagiste « civilisés » et dont est fortement imprégné l’Indépendant La bour Party. Le rôle de l’Internationale Com muniste est de souder intimement le mouve ment prolétarien et le mouvement d’émancipa- tion colonial en vue de la lutte implacable con tre 1 ennemi commun : l’impérialisme interna tional . Nos camarades bolcheviks ne se sont pas contentés de l’affirmation platonique du droit des populations coloniales à une libre déter mination de leur régime politique, ils sont im- médiatemeint passés aux actes. La Russie est le seul pays du monde où les exploités d’Occident et d’Orient ont la pos sibilité de se réunir en paix dans des Congrès où ils définissent en commun leurs tâches. En 1920, eut lieu à Bakou, le 1 er Congrès des peuples orientaux où, pour la première fois, Turcs, Persans, Afghans, Arabes, etc., fraternellement unis, échangèrent leurs vues sur la meilleure façon de conduire la lutte anti- impérialiste. En 1922, eut lieu à Petrograd et à Moscou le Congrès des révolutionnaires d’Extrême- Orient. Les organisations révolutionnaires de Chine, du Japon, de la Corée, de la Mongo lie, de Java y furent représentées. Cette réu- mon fut des plus opportunes au lendemain de. la Conférence de Washington, où quatre grandes puissances capitalistes conclurent un accord pour l’Exploitation en commun de l’Extrême-Orient. De plus, il existe à Moscou une Université des peuples orientaux destinée à former une élite du prolétariat colonial qui aura à conduire ses frères opprimés dans le chemin de la libération totale. Il faut surtout marquer 1 aide morale et ma térielle fournie par l’Etat prolétarien russe au mouvement émancipateur turc et aux tentatives de libération du peuple persan. Ce n’est là qu’un début dans le travail Cinq années se sont écoulées depuis qu’une délégation de bourgeois algériens vint à Paris faire une démarche infâme auprès du gouvernement pour la proroga tion de l'indigénat. Cette délégation était composée de ma- rabouts débauchés, de caïds serviles et d’élus indigènes répugnant de lâcheté et de trahison. Ils furent les agents de l'im- périalisme français qui usa de leur con cours et d’une grossière supercherie pour retirer aux Algériens les maigres droits qu’ils lui avaient arrachés la veille. Ils répétèrent le prétexte que leur souffla le gouvernement : l’accession des indigènes aux droits de citoyen français serait pour eux un danger ; donner une liberté politi que à une population inéduquée serait re mettre une arme à feu entre les mains d’imprudents enfants. Quel cynisme ! Oui, la suppression' de l’indigénat ne pouvait être un danger que pour les colons enri chis de la sueur du burnous, pour cette légion de fonctionnaires corrompus, de caïds voleurs qui voyaient la fin de leur règne d’exploiteurs. Dorénavant, l’indigè ne formulerait ses revendications, il en avait les droits. Pour eux finissaient les tri pots et la soumission d’un troupeau de cinq millions d’êtres dont on tondait la lai ne à même le dos. Finies aussi les siné cures, les expropriations, les bastonnades. Pour accomplir cette coquimerie, le colo nialisme français en chargeait sa compli ce, la bourgeoisie algérienne. Ignoble be sogne ! Digne d’une bourgeoisie ignorant son rôle historique et se montrant plus réactionnaire que le conquérant européen. Que penser pourtant de cette clique d’en- tremetteurs qui se pâme d’extase devant l’évolution des peuples islamiques de la Turquie, de l’Egypte, de l’Inde, quand, elle- même, par son action, soutient le jeu de l’impérialisme et enmêche l’évolution des autres peuples islamiques? Cette « élitn a oublié le rôle, plus grand, que lui dictent les lois mêmes de l’évolution et du progrès En bâillonnant ses frères de misère, en les maintenant dans 2 r 'état d’esclavage, Ai e a arrêté so nvmr ‘o /yn io. fhp rie se doute pas u- ses . slicionares seront dans une situation po itique et éco nomique précaire, moins elle aura cette ch mee de parvenir ! Elle restera toujours un bas maquignon entre l’impérialisme français et ses frères miséreux. Cette si tuation leur suffit peut-être. Elle ne suffit pas à l’ensemble des peuples opprimés. Si la bourgeoisie indigène a pu se déve lopper pendant la guerre, qu’elle ne se trompe pas ; elle a profité des circonstan ces qui exigeaient son concours et appla- nissaient les haines que lui vouait la bour geoisie européenne. L’après-guerre a réta- Mi l’hostilité du colonialisme pour son développement. Et elle, en aveugle, s’obsti ne à prêcher la passivité à, la masse, comme si l’on pouvait arracher, par la do cilité, des concessions à un gouvernement impérialiste. Il apparaît donc indéniable maintenant que l’émancipation des indigènes algériens sera l’œuvre des exploités eux-mêmes. La guerre, en développant le machinisme, en rapprochant les peupies, a éveillé la cons cience de classe du prolétariat. La bour geoisie algérienne peut rester dans sa lé thargie. les masses ouvrières indigènes que le capitalisme européen jette dans les cen tres industriels font dans l’enfer de l’usi ne leur éducation de classe. Ils apprennent dans la lutte pour l’existence que toutes les bourgeoisies se ressemblent, et pour abattre l’exploitation ils feront comme la Russie soviétique : d un coup de balai, ils nettoieront deux régimes : l’impérialisme français et la bourgeoisie oppressive indi gène. Ils ne se sacrifieront pas pour ins