Nguồn: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7009444r (OCR ALTO của BnF, chưa hiệu đính) Tải về: 2026-07-17 Tựa đề: Le Paria — 01 décembre 1922 1922 Lưu ý: Văn bản OCR máy tự động từ Gallica; sai sót OCR chưa sửa — đối chiếu PDF ảnh cùng tên khi trích dẫn. ### [Trang 1] Première Année — N° 9 Le Numéro : VINGT-CINQ centimes Vendredi 1 er Décembre 1922 AÜM1N1STKA T1ON : 3, Rue du Marché-des-Patriarche s PARIS (5 ) le Paria is Paraissant le 1er de chaque mois TRIBUNE DES POPULATIONS DES COLONIES Adresser toutes les correspondances et tous les envois à Sl'EFANY, 3, rue du Marché-des-Patriarches, Paris (5 e ) Abonnement, Un an : 3 francs Vers une solution A PROPOS DE SIKI Un projet de résolution vient d’être déposé, sur le bureau de la Chambre, par René Boisneuf. Il tend à la no mination et à l’envoi, à la Guade loupe, d’une Commission d’enquête parlementaire devant étudier, sur pince, l'état politique et économique du pays. Ce seul fait est l’indice d’une situation grave. Ce que nous en sa vons, justifie amplement l’initiative prise par le député de la colonie. La majorité, représentative du bloc na- tional, se décidera-t-elle à le suivre ? Et, si sa proposition est admise, quelle sera la composition de la déléga- flou ? Nous aimerions nous laisser aller à l’espoir d'une solution opti miste. Mais nous savons trop combien est difficile, en régime capitaliste, le triomphe du droit et de la vérité. Tant de forces occultes, tant d’élé ments divers et d’intérêts inavouables agissent en pareille matière, que nous nous attendons, après de longs mois, à enregistrer un rapport suivi, peut- être un jour, d’une discussion. Le dé- bat ’se terminera, certainement lui- Depuis que le colonialisme existe, des blancs ont été payés pour casser la g... aux noirs. Pour une fois, un noir a été payé pour en faire autant à un blanc. Adversaire de toute violence, nous désapprouvons l’un et l'autre procédé. Mais le fait est là. nous n'avons qu’à le constater. Constatons. D’un coup de poing — sinon scientifique ment envoyé, du moins form idablement placé — Siki déplaça propre ment Carp u- tier de son piédestal pour grimper dessus lui-même. Le championnat de la boxe a changé de mains, mais la gloire sportivement natio nale n’a pas souffert. puisque Siki. • nfanl du Sénégal, est, par conséquent, fils de la France. donc Français. Malgré cela, il arrive que chaque fois que Carpentier triomphe. c'est naturelle- mmt par son adresse et par sa science. Mais toutes les fois qu'il est battu, c'est toujours par la force brutale d'un Dempsey ou la mauvais' j imbe d'un Siki. C’est pourquoi, au match de Buffalo, on a voulu déclarer — on a même déjà fait la décla ration — que Siki, bien que gagnant, était vaincu « quand même ». Mais le public, le bon public, n’a pas voulu entendre de cette oreille. Et la justice populaire triom pha : Siki fut proclamé champion du monde et de France. - Après avoir été knocked-out par un noir. Carpentier est allé tranquillement visiter la Russie. pays des Rouges. Nous félicitons Siki de sa victoire. Nous félicitons aussi Carpentier de son désintéressement. même, par un vote de confiance en faveur de la rue Oudinot et de l’ad- ministration. Après quoi la tourbe des profiteurs et des politiciens con- tinuera comme devant. C'est que le mal est trop profond, pour qu’il suffise de la désignation et du fonctionnement d’une Commis sion d’enquête pour y porter remède. Le mal réside dans l’ignorance ou dans 1 oubli du véritable probleme, de la part de nos camarades prolé taires guadeloupéens. C’est à eux qu’il appartient, par leur volonté de s’or ganiser sur leur terrain de classe, de mettre un peu d’ordre dans le chaos. Lorsque le peuple se sera rendu compte de sa puissance et qu’il aura clairement exprimé son intention d’a gir énergiquement, il aura plus fait que toutes les commissions d’enquête pour mettre un terme aux désastres dont il est le seul à souffrir en défi nitive. Après comme avant la Com mission, sa situation matérielle reste ra précaire et douloureuse. Les sa laires n’auront pas augmenté, la vie restera démesurément chère. Après comme avant, à côté de la question locale, dont il a trop tendance à s’oc cuper exclusivement, il y aura, se po sant, la question de politique géné rale dont il subit les effets et dont, à dessein, on ne lui parle jamais. Il y aura les possibilités de guerres, avec leurs horreurs, dont la masse fait les frais sous toute les latitudes. Voilà pourquoi le salut réside dans la solidarité internationale et mon diale des classes ouvrière et paysa- ne; dans la participation active du prolétariat colonial au vaste mouve ment par lequel les travailleurs ten tent de se libérer de leurs chaînes et que synthétise le communisme. Max CLAINVILLE-BLONCOU rt. la S. D. .V. ‘prononcez sagesse d's nations et non Société des .Valions). René Maron noire. Siki, en plus, a fait couler du. sang rouge. On fait comme si l'un et l'autre do nos frères d’Afrique avaient encore besoin de tant d’encre. Après la plume ironique de Maran, les gants de Siki ont ému jusqu'à