taurer une bourgeoisie nationale, mais la révolution communiste ils anéantiront l’impérialisme et le nationalisme exo 1 leurs. Ali BABA. Après la Mort du Maître (Rosta\ — La mor de Lénine a provo qué une affliction particulièrement profon de chez les peuples orientaux. A Téhéran, le cabinet tout entier, avec à sa tête le président du Conseil et accom pagné des représentants des légations étrangères et d’hommes politiques nota bles s’est réuni au siège de la Représen tation de l’U. R. S. S. Le président du Gmseil a déclaré que le peuple persan vénere les enseignements de Lénine. Lè plénipotentiaire' de l’U. R. S. S. a reçu la visite d’une délégation des auto rités religieuses de Téhéran, du leader des nationalistes mésopotamiens, Halesi, et de nombreuses délégations provinciales. Tous témoignent du deuil immense que ressentent les peuples opprimés par la disparition de leur grand protecteur. L’ambassadeur turc a déposé une cou ronne sur le cercueil de Lénine. Tout le monde pleure celui qui fut le libérateur de la Russie et qui devait être celui de toutes les colonies. Son exemple pourtant nous reste. Imitons-le ! V COLONIAUX ! « LE PARIA » EST VOTRE JOURNAL. LISEZ-LE ET FAITES-LE LIRE. immense que doit accomplir l’Internationale Communiste. Des déclarations récentes nous montrent qu’il s’accentuera de plus en plus au cours d’une interview. Rykov, president du Conseil des Commissaires du peuple de l’Union des Républiques Socialistes Soviéti- ques (U, R. S. S.), déclarait ces jours der- niers ce qui suit : La politique recommandée par Lénine vis- à-vis des peuples orientaux, qui consiste à leur apporter une aide désintéressée pour leur re naissance nationale, a eu pour résultat d'ac quérir toutes leurs sympathies aux Soviets et de rendre le nom de Lénine extrêmement popu laire. La même façon d'agir continuera à resserrer nos liens avec la Turquie, la Chine, la Perse, l'Afghanistan et tout l’Orient. Ainsi nous éten drons aux peuples orientaux la politique d’auto- détermination nationale appliquée aux nationa lités de LU.R.S.S. dont les intérêts sont cons titutionnellement garantis par le Conseil des Nationalités. Plus récemment, à l’occasion de l’assem blée annuelle de la Chambre de Commerce Russo-Orientale, Tchitchérine a fait les décla- rations significatives que voici : Les peuples habitant l'Union Soviétique en trent dans une nouvelle ère de leur développe ment historique et les peuples d'Orient traver sent également une nouvelle période de leur existence. La politique amicale nui nous Vi j eux, politique basée sur la communauté d’in- térêts et non sur une immixtion complète et réciproque dans les affaires intérieures, nous a été en tous points dictée par Lénine. Au début, nos rapports amicaux étaient d'or dre exclusivement politique, lorsque la Russie soviétique et les États orientaux luttaient pour leur indépendance contre l'ennemi commun, l’impérialisme mondial. Maintenant, nous et les peuples orientaux, nous nous trouvons devant une tâche de plus longue haleine, celle du dé veloppement de nos forces productifs el de la conquête ou de la défense de notre indépen dance économique. Uëfà, dans les télégrammes qui relatent les discours de lord Curzon et de M Baldwin, cri tiquant la reconnaissance de jure de la Russie soviétique sans garanties préalables, on sent percer l'inquiétude touchant le renforcement de la situation internationale russe. Selon eux.. cela nous donne la poss' iule lo mdîntenîr eo appellent en réalité la possibilité de développer la collaboration économique de la Russie et des peuples orientaux pour le libre pu de nos forces productrices. Nous sommes intéressés à ce que l'Onert ne soit pas économiquement assert i par le ca pital mondial. L’ensemble de ces faits nous expliquent les ricanements de lord Curzon et de lord Olivier. Mais ils nous montrent aussi que, seuls l’Etal prolétarien russe et l’Internationale Commu niste sont capables de conduire les peuples opprimés à leur libération. La conspiration du Silence De Louzon à Colrat La grande presse a fait grand bruit autour de l’expulsion du journaliste Colrat Raymond, frère de notre incapable ministre de la Jus tice. Elle a invoqué les grands principes de la liberté de la presse et estimé que Colrat n’avait commis aucun crime, étant donné qu’il n’avait fait qu’user du droit de critique à l’égard de la Résidence française et qu’il ne s'était livré, vis-à-vis des indigènes, à au cune propagande par la parole et par la ^fu me. Cela revient à signifier qu’il ne faut pas confondre un quelconque journaleux bour geois avec Louzon expulsé aussi de Tunisie pour avoir, dans ses actes et ses écrits « porté atteinte aux droits et pouvoirs ( !) de la Ré publique française en Tunisie ». Il y a deux poids et deux mesures en Fran ce, Une pour Colrat, qui est une victime, et une autre pour le criminel ( !) Louzon. On oublie seulement que Louzon a fait sur le gouvernement de la résidence en Tunisie, sur la politique coloniale de la France et sur les visées de l’impérialisme français aux colo nies des critiques que n’a jamais pu démen tir l’instruction ni le procureur. On veut oublier que Louzon prêchait la fra ternité des ouvriers français et arabes contre la politique de l’impérialisme français. On ne veut se souvenir que d’une chose, c’est que sans considérations patriotiques, il a pris la défense des indigènes volés contre les colonisateurs voleurs et qu’il s’est de ce fait livré vis-à-vis des indigènes à une pro pagande dangereuse pour les intérêts des bourgeois français. Crime abominable que seule l’expulsion pouvait punir. Et il fut expulsé. Et son expulsion, décidée il y a deux ans, n’a pas fait hurler les jour naux de gauche, n’a soulevé aucune protes tation dans les partis soi-disant démocrati ques. Tous les bourgeois se sont tus, puis qu’on frappait un ennemi de la colonisation. Ça n’est plus du tout la même chose pour Colrat, qui a su se foutre de la situation des indigènes, qui a su ne rien dire des beautés de cette colonisation, et qui a ménagé ses cri- tiques à l’égard des puissances d’argent Ce lui-là on l’encense, et on lui tresse un cou ronne de martyr. Nous, indignés seulement par la mesure inique, nous regardons du côté de la I uni- sie en nous demandant : « Quand Louzon y pourra-t-il retourner continuer sa saine besogne de fossoyeur de l’impérial, ne et de libérateur des colonies ? » Quant à Colrat, dont les indigènes ne s’apercevront même pas de l’expulsion, il est assez payé pour se taire et reglorifier dans de prochains articles son « Poincaré l’honneur » qui a fait uer sur les champs de bataille de France plus de cent mille soldats indigènes, tombé pour 1 . dé fence d’intérêts qui n’étaient 1 - leurs M. J. L’Arbitraire en Tunisie Un radio de Tunis a annoncé la suspension' par ordre résidentiel du journal arabe l’Acer Dfedir. qui s’était montré violent dans ses ap préciations sur l’œuvre de l'impérialisme fran-: cais en Tunisie. Ce journal avait déjà été lob- jet d'avertissements sévères (!). Après la suspension de l'Ami du Peuple et des six autres journaux communistes arabes, la suspension d'Acer Dfédir donnera aux indi- gènes une haute appréciation de la liberté en régime capitaliste et sous le règne du cambiste Lucien Saint. C’est bien là aussi un signe de l'épouvante d'un régime qui se voit au bord de l’abîme. On veut empêcher la lumière de se répandre, mais toutes les mesures seront vaines, les masses coloniales et métropolitaines se réveillent et balaieront bientôt le règne de despotisme et d'exploitation qu’elles subissent. L'effervescence dans l'Inde Dans les provinces centrales, l’une des divi sions les plus importantes de l'Inde, les parti- sans du swaraj ont commencé une politique d'obstruction systématique. Ils ont rejeté, en une heure, quatre projets de loi présentés par le gouvernement et proclamé leur intention le faire échouer de même toutes les mesures qu'on leur présentera, de manière à paralyser toute administration. Tout va bien ! L’impérialisme anglais n'a pas encore longtemps à vivre et les autres im- périalismes le suivront immédiatement dans la tombe. Vive l'Inde indépendante J PERMANENCE Le « Paria », chaque dimanche matin, j au siège, 3, rue du Marché-des-Patriotes. ### [Trang 2] Mahatma Gandhi I L Humanité. journal communiste, qui seul, s’occupe des colonies en les présentant autre- ment que sous forme de comptoirs capitalistes et en défendant leur droit à l'indépendance la plus complète, a, ces (jours-ci, publié cette inté ressante étude sur Gandhi. Les temps sont révolus où l'Empire bri- tannique, li iomphalement accroché aux croisées des routes du inonde, semblait, ( 'mine la Rome des Césars, défier le ha sard d s siècles. C’est sur la terre sans fin des : les, où trois cents millions d’hom mes, impatients d’un esclavage séculaire, aspirent a l indépendance nationale, que se joue son avenir. Gandhi - que les Hindous ont appelé Mahatma, la « grande âme » — porte, en un corps débile, cette foi qui soulève les montagnes. H 3 découvert sa vocation et i g o . ans la lutte de vingt années qu'il livra pour ses frères opprimés, dans l’Afriqi du Sud et dont son action, dans l Inde, à partir de 1914, ne fut que le pro longement. D’abord. Gandhi fut candidement loya liste. Il servit, avec ferveur, la cause an glaise qu’il croyait celle du « droit ». Après la guerre, le réveil fut terrible. La fusillade d'Amritsar, les emprisonnements des chefs du mouvement national, un redoublement de tyrannie anglaise montrèrent aux Hin- d ms confiants ce que valaient les pro- me sses prodiguées pendant le péril. A la mort du chef réaliste Tilak, Gandhi héritait de la lourde charge d’organiser la révolte. Il le fit dans un sens profondément hindou. Insoucieux des résultats pratiques immédiats, habité d’un idéal moral ana logue à celui des premiers chrétiens ou des franciscains, religieux avant tout, mais d'u indouisme qui n’exclut pas, même des apparences dogmatiques étroites, • , compre hension universelle, Gandhi veut mer si : peuple à, l’indépendance, par les ■ ies de la non-violence ». près avoir épuisé toutes les tentatives . rapprochement avec l’Angleterre, Gan- ' • lance u* mot d’ordre aux Hindous : pas le révolte mées, pas de sang versé, mais labe idon de toutes les fonctions au ser- d l’Angleterre, la reconstruction de . • nationale par le retour au travail des . tisans d’autrefois et la rupture avec la civilisation occidentale sous forme intel- b ' tuelle, esthétique et industrielle. C’est dans cet idéal de renoncement qui ne repousse ni l’activité ni la révolte ci- vique, mais qui nie et condamne la vio- lence, que Gandhi voit le salut de l’Inde. Certes, on ne saurait être insensible à la grandeur de cette foi et la figure du