la sphèé, 1 politique. Et M. Luquet, conseil ler general de la Seine. a aussitôt déposé une motion tendant à interdire les malches occuper ce siège nobile. Dès que le voyageur s’approche, les deux por teurs de l’arrière placent les deux bouts du palanquin sur leurs épaules; le voyageur s’asseoit sans peine sur son fauteuil légèrement incliné. Alors les deux porteurs de devant empoi gnent les deux autres extrémités des brancards, les détachent du sol, tour nent le dos à leur voyageur, placent délicatement ces bouts des brancards sur leurs épaules, règlent leur pas. Les quatre porteurs marchent, cou rent, du matin au soir, pendant plu sieurs jours, parfois pendant des mois. Faut-il vous dire que le métier est pénible? Souvent, en pleine saison chaude, le voyageur donne l'ordre d’aller vite, de courir; les porteurs gravissent des montagnes, traversent des cours d'eau; ils ont soif, ils ren contrent une bonne source et boivent de l’eau fraîche; ils meurent parfois sur le champ, d’une congestion. Ajoutez à cela les blessures occa sionnées par les chocs multiples que reçoivent leurs pieds nus en marchant ou en courant, la nuit comme le jour, les larges plaies que provoquent les brancards sous le poids du voyageur et de ses bagages. Voilà l’un des instruments de do mination dont se servaient déjà les anciens gouvernants hovas auxquels succèdent aujourd’hui les représen tants de la République française; voilà comment Thomme est transfor mé en bête de somme parce qu’il est 7 —44=== TRIBUNE DE L‘AFRIQUE/QU.NORD . ,1 i .... y P S Peuple français sois heureux, on co ¬ La Dépêche Coloniale nous apprend que 46 concessions sont distribuées au Maroc cette année. Les heureux béné ficiaires de ces terrains sont: 1° 7 muti lés de guerre; 2° 24 Marocains; 3" 26 émigrants. Vous croyez peut-être que tous ces gens-là sont de pauvres bougres ? Pas du tout. Sachez que pour avoir une con cession il faut justifier de la possession d’un capital de <80.000 francs au moins, tandis que dant de 10 droit à ces quent sont en France. de pauvres diables possé- à 30.000 francs n’ont pas concessions et par consé- obligés de rester à vivoter Une explication utile Bien de nos lecteurs ont pu remar quer que l'article sur la V. V. S. de Madagascar, paru dans notre dernier numéro du 1 er novembre 1922, parais sait également, quelques jours aupa ravant, dans Le Journal du Peuple. Cela ne doit surprendre personne : tous ceux qui se décident à défendre la juste cause des faibles peuvent bien marcher du même pas. De plus, nous avons, l’un et l’autre, pour collabora teur notre dévoué camarade Goutte noire de Toury, qui a bien voulu don ner à notre confrère comme à nous cet article. C’est ce qui explique tout. La RÉDACTION. acte d’ant ipal riolisme quons: au point de ru Nous ’xpli- • de nulr ‘ polifiijti internationale, un champion poids-pi unie fait autant de propagande pour notre in- fhiendp morale à l’étranger qu’un immor- tel. un glorieux, un ou du ¬ corps d'armées ,consul tez les journaux'.. Au point de vue national, un bon boxeur est indispensable pour donner l’exemple et la stimulation dp la beauté physique à la jeune génération. Au point de vue colonial, un match Carpentier-Siki vaut plus que cent mille, discours gubernatoriaux pour prou ver à nos sujets et protégés que nous en tendons appliquer à la lettre le principe' de l’égalité des races. Va-t-on sacrifier ce triple avantage à un vague humanitarisme ? Non ! )A'st-ce pas, monsieur Sarraut! Les journaux nous apprennent que l'on vient de frapper Siki d’une suspension de neuf mois sur tous les rings de France. Cela Me veut nullement dire qu’on va sus pendre notre pauvre Siki sur tous les rings de la France à la fois et pendant neuf mois. — Avis à nos amis du Sénégal.) Mo tif : Avoir invectivé M. Cuny. Comment! Avant, on a glorifié Siki. parce qu’il a tuméfié le nez de M. Carpentier. Au jourd'hui, qu'il n’a même pas touché aux ongles de M. Cuny, on déclare sa déchéance! On ne va tout de même pas nous faire croire que la... physionomie de M. Cuny est plus fragile et plus précieuse que ce le d- M. Carpentier. et que... Mais non. C’est à n'y rien comprendre. Nous croyons plutôt ceci : noir, blanc On n’a jamais pardonné à Siki, un d’avoir gagné Carpentier 1 et que si Carpentier n’a pas de ran- 1 > chauvinisme des autres en a. lui. motif n'est qu'-un motif... motivé. Sous apprenons par les mêmes journaux que le ministre de l'Intérieur de la Grande- Bretagne fait interdire le match projeté entre Joe Beckett et Siki. à Londres. Cela ne nous surprend pas. Comme Son Excel lence brit.aunii]u\ n'a. pas pu digérer le croissant de Kémal. ni le chocolat de Gan dhi. c'est pourquoi Elle veut faire avaler sa purge à Badtling Siki, bien que celui-ci Une plaie de la Colonisation Figurez-vous un fauteuil ajusté en tre deux longs brancards dont il par tage la longueur chacun en deux par- tics égales; vous vous représenterez ainsi les éléments principaux d’un pa- lanquin ou, à Madagascar, filanjana- Quatre hommes, placés deux devant et deux derrière le siège, attendent avec patience