Ma- hatma paraît d’une pureté surhumaine. Mais Gandhi n est pas seul ; derrière lui, le grand peuple hindou halète, et la sain- teté n’est pas l'apanage des multitudes. L'esprit si profondément humain du chef s'est transformé, chez les disciples directs, troites: dogmatique et sèche scolas- ; que. Tout é e qui faisait le sublime de son évangile • sque de tourner à la règle inerte et stérile le le sA . Gandhi bénit la souffrance créatrice des Hindous, et Romain Rolland s» st e : • m i s des avantages matériels qu’ils eussent pu atteindre que du cette exaltation des Hindouist « et des Musul- mai a, en »A même âme avide de sacri- :■ e. On songe -pendant à ce qu’un réa- liste comme i i tk eût pu obtenir. avec l’ap pui de la Russie, pour le salut de son peu ple, le salut terrestre de son peuple sans en polluer l’sme. Le livre de Romain Rolland s’arrête sur le seuil de la prison où,les Anglais enfer- moi en 1 Gandhi. La prison vient de s’ou- vrir et la tragédie continue, mais il me semble deviner, dans l’appel que le Ma- h itma a lancé aux Musulmans et aux Hin- douistes pour qu’ils demeurent frères, quelque chose du cri déchirant de saint François à ses disciples, quand il vit son o 0 vr généreuse pervertie par le zèle ecclé- siastiqi dTHugolin. Gandhi sent peut-être que la « non-violence » ne suffit plus à anir or des hommes qui portent, en eux, les désirs et des colères. Et c’est pour- quoi nous r» osons qu’il est, pour l’Inde, utres moyens de salut que la résistance ■ • bique. Elle a été un exemple de foi col- .e elle n’est pas une solution. Ch.-André JULIEN. __________ Rien * est changé sous Zagloul Pacha Une dépêche d’agence annonce que Fakhry pari a, ministre l’Egypte à Paris, s’est rendu à l’Ac de Triomphe pour déposer sur la tombe du Soldat inconnu une couronne et un souve- ni- de in pari de l’Egypte. Il a prononcé un discours auquel répondit le général Gounaud, gouvt reur militaire de Paris. Comment r Le premier geste politique en France de Zagloul pacha est un geste aussi stupide ! Lui, le leader de l’indépendance de l’Egypte, au lieu de se faire en France le cham pion de l’indépendance de ‘Algérie, de la Tu nisie, du Maroc et des autres colonies, il se fait, en compagnie de Gouraud, l’assassin de milliers de Syriens, le complice ‘de stupides hypocrisies patriotiques. Les Egyptiens n’ont pas dû beaucoup gagner à un ministre aussi bourgeois. ... Procédés électoraux à la Guadeloupe Il not st revenu que le ministre des Colo nies. à l’effet d’assurer la réélection de M. Gratien Candace, le député impopulaire de Basse-Terre — se proposerait d’envoyer une centaine de gendarmes à la Guadeloupe. D’autre part, on nous informe que nombre de Guadeloupéens, fonctionnaires et particuliers présents en France, se disposent à retourner dans leur île natale, pour combattre M. Can- dace, qui entend se faire réélire une quatrième fois pai la fraude administrative et la corrup tion réactionnaire. Que les compatriotes de M. Candace partent en guerre contre lut. rien de plus naturel et nécessaire. Mais que le gouvernement se mêle d’imposer un représentant à une population qui, à aucun moment, n’en a voulu, à plus forte raison élu, il y a là quelque chose d’in- digne dont M. Sarraut et le Cabinet dont il fait partie porteront la responsabilité. Quel parlementaire soi-disant républicain et même indépendant, que les choses coloniales n’indiffèrent pas, osera interpeller le ministre des Colonies à ce sujet ? Aucun, car toutes ces mesures « d’intimida tion » appliquées par le colonialisme pour élire ses « députés » leur sont trop connues pour les émouvoir. Il faudrait qu’ils s'attaquent au régime entier Et le faire serait compromettre | lei situation si lucrative de parlementaire. ' DEPU TE S ET PARL EMEN TEURS •-***=-• Une Réunion coloniale à Paris Samedi s’est tenue à Paris la réunion or ganisée par l’Union intercoloniale et que seule l'Humanité avait annoncée. La salle était archicomble et on y constatait la pré sence de tous les éléments des populations coloniales. Les députés des colonies qui avaient été individuellement convoqués, s’étaient abstenus de venir, à l’exception du député de la Guadeloupe, René Boisneuf. Les six députés d’Algérie qui représen tent les intérêts des colons et du capitalis me ne considéraient pas en effet qu’ils eus sent. à rendre un compte quelconque à la masse indigène opprimée de l’Afrique du Nord. M. ' Candace avait fait savoir qu’il se réservait de répondre devant ses seuls ; électeurs, dans sa colonie, de son attitude au cours de la dernière législature. M. Dia- gne, le trafiquant de chair à canon, avait compris d’instinct que sa place n’était pas au milieu des populations noires qu’il avait ti aines. M. Galmot, député de la Guyane, le spéculateur des rhums, avait estimé pru dent de s’en tenir au jugement des tribu naux. Les autres : Gasparin, Boussenot, Outrey, étaient déjà partis pour sauvegar der leurs intérêts électoraux. M. Boisneuf mit en relief tous les cri mes du colonialisme, mais fut incapable de dégager le remède concret, qui consis te, pour nous, à abattre le régime lui-même. Une intervention de notre cararade An dré Berthon, souligna toute la confiance que la masse opprimée des colonies de vait placer dans la Révolution russe qui a proclamé le libre droit des peuples à disposer d’eux-mêmes comme la Révolu- lion française, dont elle est la continuatri ce, avait proclamé le droit des hommes. 1 L’intervention de Berthon, dépouillée du souci électoraliste qui perce dans toutes les manifestations des députés coloniaux, 1 a produit la plus grosse impression. En fin de séance, l’ordre du ur sui vant fut adopté par acclamations : Les originaires des colonies, résidant à Paris, réunis le ler mars 1924 à l’Hôtel des Sociétés Savantes, Après avoir entendu les citoyens Boisneuf, député de la Guadeloupe, Max Bloncourt, ainsi que André Berthon, député, membre de la commission parlementaire des colonies, au sujet des revendications à formuler par les masses indigènes à l’occasion des prochaines élections législatives ; Constatent tout d’abord qu’un grand nom bre d’élus des colonies, régulièrement convo qués à cette consultation par l’Union Interco loniale, groupement englobant sans aucune dis- tinction les originaires de toutes les colonies françaises, s’y sont dérobés et n’ont même pas daigné se faire excuser, témoignant ainsi de leur dans-gêne et de leur mépris vis-à-vis de la masse indigène ; Déclarent s’associer aux critiques formulées i par les différents orateurs, qui ont su mettre , à nu la plaie du colonialisme, provoquée par | les appétits du grand capitalisme et de l’im- 1 périalisme. Prennent acte de la faillite de la représen- | lation coloniale confiée à des hommes hostiles ' par leurs intérêts de clan et de classe, aux i revendications des éléments indigènes les plus exploités. Cett ' expérience devra servir de leçon à ceux-, mui désormais ne devront i cehrcher aide at appui qu’auprès de leurs freres d’exploitation et de misère métrop litains, c’est-à-dire les travailleurs des villes et des champs : Les coloniaux présents s’engagent, en con- .séquence, à faire tous leurs efforts pour établir Vive le Maroc libre ! Depuis quelques jours, le monde des exploités coloniaux tressaille d’aise. Au Maroc, où la colonisation européenne fut si difficile, l’armée de l’impérialisme es pagnol subit échecs sur échecs. Les nouvelles les plus contradictoires continuent à affluer au sujet des événe ments qui se. termineront sûrement par l’évacuation de la zone espagnole, ce qui, par ricochet, porterait un coup mortel à la politique de pénétration (!) du général Lyautey, actionnaire- des grandes compa gnies capitalistes du Maroc. D’après des dépêches d’origine anglaise, les Riffains ont rompu les lignes espa gnoles en deux points aux abords de Mel- lila, capturant cinq convois et 600 hom- mes. Ils ont abattu quatre avions. L’un des principaux chefs riffains, à l’heure actuelle, serait le caïd Ali Ben- amor. La ville de Mellila est encerclée par les tribus. Celles-ci ont réussi à infliger de lourdes pertes matérielles à leurs adver saires, et jusque dans la place elle-même. Les environs de Mellila sont dévastés par l’incendie. Dans tous les ports de l’Espagne par tent des renforts à destination du Riff. Des mutineries militaires auraient éclaté à Malaga. Enfin, on affirme que les négociants anglais de Gibraltar se plaignent que les communications télégraphiques et télé- phoniques soient interrompues dans le sud de l’Espagne. Naturellement, le Directoire espagnol exerce la censure la plus rigoureuse sur toutes les dépêches de source espagnole, si bien qu’il est impossible d’obtenir d’Espagne une confirmation des dépêches anglaises. Primo de Rivera multiplie les notes of- ficielles pour démentir les nouvelles de source anglaise. Mais, malgré toutes ces réserves, le correspondant Havas ne peut empêcher la vérité de se faire jour. Il écrit que « l’en voi de troupes de renfort au Maroc fait partie des desseins du gouvernement, qui a décidé de profiter de l’occasion qui lui est offerte par la recrudescence d’hosti- lité des tribus en contact avec les posi tions espagnoles ». Malgré l’équivoque voulue de la phrase, on comprend ce que signifie « la recru descence d’hostilité ». Dailleurs, l’envoi de troupes de ren fort est assez significatif en lui-même de l’importance de la défaite espagnole. Si l’on tient compte que la situation in térieure de Primo de Rivera s’est, elle aussi, aggravée (protestations d’étudiants, nécessités de nouvelles poursuites contre des professeurs, etc.), on avouera que l’émule espagnol de Mussolini est en mau vaise posture. En tout cas, la colonisation espagnole une étroite cohésion entre le peuple travailleur de France et ses représentants, d’une part, et les masses indigènes opprimées d’autre part ; ils invitent leurs camarades résidant aux co lonies à mener, sous la forme légale et ou- verte, comme sous la forme illégale et clan destine, suivant les circonstances, une action vigoureuse, destinée à la réalisation des re vendications immédiates des indigènes privés des libertés élémentaires--de P’homme et du citoyen, ainsi qu’à l’obtention des droits que les travailleurs métropolitains ont déjà con quis sur le terrain 'économique. Que par leur résistance à l’oppression -et par-l’ appui fra ternel que leur fournira la France métropoli taine du travail, les indigènes des colonies les plus exploitées et les plus opprimées puis sent voir luire l’espoir du jour où ils seront enfin des hommes libres, pouvant disposer li brement du fruit de leur travail ! Se séparent aux cris de : Vive l'émancipa tion du prolétariat indigène ! Vive le rappro chement des peuples et des races ! Après la Réunion