l'être privilégié qui va Je sais bien ce que les contradic teurs disent lorsqu’ils excusent les Européens qui ne ont qu’imiter les anciens seigneurs indigènes. Mais n’oublions pas que les Européens vont aux colonies en civilisateurs, pour combattre et supprimer toutes les for mes de la barbarie. D’autres disent encore que le dé- faut de voies de communication im pose ce système révoltant. La belle blague!!! Oublions un moment le pa- lanquin et souvenons-nous du pousse- pousse en usage à Madagascar comme en Indochine. Le pousse-pousse n’est autre chose qu’une voiture légère; les hommes qui la trament remplacent tout simplement le cheval. Au lieu d’avoir à caresser un cheval, le voya geur européen se contente de donner des coups de pied ou de bâton à des hommes courbés devant lui, lui obéis sant jusqu’à la mort. Or, .partout où un pousse-pousse passe, une voiture à cheval et une voi- turette automobile peuvent passer facilement. Laissons de côté la bicy clette et la motocyclette, qui ne sem blent pas avoir été faites pour les co lonies. Concluons cependant que l’usage du palanquin et du pousse- pousse est une véritable honte. L’indi- gnation est encore plus forte lorsque nous pensons que beaucoup parmi ceux qui sont astreints au portage ont combattu de 1914 à 1918 en Europe, pour le Droit, pour la Civilisation et pour VHumanité. Même en laissant de côté l’intérêt moral de la question, la notion la plus élémentaire de l’économie condamne le portage qui emploie un nombre considérable d’hommes pour un tra vail dont l'utilité est souvent discu table. A tous les points de vue le portage est condamnable et nous le condam nons sans aucune réserve. Contre son maintien nous nous élèverons jus qu’au bout et nous espérons bien que le peuple français finira par décréter la suppression de ce portage, l’une des plaies de la colonisation. S. Stefan y. Que reste-t-il de la colonisation pour ceux qui sont allés conquérir des pays lointains au prix de leur sang et au risque de leur vie? Le côté le plus cynique de l’histoire, ce sont les concessions cédées aux Ma rocains. On exproprie des terres sur les- quelles vivaient des tribus et des vil lages entiers de Marocains pour les re vendre à des Marocains plus fortunés. On ne peut pas être plus mercantis. Ainsi on réduit les masses indigènes laborieuses à la famine, on les refoule à vivre dans des montagnes arides pour mieux les exploiter, tandis (pic leur terre est partagée entre les requins co loniaux et la féodalité parasite mal saine. C’est ce qu’on appelle mettre en va leur les colonies pour le bien-être gé néral. Aussi on construit à Paris une mos- quée et les Musulmans vont pouvoir faire leur prière et célébrer la civilisa tion française. Il paraît même que le Sultan du Maroc va décréter la modi fication de la formule : Allah est grand et Mahomet est son Prophète, comme suit : Allah est grand et Lyautey son Prophète. En Algérie, le régime de l’état siège et des lettres de cachet sévit plus en plus serré. es 1 de de La Commission parlementaire, dite des Colonies, s’est réunie sous la prési dence de M. d’Iriart d’Etchepare et a décidé à la majorité, sur la demande du Gouvernement, de proroger pour une durée de cinq arts les pouvoirs discipli naires des administrateurs des commu nes mixtes. Savez-vous, citoyens de la métropole, ce que ces pouvoirs compor tent? Non! Eh bien! nous entreprenons désormais devant l’opinion publique française de vous révéler ces douceurs administratives. Sachez seulement qu’une commune mixte équivaut à peu près, comme superficie, à un arrondis sement en France, habitée généralement par quatre ou cinq gros colons et quel ques fermiers à leur service, plus, en viron, 1.000 à 1.500 indigènes dépouil lés de leur terre et vivant autour d’eux dans une misère lamentable. La commune est sillonnée toute la journée par le caïd de l’endroit et par ses gardes, qui exercent une véritable inquisition sur les pauvres indigènes. Ils arrivent dans la tribu, ils s’instal lent chez le chef et gare à lui si le méchoui ou le poulet n’est pas à point; quand ces messieurs partent, pour que le raboun (rapport) soit favorable, il faut qu’il leur glisse ou leur fasse glis ser, par les pauvres de la tribu, quel ques douros, car il y a toujours quel ques pauvres bougres qui sont en re tard pour payer leur tachours (1), ou bien ont laisse leurs bestiaux s’égarer quelques minutes dans le terrain du colon voisin. C’est ce qu’on appelle < faire suer le burnous ». Bref! il faudrait un bon volume pour narrer toutes les douceurs de la civi lisation. Arrêtons-nous là pour l’ins tant et revenons à la Commission des Colonies. Pour récompenser les services ren dus par les indigènes des colonies pen dant la guerre du Droit, on prolonge de cinq ans presse. Et dire l’odieux régime qui les op- que le Tigre avait fait voter (1) Anciens français. impôts arabes superposés aux impôts an une loi qui avait quelque peu adouci leur sort et surloul, donné quelques espoirs. Mais la Chambre du Bloc national ne l’entendait pas de cette oreille; elle a abrogé cette