Réformisme et Révolutionnarisme Dans la réunion organisée, salle des Sociétés Savantes, le député de la Gua deloupe, Boisneuf, qui, seul, répondit à l’invitation de l’union intercoloniale (ses autres collègues ayant trop de lâcheté pour affronter les critiques des peuples qu’ils représentent), fit, dans son compte rendu de mandat, un exposé saisissant sur les horreurs du colonialisme. Certes, le ta bleau qu’il a brossé fut émouvant ; il illustrait tout l’arbitraire et la politique d’oppression praticaé par le colonialis me pour « gouverner » les millions d’es claves qu’il a sous sa botte. L’auditoire, en majorité composé de co loniaux, n‘a rien appris aux révélations de M. Boisneuf ; ils ont tout connu ces mal- traitements et ces brutalités du conqué- rant européen. M. Boisneuf nous a décrit la maladie dont souffre la société, il a effleuré la cause économique de l’horrible organisation sociale actuelle, seule coupa ble de ces maux, mais là il s’arrêta im puissant, ne voyant aucun remède radical au mal de l’oligarchie financière dominan te Il invoque seulement la justice, la liber té, l’humanité dont nous sommes payés pour savoir que ces grues métaphysiques sont un traitement qui prolonge les souf frances du patient. Bisneuf recule effrayé devant l’opération ckirurgicale inévitable. Il croit qu’en appliquant un meilleur plan de mise en valeur des colonies (plan déjà conçu par le capitalisme européen) et qu’en développent l’exploitation technique avec un . '■ ération intelligente entre les indi- gènes et leurs maîtres européens, en éle vant i ‘état social de » es frères de couleur c'est-à-dire ep rem, çumt l’esclavage par b se- age h e on énlicoraif le bonhe ir cummun. (i le dur ’ Est-ce que la vieille Europe n’est pas arrivée-au terme de la mise en valeur de ses richesses natu- reliés et au grand développement des for- ces productrices, tel qu’on le demande pour les colonies ? Est-ce que la gigan a du plomb dans l'aile. S’il pouvait en être de même pour toutes les autres puis- sauces capitalistes et si la lutte libératrice marocaine pouvait au moins se transfor mer en lutte libératrice pour toutes les colonies !... C’est ça qui ferait baver des ronds de chapeaux à ceux qui comptent sur « l’empire d’outre-mer » pour grossir leurs fortunes. En attendant, à la face de tous ceux qui rêvent la colonisation com plète- du Maroc, nous crions : « Vive le Maroc libre ! » Contre l’impérialisme! Au secours du « Paria » ! —44.— Notre journal arrivr maintenant -pénible ment à vivre. Le prix du papier a triplé, ^impression a doublé. les typos qui ont le droit de vivre ont dû exiger une augmenia- Pton de salaires que supporte en partie (sans s’en plaindre} la caisse du Paria, les expédi tions, sous le règne de Paul Laffont, ont ren chéri et nous avons laissé le journal au mê me prix' qu'avant la zague de hausse. Nous nous en ressentons. Le Matin, le Temps, et tous les journaux de la presse vénale, vivent des réclames et des annonces qui les musèlent parfois. Ils émargent aux budgets secrets des ministères. Nous nous honorons d'être pt-us propres. No tre indéqendance nous est plus chère que l'est le pain sous le ligne de Cheron- Nous en sommes fiers. Mais comme se pose l'angoissant dilemme : « Vivre ou mourir », iu,us nous tournons vers nos amis, nos collabtrateitrs de toujours et nous leur crions bien fort : « Au secours! Au secours tout de suite. » Nous avons déjà reçu les sommes sui- vantes dont l’aide n’est pas à dédaigner. Mahatma Sawdar... 10 Un communiste chinois 10 ” Pour l’émancipation des indigènes. 2 50 Le Paria sera le jourral des oppri ¬ més 5 " Abd el Aziz ben Turqain 3 11 Un bourgeois communiste 50 M Pour que les indigènes lisent l’Humanité et le P^ria Un pauvre diable Trois bolcheviks annsmites Charles Jomont A bas l’impérialisme John Williams Pour mon Paria, seul journal des exploités Un Algérien... -- Le bicot rouge Ahmed Gharki 10 » 1 50 30 » 2 50 15 » 10 » 25 » 10 » 10 » 5 » 4 » Total 205 50 tesque classe ouvrière est libérée de l’ex- ploitation capitaliste ? Dans une société de classes, le progrès n’est profitable qu’à la classe possédante et au préjudice des masses laborieuses. Les discours de M. Boisneuf ne nous., étonnent point d’ailleurs ; son attitude est conforme, à celle des réformistes de toutes envergures. Les socialistes nous ont assez ieurrés avec leurs doctrines démagogiques et leur action sur le mouvement de libé ration des masses, a été plus néfaste que celle des pires réactionnaires. Leur socia lisme n’est qu’un tremplin pour leurs suc- ès électoraux ; ils étouffent hypocrite ment le cri de révolte des exploités qu’ils trahissent honteusement. Que M. Boisneuf se fasse remarquer par ses interventions à la Chambre contre les abus et les atro- cilés commises par l’administration colo niale quand les faits deviennent flagrants et que M. Sarraut lui-même ne peut les nier, il ne remplit qu’une part minime du mandat dont il jouit. Pour un crime commis par les sbires coloniaux et dont le gouvernement donnera satisfaction aux réclamations de M. Boisneuf, des milliers d’autres seront étouffés. C’est la politique de subjugation, logique et systématique, appliquée par l’impéria- lisme pour contenir les masses coloniales opprimées. Les colonies doivent être des sources de matières premières, des réser voirs de main-d’œuvre vile et de matériel humain pour les armées capitalistes. Le colonialisme est la conséquence na turelle de l’insatiable impérialisme. Les fonctionnaires coloniaux sont stylés dans l’Ecole impérialiste pour commettre leurs actes de terreur et de despotisme, ils ne sont que les bas valets du capitalisme dont ils défendent les intérêts. Pour nous, ré volutionnaires, ce n’est pas seulement contre le barbarisme et la corruption du colonialisme que nous nous attaquons, mais nous dirigeons le mouvement des indi gènes contre la structure même de la so ciété qui les engendre. Nous clouons implacablement au pilori, non seulement les agissements du fonctionnarisme colo nial, mais la constitution entière du ré gime. Notre lutte sera brutale, complète ment dépouillée de cette courtoisie que nous conseille M. Boisneuf, et de toutes les hypocrisies petites-bourgeoises qui pa ralysent toute énergie combattive. Nous ne polémiquerons pas en gentlemen avec des ignobles négriers « Genre Diagne » qui vendirent à la tonne leurs frères indi gènes pour alimenter le charnier euro péen. Nous attaquerons sans merci les ex ploiteurs de toutes races et de toutes cou- leurs et leurs parlementaires serviles, jus qu’à la libération entière de nos frères malheureux. Et alors, dans une société où les classes auront disparues, où seuls ré gneront les travailleurs et où il y aura égalité de ventres, nous pourrons peut- être, p lier une oreille rux belle.- devi- ses de justice, d’himanité de civilisation que nous a si éloquemment, mais sans convietion, préchées M. Bois neuf et dont nous empoisonne la démocratie bourgeoise. B 2 BABA Après l’abolition du Califat -o- L’abolition du califat est un événement de la plus haute importance et qui n’inté resse pas seulement la Turquie ; ses réper cussions peuvent s’étendre fort loin, du Ma roc à la Chine, en passant par notre Afri que du Nord, l’Egypte, l’Afghanistan et les Indes. Il n’est pas dit qu’une opposition ne se produira pas dans le monde musulman contre la brutale mesure prise par l’Assem blée d’Angora. Cette mesure, d’ailleurs, pouvait être pré vue : les nationalistes turcs avaient déjà séparé le pouvoir temporel du pouvoir spi- rituel, ne laissant au sultan que l’autorité religieuse ; ils se sont décidés à la lui re tirer, sans doute parce qu’ils craignaient qu’il puisse chercher à en user pour re prendre la puissance qui lui avait été arra- chée. D’où l’expulsion du calife, auquel on n’a donné qu’une heure pour abandonner son palais, avec les princes et princesses de sa famille. L’Assemblée d’Angora est allée plus loin encore : elle a décidé la séparation com plète de l’Egise et de l’Etat, et supprimé les écoles confessionnelles ; l’enseignement se ra exclusivement laïc. L’administration des biens religieux disparaît : c’est une réaction violente contre la tradition turque. (De la Dépêche, Coloniale.} Pour nous la chose était inévitable, car la bourgeoisie turque ne diffère en rien des nourgeoisies européennes. Si les Kamalistes se sont appuyés sur cette force idéologique de l’Islam pour entraîner les masses paysannes et ouvrières, aujourd’hui que leur œuvre révolutionnaires est accomplie, leur masque tombe. La religion musulmane qui ne pouvait s’encadrer dans la nouvelle organisation sociale, devait fatalement engendrer un heurt entre cette bourgeoisie capitaliste naissante et le pouvoir spirituel du califat. Les luttes prochaines ne seront plus en- Ire les vieux turbans et l’assemblée d’An gora. mais entre la classe ouvrière turque brimée et sa nouvelle bourgeoisie au pou voir. Déjà le prolétariat organisé turc se réveille et demande sa libération complète. Si le peuple turc a, depuis des années sup porter le poids des luttes contre l’impéria lisme européen. demain il se soulèvera pour renverser sa bourgeoisie qui lui a fait tirer les marrons du feu. Agitation républicaine en Perse On mande de Téhéran à Pteuter qu’une secte religieuse préconise rétablissement d’une rénu- blique en Perse. D autre part, à l’exception du journal Iran, toute la presse a commencé une campagne contre le shah. Elle réclame sa déchéance et l’établissement d’une république. Le monde oriental se rëveillerait-il enfin ? soomossznsmanNecLaAc LE BILAN d’un siècle de civilisation En 1830, la France a mis le grappin sur l’Al- gérie. Elle a prétendu délivrer le peuple algé rien du joug barbare des Turcs. Or, la Tur quie n’a jamais conquis le pays entièrement comme la France, c’est tout juste si elle a occu pé quelques ports du littoral, elle n’avait aucu ne autorité sur l’ensemble du territoire. Certes, les soldats turcs faisaient bien de temps à autre quelques incursions à d’intérieur, ils terrorisaient les paysans et les pillaient ; c’était d’ailleurs très rare et les Arabes se dé- fendaient si bien que souvent les soldats pù lards ne revenaient nais à leur caserne. C’est méconnaître profondément les liens qui rattachent les différentes races qui pratique ta la religion musulmane que de dire que Turcs et Arabes n’auraient pas pu s’entendre . ur ne former qu’une seule nation NORD-APHI- CAINE. L’Islamisme avait déjà commence a porter ses fruits dans ce sens. Exemple : Dans des villes comme Tlemcen, Mostaganem. Al ger, et dans bien d'autres cités où il y a eu des mariages mixtes, nous constatons encore les vestiges de cette fusion de races. Si, à l’époque, la Turquie avait été capable d’une bonne