loi el a ag gravé toutes les persécutions qui exis taient. Et dire que nous lisons dans La Dé pêche coloniale, sous la plume d’un nommé Marcel; Peyrouion, commentant un discours de M. Joseph Chailley, an cien député : « Nous occupons les 93/100 du Ma roc. Le traité de Versailles nous a res titué les portions du Congo abandon nées en 1911. Le Maroc est français, il l'est avec enthousiasme. » Et plus loin : « La France doit déborder sur ses colonies; la métropole et ses posses sions doivent former un tout compact. Nous serons le peuple de cent millions d’hommes que prévoyait Prévost -Para- dol. Le Maroc, dernier venu dans la grande famille de France, en sera un des fils les plus valeureux. » Après le vote de la Commission, le citoyen Marins Moutet, que je veux croire de la minorité de la Commission, a annoncé qu’il déposerait un amende ment en séance publique tendant à ins tituer une représentation des indigènes au Parlement. Nous disons au citoyen Moutet qu’à nous ne sommes pas partisans de cet part ceux qui suivent l’Emir Khaled, amendement, bien que nous sachions d’avance qu il sera repoussé. Pourquoi som mes-nous contre ? Parce que nous ne voulons pas de représentation à part; parce que nous considérons que c’est une duperie que de faire croire aux indigènes que, lors qu’ils seront représentés par deux ou trois beni-oui-oui, ou un agitateur am bitieux comme Khaled, que l’œuvre de justice à laquelle ils aspirent et que nous réclamons de toutes nos forces sera réalisée. Nous disons au contraire que ce sera un surcroît de misère et de persécutions pour les indigènes. Nous ne voulons pas de cloison étanche entre Français et in digènes; nous disons que tou les nos souffrances viennent de ce fait. Les in digènes souffrent davantage des parasi tes qui s’interposent entré eux et l’Ad ministration algérienne, que de l’Admi nistration elle-même. Nous disons que, tant que l’on consi dère que les intérêts des indigènes el ceux des Européens dans les colonies sont différents, et qu’ils doivent être re présentés séparément au Parlement, on ne cherche pas à concilier ces intérêts, mais, au contraire, on les oppose. Ce qu’il faut, en Algérie, c’est éten dre le décret Crémieux à tous les indi gènes. HADJ BICOT. REUNION La prochaine réunion mensuelle de l’Union intercoloniale est fixée au diman che 10 décembre, à 15 heures précises, au local habituel, salle de la Librairie Positi viste. 16, rue Saint-Séverin, Paris-5 e . Mé tro : Saint-Michel. Livres recommandés M. Oruno-Lara vient de faire éditer une Histoire de la Guadeloupe, de la découverte de l'île jusqu’en 1900. Nous recomman dons tout particulièrement à nos camarades la lecture de cet ouvrage dont l’abondante documentation est tout à fait remarqua ble. Ils y puiseront une belle leçon d’éner gie. Cet ouvrage est en vente à la Librairie Nouvelle, 1. rue d'Haulefeuille, Paris-6 C . Le manuel des conseillers généraux des colonies, que vient de faire paraître, à la Librairie Larose, rue Victor-Cousin, Pa- ris-5°, M. René Boisneuf, député, est un livre savant dont nous ne saurions trop recommander la lecture à tous ceux qui sont soucieux d’être exactement informés des choses coloniales. ### [Trang 2] 2 LE PARIA TRIBUNE DE L’OCEANIE En Océanie Française TRIBUNE DE L’INDOCHINE La Mobilisation en Indochine 1 lotis et de cravate d'honneur, vous ra- i conterez quelques bonnes paillardises à l’un de vos suiveurs, et ne vengent, en vous ensevelissant, tous les pauvres । Malgaches que vous avez brimés et I martyrisés, IMAHAKA. L’explosion de mécontentement (pii s’est produite à Tahiti en juillet 1921 (déjà plus d'un an !) a eu un certain écho dans la presse métropolitaine. Certains journaux coloniaux, dont L’Action coloniale, notam ment. lui ont consacré et lui consacrent encore de nombreuses colonnes. L’Œuvrç vient également de publier un article signé Jean Elo qui, dans un exposé succinct, mais précis et clair, met à nu la‘situation de nos établissements français d’Océanie. Or, donc, aujourd’hui les affaires ne vont plus. Des (boutiques ferment, d’autres ré duisent leur personnel ou diminuent les salaires, en attendant mieux... ou pire. Ça allait pourtant si bien autrefois. Jusque vers 1919, ma foi. on eût pu dire que dirigeants et négociants s’entendaient comme larrons en foire pour l’exploitation méthodique et raisonnée du petit colon et de l’indigène. Ce n’étaient que congratulations, ca- deaux et félicitations contre faveurs, pré bendes et concessions. C'était l’époque des vaches grasses! Vint, hélas ! celle des vaches maigres. 1918, l'épidémie de grippe abat 20 % de la population; 1919-20-21 voient le change monter de 5 fr. 20 à 17 fr. 50: 1920-21 : mévente, de la nacre et dépréciation de la vanille. Bref, les ressources de la colonie s’effondrent de 50 %. Parallèlement à cette crise dans la pro- duction, l’ineffable Jocelyn Robert, en gou verneur prévoyant, augmente les fonction naires en’nombre et en solde et distribue les congés avec prodigalité. Trop occupé à faire réussir l’élection de son ami Candace comme délégué au Con seil supérieur des colonies, il ferme les yeux sur la spéculation; le sucre monte de 1 fr. 50 à 7 francs en quelques semaines, tandis que la Banque de l’Indo-Chine tra- tique sur le change et que le haut négoce, s’en donne à « coffre que veux-tu ». Bref, l'homme de la candidature officielle et des élections truquées quitte la colonie en foiradant des discours sur le rôle consi- dérable qu’il a joué et sur l’immensité du travail qu’il aurait pu fournir s'il eut été titulaire au lieu d’être intérimaire ; huit et si bien que son successeur Guédès met quelque temps à s’en remettre et puis constate que la situation économique géné- raie est lamentable et qu’un déficit d’un million dans les finances de la colonie est à combler à bref délai. Il ne voit de salut que dans la création immédiate d'impôts nouveaux, selon le programme. Et c’est la valorisai ion du dollar qui augmente d'un coup les droits de douane el d’octroi de 150 a 180 %; ce sont de nombreux décimes de droits d’oc- (roi; puis, enfin, la taxe de 3,30 sur le chifre d’affaires, dont le projet de rétroac tivité provoqua le mouverment (pie l’on sait. Quand il n'y a plus de foin au râtelier... Le commerce, déclarant prendre en mains les intérêts de la population (H), at taque ‘Administration en criant : « Incu rie! Gabegie! » Ce qui était vrai. L’Admi- nistration riposte en criant au commerce; « Mercantilisme! Exploitation!.» Ce qui était également vrai. A TRAVERS LA PRESSE Un Bolchevick jaune Ng. aï Quac no serai! qu" « un ambitieux sans personnalité ni mandat » : c’est. du moins, l’opinion de Jai Dépêche très colo niale. De pareilles insultes, évidemment, sont des hommages (que la petitesse rend à la grandeur). A ce titre, elles méritent une réponse. Ambitieux? Certes, Ng. aï Quac l’est. Mais, ce qu'il ambitionne? — L’affranchissement de ses frères tombés en esclavage, féroce ment exploités par les « vautours colo niaux ». A-t-on une ambition plus noble ? Rédacteur innommé de La Dépêche colo niale, puisque vous ignorez sa personna lité, je veux bien vous la révéler. Dans son pays. Ng. ai Quac vivait heureux au milieu des siens. Tout jeune encore, il vit un jour les Français couper la tête à ses compa triotes. Il ne sut pourquoi. Alors, indigné, il s’en alla, loin de tant d’iniquité, afin de pouvoir crier ailleurs : Justice! Adieu, fa mille! Adieu, patrie! Le voilà, bravant les périls de l’émigration, risquant la misère, n’ayant d’autre soutien dans le monde que son idéal, son enthousiasme, sa foi en la délivrance de ses malheureux concitoyens. Aujourd'hui, il lutte ferme, à côté de ses frères d’Afrique et d’Europe. Avec son mo deste métier de « retoucheur », il gagne péniblement sa vie; mais plus proprement que bien des personnages officiels, trop officiels des colonies. Ah! non, il n’est pas de ceux-là. Aucune pompe n’escorte bruyamment ses pas; sa poitrine n’est point chamarrée de médail les; il n’est point encombré de « mandats » gouvernementaux; mais il a le vœu de ses compatriotes, l’espérance d’une nation op primée. L’année dernière, revenu en Indo chine, j’ai entendu de touchants propos, que suscite, là-bas, son nom. secrètement colporté de bouche en bouche. Voici une vieille grand’mère; elle avait eu deux pe tits-fils jetés au bagne par les Français (pour délit d’opinion); elle me dit : « Oh! monsieur. avez-vous connu M. Ng aï Quac ? » — Voici un charmant enfant; il se souvenait encore de son père, un lettré cé- lèbre, soupçonné pour ses idées, un beau jour emmené, comme un chien, par des — « L'armature administrative est hors de proportion avec l’importance de la colo nie, supprimez les fonctionnaires inuti les! » disaient les uns. Et ils avaient raison. — « L'armature commerciale l’est bien davantage! » disaient les autres. « Voyez le cumul des frais d’entretien de vos in nombrables magasins, moyens de trans port, personnels inactifs; réduisez vos bé néfices. » Et ceux-là n’avaient pas fort non plus. Les frères étaient devenus ennemis. Le gouverneur Guédès fut rappelé pour avoir laissé se produire une manifestation. Le Comité de Défense des Intérêts pu blics et économiques, enfanté dans la se cousse par la population, montra au bout de quelque temps qu’il n’était pas né viable. La situation ne s’est pas sensiblement modifiée depuis, malgré un calme relatif. On dit que le ministre des Colonies vient de créer de nouveaux postes de fonction naires pour Tahiti, malgré. paraît-il, les avis contraires du gouverneur. Il faudra trouver de nouveaux crédits. Où? Com- ment? Mystère et Phynance. Ceci, qui semble le comble de la déri sion et de l’incohérence, n’est pourtant que la suite logique ô ironie des mots!) de la politique aveugle qui caractérise l’œuvre des dirigeants de la France actuelle. Où cela peut-il nous conduire en ce qui concerne Tahiti? C’est ce que nous essaie rons d’examiner prochainement. Pour nous, la question se présente sous différents aspects. Dans une brochure de M. Charles Gide, parue pendant la guerre, sur la cherté croissante de la vie, cet économiste faisait celte constatation qu’ « aujourd’hui