administration et si elle avait eu les notions du colonianisme tel qu’il a été déve loppé ensuite par les puissances occidentales elle serait encore en Algérie, et l’impérialisme français n’aurait trouvé aucun prétexte pour lui ravir un pays où elle avait tant de raisons pour y demeurer. D’ailleurs, la Turquie d'avant 1,830 n’avait qu’un but : faire flotter l’étendard du Khahf sur les pays musulmans. Par conséquent, quand la France impérialiste vient, opposer sa douce (sic) civilisation à la domination barbare des Turcs et qu’elle affirme devant le Monde qu’elle ne veut que le bien des populations de ses colonies et qu’elle se vante du progrès qu’elle a accompli, elle commet avec son audace coutumière un grossier mensonge. Voyons le bilan de cette fameuse civilisation. Dans 6 ans, il y aura 100 ans que la France est installée en Algérie; 15 ans de massacre contre Ab-del-Kader qui combattait avec quel ques dizaines de cavaliers sans armes sans armée régulière et sans organisation auc ine les soldats de la France impérialiste re n por talent ainsi sur les nomades des victoire- U-v les et se couvraient de gloire à bon marel ■ Une fois le pays pacifié, après avoir exter- miné les pauvres bougres qui défendaient : ur pays et après avoir fait tuer des centaine des centaines de soldat- français innoceni: en leur promettant les richesses du pays elle a exproprié toutes les terres des indigenes ; d its à merci, expropriation officielle et forcée Elle a livré ensuite le pays à des aventur iars cosmopolites de tout acabit qui ont contin ù a dépouiller les paysans de leurs terres par des simulacres d’achats qui n’étaient que i expro- priation déguisée qui continuait. C’est ainsi qu’en 1914 la majorité des terres de bon rapport étaient entre les mains des requins coloniaux, et les indigènes complète- ment dépossédés et refoulés sur les hauts ple- teaux où ils menaient une existence lamenta- ble. Nous en avons vu les effets en 1922 et 1923 où la famine sévissait parmi eux. a tel point que le monde entier s’en est ému l’adminis tration a remédié à cette famine par une ré pression féroce et l’expulsion des mesquines des centres urbains où elles venaient chercher leur pitance dans les boîtes à ordures. Tels sont les bienfaits de la. civilisation que la France leur a apportée ; et ce n est pas tout, nous reviendrons dans un prochain n iméro sur cette civilisation au point de vue moral • t social. Après la guerre, quelques inc gènes ont s: imiter les profiteurs de France et"dailleurs, ei se sont mis a racheter les terres dont en : e avait frustrés. I faut voir la fureur ... olons et de l’administration elle-même devant ce ; vi. rement inaftendu Quant à nous, cala ne nous fai ni chame ni froid ; ceux dos indigènes qui cachiwintleurs terres sont d’aussi grands expl oit en s », classe ouvrière que les autres, s ont part?' ltee avec les Européens qui oppressent et spolient leurs compatriotes. Attendez, messieurs, vous ne perdrez rien pour a tendre ; La classe ouvrière indigene se réveille à sa conscience de classe et le coun Je bal a qu’elle donnera n’éparguera ni requins etran- gers ni requins indigenes. Une simple question à la bourgeoisie fran çaise : vous n’êms pas honteux, messieurs de voir qu’en 40 ans ‘occupation allemande Jes Alsaciens-Lorrains ont complètement perdu 1 usage de la langue française, alors qu’au bout d un siècle il n’v a pas 3 % d’Algériens qui partent le français ? Nous reviendrons prochainement sur ce sujet. EL LAGHOUATI. —- Zagloul Pacha, Ministre bourgec s La police égyptienne a fait plusieurs perqui- sillons au Caire et dans la 'province d‘Alexan- drie, qui ont amené la découverte de nombreux tracts de propagande. Un Russe a été arrêté es d’autres arrestations sont imminentes Padiog Quand les Anglais étaient les grands maîtres, ils emprisonnaient ceux qui réclamaiert l'indé pendance de. l’Egypte. Maintenant que Zagloul les a remplacés, il continue leur beso'-.^.e et fait arrêter les communistes qui prêchent le , n- versement de l'impérialisme anglais et ! ’’ndé- pendanee de l’Egypte. Ça n'était pas lu peine assurément de changer de gouvernement —*e-< Le servage modernisé Il y a quelques mois se fondait, à Cler- mont-Ferrand, sous les auspices du jour nal féministe Nouvelle France, l’Œuvre des Serviteurs coloniaux, dont le but était de remédier à la crise des domestiques en procurant aux adhérents des bonnes marti niquaises. Les personnes qui désiraient faire venir ces serviteurs exotiques de vaient verser à J’Œuvre une avance de 700 francs, moyennant quoi elle s’enga- geait à leur fournir une Martiniquaise dans un délai déterminé. Cette agence, qui se livrait à la traite des noirs, vient d’être poursuivie pour escroquerie envers ses clients. Les sommes détournées s’élèveraient à 200.000 francs. Nous mettons en garde tous nos frères coloniaux contre les offres alléchantes de ces « œuvres » louches que l’impérialisme répand dans les colonies pour fournir une main-d’œuvre vile à sa bourgeoisie. > s e < NECROLOGIE Les originaires des colonies viennent de per dre à Paris trois camarades : Eugène Gadara, Justin Beaumaris et Druna Lara. Nous adres sons à leur famille nos sincères condoléances. uhiggpda Travail exécuté par des ouvriers syndiqués Le Gérant : Léopold MESNARD. Imprimerie Française (Maison J. Dangen) 123, rue Montmartre, Paris O) Georges DANGON, Tmprmeur.