le commerçant semble baser ses prix de vente, non plus sur la loi de l’offre et de la demande, mais uniquement sur le degré d’élast icité du consommateur ». Les gouvernants, dans leur affolement, semblent avoir adopté cette devise du néo commerce. lorsqu’ils créent des charges fiscales non plus en tablant sur les res sources réelles des populations qu'ils ont chargé d’administrer, mais uniquement sur l’élasticité du « contribuable ». Or, cette élasticité n’est pas illimitée, même sous l’apparente indifférence des ha bitants des régions tropicales; el celle li mite atteinte, la rupture doit se produire, plus ou moins violente, el mûrir hâtive- ment ce besoin de retour à l’indépendance, qui existe toujours à l’étal latent parmi les populations ayant subi plus ou moins longtemps et de façon plus ou moins ty rannique l’emprise des nations dites « civi lisées ». Arrivées à ce point, non pas d’évolution, mais bien de révolution, les nouvelles con- ditions économiques se déterminent d’elles- mêmes, selon la valeur et le nombre des éléments actifs du moment, et avec les défauts et les qualités de toute œuvre à dénouement brusqué. Je ne crois pas faire preuve d'un pessi misme excessif en affirmant (pie la politi- que volontairement aveugle de nos diri- geants universels conduit inévital lement les populations des colonies vers de dou- loureux réveils. E. Canal. gendarmes français; il me demanda., l’en- faut, avec son esprit rempli des héros de la légende : « Est-ce un homme en chair et en os. que M. Nguyen aï Quac ? » Homme de La Dépêche coloniale, vous qui méconnaissez ou calomniez une noble cause el un grand dévouement, taisez- vous! Nguyen THE TRUYEN. Sous Garbit, Gouverneur Général J’ai déjà parlé, dans le précédent nu méro des vols éhontés de M. Garbit à la caisse commune de la colonie. Baga- telle que tout cela. Aujourd’hui : ce n’est plus de dizaines de mille francs qu’il s’agit, c’est de centaines et de plus. Il faudrait absolument que tous les Malgaches eussent le loisir de lire le Journal officiel de Madagascar et dé pendances. Ils liraient les demandes et les ouvertures de crédits pour l’entre tien (!) et l’amélioration (!) de la co lonie. J’ouvre donc le Journal officiel aux pages 496 et 497. Sous la rubrique « Finances et Comptabilité » je vois un arrêté de M. Garbit, un rapport de M. Sarraut, Ministre des Colonies, et un décret du Président de la République portant ouverture au budget local de la colonie des crédits supplémentaires suivants : 250.000 francs au chapitre V (Dé penses d’administration générale. — Matériel). 50.000 francs au chapitre VII (Dé penses des services financiers. — Ma tériel). Nous voilà en plein nuages. M. Garby est très vicieux : il dit toujours des mots à double entente. Ainsi savez- vous ce que désignent ces « dépenses d’administration générale qui s’élèvent à la somme rondelette de 250.000 fr. ? Notre Ministre des Colonies qui règle les dépenses de son gouverneur géné- Pendant la guerre, noire grande presse gouvernementale fui pleine de panégyri- ques en l’honneur des indigènes de nos co lonies. Aucune épithète n'était assez forte pour les qualifier. Aujourd’hui, le silence se fait et peu à peu nous commençons à savoir la vérité. Nous savons maintenant que ces gens-là ne venaient pas, enthousiastes, offrir leur vie à la mère patrie pour sauver la justice et la liberté, mais que c’était par d’in croyables moyens de coercition que l’on arrivait à les arracher de leurs foyers pour les envoyer se faire tuer sur les charniers de France. Tous les moyens furent bons. On connaît le système de la ficelle employé pour le recrutement des noirs. Ceux qui furent em ployés pour enrôler les Annamites dans de soi-disant régiments de volontaires sont tout aussi ignobles. Les résultats ne se firent pas attendre; ils se soldèrent par des révoltes et des désertions en masse. Voici quelques passages de documents émanants de commerçants et de fonction naires saïgonnais : « Il faut que je te raconte ce que les journaux ne peuvent pas écrire d’ici quel que temps. Tu as entendu dire que l’on fait appel à 20.000 volontaires annamites. Or, en fait de volontaires, est-ce bêtise, mé- chancelé ou fourberie, les notables envoient des « tracts » dans les villages, taxant le patelin à X... individus. On les croche, les fout à la maison commune, puis on les emmène enchaînés au chef-lieu. Tu parles d’un succès qu’a cet appel aux volontaires! -Nous sommes à la veille du Têt et pourtant Sucillon veut envoyer 1.500 Nhàqués en France. Ces messieurs ont dit qu’ils préfé raient se révolter que de partir... On les a parqués dans le collège Chasseloup-I aubat . avec sentinelles françaises, baïonnette au canon, fusils chargés... « ...Il y a eu une petite révolte à Bien boa. soi-disant parmi les prisonniers: ils ont dé sarmé la garde, tiré dessus et pris la brousse. Deux d’entre eux ont été zigouil lés Sur place. mais les autres courent en- core. On dit que c’était des prisonniers; c’est vrai et pas vrai. C’était des « volon taires » qu’on avait mis au « gniouf » pour la nuit... » Il me serait possible de citer ainsi pen dant des colonnes; mais je crois que ce bref passage démontre amplement toute la cruauté et la bêtise qui présidèrent à ‘enrôlement de ces malheureux Annamites que nous avons vu traîner dans nos rue< déchets lamentables rejetés par l’immonde boucherie. Comme je l'ai dit plus haut, il y eut des désertions. Voici queiques chiffres édifiants extraient d'un document : « Les bons petits tirailleurs ne sont d'ailleurs pas si enchantés de porter l’uni forme. A l’appel des réservistes des clas ses 1909 et 1910, le nombre des manquants ral — comme un père celles de son fils — nous l’explique. Il faut citer inté gralement la prose, pauvre Sarraut ! « Le premier de ces crédits (250.000 francs) (pii porte plus spécialement sur les services des prisons, entretien des détenus, résulte de ce (pie, par suite du nombre croissant des condamnés (sic), l’Administration locale s’est vue dans l’obligation de faire face à des dépen ses d’entretien dont il avait été maté riellement impossible de prévoir l'im- portance et notamment d’effectuer d’importantes commandes d’effets d’habillement. » Ouf ! Une première rectification s’impose : « Par suite du nombre crois sant des condamnés », dit le Ministre. Eh bien ! moi je dis que M. Sarraut ne connaît rien aux choses de Madagascar. Sous Garbit, on ne perd pas son temps à juger les prévenus : une simple pe tite décision du Conseil d’administra tion et voilà notre homme interné à Mayotte ou à Sainte-Marie. Mais cela n’est rien encore. Mada gascar est très loin de Paris et M. Sar raut ne s’en inquiète certainement pas plus que de son premier pot-de-vin. Ce que je voulais surtout montrer c’est qu’on a besoin à Madagascar d’a grandir les prisons et d’ouvrir des cré dits supplémentaires pour l’entretien des détenus. A ce compte-là, la Grande- Ile ne sera bientôt plus qu’une vaste chiourme où les pauvres Malgaches casseront des cailloux le long des murs des hideuses maisons centrales sur les quelles flottera, libre, lui, le drapeau tricolore de la Révolution de 89. Sans être visionnaire, il faut en ar river quand même à présager des si tuations de ce genre. Ciel ! Que les vêtements coûtent cher à Madagascar ou combien de pri sonniers doivent être habillés pour qu’on ait besoin, à cet effet, de 250.000 francs ! Passons. Le second crédit (50.000 fr.) « qui concerne le matériel des services financiers, régularisera (sic) des dépen ses engagées au titre du Trésor et des services des domaines et topographi que ». Matériel des services financiers ? Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? « Régulariser », ça je comprends. M. Garbit a toujours besoin de régu- ful au moins d'un tiers. Il fallait voir en- suite les désertions : elles ont atteint plus de 50 % dans la plupart des garnisons provinciales et au camp des Mares, à Saï- gon, ce chiffre fut dépassé. « On lance maintenant des ordres a ap- pel pour les réservistes indigènes des clas ses 1907-1908 et déjà des défections sé rieuses s'annoncent... » L’emploi continu de la force ne fit qu’exciter les rancœurs des indigènes et bientôt toute l’Indochine fut ensanglantée par de graves révoltes. Qu’on me permette de citer encore quel- ques documents, car j’estime que la briè veté d'un document a plus de valeur que toutes les phrases que je pourrais écha fauder : « Le Cambodge fut bientôt à feu et à sang. A Pnom-Penh, sa capitale, défilaient chaque jour, devant le palais du roi Siso- wath, d'imposantes manifestations. « En Cochinchine, les principaux foyers de révolte furent Saïgon et Bien-Hoa, mais il y eut des émeutes à Ben (ré. Mythe, Kim-Son fut incendié, etc. « Les émeutes de Saïgon furent parti- culièrement sanglantes; qu’on en juge par ce court extrait d’une lettre d’un industriel de Saïgon ; « La gendarmerie est intervenue, les « soldats aussi; ils ont pu se rendre maî- « très de la rue. Beaucoup d’indigènes ont « été arrêtés; d'autres ont fui vers Cha- « quan où, poursuivis par la gendarmerie, « ils ont pu être saisis. Il en a été fusillé « un grand nombre près de Chaquan, dans « une rizière, sur la route basse, celle du « petit train. » Pour mater les révoltes qu’ils avaient provoquées, nos fonctionnaires instaurè rent un régime de répression violente : dé portations, fusillades, massacres, tout leur fut bon. Leurs victimes se comptent par centaines. Qu’on en juge d’après cet ex trait : « Pour une fois, le châtiment a été ex tra-rapide : pas plus tard qu’hier, en effet, trente-huit des émeu fiers condamnés à mort avant-hier dans la nuit ont été exé cutés à la butte de tir du champ de cour ses (Saïgon) par la, fusillade des marsouins et des tirailleurs. Ceci est le premier lot; il en reste un second dont le nombre n’est pas encore déterminé, car les arrestations s’opèrent tous les jours... » Ainsi, par la faute de fonctionnaires incapables, prétentieux et arrivistes, une de nos plus belles colonies fut mise à feu el à sang. Au nom du droit, de la liberté et de la justice, des hommes furent fusillés, massacrés, déportés. Cependant, malgré un (el état de choses, | aucune sanction ne fut prise, aucun fonc- tionnaire n’a payé de sa place de tels er- | rements. Il fait bon vivre pour les crapules, dans notre République. J. PAUL-MONTEIL. lariser quelque chose, puisque tout ce qu’il fait est irrégulier. A preuve qu’il devait quitter la colo nie et ses dépendances, lui, le comman deur de la Légion d’honneur, il y a près d’un an, mais que les finances de Mada gascar étant à peu près dans le même état que celles de la Mère-Patrie, il est contraint d’y rester pour les... régula riser. Pauvre Garbit, pauvre colonie ! Heu reusement pour lui que son chef hiérar chique est ce doux M. Sarraut, car au temps jadis, s’il avait à ce point orga nisé la gabegie dans les finances publi ques — et on sait toujours pourquoi on fait cela — la reine lui aurait fait trancher la tête. Je vous parlerai, dans un prochain article, d’un arrêté que notre cher gou verneur a rendu le 25 juillet dernier, portant ouverture de crédits supplé mentaires de 519.281 fr. 29 — les 29 centimes font plus honnête — pour dépenes imprévues, et de 710.000 fr. pour l’assistance médicale indigène. On ne va plus pouvoir mourir à Ma dagascar et l’on se moquera bien de la peste avec une « assistance médicale indigène » de 710.000 francs. Mais n’anticipons pas. A la prochaine, M. Garbit ! Et faites attention, si vous revenez en France, que les flots n’aillent, selon la légende vous chercher dans votre cabine de luxe, alors qu’en pyjama orné de ga- Nulletin d’Abonnement Je soussigné (I) demeurant à (2) déclare m’abonner au journal “LE PARIA” ; ci-joint la somme de trois francs, mon tant de l’abonnement pour un an. A le (Signature) (1) Nom et prénoms. (2) Adresse complète. N. B Remplir ce bulletin et l’envoyer à M. STÉFANY, 3,rueduMarché-des-Patriarches,Paris-5e EÜn lisant Imbue des idées et des grands principes de la grande Révolution de 1789, la jeu nesse musulmane algérienne souffre des injures, admire les belles actions et ne reste jamais indifférente à tout ce qui touche à ses semblables. De plus, cons ciente de ses droits et de ses devoirs, elle veut avoir sa part du gâteau, elle exige sa place au soleil et veut aussi assister au banquet de la vie. Insensés sont ceux qui veulent l’en em pêcher. Ils n’y arriveront pas : on ne peut arrêter le cours d’un fleuve, pas plus qu’on ne peut endiguer les flots de la mer. (Républicain de Constantine, avril 1910.) Nous avons conquis l'Indochine et nous l'avons pacifiée, mais nous n’avons pas ga gné les âmes. Malgré le développement de nos travaux publics et de notre industrie, nous sommes encore campés dans ce .pays. Il y a toujours des vainqueurs et des vain cus. Le meilleur et peut-être l'unique moyen de conquérir l'Annamite est de l’ins truire. Après plus de 50 ans d’occupation -en Cochinchine et 25 ans au Tonkin, nos écoles n'ont formé aucun Annamite réel- lement instruit. (Rapport du Général PENNEQUIN, 1912.) Ce seront, des hommes nouveaux qui ren treront dans le douar arabe, dans les cases africaines ou dans le village indochinois. Tous ceux qui auront collaboré de quelle manière que ce soit à la défense nationale reviendront plus riches, non seulement de souvenirs, mais aussi de connaissances el de « culture »; ils sauront revendiquer le droit qu'ils ont payé de finir sang et de leur labeur, et la France a contracté en- vers eux une dette sacrée. Lucien HUBERT (1916'. Mais les plus belles, parce (pie les plus vraies, sont les phrases suivantes, phrases que nos compatriotes de toutes les colonies doivent lire, relire et niéiliter : La. France a pu. au cours du XVIII siècle, acquérir et perdre un immense empire d’outre-mer. Elle l’a reconstitué aujour- d'hui. C’est la preuve que rien n’est moins ; exact que ce jugement, cependant courant, qui tendrait à faire croire que le Français n'est point colonisateur. En réalité, tous les peuples de langue française, Belges ou Suisses romands, ont toutes les qualités re- quises pour colonise]' : le goût de l’aven- lure. l’esprit d’exotisme, la patience labo- rieuse et celte volonté de création, indivi dualiste qui est le trait dominant du carac tère colonial. Ce qui a manqué à la France, c'est un gouvernement colonisateur. Elle a perdu successivement le Canada et les Indes, parce que la cour de Versailles se désintéressait de ses colonies. Plus tard, la Révolution française a abandonné Saint- Domingue, par suite de l’application de col adage absurde : « Périssent les colonies plutôt qu'un principe. » La République, un contraire, a vu dans la constitution de son empire colonial un dérivatif à la dé tail e de 1870. La race française a trouvé là comme une revanche d: ses déboires européens, et les militaires une nouvelle occasion de se signaler dans des combats h.’ureur. Ce fut la première phase coloni satrice. (Le Journal de Genève, septembre 1922.) RECTIFICATION Dans notre numéro du 1 er novem bre, à la liste de souscription, figurait par erreur le nom de M. Phanchu Trinh. Le Gérant : J.-B. Neyrat. L’Emancipatrice, lmp. coopérative. Rue de Pondichéry, 3, Paris TARRIANT, administrateur-délégué.